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CHAPITRE VINGT ET UNIEME

T\ EMPIRE QOtfl HMWÂIIi.

QUELQUES FICTIONS l'OlK F A nu: PASSER BEAUCOUP

de m mu s.

L'ne revanche de sauvages sur les peuples civilisé?. — s» Majesté Sîln :•". — s n enirevt;e avec le capitaine CaDVdinf. — Son l'ailé rie commerce avec re |-li.lanlbiope négiit-r. — Sa non, fe.s fiiciéraiiles. — L'empire .Standing e rst menacé d'une invasiou formidable. — Hoben 11 berl généralissime. — lu camp chez les sauvages. — Due bataille r'éc.'sivc. — Le iri'u: til au vainqueur, — Comme quoi, apièi .n irccmmtgré isruo' n* raque de fj|iinibanr,iie, on | eut fitir 1 ar un pa tis de i, i. — Conrentemrm de Sa.Vaje^té Abaldy. — Piemters envie dg pouvoir.— IlobeM-Robei 1 maitM de l'étiquette. — le s»j-

MENTliRES DE ROBERT-ROBERT.

gueur Bnzinska , grand njiltre de? cérémonies. — Lescourusans a Baronara. — Prejas de Robert-Roburt. — De son système d'administration et de la rmrtha de Bon gouvernement. — Ingratiiu Ir lia peuple mandiogoe.— Commencement de dé<;affection. — Cancans populaire-. — Premiei de trou-

ble. — Monseigneur le marquis de Lavenelte se proclame garde-des-sct-auxet présid.-nt d'un conseil de ministres qui n'existe pa-. — L'élévaliou louui- la tête à Son Excellence. —Ses vertiges civilisateurs, ses arrêts, sa- monomanie judiciaire. — J.e g and Woodoous appâtait sur la scèae. — l 'hur/.on politique continue de se couvrir de nuages. — Singulière e;r,biïthe tendue a la benne foi de Sa Majesté Alnldy. — lieau trait de présence d'esprit. — Des quarante-neuf parti ; principaux qui constituent !a touchante harmonie du peuple inandicgue. — Griffard attise les bran ions de la discorde. — On dai.se sur un volcan. — L'orage gronde. — Eclipse de dévoùmèns. — L'oe émeute. — A qui I« triomphe? — Au nlus fort. — Heureuse •apparition. — Une perte irréparable. — Au large !

En qualité de sauvages. Hélas ! oui. L'amour-propre des humains est partout égabment avevgle et routinier. Nous appelons dédaigneusement sauvages des peuples qui peutêtre nous renvoient dédaigneusement la mêmeépithète. Nous nous moquons de leur barbarie , et leur barbarie se moque de notre civilisation. Nous trouvons bizarre tout ce que nous voyons pour la première fois, et tout ce qui nous voit pour te première t'ois nous trouve pareillement bizarres C'est qu'en effet, s'il y a bien réellement des degrés dans la civilisation des différons peuples, et il y en a, c'est au dév loppement des sciences, des lettres, àfs aris, de la morale, des sentimens d'humanité, qu'il faut mesurer la hauteur de chacun d'eux , et non point à des usages, à dos pratiques qui ne sont baroques que par tomparaison, et dont !a nouveauté seule constitue presque toujours la bizarrerie relative. Mais la nouveauté ! l'inconnu ! l'inusité 1 Voilà l'unique règle d'appréciation dont se set vent la plupart des hommes; voilà If s véritables causes de cette grande badauderi e commune qui i ouvre la surface du globe; voilà l'origine de ce te méprisante curiosité, que les diverses fractions de la grande famille exercent les unes envers les jutres. Que des lions, des girafes, des boas soient amenés à Paris: tout Paris s'empressera sur le passage de ces habitans d'un autre monde. Que des lapins et des lévriers soient jetés par quelque naufrage, comme dans le cas qui nous occupe, sur les côtes de cet autre monde : cet autre monde s'extasiera devant ces produits du notre, une des Charmas viennent visitrr les Européens : les Européens les placeront dans des baraques, les feront voir et les expliqueront. Qu'en revanche des Européens s'avisent de rendre visite aux Cbarruas : lesCharuas les montreront à leur tour comme des bêtes curieuses. Ainsi va le monde.

Telle était donc la mortification que l'ignorance des Manriingues impos-.it ni ce moment à l'amour pro re de nos héros. I.' rsqus ceux-ci furent montés sur le Ihéftlre, el qu'ils eurent été plaies debout sur une seule ligne, en face de cette foule accroupie, le conservateur du cabinet de curiosités de Sa Majesté s'arma d'un mince el long bambou, et, s'en servant pour désigner chacun d'eux, entreprit de donner à la rour les explications qu'ellr paraissait désirer. Ce discours était fort ennuyeux, comme tous les discours. Robert Rob rt le comprit à-peu-près. il y était dit, en termes très vi 1rs et par conséquent très s mores, que le lapin et 'e lévrier avaient été donnés au magnanime souverain de h.uubara par le chef d'un navire européen, en témoignage d'estime et de bonne amitié. Ces animaux. • ajoutait le démonstra leur, « semblent être d'un naturel vorace M sanguinaire. i l.e premier, le lapin, pousse la g'outonmi ie jusqu'à man- » gei de l'herbe; et le second, le lévrirr, p lisse la cruauté

. I t: MM I I . — H

« jusqu'à ronger des os. Les neuf blancs, au contf aire, paraissent être d'une grande douceur. Ils ont été trouvés pai » une caravane »ur le bord du désert, où l'on ne sait » événement !<-:; avait jetés. Ces étrangers paraissent m. , » manquer d'une certaine Intelligence, mais, par malheur, « elc n'a pas été cultivée. Ils ont une manière de marcher, « de s'asseoir, de manger, de boire, de se moucher, de lout • faire en un mot, qui est le comble du ridicule. Ils n'ont » pa*. d'ajileurs, la moindre notion de la langue mandfnguC ;

■ lie qu'ils parlent ressemble, à peu d'expressions près, à » une suite de grognemens extrêmement bizarres. Ils n'ont » pas non plus la moindre connaissai, ce de notre grand es- » prit K'kerikou. Enfin, leurs cheveux sont lisses, au lieu » d'être crépus à l'instar des nôtres, et i<s ont la peau blar- » che, au lieu de l'avoir noire comme nous, qui sommes les » enfans gâtés de la nature. Leschevfux crépus, le nez épaté, p les lèvres grosses et le teint noir, voilà effectivement le » typa du beau. En résumé, lout annonce que ces infortunés « appartiennent à une race d'hommes dégénérés, et que la » nation hideuse dont ils font partie, n'est pas encore initiée » aux premiers élémens de cette civilisation brillante qui fait " la gloire du peuple mandingue. Du reste, Votre Maje-té •> peut s'en approcher sans crainte. La vue de ces êtres phé- » noménaux n'offre aucune espèce de danger. •

Ainsi parla le démonstrateur, l.e roi s'approcha jusqu'Srt bas de l'estrade, pour mieux examiner nos amis. Il leur fit lever les bras, lever les jambes, lever le nrz, faire mille évo lotions. li leur tendit ensuite des fruits av>c beaucoup de précaution, 1 1 prit un singulier plaisir à les leurvoir manger. Ils eurent le bon ecprit de se prêter sux fantaisies de la c#ur. Robeit Ri.bert comprit tout ce qt'il y avait de cnmiju'ment philosophique dans le rôle que leur imposait le hasard Sa Majesté fut très satisfaite de leur docilité, et. pour leur témoigner son auguste contentement, elle les kg. a. eux, leur singe, le lévrier et le lapin, dans un des plus beaux appartc mens du palais. Sa Majesté poussa même la générosité jusqu'à ordonner que leur table fût somptueusement servie aux frais du peuple.

Otte royale faveur permit à nos amis d'étudierde pi es les mœurs de ce puissant empire de quarante-cinq lieues de clrco férence, non compris le désert. '

Le chef régnant s'appelait Sibidoo,. cinq cent soixante n quinzième du nom. I «■ ; n i t adoré de jes suj.-ts qui, en témoignage de leur amour, l'avaient surnommé 1" kumpakrak, . 'est:i dire le grand Goulu. Entre autres qualités précieuses, il avait plus de six pieds de hauteur, était large a proportionne force à assommer un buffle d'un seul coup de poing, et d'à; petit à le manger ensuite dans un seul repas. C'i | là son amusrment favori. Qoarrd le buffle lui manquait, c'était sur la nuque de quelqu'un de ses courtisans qu'il daignait faiie ses expériences pour ne pas perdre rhabitt.de de touchefforl etseteuirlepoignetdispdnibl el s ; physionomie lière et martia'e ré\ était l'habitude du coiumandement et des goûts belliqueux. Jour » t nuit, des escla« vt s, qui se relayaient de deux heures et: deux heures, se tt- D'aienl à sa droite, portant ses armes de chassa et de guerre. D autres esclaves, placés ù sa gauche, l'accompagnaient sans cesse et partout, agitant l'air, pour le rafraîchir, au nu r!c loi tmes d'autruche. Il était velu d'un lambeau de

casaque rouge^provenant sans doute de

• Nous bisson s au 'i ctear l.- soin de dislinraer la H t . . réalitèdin lu pi' Bnt chapitre. N us non bornons h

que tous 1- de d o":r* qu'il rei r i- ne - m

poopUdi ■ afrircio* sontde II plus complète puclilod •

■ur.

sa

LOUIS DESNOYERS

d'uniforme ing'ais. Il était cc-iiï ; d'un vieux < hapeau de de riz. orné de virillc-s brides de .rubnns dans le g t.rede ceux que portent les dames européennes. f> s vrnot. ries de tou'o rouit ur bril aniaient en tous sens ce bizarre costume. Il portait a, r, 11, aux jambes H aux bras. t!es grelots (t de petues clochettes à la manière de tos cailins et de n -s die vaux, ce qui produisait on bruyant carillon à cbicun de ses meuyemens. Enfin, rhose singul ère, il s'était tapissé, d la ceinture jusqu'au genou, d'un vieux fragment de tableau représtntint je ne sais quel monument européen.

Le costume des artisans, des guerriers, des fimp'es Mandingues, homme», femmes, enfans, n'offrait pas moins de bizarrerie. Les uns étaient couverts d'ajustemens empruntés ,uir moiti ; à la toilette de nos dandys et à celle de nos élégantes. Celui-ci. hait de six pieds, portait une vieille robe, par exemple, avec des épaulettes de cuivre dédoré, et une vieille paire de bottes ,1 l'éniyére. Celle-là, jeuue fille, portait un vieil uniforme, un vieux châle, un vieux chapeau à claqte. Cetenf.ut, haut de deux pieds, portait un vieil labit de fashionab'e dont les basques traînaient à terre bien l9in deirièrelui. Ainsi des autres. Il semblait, à voir celte burlesque population, qu'on assistait à la c lébration du carnaval dans une maison de fous, ou bien que. cette petite contrée d'Afrique s'était donné la mission d'user toute défroques de notre hémisphère.

Ccst dai s les relations de ci mmer e que certains spéculateurs d'Europe entretiennent avec, les peuplades de cette côte d Afrique, que se trouve la cause permanente d'une telle mascarade. Les Européens, qui connaissent l'ignorante coquetterie des nègres, et leur goût aussi effréné pour le cli ■ quant que pour les liqueurs fortes, leur apprient icguli rement, à diverses époques de l'ant rgaisoi s n'eau de-v;e, de verroterie, de

de toute espèce, ramassées I vil prix dans nos arrière gasins. hs nègre; leHr donnant en échu igè de la poudre uor. des ù-n;> dé éphant, des peaux de 1. tes féroces, des :t ce que leur c'ima- produit de p us précieux, et souvent même le p eni'er bien de l'homme, le plu • msgnifique-desdons de Dieu : la liberii de leurs semblables! Ils Senivr.nt alors, et s'affubUnt de ces miïérablej chiffons, avec une joie, une vanité qu'on ne sautait peindre, et qui fait mal à voir. C'est en effet par l'txcila ion périoiiqu' de ces mauvais pencl-.ans, que l'<.\a iee ries E:.r&péfns enlra- «ent les plusdi - coutumes p rml les peuples rii ■ -

contrées. La nal a fait! : t-étre, hospitaliers, ,

compatissans, su .e, tib'ei de toutes le, nous sommes si ders; el ,1 - .

P3r 'x ' ' ■ ris niérham?, débauchés, peifi-

«-es sanguinaires; nous 1 s armons, nous Us excitons au P'Ijage, eu meurtre, à tous les brigandages d'une perre civile pcrpélui qu'ils se fassent ifciproquemeut le

plus de prisoepiei s possible, et qu'ils se vendent i autres C9mme un vil bétail, corps el âme, aux infâmes re< leurs des eoion es. Cet homme, par exemple, est trafiqué moyennant un pol de mauvase eau de vie; c- lie femme moyenn nt quelque sale chiffon : est en an-, moyennant "une v''"lleii'" de verre, un brimborion de cuivre ; tinsi

Les Hàtons-nous de d re qu'au moment où nous

écrivons, presque tous les gouvernemens européens ont enfin défendu la traite dès noirs, comme on appe.le ce; odieux n^° " I "' I Wlion les ùonore, quoique tardive ;

mais elle est trop souvent inefficace C qui se pratiquait a la face du ciel se pratiquerai eut. Nous avons dé-

sormais une a n rebande de plus : h contreban le de cha r £uumne.

a lage ne tarda d'arri-

><., Ou aperçut i la côte un nrvi e étranger qu'à a nature

de ses signatx on reconnut peu un tu gri< i C-tte a; , lion frappa de te i ir tout l'empire maaëingue. Cela plique pur un usage rotnaçant. lorsqu'un Miadittgue d •('. quelque impôt au trésor do chef, toute sa tribu en répond

sul.dairement, it se trouv ' l due comme es-

r'av po i l'acquittement de lu dette. Quari us ;.ris&nriers de gueire manquent, le ih fv nd ainsi jusqu'à ses propres suj.ts. J ni que le négrier resta en rade, la peur dépeupla don? Bambara comme une vil e dont la peste a tué ou chas.é Us h-:biians.

Robert-Robert et ses camaradas assistèrent a l'audience que l'autocrate accorda aux envoyés du brick \e f autour. Ceux-ci ne furent pas peu surpris de voir des gens de leur couleur dans l'entourage du monarque u:ir. Mais Sibidoo ne i ur laissa p s le temps d'en amer avec les blancs une conversation que Robert fU.br surtout ^arsissaii vivemen d/sirer. Ce priRce s'adre.-sa brusquement au chef de la dé- I u aton, cl lui dii dans c? mauvais baragouin où tout langues se confondai nt, mais qui était parfaitement connu des i égriers :

» — Qui es-tu î

— Nèf «tant.

■ — Que veux-tu ?

» —Deux cents nègres.

» — Qus m'apporles-iu?

— lie; jupons, des mil. eu. Jts cabots de i'fau- Je-vie, de la poudre, des armes, des broches à rôtir.

— C'est bien. Je vais combattre à leur tour mes plus anciens, mes plus fidèles a liés : ceux qui m'ont aidé à détruire tons les Entres Reviens dans vingt lunes. Je te livrerai de? esc'aves à faire couler bas (fin bti k, comme Hne coqui I de cocotier.» v

Les nég ■, dirent à re discours de 'a cour.

le don de s:b i 's, de bo lies roui

falbalas et de n > liqueurs. Ils retournèrent ens

à bord, et firent n ■• a'is-i'.ôt pou: d'anlies points ae la côte.

Robert-Robert, ic pouvant \ orreur que lui avait

ia-piré? i i s-aya d'user de l'amiiié que lui tén oi-

g i lit Sibidoo pour- le détourner d'un pareil tr. fie ; mai lut en vain.

« — El de; armes ? et de l'eau-de-vie? où en tr. uverais-.i lui répondit Sibid 0. • Ce que !;i dis la peut élre ex;el'ent, niais ce serait dangereux a entendre pour rrc-, suje:s. I'

utat'iï d'un ton moitié paternel et moitié n'y reviens pas I

Cependant le négriei avait soufflé les mêmes fureurs parmi toutes les peuplades environnantes. Chacune se mit eu devoir de remplir ses abominables promesses. S bidoo ne fut pas le moins prompt, et résolut d'attaquer les Jalafès et les Mozambiqu s, ^rs plus pro.hes voisins. Il envoya des ambassadeurs à leur souverain p.^ur leur remettre, de sa part, une paire de sandales de fer. ave,- cet énergique avertissement, qu'à moins d'user ces sandales dans leur fuite, i s ne p lurraient échapper ù sa -.engeance.

.- nvoqua en même leur. • : Je

guerriers. Voulant s'assurer s'ils i uambreux,

il les lit ciéii er un à un, devant lui, sens un poteau. Le sol i tait couve t d'une peau de buffle sur laquelle chacun d'eux n passant La peau n'avriit pas é:é lout-à-fail usée, Sibidoo fit une nouvelle levée »t eir.'ia tout ce qui était cap;/ i ter une arme, depuis les enfans jus-

qu'à ix viei lards I :i. i.v;;r.t de se mettre en campagin donna un magnifique t'es in à I i Je ^ti année Le.

AVENTL'RES DE ROBERT-ROBERT

si o pies soldats ne furent admis qu'à monter la garde a la por e.

Robert- Robert et ses camarades était nt au rt mbrt des invités. [| n'y avait pli s de belle fêc< s:-.;, teux. Lis crurent a - Bister à un banquet. r>e Gai g, muas lis rudmirèri nt la prodigieuse vi racité du roi 1 1 V ses offlcii r . t as f mmes, fx-lnes de la table, no pouvaient suffire à apporer les met , les bois'oiis, ies vins de pal ni r. • t le bnra, sorte rie i qu'on tire des dattes. Le rui avait nouvellement réservé pour lui seul le vin et l'eau-de-vie des Bégri te. Il en but tant, qu'on fut obligé de l'emporter ivre-mort, avant la fin du repas.

Les danses" nationales commencé en! ensuite ru son du balifou, pi au bruit d hymnes d ■ g erre, chïBlés par 1 s vieil ards sacrés, et dont voici l'énergique refrain : « Je t'in-

• voque, puissant Yankar, afin que lu . i rableànos » héros dans 1 ur sainte er.treprise, et qu'ils revoient leur » pays, sptès un heureux voyage, ricb butin ot depri-

• sonniers. n

Le lendemain avait été fixé pi ur l'entrée en campagne. Dès le matin tous les guerriers étaient réunis sous Us armes. Les femmes avaient pris les dé»ans pour transporter les vivres pi les bagages. Chacun était a son poste. Le roi (seul n'était ras au sien; lui, toujours habitué, en pareil cas, adonner t'exempte d'une belliqueuse adeurl Pourquoi ce retard? Les principaux chefs se rendirent au palais, où i s eurent la douleur de le trouver dans le même état d'immobilité que la veille. Pensant qu'il n'était qu'assoupi , ils le se ouërent en tous sens; mais il ne dont ait p us aucun sign d'exisUnce. La trop grande quantité d'eau-de vie que Sa Majesté s'était octroyée l'avait asphyxiée pendant la n ait. Sih doo, le Krtmpakrak, t'e-t à-dire le Grand Goulu, avait justifié son nom : il était co'-i d'indigestion.

Des sanglots éclatèrent par toute la \i le à cet e funeste nouvelle. L'armée surtout pleura sincèrement un olief i-ous le commandement de qui e'ie avait remporté tant de \ ■ toires.

Les fi de Sibidoo furent extrêmement touchantes.

corps fut lavé avec de l'eau tiède, huilé, et bouca une ib.ib'i r douce et lente, on le para de ses~plus beaux vêtemens ; on l'exposa pejdant un jour à fa porte du palais, sur un lit de parade, entouré de :es armes, escorté de e clavesqui continuaient d'agiter leurs queues d'autruche f»r>ur écarter les insectes, et de lui servira manger et a boire comme s'il tût été vivant; et enfin, on le transporta en grande pompe à iô é de ses p édéce seurs. On e: des danses fum mtson tombeau; on y p

loge île toutes les Vertus qu'il n'a ,.h pas eues, ft, pour

olation lia ionale, on j êtrang a <:

deux cents veuves inconsolables qu'il laissait. ! c; malheureuses furent allai liées par le cou, les nies aux mitres au moyen d'à étant de nœ .ds coulaos*. Les grands officiers sai- Biret t les deux bouts de la corde, el ls tirèrent e . da i-ae.t, jusqu'à ce qu'elles, tombassent sur le r i leur glo-

rieux époux, mortes de -liajr.n et de stia . Les

poèl isdelaloca rèrent ce dévoûmrnl i

i i proposer ■ ;t a l'admiration de toutes les veuves à venir.

lu i uvellet rrlb'e'vi t arracher le peup'e mandii ces d nie . Les Jalafes et mbi-

ques s'étai et réunis contre l'ennemi commun, et, ne rencontrant aucun obstacle sur leur ron . •' vança i vers Bambara le fer pt la fl mme a la main L'épouvante b ul verse heureuse cité, qui n'avait plus sort chef, son

impénélrab e égide. I- s gran Is de l'EI il agiièn ni a ■ lion de savoir s'ils éliraient immédiateme l un DOU>

roi. Cette question souleva des disettssions patriot:ques qui faillirent dégénérer en sanglantes querelles. Cependant, le chef des anciens, le gran '■ Wo d bùs, vieillard astu-ieux qui jouis ait «l'un grand créîlit parce qu'on ne lui supposait aucune prétention, fit prévaloir au avis qui co cilj :t ans le présent toutes les ambitions rivales, en leur réservant loaies les chances de l'avenir 11 fut décidé qu'on site, dra t l'isue d-. la guerre pour donner un su> censeur a Sitidoo; q e le irôoe appartiendrait -à celui d'entre les chefs qui se serait le plus distingué, et qi.e jusque là, l'Etat s trait gouverné par une régence composée des trois plus anciens de 'a tribu.

Resta I h élire un généralissime.

Robert-Robert, entouré de ses cimaïades, étaii présent à la délibération. Après les avoir consultés, il prit la parole eu eps termes : — « l'euple mandingue , peuple de braves! vous nous avez donné une généreuse hospitalité : nous voulons vqus donner une preuve de notre reconnaissait e. Vous avez partage avec nous votre couscou, votre tabac et votre tatia; nous voulons partager votre péril aussi. Qu'on nous rende nos armes! Nos bras vous rppa' tiennent, car vous eus nos ; mis Laissez-ncus vous conduire au combat. Nous répondons de ia victoire, peuple mandingue, peup'e de braves ! •>

De bruyans téaioignages d\vlhous:asme accueillirent cette allocution à l'européenne. Le chef des am.iens lépondit à Robert : — « Sommes blancs, votre offre est acceptée. Notre religion n us enseigne que les blancs sont dune inîellgenee divine Gloire à vous! «

Tous les chefs présens saisirent avec joie ce moyen d'ajourner le is rivalrés jusqu'à des jours plus favorables. Comme les ambitieux tn général, ils «taient d'ailleurs disposés a régner beaucoup plus qu'à combaitre. Ils se désistèrent provisoirement de leurs p et niions au pouvoir supiéme en feveur de Robert-Bob rt. Celui-ci, avant de Paca pter, se fil prudemmeut jurer la pus aveugle obéissance pour tout le temps que durerp.it la guerre. A quoi seit de commander, quand personne Bkkbéil ?

A l'exemple de presque tous les \ euples sauvages, les Masdingues dédaignaient les armes à feu qu'ils regnrdaii-nt camme indignes d'un vaillant guerrier; ils préféraient leurs ursjagaic.', leurs coi leaux, leurs broches même, aux tusils qu'ils recevaient des négriers et dont ils ne se servaient que comme de mvsue*. Rob ri-Robert lit re cueillir t utes les trmes di t toutes U-s munitions

qui se t louva e. t disséminées dans le; habitations. Il les remit à un certain nombie d'indigènes à qui Simon i arigoule, le Parisien et les autres matelots enseignèrent quelques unes de nos manœuvres européennes. Ce bataillon i>rî t le nom de bataillon sacré. Le reste de l'ai niée fut divisé en plusieurs corps doit, Robert -Robert confia la conduite à chacun de ses compagnons. L •venelle seul ne voulut p. enne part à l'affaire, s us prétexte qu'un gros rhume de cerveaa ne lui permettait p.ts de se bjtue. 11 se borna à tée ci; quali é d bisli riogra,diP, afin d'écrire sur son Journal les biles ; étions que irraient les autres.

Quand lous ces préiminalrcs furent aehf-vés, Rob bert donna l'ordre du dé] art. Le soir mèmp, en se tr-uva dans le i i idel . Il n'y eut besoin, pour

s'en assurer, ni d'éclaireurs, ni d'avant-garde L'odorat des sauvages est généraleme i si subtil, qu'il leur suflu peur rs ennemis à | -'us û'une iieue de distarc. Les Maodingu s, n'écoutant que leur bouillante ardeur, von latent eu venir aux ma ns sans plus attendre; mais r Robert modéra cette nobli . ugue. Il monta sur ete éminenee d'où l'on découvrait l'armée combinée de» Ja'af- s et

Sltti

LOIHS DESNOYEltS.

des Mozambiques. Cetle coalition lui parut si considérable, qu'il crut devoir profiler de la nuit pour suppléer au nombre par de sages dispositions. Les descriptions de bataille qu'A avait lues dans l'histoire lui revinrent alors en souvenir. Il plaça son armée de manière à ce que, durant le combat, elle eut le soleil derrière ele, tandis que les ennemis l'auraient en face. Il la lit camper sur une hauteur, avant à sa droite la mer, à sa gauche une forêt, et par conséquent, ne pouvant être attaquée que de from. Il fit Occuper la lisière de la forêt pir le brave Parisien, à la tête d'un fort détachement, avec ordre de n'en sortir que pendant l'affaire, pour tomber à l'improviste sur les derrières de l'ennemi. Il disposa le reste de ses troupes sur une triple ligne, afin que, le premier rang é!ant enfoncé, les autres pussent le soutenir et en ralier les débris 11 plaça au centre le bataillon sacré : c'était l'endroit le plus important à défendre. Il rejrta à l'arrière les bagages, les vivres, les munitions, sous la garde d'un corps de réserve qui ne devait donner qu'en «as d* resoin pour réparer les échecs possibles. Il défendit, sons les peines les plus sévères, de quitter ces divers poste; et d'attaquer avant qu'il en eût donné le signal. Enfin, il posa des ve.ieiies avancées pour empêcher toute surprise nocturne. Cela fait.il attendit le lendemain avec une juste confiance dans l'efficacité de ses mesures. Malheureusement la sagesse n'a jamais que la moindre part dans les événemens de ce monde : — l'autre appartient au Hasard, ce général des g-Vraux.

La nuit fut employée li>-n différemment par Us deux armées en présence. Robert Robert avait fait une. loi du silence et du repos, afin que ses troupes se remissent parfaitement de leurs fatigues, et conservassent toute leurvigueur pour le mom-nt décisif. Du haut du monticule où il avait établi son quartier général, il vit, au contraire, les Mjzambiques et les Jalafes dépenser d'avance leurs f rces en de folles orgies. Leur camp ressemblait à une fêle immense : on y buvait jusqu'à s'enivrer, on y dansait jusqu'à tomber de lassitude. Le goura, le gamelpoz et les rabouquins y mêlaient continuellement leur sauvagj harmonie au son de gros tambourins que le do'gt des joueurs taisait retentir d'une manière assourdissante. Tel était l'orchestre de eebal vraiment diabolique où les ennemis se livraient par groupes à l'exercice de la bamboula, danse frénétique pour I. -quelle les nègres ont une vive ardeur, et qui résume énergiquement les matins africaines. Celte danse consiste surt ut en poses, en gestes et en contorsions. A chaque mesure l'expression mimique augmente d'intensité, le cerveau de l'exécutant sVxalte , s?s yeux s'enflamment, ses trais se contractent, sa bouche écume, tout son corps tressaille, frémit, s'affaisse, et finit par rouler à terre, où il s-; tord , dans d'horribles spasmes que les assistans admirent comme une divine extase.

Envoyai!', ces milliersde noirs s'agiter convulsivement en tous sens, aux lueurs rougeStres et fumeuses de niiile brasiers, au bruit d'inslrumens C iartls et de chansons rauques, Robert-Robert crut assister de loin à unedanse de sorcières, à un bal de démons.

Du reste, (e qu'il avait prévu arriva. Les eon mis valent pndu un temps précuux. Quand le jour parut, 'a plupart gisaient sur le sable, ivres morts ou exténués de fatigue. Il lui vint d'abord a l'esprit de profiter de leur lorpi urpour les surprendre, et les exterminer ; mais cette nisc européenne lui parut déloyale, barhare et lâche. Il en rejeta aussitôt la sanglante pensée

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