CHAPITRE DIX-SEPTIÈME
Suite de VlJittoire fantattiqu» d» min rouiin LarouUni, et <U ton grand voy ge dint U fin fond delà Lune. Troisième partie.
— Les méuagerie s et les académies savautes de la Lune. — Des étranger cancans dont mon cousin est l'objet dans la Lune, et
de la vogue colossale dont il y jouit Véritable portraicture
d s habitans de la Lune et des animaux qui en font l'ornement.
— De la grande dispute de n.on cousin avec uBe puce gigantesque. — Comment on délibère dans la Lune, et de l'immense péril que font courir a mou cousin les lumineuses discussions de l'Académie des sciences. — Halte ! — Sa Majesté Brrrrrrr. — Mon cousin à la cour de ce puissant potentat. — grand gala.— Remarquable entrevue de Laroutine et da vertueux et gras J
Brrrrrrr, un des plus pulssans potentats de la Lune. —Tableau de la superbe ville de KrrrrmtvlmpfbcchqdDgzx. — Ses édifices particuliers, ses mœurs, ses mosumeos publics, ses institutions. — Désintéressement de tes hommes d'Etat, et autres choses rares et curieuses. — Comme quoi mon cousin devient un brandon de discorde pour les peuples de la Lune. — Complication de la crise aciuelle. — Conflagration générale.— Epouvantable uêlée. —Où l'on volt de quelle philanthropique manière les habitans de la Lune guerroient. — Combat a la tragédie blanche. — Charge au drame chevelé. — Résolution désespérée de Laroutine. — Son superbe diseours a ce sujet.— Ce qu'il fit pour se tirer de peine. — Impuissante douleur des puissans monarques Brrrrrr et Crrrrrr. — Bon voyage I — Conduite atroce et même peu délicate de l'astucieux Qsssssssss. — Conclusion. — Morale. — Tri»te retour à la réalité.
La discipline avait repris momentanément son empire. Le temps était beau d'ailleurs et la brise favorable. Le radeau glissait légèrement sur une mer paisible, et suivait la direction que, d'après sa boussole, ses cartes marines et ses compas de route, le commandant jugeait être celle de la côte d'Afrique. Mais deux cents lieues les séparent de cette terre si ardemment désirée, mille dangers les entourent, les privations de toutes sortes se font sentir et les menaeent bien plus cruellement encore dans un avenir prochain. Tant de funestes circonstances entretiennent dans l'âme de ces infortunés les plus sinistres craintes.
«- Ce fut pour les en distraire que le Parisien ent de nouveau recours au puissant dérivatif de ses contes. Son esprit naturel, le long séjour qu'il avait fait à Paris, la demi-éducation qu'il y avait reçue, son imagination, sa verve comique, tout le rendait éminemment propre à triompher des plus sombres mélancolies. La scène et le but donnaient à ce rôle, peu grave en apparence, quelque chose de digne et même de touchant. Le Parisien souffrait intérieurement, autant et plus peut-être qu'aucun de ses camarades ; mais ce brave marin sentait que le mom»nt était venu d'avoir de la galté pour tous, car la galté, en pareil cas, c'est du courage.
Le lendemain de la déplorable révolte que nous avons décrite, il les appela donc, comme aux plus beaux jours de leur voyage; il s'assit au milieu d'eux, et reprit en ces termes sa burlesque et philosophique narration :
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