‹ Le siècleChapitre 162 sur 173 · S4 fr. » c · texte numérisé non relu

S4 fr. » c

» /toi», FRAIS DE BUREAU; SWOIR :

» \° Pour p'umes 2 S."'* »

» --° P tur ficelle t. «S!

» v° P.iui pains à cacheter 5.533 65

• •4°Po^r epassage de canifs. . . . 1.833 ■

» 5° Pour quinze uniques d'encre. . 5.001 ■

A reporter te,2>4fr.Me.

AVENTURES DE ROBERT-ROBERT

Report 46,234 fr. 53 c.

» Item. Un jabot de mousse'ine, lâche d'eucreau service de feu monsieur, porté Ici comme jabot de dentelle, car c'est uni- , quement par extraordinaire qu'il n'en était pas, en raison d'une circonstance indépendante de la volonté de fep monsieur, lequel eût crji sans doute au-dessous de sa dignité de profiter de ce hasard ; ledit jnbot, au surplus, ayant été estimé, d'après experts, à la somme de 58 »

i Item. Honoraires des trois susdits experts appelés à prononcer sur le dommage dû-Ut jabot , ayant employé dix séan M 8 pourdis;uler ledit cas, payés à chacun d'eux sur le taux de 20 francs par séance, et s'élevant en totalité à la somme de. . «>(M> »

» Ilcm. Jujube, réglisse et sucre d'orge employés par ledit demandeur a s'humei :ti r le gosier pour être plus apte à parler en faveur de feu monsirur, dans les nombreuses diseussionsd'intérét soubvées parle mauvais étal de ses affaires : — douze quintaux, à 150 fraucs le quintal: ci, en loalit'*. . 1,800 »

« Item. Trois cents pintes de chiendent et d'autres simples, consommées à diverses i pri es par ledit demandeur, à l'effet de guérir une foule de rhumes attrapés par lui en parcourant les propriétés de feu monsieur; ci, en totalité, y compris le sucre G2.'> »

» Item. Ellébo'e, éther sulfurique et vinaigre des quatre voleurs , emp oyés par ledit deman leur, pour se soula;er des migraines, maux de nerfs et pesanteurs d'estomac, contractés par lui dans l'étude pénible dis innombrables dossiers relatifs aux procès de f>u monsieur '>7f>

» lion Courbatures , lombagos , crampes, tors, oignons , du. liions , ir;ls-deperdrix , et autres toits causes à la personne dudit demandeur, par la fatigue de ses promet ades pour le service de feu monsieur ; le tout, évalué ici, à titre de dommages-intérê s physiques, à lasommede 10,oo0 »

» Item. Dne indigestion survenue audit demandeur, à la si ite d'un dîner trop succulent que feu monsieur tut l'amitié de lui offrir le jour de sa fèie ; ci, tout compris, vomitif, purgatif , sa. gsues-, cataplasmes, lasse cassée , et bouillon de veau perdu, que la domestique dudit demandeur eut la maladresse de laisser tomber par terre, en se pressant trop pour le lui appo 515 «

/ ' m. \ i gl deux paires de besicles comp ■étrillent usées par ledit diina'deur, si i: a lire les compti i . is, as signa ■ lions, etc. , relatifs aux affa res de fi u monsieur, soit à surveiller ses pri j.i et ;~i examiner .in plus loin i oss b c si srs gardes champêtres gardaient lieuses ré> co.trs 2,777 »

» item. Economies produites à feu monsieur par la suppression de cinquante nommes de paille , destinés auparavant à effrayer les oiseaux pillards, du haut de ses propiiélés,' ci que ledit demandeur a remplacés avantageusement en parcourant lesitit. s propriétés ave un chapeau ti cori.cssurli tête et un mouchoir à la main,

Repert 52,880 fr. B5 c.

et en taisant ainsi lui-même l'rffi' ed'épouvantaM ; ladite é onomie devant, en bonne justice, éire partagée la moitié entre le demandeur et feu monsieur, à raison de un franc par chaque homme do paille • ci,

en to'alilé • • •*>-

n Item. Un gigot laissé trop longtemps à la brorhe par l'épouse dudit demandeur, et servi par ladite un peu brûlé audit, en raison du retard apporté i e jour-là au dîner desdil et dit», par la douleur o .isionnée auxdits par la dernière crise à lafeu monsieur a succombé. ... î 50 flent. Dommage causé à la position dudit demandfur, par la mort prématurée de feu monsieur, à l'âge de soixante-quinze ans, lequel, contrairem nt à leur convention ré. iproque de s'avertir en cas de démission ou de destitution , a néanmoins dépossédé subitement le deman leur de sesdi es fonctions d'intendant, sans remplir ladite formalité, et ce, en décédant subitement sans l'en avoir prévenu trois mois d'avance, ainsi qu'il était expressément stipulé; ledit dommage devant être évalué jusqu'à concurrence de six mois

Q'émolumens 3,000 »

"Item. Cole ma! taillée, comprenant toutes les dépenses qu'il est possible que le demandeur oublie déporter ici en ligne décompte, faute de s'en souvenir le mons du monde, mais dont il serait injuste de lui refuser l'allocation, d'autant plus qu'il n'est pas possible d'<-n contester la justesse, par la raison même qu'elles ne s ni pas spécifiées; lesdiles dépenses pcv être évaluées à 20 000 francs par supposition; sur quoi ledit demandeur, pour prouver jusqu'au bout l'esprit conciliant qui t'anime secoireuteradc recevoir moitié; par manière d'amiable composition. . 10,000 i

Item. Intérêt a ;> p. 100, t u\ 1 de toutes les sommes cidessi s mentionnées que ledit demandeur avait le droit d'exiger beaucoup pus tôt; et de plus, ..u. c même motif, 1 intéiei de l'inl desdits intérêts ; le tout ensemble. . . 22 222 -2.

m. Fiai; de confection de la présente | etite noie, y compris la couverture et les quinze jours que ce travail a demandés 1,575

/ otal général des quinze chapitres

A reporter. .

U SIIXLE. — IV.

32 880 fr. 55 c.

ci dessus tl!t,9U t.- 60c.

>. Laquelle somme totale le dit sieur Rôle t-R ibert, <iprési met accej tanl par l'intermédiairedudii sieur Lavenette, son subrogé tuteur, voudra bien < ompler audit sieur Cormoran, dans le plus bnf délai, on s a J i r e qua ilé de légataire universel des litics dettes dudit défunt.

• Faote île qui i, etc. »

» — Nous le voyez, monsieur, ■ continua l'exinlendast i n r prei ,mt le ton 1 ;.■!. : •! ordinaire, »

vous le v m /. il , si:, ,■ d'être plus -.ns

les prétentions. C'est qu'helast j'avais a plus sincère affection poui l'eu monsie r vo re onde, et qu'il .ne serait Infini ment doux de I i reportei sur le jeui e héritier .le ses dettes. »

Ici moi si ur Cormoran tita son modi hoir de sa poche, et s'es ûya 'es yeux.

L'bomme de loi contiuuaii de dormir, et le petit sit ge re grima.er. LivenelU ie redressait noblement dans sou fauteuil, et se regardait comme un juge appelé a protioncei le cas. Il hochait de temps eu temps la tête en signe d'as-

LOUIS DESNOYERS

seniimcal aux divers-s conditions de l'orateur, et se disait en lui-même : — • Ma foi ! s'il m'est permis de présumer ma'gré mon h de !a matière, j'ai>porierji dans les

causes civiles ce tact el ens éclairé don1 j'ose me

flatter d'avoir donné tant preuves daos l'ad-

ministration de la justice criminelle chez les Handingues eb bien ! je ne puis m'empéi ber de dire que cet nom plétement raison, tt qu'il i moins désintéi

qu'bcnné e. Voilà . ,. ,j

est-desdél un labynnl e qu'on ne peut débrouiller

en si peu de temps. Je n'en pense onc absolt encore; voilà, jusqu'à présent, ma seule façon dépenser sur ce point. •

Simon liangou'e elle Parisien Paient doués d'un bon sens naturel qui 1rs servait b aucoop mieux que la demi instruction de l'ex-grand juge de Ba b tr i.

Il n'y a pire, ignoras? que ceux Nqui ne le sont plus tout-à-fait. La de:: ; - est incomparablement plus

gnorarite que l'i?norai ce complète Et d'abord la demiscience ne sait plus qu'elle ne sait rien encore.

La loyauté des deux braves matins se révolta donc en présence de tant de mensonges, d'hypocrisies et de rapines. I s se ltvèrent spontanément sur les dernières paroles de maître Cormoran, et, pa- un mouvement d irrésistible indignation, ils le menacèrent du regard et du gi

« — Dites un mot, ■> s'écria Simon Barigoule en s'adressant à Robert Robert ; « diies un mot, mon jeur.e camarade, et, ni deux tours de main, je fais faire a ce vieux requin le gianJi.-sime plongeon par-dessus le bastingage de la maison!

» — Ça sera curieux. » ajouta le Parisien, « de le voir nager à plat ventre sur le pavé de la rue.

» — A votre aise, messieurs, » interrompit m titre Cormoran, qui s'efforça de cacher sous l'apparence du calme la peur que lui causait cette s ite menace, et que trahissaient ia pâleur et le tremblement convalsif de ses lèvres ; « à votre aise!... Je suis un pauvre père de famiile ;... j' bras

une femme er dix enfins... S'il vous p ait .le me jeter par la fenê!r« ri>n de mieux: je i dans la doulouteusi

cessilé de vous demander des domina^ êls propor-

tionnés à la gravitéde la chute. Vous aurez contribué ainsi à faire mon bonheur et celui de mon intéres; ille. A

voue aise!

— tea foi, c'i st égal ! » reprit le Parisien, dans la bon che de qui les m il imens mêmes prenaient la forme

de plaisanteries. « [I ne me reste plds q tout potsge; mais j blontiers le sacrifice poui

or a fantaisie de la cuos s. Combien de iois \ faire le sait périll ux poui m s trente sous? Est-ce dit? marché c incl il paj l Gare dessous ! »

Et à ces mnts i. s deux marins retri les manches

de leurs vès es, se Iro I tient les main-, et al loi - bras

du cô'é de maitre Cormoran, comme povr le saisir et doui er au mardi.'! un commencement d' xécution Rob qui jusqu'alors avait gardé le. sileni -, parvint àreti nir deur précipitante de ses compagnons. Il avait t. m avec ce calme d'esprit qui n'esi , is moins utile à up homme d'affaires qu'à un général d'aï m e, a qui est la prem ère condili n de la victoire sur le terrain des dise; - ■mme

sur celui des bâtai) es. Il avait app iqué toute son attention, toute sa s l'enchaînement des opérai j

de. maître Cormoran, à bien pénétrer ses calculs', sis prétentions, ses rét-cences même, comme s'il se futagi d'étudier une trame savamnun'. (issue, et d'en découvrir patiemment Its d fauts cens. Quand le maitre fripon eut terminé sa prétendue reddition de comptes, Robert Robert se sentit fort, et de ce qu'avait dil vi

tu. Notre héros avait devi é autant que comj i i-:, i i possédait parfaitement toute la fi'iali n des de l'inten-

dant. Son bon se. s e. d .1 ii. lui lit entrevoir ai seul psrti raisonnable qu'il y »Ta .1 n de telles cir-

c 1: stani es.

« — Un peu de ] m:s amis, » dit-il à Simoi

Parisien. « Ne nous faisons pis justice nous-mêmes. Gardez-vous de toucher à cet homme: ce serait vsus souiller la

! main. Vous devez savoir qu'il est des animaux vnimenx dont il faut éviter l'imm tel, ne les touchât-0

pour les écraser.

Quant à vous, monsie.r, rassurez-vous : nous ;ommes lro|i audesms ar la probité jour redescendre" à

votre niveau par la violence. Si quelque main doii jamais se faire sentir à votre épaule, certes .e n'est pas la nôtre I Je ne m'abaisserai pas non plus à discuter me> inté eu avec un homme de votre âge, de voire profession et de votre haine r. Je vous parlerais loyauté, vous me répondriez su fogi : nous 1 e pourrions nous entendre. J'apporterais d*ns cette discussion tout ce que j'ai ri boi neur et de désintéressement ; vous y apporteriez, vous, tout ce que vous pouvez avoir de supercherie et d'avarice : les armes ne se aient point égales. Je ne dt manderai pas davantage à la justice

I ivi e le redressement rie vos dois il est permis à mon âge d'être incxpérii affaires, e' de ne pas connaître pa/fai einent hs loi; de son pays. Tout (e que j'ai conclu du peu qu'il m'a éié donné d'en entendre dire, c'est que la juslice civile apprécie surtout la toi me des choses , et qu'au contraire la justice criminelle en , surtout le i Vous auriez done, raison de moi devant 'a première. La longue ma adie de moi once vous a laissé tout le temps nécessaire pour Lien échafauder votre position, et vois avez d'ailleurs trop de ruse, et trop Je ptalique pour n'a oir pas su prêier à vos vols l'apparence de la légalité. Voire triomphe serait à-ptu-près certain, el je neveux point m'en r. 11dre complice eu vous en fournissant l'o casion. Le triomphe de l'immoralité est le plus odieux de tous les scandales Mais il n'en sera pas de^nême, j'en ai la conviction, devani la justice crimini lie, devant celte jus'ice qui partage du moins

celle de U Piovidence la ii/hle el (onsulanie m^sion de juger l'essence même et la moralité des actes, quelle qve soit d ; illeurs l'habileté spécieuse de leur forme. Or, i! faut bien vous en avertir, vous avez iru avoir trop bon marché d'un vieillard et d'un enfant. Cette excessive confiance vous a pirdu. Elle vous a fait manquer de prudence dans le cours des opérations que vous venez de noi s détailler, et do'M je

de croire que j'ai étudié: ec I utlesoincom blelesp'us ni ia se mens. En un moi, elle vous a emporté plus d'une fois au delà des limites générales que la loi, qui r.e peuî tout empêcher, a sans d.uie ass gnées à l'improbité! C'' sera du moins une question à écla rcir devant l'autorité compétente. Quell- que soil a répugnasse que j'éprouve à us r de rigueur envers uu homme de votre' rainl pas de se dire le chef d'une nombreuse lami le, je ne d bl cr qu'il s'agît 1 n cela bien moins

'de mon in'érê! propre que de cei i d' ne famille, nombreuse aussi, dont je suis le chef, le représ ni. ni ici, et qui doit re chère av^tit toute ne. Je ne

dois pas oublier n n plus e]ue ma cause est eelic de tous les

Ê es gens, dont le premier devoir env.rs la sec , té est de se protéger- mutuellement contre a friponnerie, et d'arrachei le masque à toute im probité pour la réduire du moins à l'impuissance de nuire ultérieurement. Je vous le déc are donc, c'est à la e ci imini 1 e que je demanderai répara-

tion de vos iniquités si vous refusez de les réparer vousmême, m res ituant à ma fa ille tr ut le bien dont vous l'avtz frauduleusement dépouillée. Oui, c'est devant cette se-

e justice que je vous traduirai sans pi ié pour abus de confiance, nerie. Ce sont là des mé-

fa ts, vous devez le con 1 aiuienant, qui ré-u tent

gui trs q ."ils soient du reste. Vous en connaissez la c 1 st mon in-

variable détermination. à votre friponnerie vingt-

quiire heures rie réil xi on el vivemeni que vous

romprenitz a de revenir a résipis ence. S a's son-

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