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IE PREMIER DEGRÉ DE L'ÉCBELIE

S'il est au monde une chose aimable et touchante, c'est une jeune fille de l'âge de Winifred Wood. Sa beauté n'éveille pas d'autre sentiment que celui de l'admiration. Le charme de l'innocence se répand autour d'elle comme le parfum autour d'une fleur, et la défend contre l'approche du mai.

A cet âge, la jeune fille n'est plus une enfant ; elle n'est pas femme encore; mais elle tient de l'une et de l'autre, et l'emporte sur elles deux par sa grâce indicible.

Telle était l'adorable créature que nous allons retrouver avec Tamise Darrell.

Peu curieux d'assister à la scène de récrimination qui commençait entre ses parens adoptifs, Tamise se relira sans bruit, et gagna la petite mansarde où Jack et lui passaient leurs heures de loisir.

Tamise trouva la porte entrouverte et, à sa grande surprise, il aperçut Winifred assise près d'une table et fort occupée â dessiner sur une petite feuille de papier. Ignorant la présence de Tamise, la jeune fille continua son travail sans lever les yeux.

11 y avait dans son attitude et dans le rayonnement de sa charmante tête une séduction irrésistible. Ses yeux bleus, bordés de longs cils noirs, et ses lètres rosées don liaient à sa physionomie une expression angélique.

Winifred était vêtue d'une robe blanche à manches courtes, et serrée par un long ruban de même nuance. Elle était nu-tête, et sa chevelure luxuriante tombait en soyeux anneaux d'ébène le long d'un col incessamment agité par les plus poétiques ondulations.

La chambre où se trouvait Winifred servait, en quelque sorte, de lieu de récréation aux deux jeunes gens, et le plus complet désordre y régnait. Les divers objets çà et là dispersés dans cette chambre révélaient à merveille les goûts et les dispositions de leurs propriétaires respectifs. Darrell avait rassemblé dans cette petite pièce des armes de toutes sortes, quelques instrumens de géométrie, et des ouvrages relatifs aux choses de la guerre.

Les livres favoris de Jack étaient dos histoires de brigands et des recueils de chansons populaires. Il possédait en outre une quantité d'affreux dessins coloriés dans le genre de ceux dont il avait tapissé la boutique.

Pendant quelques instans, Tamise regarda silencieuse* ment la jeune tille par l'entrebâillement de la porte. Soudain la riante physionomie de 'Winifred prit une expression de légère bouderie; puis jetant de oété son crayon et prenant un morceau de gomme élastique, Winifred s'écria : Ce n'est pas cela; pas la moindre ressemblance... Il est bien plus joli!...

LE BANDIT DE LONDRES

Elle allait effacer son dessin lorsque Tamise entra dans la chambre.

— Quel est ce portrait, Winny ? — demanda-t-il ; et il s'efforça de saisir la feuille de papier que la jeune fille venait de froisser entre ses doigts, en entendant un bruit de pas.

— C'est un secret 1 — répondit-elle en rougissant et en serrant sa petite main aussi fort que possible. — C'est un secret !

— Je l'aurai bientôt deviné, — ditTamise qui ne tarda pas à se rendre maître du papier.

— Ne le regardez pas, je vous en conjure ! — s'écria-tell*. Mais il était déjà trop tard, et Tamise avait reconnu son propre portrait.

— J'ai bonne envie de me fâcher, monsieur! —dit Winifred, — ce que vous avez fait est bien mal.

— Oui, je m'avoue coupable, chère Winny!— répliqua Tamise confus de son indiscrète brusquerie ;— ma conduite est impardonnable.

— Je vous pardonne cependant,— dit la jeune fille qui tendit affectueusement sa main à Tamise.

—Pourquoi donc aviez-vous peur de me montrer ce portrait, ma chère Winny?

— Parce qu'il n'est pas ressemblant.

— Ressemblant ou non, j'en suis enchanté, et je vous supplie de me le donner comme souvenir...

— De quoi? — interrompit Winifred étonnée du changement qui venait de s'opérer dans les manières de son jeune ■ni.

— Comme souvenir de vous, — répondit tristement Tamise. — Ce souvenir me sera bien précieux, et je vous promets de le conserver toujours... Winny. celte nuit est la dernière que je passerai dans la maison de votre père...

— Le lui avez vous dit? demanda-t-elle avec un accent de reproche.

— Non, mais je vais le lui dire avant qu'il se couche.

— Oh! alors, je suis bien tranquille, — s'écria t-el le en frappant joyeusement ses mains l'une contre l'auire, — je suis bien sûre qu'il ne vous laissera par partir.

— Oh ! Winny, que je serais heureux si monsieur Wood était mon père !

— Je le voudrais aussi, car vous seriez mon véritable frère... et pourtant, je ne sais... parce que...

— Parce que?

— Je ne sais plus ce que je voulais dire, — ajouta la jeune fille un peu confuse.. . seulement, je regrette que vous apparteniez à la noblesse.

— Cela n'est pas certain,— répondit en soupirant Tamise qui se rappelait l'odieuse insinuation de Jonathan Wild. — Mais, ajoula-t-il, ne songeons pas à cela... Donnez-moi ce portrait. ..Je le garderai pour l'amour de vous!...

— Je veux vous donner mieux, — répondit-elle en détachant un médaillon de son cou; — ce médaillon renferme une boucle de mes cheveux... prenez-le; quelquefois peutêtre il vous rappellera votre petite sœur... Quant à cette pauvre esquisse, je la garde pour moi, bien que je sois sûre de ne pas vous oublier si vous nous quittez... J'avais encore mille choses à vous dire... Mais vous les avez chassées de mon esprit.

En achevant ces paroles, Winifred fondit en larmes et ap puya sa tète contre la poitrine de Tamise. Celui ci n'essaya pas de consoler sa jeune amie, car il éprouvait lui-même de trop douloureux pressenlimens. Il comprenait qu'il lui faudrait bientôt se séparer... pour toujours, peut-être... de l'aimante enfant qu'il tenait entre ses bras et qu'il chérissait somme une sœur.

Il fut tiré de ces tristes pensées par un coup de sifflet strident et prolongé. Tamise leva les yeux et aperçut le visage moqueur de Jack Sheppard,qui s'était, silencieusement introduit dans la chambre.

— Ah ! ah ! —dit Jack en faisant un geste grotesque, je vous y prends donc, à la fin !... Ah ! ah !

— Jack I s'écria Tamise avec colère.

Mais loin de tenir compte de l'avertissement, Jack redoubla ses grimaces et ses plaisanteries.

— Que venez-vous faire ici ?— demanda Tamise.

— Oh! rien du tout , — répondit Jack en ricanant,— et d'ailleurs cette chambre ne m'apparlient-elle pas autant qu'à vous? Cependant, je ne veux pas contrarier vos plaisirs, et si Winny consent à m'embrasser comme elle vient de vous embrasser toui-à l'heure, je vous promets de décamper.

En entendant ces mots, la jeune fille jeta sur Jack un regard d'indignation, et sortit immédiatement de la chambre.

— Tenez, Tamise, —dit Jaik après un instant de silence, — je donnerais ma main droite, et ce n'est pas peu de chose pour un apprenti charpentier, je donnerais ma main droite pour que Winifred me témoignât la moitié de l'affection qu'elle a pour vous.

— Il n'est pas probable que vos désirs s'accomplissent, si vous ne changez pas vos manières à son égard, — répliqua vivement Tamise.

— Je n'avais pas l'intention de l'offenser, — dit Jack ; — mais il n'est pas agréable, avouez-le, de voir la fille qu'on aime dans les bras d'un autre... Ah ! — s'écria-til en apercevant le dessin que Winitred avait laissé tomber dans son trouble, — c'est elle qui a dessiné cela ?

— Oui ne trouvez-vous pas ce portrait ressemblant P

— En effet... — répondit Jack amèrement.... vous devez être satisfait , car la ressemblance est frappante... Voilà quelque chose d'étrange, — ajouta-t-il après avoir attentivement examiné l'esquisse,— ce portrait semble avoir été copié d'après une miniature que j'ai dans ma poche.

— Un portrait en miniature!... Connaissez-vous le modèle?

— Ma foi ! personne ne me l'a nommé ; mais je ne serais pas surpris que ce fut votre père, — dit Jack avec un air mystérieux.

— Mon père ! — s'écria Tamise au comble de l'étonnement ;

— montrez-moi ce portail!

— Le voici, — répondit Jack en sortant de sa poche une miniature entourée de brillans.

Tamise vit le portrait d'un jeune homme appartenant à un rang élevé, du moins à en juger par son costume, et il reconnut la ressemblance étonnante dont lui avait parlé Jack.

— Vous avez raison, Jack, — dit Tamise après avoir longuement contemplé la miniature, — ce doit être le portrait de mon père !

— J'en suis convaincu, — répliqua Sheppard; la ressemblance est parfaite.

— D'où vient cette miniature?

— De chez lady Trafford.

— Vous ne l'avez pas volée, j'espère?

— Volé!... le mot ne convient pas... mais, comme vous voyez, j'ai emporté l'objet.

— Il faut le rendre immédiatement, quoiqu'il puisse advenir de celte démarche.

— Auriez-vous l'intention de me trahir ! — s'écria Jack alarmé.

— Non, soyez tranquille, — répondit Tamise, — mais j'exige que vous fassiez cette restitution.

— Faites-la vous-même, — répliqua Jack avec humeur, -* quant à moi, je m'en priverai.

— C'est bien! — dit Tamise en s'éloignant.

— Arrêtez! — s'écria Jack qui se plaça devant la porte. — Voulez-vous donc ta'envoyer en prison?

— Je veux, au contraire, empêcher votre perte et votre déshonneur.

— Bah ! — dit Jack avec un ace nt de dédain. — oh n'a rien à craindre si l'on n'est pas découvert... Rendez-moi ce portrait... sinon... prenez garde à vous!

— Vous savez bien, — répondit Tamise avec calme,— que je suis plus fort que vous.

— A roups de poings... peut-être... mais j'ai mon couteau.

— dit Jack d'un ton menaçant.

— Vous n'oseriez pas vous en servir.

Itt

A.INSWORTH.

— Eh bien ! essayez de sortir de la chambre, et vous allez voir si j'ose, — dit Jack en ouvrant son couteau.

— Je ne m'attendais pas a cela de votre part, — répliqua Tamise avec le même calme; — mais vos menaces ne m'empêcheront pas de sortir d'ici dès que je le voudrai... maintemnt...je vous prie de me laisser passer.

— Vous ne passerez pas.

Sans ajouter un seul mot, Tamise s'avança résolument vers Jack et le saisit au collet.

1 — tâchez-moi ! — s'écria Mk avec fureur; — lâchez-moi... ] sinon je vous enfonce cette lame dans le ventre.

Loin de lâcher prise, Tamise fit un nouvel effort pourécarter Jack, et la lutte allait se terminer d'une manière tragique, i lorsque Winifred, attirée par le bruit, se précipita dans la chambre.

: —Ah! — s'écria-t-elle à la vue du couteau que Jack te- ' nait à la main, — cher Jack... ne faites pas de mal à Tamise!... Tuez-moi plutôt.

Et Winifred se jeta entre les deux adversaires. Jack laissa tomber son couteau et s'éloigna de quelques pas.

— Quelle est la cause de cette querelle, Tamise?— demanda la jeune fille avec anxiété.

— Vous ! répondit Jack aussitôt.

— Ne le croyez pas, répliqua Tamise; — dans un instant je vous raconterai ce qui s'est passé... mais laissez-nous, chère Winny.... j'ai besoin de causer avec Jack... Ne craignez rien... notre querelle est terminée.

— Est-ce bien sûr ? — dit Winifred en regardant Jack avec inquiétude.

— Oui, oui, — répliqua Jack, — qu'il agisse comme bon lai semblera., qu'il me fasse pendre, si cela lui plaît. . pourvu que vous soyez satisfaite.

A demi rassurée par ces paroles, la jeune fille s'éloigna, mais avec une certaine répugnance.

— Voyons, voyons, Jack ! — dit Tamise en s'approchant de Sheppard et en lui prenant la main, — oublions tout cela. Je vous ai dit et je vous répète que je ne vous trahirai pas... Soyez-en bien persuadé... Seulement, je suis décidé à voir lady Trafford. Peut-être me donnera-t-elle quelques renseignemens sur ce portrait.

—Oui, vous avez raison,— répliqua Jack avec animation,— c'est une bonne idée. Je vous suivrai chez lady Trafford. Mais il faut la voir seule, ce qui n'est pas chese facile, car elle est très malade, et il y a toujours quelqu'un à ses côtés. Surtout, défions-nous de sir Rowland Trenchard. C'est un méchant homme. Sans lui, je n'aurais pas remarqué cette miniature. Tandis que j'étais occupé à emballer les bijoux de lady Trafford, il se tenait près d'elle et lui adressait, de violens reproches, malgré l'état de souffrance de cette pauvre dame... Je remarquai, par hasard, qu'elle essayait de cacher une petite boîte, et, en effet, profilant d'un moment où sir Rowland avait, le dos tourné, lady Trafford glissa furtivement cet objet dans la boîte d'emballage. Une minute après, la miniature, car c'était elle, avait passé dans ma poche. Plus tard, je fus fâché d'avoir fait cela, parce que cette pauvre dame, avec sa figure et ses grands yeux noirs, me rappelait ma mère.

— Cette seule raison aurait dû vous empêcher de commettre une telle action, Jack, — dit gravement Tamise.

— Je n'aurais jamais fait ce mauvais coup, — répondit Jack avec émotion, — si mistress Wood ne m'eût frappé; et si je suis condamné quelque jour à être pendu, je l'accuserai de ma mort.

— Eloignez ces sombres pensées, dit Tamise. — Je suis sûr que vous vous conduirez honnêtement a l'avenir.

— Oui, dès que je me serai vengé, — murmura Jack. Mais, croyez-moi , cachez-vous de sir Rowland si vous ne voulez pas causer des chagrins à cette pauvre dame ainsi qu'à moimême.

—Soyez sans inquiétude,— répondit Tamise en sedisposant a partir. — Allons, hâtons-nous.

Les deux jeunes gens sortirent de la chambre, mais au mopat de descendre l'escalier ils entendirent la voix de mon-

sieur et de mistress Wood. L'orage semblait être apaisé, car ils causaient amicalement avec monsieur Kneebone qui se préparait à prendre congé.

— Je suis désolé, mon bon ami, de la mésintelligence qui a éclaté entre nous, — disait le marchand de draps.

— Ne parlons plus de cela, — répondit Wood avec le ton caressant d'un homme qui reconnaît ses torts ; — vos explications sont parfaitement satisfaisantes.

— Nous vous attendrons demain, — continua mistress Wood, — et je vous en prie, n'amenez personne avec vous .

— Ne craignez rien, — répondit Kneebone en riant. —A propos, — ajouta-t-il, — veillez sur Tamise Darrell. Les menaces de Jonathan ne doivent pas être traitées légèrement, et je suis persuadé que ce misérable n'attendra pas à demain pour dresser ses batteries. Veillez sur Tamise, je vous le répète, et que, sous aucun prétexte, il ne sorte avant mon retour.

— Vous entendez? — dit tout bas Jack à Tamise.

— Oui, j'entends nous n'avons pas une minute a

perdre.

— Dieu vous garde, — ajouta monsieur Wood. Quant a Tamise, j'aurai l'œil sur lui ... Bonne nuit, mon cher ami.

Cela dit, des poignées de main et de chaleureuses protestations d'amitié furent échangées, et monsieur Kneebone sortit de la maison.

— Ainsi , vous m'avez réellement soupçonnée? soupira mistress Wood avec un accent de reproche , lout en regagnant le parloir avec son mari. — Oh! les hommes 1 les hommes ! quand ils ont une fois quelque folle idée dans la tête...

— Dam !... mon amour, — répliqua monsieur Wood, — les apparences, — vous en conviendrez, — étaient bien ub peu contre vous. Mais puisque vous me jurez que vous n'avez pas écrit ces lettres ; puisque de son côté monsieur Kaeebonne affirme ne les avoir pas reçues, je ne puis me dispenser de vous croire... D'ailleurs je me suis toujours dit qu'un mari ne doit ajouter foi qu'à la moitié de ce qu'il entend, et à rien de ce qu'il voit.

— Excellente maxime! — La meilleure assurément que vous ayez jamais énoncée.

— Ah !... maintenant... je vais voir ce que devient Tamise,

— dit le charpentier.

— A quoi boa!... que peut-il lui arriver?... Entrez au parloir avec moi... Venez.... mon ami... je ne puis me passer de vous ce soir...

— Il est temps! — s'écria Jack en entendant la porte du parloir se refermer sur les tendres époux. Tamise allait le suivre lorsqu'il sentit son bras retenu par une douce étreinte. Il se retourna et aperçut Winitred.

— Où allez-vous ? — demanda-i-el!e.

— Je serai de retour daus quelques instans.

— 0*! ne sortez pas, je vous en supplie!.. . Un danger vous menace... monsieur Kneebone vient d'avertir mon père.

— Au diable l'interruption ! — cria Jack avec Impatience.

— Si ncus nous amusons ainsi, le vieux Wood va nous rejoindre.

— Si vous faites mine de sortir, je l'appelle, répliqua Winifred. — C'est vous, Jack, qui persuadez à mon frère de mal agir... Tamise, —ajouta t-elle d'une voix suppliante.™, restez ici... je vous en conjure... S'il n'y avait rien de blâmable dans ce que vous allez faire, vous ne vous cacheriei pas de mon père.

— Le voici venir! —s'écria Jack en frappant du pied. — Une minute encore, et il sera trop tard.

— Winny, il faut que je sorte ! dit Tamise en repoussant doucement la jeune fille.

—Restez, cher Tamise!... restez!... Il ne m'entend pas!... Il est parti.... Quelque chose me dit que je ne le reveirai plus !

Lorsque, peu d'instans après, monsieur Wooi quilta le parloir pour voir ce que faisaient les jeunes gens, Il trouva sa fille assise au pied de l'escalier et suffoquée par les sanglots.

— Où est Tamise? — demanda-t-il avec inquiétude.

LE BANDIT DE LONDRES

~2sm

Winifred montra la porte, sans avoir la force de parler.

— Et Jack?

— Partis... partis tous deux 1— dit enfin la jeune fille d'une voix déchirante.

Monsieur Wood fit entendre une imprécation.

— Que Dieu me pardonne cette mauvaise parole! — s'écria-t-il avec une vive émotion... si je n'avais pas cédé à ma femme... cela ne serait pas arrivé !

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