II
Après s'être reposé de ses longues fatigues, et avoir joui de cette douce vie de famille à laquelle tant de graves événemens l'avaient enlevé si jeune encore, Robert-Robert vint compléter ses études à Paris. Il y fréquenta : — les cours publics, toujours; — les théâtres, souvent; — les estaminets, quelquefois ; — les maisons de jeu, jamais ; — les guinguettes, encore moins.
Lorsque son éducation fut achevée, Robert-Robert s'empressa de faire choix d'un état.
Possesseur d'une fortune qui s'élevait à près d'un million , il eu' pu se borner à bien vivre, sans plus de souci des autres rats, que le rat de la fable ne s'en permet au milieu de son fromage. Mais il eût été honteux de cetie faiuéantise dorée, car il ne l'avait encore méritée par aucun service rendu à la société.
Il eût pu se faire travestir en avocat, en médecin, etc., eomme ie révent pour leurs fils tant de pères de famille assez mal inspirés par la routine, et dont l'orgueil local ne voit rien au-delà de ces professions et de deux ou trois autres; s'imaginaut sans doute que Dieu a créé l'homme à son image, uniquement pour qu'il plaide ou qu'il purge. Mais Robert- Robert avait de trop bons yeux pour ne pas voir que ce sont là des carrières encombrées, obstruées, précisément parce qu'elles Jouissent de beaucoup de faveur et de considération dans l'opinion générale, de telle sorte qu'il y a maintenant