EPILOGUE. — UN RÊVE DE P.OliERT ROBERT, EN
périodiquement, leur existe ce r;e saurait être qu'une gaerre civile, avec de si iples intermittences de paix, eu plutôt de lassitude; une alternative perpétuelle d'insurrections pirléea et d'insurrections armées-, tin échange pério iiijue <e mi naces aujourd'hui, de coups de fusil demain. On ne peut donc se trop hâter de résoudre sagement, et une boûiieftvs pour loutes. ces irritans problèmes.
« C'e>t 15 ce qu'avait compris ce peiip'e. Tous ses droits étaient définitivement consacrés : on n'en pa: lait pas plus pour les défendre que pour le attaquer. C'étaient des f^ ils.
» les discussions parlent nta r>s n'avaient di ne pour ob jet que ces ma ières industrielles, des n.esures lé^lemenia;re-, des t<aiiés de commerce, des amé ioraiions de ser vices publics, de ir.cillcures assiettes d'impôts, des réc ama lions de pa.'ticu iers auxquelli s o faisait droit, lo squ'elles ■(aient fondées, autiemeBt que par un vain mivoi ■:« ministre compétent ; m un mot, x'éta't de l'administration el non plus de la politique. Toutes les questions d'intérêt purement IocjI étaient abandonnées d'ailleurs a la dé ision des assemblées départementales , sous la surveillance des délégués du gouvernement.
» Ci; jour-la, le ministre des finances avait ren lu compte de la situation du Trésor. Il annonçait que, par suite de la sage économie qui présidait aux dépenses depuis plusieurs années, l'Etat se libérerait enfin, avant l'expiration de ce trimestre, du restant de l'énorme dette que lui avaient léguée les profusions de tous les gouvernemens antérieurs.
» Le budget offrait déjà un excédant de recettes. Mais on n'y voy it figurer ni listes civiles ds douze millions, i i pensions de trente mille francs, ni traitemens de plus de cent mil e, i i sinécures, ni marchés onéreux, -ri d'innombrables états majors, ci d'immenses armées. Si jamais gouvernement ménta le litre do gouvernement à bon mar hé, c'était à coup sûr celui-là.
■ Moitié de l'exilant de recette fut aff'dée au dégrève ment des con'iib ables, par la supp espion du d-rnier vestige d'impôt qui pesât sur les vins ordina res. Les vins fins coi tinuèrent u'èire passibles d'une légère redevance; mais c'était la règle générale pour l'assiette des impôts. Tous h s objets de première nécessité soit en comestibles, soft en objets industriels, étaient libres de droit, tandis que tous les objets de luxe en payaient un, pus ou moins f ri, seloli le de^ré de iuv invtililé Les chiens même, lis chevaux, les voilures, le. étoffes de puragiémi lit, «loi sut s i:j ts a un di\ it di- pos=cssion. Ainsi dtl reste.
» I ri s ti liai?, de cet rquitab e sys èœe,que l'ind spensable, était à très bis prix, tandis que le sil'C'flu coùuit for< < lier ; niais e'éta't nue raison d ■ plus pour que les gei s ri ches eu fi sent usage leur vanité s'y trouvait eng gée.
• La seconde moitié dé l'excédant fui consacrée au défricln meut de plusieurs parties du li rritoire. I e gouvi i ni m> ni assurait d s iustiuni us i ir, uoe liabiaii'ii convena ble, et quelques fonds de mise en irain, à toute fam Ile qui s'engage, it à y fixer sa résidn e pour s- livnr a l'exploitation du sol. le teria'r. finissait par appai tenir aux cultivateurs. C'est r.insi qu'en ne ne temps qu'il fondait au loin de riches ctlonies, le gouvernement en créait d.n lepay nu m . Ces conquêtes intérieures sur la stérilité sont bien plu- profilant, certes, es que la plupart de celles qu'on ne do.it qu'à la guerre.
» Enfin b séance : e terminai! par un vole de lemorcîmens à tous les membres du Ministère, moins un seul, pour la | ar faite administration des finance , pour le respect de la c litulion pour le zèle el l'e-pritd'amélioraii m dont ils avai u! fait preuve pendant loul le cours de 1 1 nnée.
» Mats, au nom de Dieul quelle; tait donc celle capil 1 où l'on voy ail neuf ministres sur dix mériter des éloges, des Chamhr s les lei r a corder, el un public ti llemenl babili é a c S sortes i e témoignages, qu i! n'avait pas même-l'air de s'en apercevoir?
• Je continuai ma lecture, et parmi d'aul e?, je remarquai celle nouve le, i on moins plaisante dans la forme que déplorable au fond :
i Une rencontre à l'épée a eu lieu, dans la j-uri ée d'hier, » entre monsieur S"* et monsieur V" Il paraît qu'un mau- »vai< pn p;s a été cause, de celte f-neste lMte. Monsieur »S**\ daim un mouvement d'humeur fort blâmable, avait • eu l'imprudence de nprocher ù monsieur V" son an ien » litre de leodali é, et était allé jusqu'à le traiter de mar.,uis. n Les témoins ont vainement essayé d arranger l'affaire. Le ■■ sarcasme avait été trop grave pour o.re atténué par une » répa aiion p. rement verbale.»
» Ainsi donc, m* <!isais-je, on s'entr'égorg \ ici pour s'être traite de marquis ! On se tût t go gé, dius la France de mes souvenirs, pour avoir négligé de le faire !
» C'était mieux, néanmoins.
» Je remarquai e suite, parmi le; Ad* divers, l'annonce d'une gra:.de quantité de vieux débris de trônes, de sceptres et de couronnes, ayant appartenu jadis aux dioVrens roi de l'Europe. Ce I r c-i-brec monarchique avaii é é recueilli depuis bien longlcn ps par un montreur de cur:osit>'s, que le défaut de n a t es forçait à se défaire de ce grot s iue musée. « Ces débris,» ajoutait I annonce pour mi< ux en assurer li venle, « peuvent servir a confeilionner divers o'qets «d'uti.ite domrstique, tels que chenet?, clous, casseroles, » marteaux de porte-cochère, chaises percées, etc.» O canitas ranilatum !
in.
« J'éiais er.core plongé dans le; méditations que m'inspirait la p ofanaion i h lique de ce qui, dans ma F ance à moi, commandait encore une .sorte rie respect a la fouie badaudière, lorsqu'enfia notre omnibus à vapeur arriva au lieu de -a destination. Un groupe de curieux s'éiaii formé accidentel ement sur la pla* e où nous dé arquâmes us pass lis s'arrêtaient un moment, puis haussaient It s ipaul s, et continuaient lei.r rente. Je m approchai.
» C'élail une exposition au carcan. Je question nai l'un de n es vi i ins, pour savoir qui 1s e. aient les patins, dont le i ombre s'élevait à dix.
>. — Ce s nt des voleurs,» me répon lit-il.
• I vous avou», à ma ionte, t,ue celle réponse m", fit épro .ver un secret plaisir d'envie Je n'éiais pas fâche de trouver enfin quelque lâche a ce peuple mystérieux, doni la perfection mhu niliait in.érieiireineiit pour celei doit je me souvenais rie faire parte.
« — Des volent s de grand; chemins? » lui repli juai-je. » — Non.
• — Des voleurs e nuit ?
» — Non.
„ ries e crocs, d,s liions, de banals faiseurs de montre ou de foulai d ?
» — C'e.t beaucoup mieux. Les voleurs de. cette espèce deviennent heureusement fort rares; et cela se conçoit : lorsqu il va dû ti avaii pour tout le monde, et qu'il csi si la ile de gagner, on ne sent ;.is le besoin de prendre.
» — Nous dites qu il \ a du travail poi r toui le men e?
» — a te u pus El il faut bien qu'il en soil ainsi! Le premier droit £e l'homme, incontestablement, c'est leiiroit ,l,.\, i a celle conditio qu'il se soumet aux diveises obliga ions • aies. Or, : 'il n'j a cas de dr< it sa, s de'-i ir, il n'y a pas no i islns de di vi ir sans droit, t, oieen ne ne reçoit pas de la Soci lé, da s la limite du possible, les moyens de vivre de son travail, en retour: l°dH sacrifice
e exige de luid'i ne portion lôus ou moins gran l< sa liberté et de son omnip lente naturelles qu'elle ui impose pour la propriété et a sécurité d'auirui ; et 5°des servi «es qu'tllelui demande, soit en impôts, soil en corvées personne les; hé bien ' ce ui-làno peut il pa- se croire
délié parla faim (un tel danger epsanrat être nié), de lout-s le ohljga ions ci nveuues, sauf! ré nndrede l- moralité de ses actes devant le seul tribunal de D u? La Société
bien to jours, dans l'inlé êl de sa conservai le pour
<ha-ser comme une bêie fauve, l'a iprébei der 1 emprisoi mer, et le tuer s i résiste, car ce^ui là lui porte dommage: mais ce nYst plus entre elle et lui qu'une question il égoïsme et de force ; la Société ne saurait le flétrir: ce n'esl pas lui qui a violé ses sngagemens : c'est elle qui a violé les siens ; et e le a provo i- é ua de ses membres a une guerre nécessa renient fatale, où elle savait d'avance nue I- aurait à opposer l'infini le sa propre force à l'infinie faiblesse île son a Iversaire.
••—C'est tout 'impie... en théorie du moins Mais si c'est :ui q'ii refuse de travailler?
» — Ile bien ! alors, c'est loi qui a rompu le pacte. Qu'il soi contraint, et, s'il s'obstine, qu'il soit retranché comme parasite ! Mais, du icste, il en est de même de lou« les autres droits. el notamment du droit de liberté, lequel consiste à pouvoir fnirp pt dire, non seulement sans obstacle de la part de la Société, mais encore smis sa prive i on loutre qui ne peut raisonnablement porter dommage ni a elle ni k a cnii de ses membres. Car, si la liberté '<e cb cuu ne p-ut aller, dans l'ordre soi ia1, ijue jusqu'au poinl où e le renc litre la iberté des auln s, du m ins doit elle al er ju i|tie-là.
• — C'est encore tout simp'e... en théorie ilu mous Je connais cependant, ou du moins j'ai connu — ;rar, en véri é, je ne sa>s plus a quel temps parler) , — j'ai connu un célèbre avocat qui ne l'entendait pas ainsi. La libéré, selon lui, consistait à pouvoir faire et dire tout ce qui élait permis par la loi.
» — A la bonne heure I mais si 'a loi tmpêehait tout?... » — Oh I ma foi, mon avocit n'avait probablement pas prévu cette objectif n.
» —C'était un sot, malgré tout son esprit. Mais je viis plus loin, et Je oui eus que l'hommea, non seulement le droit de vivre, nuis encore celui de bien vivre, c'est-à-dire <1' p t ciper a»x jouissances sociale-, dans la prup rtion relative de son travail el de son mi ilé.
» — C'e*t onjours très simple. . en théorie du moins. » — Bih! hah! c'est rès simple). . il a cependant fallu bien des siècles pour trouver cite simp i ilé! « — Poir la trouver, non, mais pou: la proclamer. » — Pour la proclamer, non, vous dira je. a m n tour, nuis ( ourla taire triompher : car enfin elle tiiomphe.cn à peu prés ; notre gouvernement actuel n'a pas d'autre bu'. ; et à moins que vous ne soyez un de ses ennemis systématiques. .
» — Qui ? moi, l'ennemi systématique de votre gouvernement '•'... Ah 1 Dieu! ..
» — Ah ci ! pourquoi me dites-vous : rotre gouvernement?... Vous êtes donc étranger?...
» —Ma foi... je vôi.s avoue que... Mais permet lez-moi de vousadics<er une-question. Voilà, ce-les, de belles et consolantes Maories; mais donnez moi, je vous prie, que ques nouvelles de la pratique?. .
» — Il ne faut p .s croire (ont d'abord à la perfection; il faut seul me. il y temlre -ans relâche, et c'est à ce <;ii" noue gouvernent ni sincôremenl progressif, ne cesse de fa re par tous le moyens possibles. Il serait trop long de les éniimérer ions. Je me bornerai à vous itire que, d'une part, au lien d'appauvrir personne, il s'efforce d'enrichir tout le moi de; et que, d'autre part, afin de mettre empêchement a ".es monstrueuses agglomérations de richesses, qui dev naienl chaque jour d'auinni p us gra'iles qu'elles l'étaient déjà plus, ci qui étaient si menaçantes, si oppressives pour l'humble •ah -, i a su créer txnl l'obstacles à l'établissement de forlu es rapides qui n'auraient poMii po r base un travail hOBn le, el tant d'obsta es l'accroisscmenl indéfini des a ■ re q e ces funesl s (ti-j,,i aies sont de plus1 1 re Lesmœur publiques se chargenl l'ailleurs de suppléer i sm Mires du pouvoir exécutif oivenl nécessai renient avoir d'inefficace. Nous eu sommes venus a ce point
es
de pudeur, de rii-on et d* probité bi»n entendue, que l'av ri e, l'ambition • ! l'insatlab lilé foui main efearl es vin b o i-n\. in homme ..use n i s être démesurém ni r ■ h ■. Lorsqu'u e fois i a ourvu largement à touus les < xigences d a 0 ilii n, de ses goûts, de sa f mi 'e, île son p issé, dt son présent, de son avenir, s'il était 'connu pour impier enco e, ce srrait fait de sa cousidéralian : les eclans le montreraient du doigt, les amis <!ésnterai<-. t sa maison, 'e monde le rejetterait de son sein, cornu e la n.i-r rejette on écume, et l s femmes souriraient de lui, comme el es fout du po tron qui n'a pus d existence au service .e son houneur.
» — 0 admi abl ■ peuple!
« — Qui ça?. . nous autres?.. Oh ! mon Dieu! nous L'avons pa- celle prél tilio -la : n 'Us n'avons que celle d'être heureux ; ne faites pas attention... i
» J'avais bien grande e: vie de demander ei fin à mon interlocuteur quelle était celle ville incomparable, cù dépareilles idées couraient les rues -, nu is le moyen d'affronter le ridicule d'une que-.tion n..reille! On pern i ien, du fond de -a i h lise de pas e, demander s-ir a rou'e quel est le i om do viiage qui passe ; mais être à, au milieu d'une i ité imniP'se.ei demander naïvement ce que ce peut ê're? en vé i e, c'est nne • h égiiion d'auionr-propre à laquelle on se résigne diffic tentent !
» — Savez-vou bien, > rer)rii mon cicérone, » qu'à vo're ai «i'ahuris seineLt, vous me faites l'effet de venir d'un peu loin !
» — D'un peu loin?... ma Foi f... je ne pourrais vous !e . dire au ju-le. . mais c'est possible.
* — J'entends : vous êtes p'ut-ctre arri e de ce matin, par les ba'lons de l'autre monde ?
■i — Par les ballons?... Qu'entendez-vous, s'il vous phi , par vo-. ba'lons de l'autre mon le, 6 -indigène ?
» — JVntei ds, parbleu!... Ile ! tenez... en voici justement un 4ui arrive lu
» J'aperçus, en effet, à quelques milles en l'air, une espère- de i avirp a n n, d'une forme ro ossale. po <aut pavillon iri o (Te, qui sûsp ti <i i i foh vol au d^s-u-- de 'a place où nous étions, ui pla ami moment com e un aigle aux longues ai es, afin de mieux assurer sa chute; et qui, descendant piu-'-peu, vint se poser tout mollement à ter.-e J'en vis soriir bea.coup de. voyageurs, et débarquer plusieurs quintaux de marchandises.
« — Celui-là, » reprit alors mon officieux inconnu, • ne revienl pas de très loin.
» — De PontO'se, peut-être?» interrotnpisje.
» —Non, maisd- New-York.Il adû partir l'autre avanthier.
• — On a elûiicenfi i trouvé la manière de diriger les ballons, à l' encontre du vent?
» — Au contraire : on a trouvé celle dj les aban lonrcr, à propos, aux couraDsoppc-sés qui régnent da sl'al ics l.ère. Ce perfectionnement a demandé de nombr uses expériences, et mes iié de grands frais. la fortune d'un simple pari c - 1er n'aura t pu y suffire; mais des compagnies se se t formées mis ce but, et le gouvernement lui même a fail dnombreux sacr lices. Ou a leu.si tnlin, ei le service des lui Ions ist maintenai t un service régu ier comme «.elui des ancieoues messageries. Ce naviie aérien ne revient que de 7s, w Yotk, ce nui est une plaisai n rie : mais i! en pari journe emenjt d'autres, pour toutes les parties du monde. Rien n'égale la rapidité d'un pareil transpoit. et, pou- peu qu'on le perfectionne, on fin ra p »r faire le tour du g'obe en quinze jouis : rn d 'ji unira à P i is, 1 1 di ei a à Turin, on soiipera à Napl s ci a nsi de suilc.
» — L'établissement de rembl blés voilures a dû bien déi .i i i r votre ! yslème de o tai et I
« — l>s do lanes?. .. Mi ! par Dieu ! on n' ivail < a< a'iendu les ballons iour les supp imei nix trois quar<s! il va ongiemps que a i ené du commerce a été proclamée dans i" le m n e c vilis i !
» —En ce a-, in ie> peuples ne doivent plus former qu'une gr^nJe famille de lières?