‹ Le siècleChapitre 15 sur 173 · MA SUE · texte numérisé non relu

MA SUE

Il monta l'escalier et tourna lentement la clef qu'Edward avait laissée à la porte; il entra et vit deux têtes sur l'oreiller, car il y avait au lit un oreiller et de beaux draps bien blancs :' c'étaient Edward et Marie.

Marie, la jolie servante.

Oh ! comme Siephen eût voulu racheter ce premier baiser qu'il avait. déposé sur les lèvres de la jeune fille !

Edward se réveilla.

— Qui va là?

— Moi.

— Ah! c'est toi, Stephen! Sois le bien-venu, ne fais pas trop de bruit et va nous chercher à déjeuner.

Stephen lut un peu surpris, mais il ne vit pas d'objection à faire, quoique sa situation lui parût bizarre. Comme il sortait, Edward le rappela.

— Prends de l'argent par terre, dans le coin de la fenêtre. Stephen vit dans l'endroit indiqué une vingtaine de florins.

— Tu déjeuneras avec nous, dit Edward; fais apporter nn bon déjeuner pour trois.

— Allons, dit Stephen en s'en allant, il faut prendre la chose gainient. E ward ignore ce qui s'est passé entre .Marie et moi ; et d'ailleurs, que m'importe Marie'/

Néanmoins il y avait en lui quelque aigreur qui ne disparut que peu a peu ; quoiqu'il n'eût conservé aucune intention sur Marie, il lui semblait que ce moment d'amour ou de fièvre qu'il av ail eu pour elle l'avait faite sienne et était au front de la jeune fille, comme le signe et le cachet d'un maître.

Il commanda le» déjeuner il alla au collège Lire sa première classe. Quand il revint déjeuner, il trouva sa place prise . une nouvelle connaissance d'Edward, un jeune homme de laviilc, l'était venu voir, et il lavait invité. »

/.I.PHGNSE KARR

sizxwe \ tucneuam.

Bien, bien, Magdeleine. Ion arrivée près de mol est avancée de quelques jauis. Arrive, arrive, chère et bonne athie, tu trouveras tout préi peur le recevoir. Sais-tu que voilà un mois (oui entier que )» prépare nos plaisirs pour l'hiver? Comme il larde à arriver ! Je bénis chaque coup de vent qui enlève les feuilles d,'s arl rrs

Pendant ces trois mois d'hiver nous avons des invitations pour quiue bals ; mon père a loué une loge au théâtre; ce tera dèlicicu* ! et j'ai f«til venir pour loi et pour moi les modes les plus nouvelles.

On m'a envoyé des éu.ffes charmantes ei encore inconnues r. i j en\c i-nioi de suite une robe a loi pour que je fasse les deux nôtres pour le pic.i.icr b»J auquel no is danserons.

Je nie nj-.uis a I'; vance de Ion cloniu ■nient de toutes les choses que lu v-s voir ki; lu n'as aucune idée de la parure rt de l'élégance d.s femme? cl drs hommes Pauvre ermite habiuite au vi age tanne, aux mains dures el calleuses. Ai pa\sans. lu vas te trouver dans un pays enchanté !

j'ai l'ait arrangrr a chambre que je le destine ; elle est charmante, c'est moi qui ai choisi les tentures cl l'ameublement; tu en seras cornent'. Viens, viens, Magdeleine, lu verras tout cela.

Et par dessus tout j'ai une idée : dans la société que nous verrons, parmi ces lioiniv.es beaux el aimables qui nous entoureront, lu peux faire un choix ; belle et spirituelle comme tu es, tu feras un riche mariage qui te fixera prés de moi.

Viens, nous avons tant de choses à nous dire! Depuis un mois j'amasse pour toi toutes mes pensées ; jamais lu n'auras une tille aussi babillard'1.

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