‹ Le siècleChapitre 153 sur 173 · SIS · texte numérisé non relu

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siens des préventions extrêmement défavorables aux autres:

» Ceux-ci par exemple, avaient été persuadés que ceux là ne les attaquaient que pour les prendre et les manger à la sauce verte.

» Il en était de même de ceux-là au vis-à-vis de eux ci.

» AjouUzenlin que les versificateurs et les musiciens des deux pays avaient composé des cliansons guerrières dont la poésie déclamatoire et la m4lo lie criarde étaient très propres à surexciter le courage, et par conséquent à tenir lieu de bonnes raisons.

> I e fait est que les deux nations étaient toutes deux fort en colère, sans savoir pourquoi.

« Leurs armées s'avancèrent donc l'une contre l'autre jusqu'à a frontière commune, fort impatientes d'en venir aux mains.

h Cellede l'ambitieux Crrrrrr était eommai.dée en chef par un général à qui Sa Majesté avait confl.i ces importants fonctions, parce qu'il était le meilleur joueur aux dominos c"e toire la cour.

o Celle du vertueux Brrrrrr avait pour généralissime ua Inconnu qui avait été vivement appuyé par le cousin de la tante de l'onde de la mère de la sœur de l'ami du frère de la femme de chambre de la reine.

» Les sécrétai: es de ces deux grmds capitaines rédigèrent des proclamations superbes qui furent lues aux so dats, et qui portèrent l'enthousiasme sa comble.

» Il était dit dans l'une « que l'univers avait les yeux sur » eux , qu'ils étaient invincibles ; qu'ils avaient le bon droit » de leur côté; que le Dieu des armées marchait avec eux; » que la patrie éploré; les comtemplait avec espoir ; qu'ils se » montreraient dignes de leurs ancêtres; que leur nation » était la première du monde ; que celle qu'ils a'hient corn- • baHre était une pas grand'chose ; qu'il s'agissait de de l'en- » dre leur indépendance, leurs pommes de. lune, leurs femmes, » Imrsréco tes, leurs entans, leurs bestiaux menacés ; que, » s'ils succombaient, on les mettrait en vaudevil es et ■ n mi- » meidran.es ; qu'il ser«it parlé d'eux un jour da s les enau- » infères; qu'on montrerai i comme une relique, à la postérité n la plus reculée, la ch.ise&ù ils se seraient assis; que si, »"au contraire, ils remportaient la victoire' ils seraient cou- » ronnés par laGloire dâw le l< n p!e de Mémoire; que le geu- » vernement leur donnerait, ipiès la paix, une foule de li- » bertés; et que d'aï II urs, vive le roi ! tant pis ! »

» l'était dit dans l'autre, « qu'il e fou'e de libertés leur » seraient données après la paix, parle gouvernement; que » s'ils remportaient la victoire, ils seraient couronnés jar » la Gloire dans le temp! : de Mémoire ; que si, au contraire, » ils suc ombaienl, la chaise où ils se seraient assis serait » montrée comme une relique à la postérité la plus reculé ■ ; «que, dans les chaumières, il serait parlé d'eux un jour; » qu'on les mettrait en vaudevil'es et en mimodrame's ; que » c'étaient leurs bestiaux, leurs enfans, leurs femmes, leurs » pommes de Lune qu'il s'agissait de défendre; qu • la na- « lion ennemie était une pas grand'chose, tandis que la leur » était la première du monde; qu'ils se montreraient dignes « de leurs ancêtres; que la patrie éplorée bs contemplait n avec ecpoir; que le Dieu des armées marchait avec eux; » qu'ils avaient le bon droit de. leur côté; qu'ils étaient d'in- » vincibles guerriers tout couverts de lauriers ; qu'enfin Pu- ■ Divers avait les yeux sur eux, et que, d'ailleurs, vive le » roi ! tant pis I »

» Comment résister à l'entraînement de telles allocutions, accompagnées de tambours et de clarinettes T

» Il est oiseux de dire que Laroutlne avait suivi à l'armée son auguste possesseur. La conversation de mo;j cousin était devenue indispensable à ce vertueux et lyn pratique monarque. Son irop de bonheur l'a va il rendu ma heureux; ■•ris aii d'ennui ei de I i ; é. il lui fatl II iacesfamirti ularité si r nos mœurs terresires, pour dissiper son humeur nuire, faciliter ses di t slions, entretenir son embonpoint, et conserver ainsi tous ses droits au volage amour de ses sujets.

» Or denc, ce fut au pied du gros diamant sur lequel s'était posé le ballon de Laroutine, que les deux rois firent

cnmper leurs armées, afin d'être plus voisins de cet objet de leur convoitise, et de pouvoir s'en emparer plus facilement, sulon l'issue de la campagne.

■i Quant à leur prétendu mélialcur, l'astucieux Qssssssss, il avait fait aussi de nombreux arméniens, sous prétexte de garder une neuiralité armée, mais en réalité pour tomber à la tin de la guerre sur le dos de ses deux amis, lors ju'iis se seraient affaiblis mutuellement.

» C'est ce que les historiens appellent de l'habileté politique.

« L'étDt-major d» chaque générai, en chef eut bientôt, dressé son plan d'attaque et de il euse. Les deux armées s'ébranlèrent ensuile, il se précipi èreu' l'une contre l'autre avec un acharnement impossible à décrite.

« Ce fui pour cou cousin le pits. h^irre de tous les spectacles dont il cii! oui jusqu'alors dans la Lune. Les peuples dé cette planète e f ni a gu* rre d'une manière fort originale. Ce qu'il fa il L'éloge de leur civllisaïon, c'est que jamais ils n se blessent ni ne se ment. Ils ne eber h Mit, en guerre, qu'à se rél.i .-e mu uellem ni : ;'i;:pu s?ance, à se mettre en fuite et à se i i a le plus possible de p-isonniers. Quand la bâtai le t s t Unie, chique parti compte les prisonniers qu'il à faits ; celui qui en compte le plus a nécessairement remporte li victoire. Pas moyen que chacun se l'attribue, comme, il arrive quelquefois sHr la Terre. C'est une question d'arithmétique.

o Leurs ara» s, en conséquence, ne sont pas moins innocentes qu'ingénieuses.

• Mon cousin vit des obusiers qui jelaient du tabac en pondre dans les yeux des ennemis, afin de les aveugler rcomciitaiiément.

« Il vit des fusils qui leur jelaient de l'ellébore pour les faire et' muer.

» Il v.t des canons qui leur jft lient, en guise de mitraille, un-' grêle de bonbons opiacés, pour exciter leur gourmandise et les engourdir.

» Il vit des mortiers qui jetai >nt de la poudre de perlinpinpin, afin d' leur ciuser de vives dénvneeaisons, et de les contraindre de s'arrêter pour se gratter, au lieu de songer à se défendre.

» ïl y avait aussi des régimens arm's de pompes, pour inonder l'ennemi devin muscat, et le griser complètement.

» Il y avait aussi des régimens armes de pommes cuites. Rien n'égala t l'adresse avec laquelle, à deux cents pas de disianee, ils plaquaient un de ces projectiles sur la face de leurs adversaires.

» Une. autre manière de faire des prisonniTs, r'étiit de lan< er à ses enni mis de longs nœuds coulans, à l'effet de les attire- à soi, comme des bottes de foin qu'on monte dans un grenier.

» Lue autre manière encore, c'éla.t de les péchera la ligne, comme de simples gobjons.

» Les soldats du fcénie ne se croisaient pas non plus 1rs bras. Ils plaçaient le long de la route des souri, ières où l'infanterie se prenait ingénument par la patte.

» Ils enduisaient au >i de g:u tous les ir: res voisins, de manièie qu'en voltigeant par là s us di liauce, la sauterellcrie s'y collait les ailes.

» E lin i es co ps savan • < reusaient de erands trous dans le so',les emplissalen de coi fllures, et les n rouvraient avec aridi feol es, de mousse de: branches d'arbres

L'ennemi, qui ne sr dom i' d rien, meilail le pied tarie fragile plane er, tt b'enfoncail Jusqu'au menton d.i .-> re« mires succulentes.

n Certes, il y aurait de l'injustice à oublier iii les régimens qui n'avaient pour toute arme que les plus mauvais tableaux des Expositions annuelles de la Lune. Ces régi-

LOUIS DESNOYCT.S.

mens croisaient devant eux ces détestables cronl os II était rare que l'ennemi en put soutenir la vue el né tournât pas le dos avec une juste liorreur.

n Citons aussi, dans notre haute impartialité, les régimens commanditaires, ceux qui étaient armés d'actions et de coupons d'actions. Actions pour l'extinction des cors et durillons; actions pour mines d'asphalte à inventer-, actions pour l'anéantissement d£s punaises a domicile; actions pour le sevrage des bœufs en bas âge; actions pour la cuisson des œufs à la coque; actions pour la culture des terres non végétales; îclons pour assurance contre les tuiles sur la tête, les gens de loi, les banquiers, les loups elles cors de chasse; actions de garantie mutuelle contre toutes les autres espèces d'actions. Que sais-je encore? Ces régimens de courtiers lançaient leurs paperasses contre l'ennemi, et, lui proposant d'immenses bénéfices, le incitaient immédiatement en déconfiture. Celte arme-là faisait biendesvictim.es.

« Mais les plus terribles, sans lOntredit, c'étaieul II s régimens d'infanterie, aimés de vieilles tragédies; eux de sauterellerie, qii brandissaient des drames nouveaux, en guise de sabres; e! c. ux d'artillerie musicale, qui exécutaient des symphonies fantastiques.

« On appelait les premiers: Tragiques de hx mort; les seconds. Bourreaux (les crânes ,■ et 1rs troisièmes, Brigade infernale.

» Il y en avait d'autres qui s'avançaient solennel!; ment en improvisant des dithyrambes, des élégies, des edes, des sonnets, des poèmes épiques, des jérémiades de toute efpèce, et endormaient profondément leurs adversaires. Ou ne pouvait guère résister à la valeur soporifique de pareils assaillaus.

» Il y en avait aussi qui s'embusquaient avec leurs inslrumensau fond de quelque taillis par où l'ennemi devait passer, puis ijui, débouchant t ut-à-coup, lui liraient à bout portait des romane- s, fies fantaisies, des étud-s, des airs variés, des cantates, des hatcaroles, des ihansonncttes et des ballades, fausses et criardes à mettre en tniteune.anr.ee de sourds.

ii II y en avait enfin qui se précipitaient contre l'ennemi en lui criant des pages de romans historiques, frénétiques, vitrioliques , galvaniques, amphigouriques, etc ; autre travers par quoi ia Lune ressemblait encore quelque ; eu a notre Terre. Cette lecture éiaii irjc istible : tout «: débanda i , tout prenait la fuite; c'était un sauve qui peut général. Il n'y avait pas moyen d'y tenir, surtout qui él il avec le style tranchant de tel ou ici auteur a la mode, qu'en sabrait ainsi l'intelligence et le goût de ses adversaires. On a vu quelquefois des anréss tout (litières s'enfuir à cinq cents lieues du champ de bataille, en se bouchant hermétiquement les oreilles. L'histoire de n.>s guerres terrestres n'offre rien de comparable aux terreurs paniques de ce genre.

■ Ceiie manière d'uti iser t n munitions de guerre des ceuvies ihéâtrales, musicales et littéraires, complètement vides de sens et inutiles, dérr.OBlre jusqu'à quel point les peuples de la l.f.ne. ont poussé tout à la fols la philanthropie, l'économie politique et la stratégie, trois choses fort peu compatibles. Il e>t impossible de faire la guerre d'une façon plus anodine, p us savante et plus ennuyeuse.

» Ce ne fut point l'avis de mon cousin Laroulinc. Ses cheveux se hérissaient d'élonuement. 11 lui semblait que lout fût sens des di - 01 s dans son crâne, et que ses idéi s v dansassent la farandole en habits de carnaval. Le spectacle de cette b;i.il ■ I;.: .are acheva de lui faire' prendre notre sa ellilc tu grippe! La mêlée é' ait chaude. Une pomm" cuite lui arriva sut la figure, un peu de tabac dans l'œil gau> be, et nu peu dç poudre à démanger dans le dos. Il reçut a boni portant une offre d'actions en commandite, dans des entre-

prises de chemin de fer en caoutchouc ei de su< n d'orge en bitume Son œil droit fut désa,gréab'emerl atteint par l'aspect d'un mauvais tableau. I ne de ses oreille-, recul quelque, fragmëns de drame, et l'autre, quelques éclah de rrag die. Ces accident pV talent pas propres à l'acclimater li-haut. Ils en eus eut d g< Blé bien d'autres I

» Or, en ce moment même, U Terre dessinait son »ast< disque au milieu du fit manient lunaire Mon cousin Vapercul précisément au-dessus rie sa tête L'occasion était bonne. Sa résolution fut pr se.

« —C'en est fait," s'écria- t-il en frappant le soi de la Lune d'une botte dédaigneuse et trouée , c'en esl lai ! le quitterai " ce stupide séjour, cet insensé pays! ïe revoirai le mien, "je r< verrai ma Terre, ma fertile Terre, ou l'on boit, où l'on » mange, ou l'on dort, cù l'on se bal, où 1 on se lue, où l'on « fait I oui d'une fsçon raisonnable, c'est-à-dire de la façon » que je l'ai toujours vu (aire Oui, je le tenterai, rinssé-je

ine cassrr le cou en toute I c'ist bien le moins qu'un \< m » citoyen puisse faire pour sa patrie. Lu avant, marchons ' »

» Mon cousin dit. et, profitautd'un instant où leroîsop maître demeurait comme hébété par l'effet asphyxiat-l d'un petit nr rceau de roman épileptique qui \ i • n a i t aussi d'atteindre sou noble tympan, il s'échappa sans qu'on y prit garde, reconnut le sentier du .diamant par oi't il eiait descendu dans la plaine, etsemitàlegravir à t ute.-- j imbes pO!:r en ga ner ! cim>\ Ily ri trouva son lallon en fort pou état. Il ouvrit la sacoche de là nzcellé, et s'y munit d - - i ; (liens nécessaii ■ pour le gonfler loul à faj '■ le remettre en marche. Ce fui l'affaire de quelques h," : repritpeuapeisagracieuserotondile.se balança i n . ment, J.ê-i la , puis s'élança vif cl superbeau milieu de l'cspace.

•/Les deux monarques rivaux, le vertueux B l'ambitieux Crrrrrrrr, aperçurent mon cousin qui s'enfuyait sournoisement dms son léger véhicule, la rs su-

Jets étaient en train de Et battre avec plus d'acharnement que jamais pour sa ; ssessioa. Leurs Majpitèsp ussèront un auguste cri de rsge,| areil à celui du tigre q .i v nié bapper sa proie, et elles ordonnèrent qu'on le poursuivit à outrance

» Leur perfide ami, l'astucieux Qsssssssss, 'I'1* êtajl rou loin de l.i. ;i la t«!e du prétendu cordon sanitaire qu'il avait formé sur 1 s confins rie son empire, se frotta les n.aius de joie, tar l'occasion qu'il attendait lui semblait être ent.n venue.

El "u tff I, tournant simultanément leurs arrees rontre lefttg-tlfjasauterelleriedebrrrrrrrr iti rrrrrrse

mirent à pourchasser mon cousin a tire d'aile, l'espace de plus de cinq cents lieues, lui lançant continuellement t M ce qu'elles avaiepi d'el ébore, dé perlinpinpin.de musique imiiative, de pommes cuite*, de mélodrames et de labà -. Hais ce lut en vain :1c ballon montait, montait, montait,

une vitesse trois fois pins grande que la leur, t Vil. : seul atteignit le fuyard. Q'jaM à t ln:-ci. écartant <:!->r.s, du haut du ciel, les dix doigts rie ses mains, puis les alignant les uns au bout des autres, en posant l'un des peuces contre son nez, i; exécuta l'ironique simulacre de leur jouer de \\ clarinette, comme pour se moquer d'elles.

» II y avait sujet. L'astu ieux Qsssss'ssss intervenait alors dans la querelle, et déposant sa feinte neutralité, tombait avec toutes ses troupes, fur celles du vertueux Brrrrrrrr et de l'anibit'eux Crrrrrrrr. Grâce à l'espèce de di banjjLade où se trouvaient ces dernières, il lit passer un fort mauvais quart d heure à ses chers tt QdèJes allii's.

« Comme ce fut ïvi qui resta vainqueur, ie furent ses guerriers seuls qui se courût lièrent de lauriers. Ce fut a i i que la Gloire distribua les palmes delà Victoire, dans letemp'cde Mémoire, par les mains de l'Histoire. Ce fut r ix qu'eu mil en vaudevilles el en mini' ' Ce fureni

eux qui cm eut le bon droit de leur cÛ:é, qu'on proclama ie premii r pi uple du d oi de, que I univers contempla, dont on parla dans les chaumières, e. dont on nionlra la chaise à la postérité ia plus reculée. Mais. si leurs femmes, le*s champs, leurs fnlans et leurs bestiaux furent sauves, je n'ai pas oui

AVENTURES Ml! ROBERT-ROBERT.

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dire qu'aucune espèce de liberté leur ait été octroyée après la campagne. Va-t'en voir s'ils viennent I Ce qu'ils y gagnèrent de plus libre, ce fut d'être obligés à un surcroît d'impôts, à un décime supplémentaire, destiné seulement à couvrir les frais de la guerre, et que néanmoins ils continuèrent de payer indéfiniment pendant la paix. Mais revenons.

» Le spectacle de leur bataille réjouit cordialement mon cousin ; puis il perdit tout cela de vue, repassa à rebours par toutes les phases de son premier voyage, et redescendit paisiblement au Cbamp-de-Mars, à Paris, cent vingt-neuf jours après l'avoir si maladroitement quitté. Sa joie en fut extrême, quoique l'ellébore lunesque continuât d'opérer, et le fit encore éternuer cinquante-trois fois de suite.»

xrv,

• Or donc, Laroutine n'était pas au bout de ses peines, en même temps que de ses voyages. Il eut l'imprudence de raconter hautement tout ce qu'il avait fait, entendu et vu. Le ciel le punit par où il avait péché. Personne ne voulut croire celui qui n'avait jamais cru personne. Ses ré ils <1e l'autre monde furent traités de sottises, de mensonges, de charlatanisme. Ce fut même de ce mom-nt là qu'on se servit généralement du mot de Lunatiques pour désigner les gens à lubies. Enfin, comme il persistait dans ses dires, on l'appela insensé, maniaque, visionnaire. Ses collatéraux convoitaient depuis longtemps l'immense fortune qu'il a- ait rapportée de là-haut, en rubis, en émeraudes, en dianans. Ils le firent interdire juridiquemerit, sous prétexte de t'ohe. Ce procédé le rendit furieux On le saisit alors, on le lia comme dangereux pour la tranquillité publique, etoni'enferma très légalement à Clwrenton.

• Ainsi fut puni, par l'esprit routinier, par la sottise, l'ignorance, lis préjugés, là moquerie et l'incrédulité des autrps, celui qui s'était toujours montré envers les autres si gond'; de préjugés, si sot, si moqueur, si incrédule, si routinier C'était bien fait ! Attrape !

» Ce fut dans celte maison d'aliénés que mon cousin Laroutine mourut à force de douches.

» Un ioi-disant phrénologue demarida son crâne dans l'intérêt de la science. Jl l'acheta, le palpa, le moula, l'exposa, le professa, et déclara que l'ex propriétaire de ce crâne avait eu la bosse des découvertes, l'amour de la nouveauté, l'horreur du connu, et. que, s'il n'avait pas découvert la Méditerranée, c'était fjute d'avoir été renseigné par un phrénolo.ue sur sa. véiitable vocation.

•i Cela dit, un bocal d'esprit-de-vin servit de mausolée au prétendu utopiste, pour l'édification future du monde cranioscopique.

» Que la science lui soit légère 1 Amen ' »

Ainsi parla le Parisien.

Ce lut, hélas ! le dernier conte qu'il eut à débiter de long, temps à ses compagnons d'inlortune. Dès le lendemain leur situation devint si grave que ses facétieuses racontâmes eussent élé de trop faibles consolations.

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