HOMME OU DÉMO.V
Cependant sir Rowland allait et venait dans son appartement, en proie a la plus vive agitation. Ne comprenant pas comment sa sœur, malade comme elle l'était, et si soumise d'ordinaire à la volonté qu'il exprimait, se décidât à partir sans le consulter, il ne savait que faire. Il lui répugnait de s'opposer ouvertement à ce départ, et, d'un autre côté, rien ne l'aurait fait consentir à reconnaître ses tons et à prier lady Trafford de renoncer à sa résolution, bien que l'existence de sa sœur fût évidemment compromise par ce voyage imprudent.
Mais lorsqu'il entendit le roulement de la voiture qui s'éloignait, il changea d'avis et sonna violemment.
— Mes chevaux, Charcam! — dit-il en voyant entrer son valet de chambre.
Celui ci parut hésiter.
— M'avez-vous entendu? — s'écria sir Rowland.— Je veux rejoindre la voiture de lady Trafford... Hâtez-vous!
— Milady doit passer la nuit à Saint-Alban, répondit respectueusement Charcam. — Je le tiens de mistress Norris, | — et il y a dans le vestibule une personne qui demande aui dience... Votre honneur ne sera pas fâché, je crois, de voir
cette personne.
— Ah ! — dit sir Rowland en jetant un coup-d'œil significatif à Charcam, le confident de ses intrigues politiques,— est-ce un envoyé de sir William?
— Non, sir Rowland.
' —De monsieur Kynaston, alors?... car j'ai reçu hier le courrier de sir John Packington.
— Non, sir Rowland... la personne en question a refusé de me faire connaître son message... mais il est important... j en suis certain.
Charcam parlait ainsi sans savoir, le moins du monde, ce dont il s agissait ; seulement, il avait reçu deux guinées pour raire obtenir I entrevue demandée, et, naturellement, il mesurait l'importance d'après la valeur de la gratification.
— Eh bien!... introduirez cet individu, — dit sir Rowland après un moment de réflexion, — il vient peut-être de la part du comte de Mac. Que cela ne vous empêche pas de faire seller les chevaux... 11 faut que je sois ce soir même a Saint-Alban.
Ce disant, sir Rowland se jeta dans un fauteuil et Charcam se hâta de disparaître dans la crainte qne son maître ne changeât d'avis.
Un instant après, la personne annoncée fut introduite dans l'appartement. C'était un homme d'un certain âge, d'Hne tournure assez commune et d'une physionomie peu prévenante. Il portait un habit de cheval et des bottes montantes. A son coté pendait un couteau de chasse.
— Votre serviteur, sir Rowland,— dit l'étranger en faisant un léger salut.
— Que voulez vous de moi, monsieur? demanda sèchement sir Rowland.
L'étranger ayant jeté les yeux sur Charcam, sirRowlant fit un signe de la main et le laquais se retira.
— Vous ne me reconnaissez pas, à ce que je vois? — demanda l'étranger en prenant un siège.
Mécontent de cette familiarité, sir Rowland se leva soudain.
— Ne vous dérangez pas, — continua l'étranger nullement ému de cette leçon, — je ne fais jamais de cérémonie quand je suis sûr de trouver chez les gens un favorable accueil... Nous nous connaissons, sir Rowland.
— En vérité!— répondit Rowland d'un ton glacial;— peutêtre alors vous voudrez bien me rappeler la date et le lieu de notre dernière entrevue?
— Voyons... la date... c'était le 26 novembre 4705... le lieu... le Mint. J'ai bonne mémoire... n'est-il pas vrai... sir Rowland?
Celui-ci tressaillit comme s'il eût été frappé d'un coup mortel ; néanmoins, il parvint à contenir son émotion et répondit avec un calme affecté:
—Vous vous trompez, monsieur... A l'époque en question je me trouvais dans mes domaines du Lancashire.
L'étranger sourit d'un air incrédule.
— A votre aise, sir Rowland, — dit-il après un moment de silence pendant lequel sir Rowland examina scrupuleusement les traits de l'étranger comme pour rappeler ses souvenirs. — Je ne veux pas vous donner un démenti. Vous avez raison de vous montrer défiant, avant de savoir à qui vous avez affaire ; et, lorsque vous le saurez, vous aurez encore besoin de toute votre prudeneft.. N'avourz rien, ne croyez à rien, ne donnez rien pour rien : telle est ma devise. Et cette devise est assez généralement pratiquée. Je ne viens pas ici pour jouer le rôle de père confesseur. Je viens pour vous servir.
— De quelle façon, monsieur?.— demanda sir Rowland étonné.
— Vous allez le savoir... vous me refusez votre confiance... fort bien... mais cette prudente réserve que j'admire, ne vous sera d'aucune utilité. Votre histoire, vos actions... vos pensées elles-mêmes me sont mieux connues qu'elles ne le sont du directeur de votre conscience.
— Prouvez ce que vous avancez, — s'écria Rowland avec indignation, — sinon...
— Des preuves!... En voici... — reprit avec calme l'étranger. — Vous êtes le Ois de sir Montacute Trenchard, d'Ashion-Ha'I, près Manchester. Sir Montacute avait trois enfans... deux filles et vous. L'aînée de vos sœurs, Constance, fut perdue dans son enfance par un domestique négligent, et depuis, on n'a plus entendu parler d'elle. Votre sœur cadette, Aliva, est toujours lady Trafford. Je mentionne ces circonstances, simplement pour vous prouver l'exactitude de mes informations.
— Si c'est là tout ce que xous savez, monsieur, — dit ironiquement sir Rowland, — il est inutile de continuer. Ces détails sont connus de tout le monde.
— Peut-être,— répondit l'étranger,— mais j'en tiens d'autres en réserve, qui ne sont pas aussi généralement conçus...
LE BANDIT DE LONDRES
Avec votre permission., je reprendrai mon récit. Si je commets quelque erreur, vous la relèverez...
Voire père, sir Moniacute Trenchard, autrefois loyal serviteur du roi Jacques II, lourna le dos aux Stuarts après l'abdication de ce monarque, et ne voulut jamais reconnaître leurs droits à la couronne... On attribua ce refus opiniâtre au souvenir d'une réprimande infligée publiquement à l'orgueil de votre père... Quoi qu'il en soit, il servit jusqu'à sa mort le parti proteslant, bien qu'il fût catholique.
— Jusqu'ici, vous avez dit la vérité, — dit sir Rowland, — mais ces faits. . personne ne les ignore.
— Laissez-moi donc achever... Les opinions du vieux chevalier le portaient, naturellement, à voir avec déplaisir la conduite de sou fils qui avait épousé les intérêts du parti contraire. 11 eut d'abord recours aux remontrances... puis aux menaces... et enfin, voyant l'inutilité des unes et des autres, il prit des mesures plus décisives.
— Ah ! — fit sir Rowland.
— Jusqu'à ce jour, — ajouta l'étranger,— sir Montacute n'avait pas limité les dépenses de son fils, et grâce à son immense revenu, il tolérait les prodigalités de sir Rowland... mais ces prodigalités ayant été mises au service d'un parti, le père résolut d'y apporter un terme. En conséquence, il réduisit d'un tiers la pension qu'il accordait à son fils, et ce premier averlissement ne suffisant pas, il alla jusqu'à refaire son testament en faveur de sa fille Aliva, laquelle était alors fiancée à son cousin, sir Cecil Trafford.
— Continuez, monsieur, — dit sir Rowland dont la respiration était devenue halelante.
— En cette occurrence, Rowland fît ce qu'eût fait, à sa place, tout homme sensé. Connaissant l'inexorable volonté de son père, il prit à tâche de faire échouer les projets de celui-ci. D'abord il parvint à rompre le mariage de sa sœur, et cela, avec une telle habileté, qu'il sut conserver l'amitié dévouée de sir Cecil.
Pendant deux années, croyant ses intérêts parfaitement sauvegardés, et d'ailiers engagé, de concert avec sir Cecil, dans des intrigues politiques, il cessa de veiller sur Aliva. A peu près à cette époque... c'est-à-dire en novembre 1703... La jeune personne fit un voyage à Londres. Peu de temps après le départ de sa sœur, sir Rowland, qui habitait alors le Lancashire, reçut d'un confident subaUerne nommé Davies une lettre qui détruisit toutes ses espérances.
Celte lettre lui apprenait que sa sœur était mariée secrètement et qu'elle venait de donner le jour à un fils. Quant au nom et au rang du mari, Davies n'avait pu se procurer aucun renseignement.
Sir Rowland conçut aussitôt un plan qu'il ne tarda point à exécuter. Accompagné de sir Cecil, qui n'avait pas cessé d'aimer Aliva, et à qui il persuada qu'elle avait été victime d'une infâme séduction , il partit pour Londres en toute hâte.
Le jour même de leur arrivée, ils furent conduits par Davies à la demeure d' Aliva, et l'accès leur ayant été refusé, ils entrèrent de vive force. Le mari d'Aliva, connu sous le nom de Darrell, tira contre eux son épée, et les empêcha, pendai.t quelques minutes, de pénétrer dans l'inférieur de la maison. Mais ému par les cris de sa femme qui le suppliait de sauver son fils, il prit l'enfant dans ses bras et s'échappa par les jardins.
Rowland et les gens de sa suite se mirent sur-le-champ à la poursuite de Darrell, sans s'inquiéter delà malheureuse femme. Ils suivirent le fugitif jusqu'au Mini, puis ils perdirent la piste de leur proie dans les rues sinueuses de ce quartier.
Cependant, la jeune femme était parvenue à les rejoindre, mais terrifiée par les menaces de son frère, elle n'osa pas se montrer à son mari, qu'elle avait vu entrer dans une maison voisine.
Grâce à l'aide d'un individu qui connaissait toutes les issues de cette maison, Darrell lui remit un gant qui devait servir, un jour, de signe de reconnaissance.
Tandis qu'Aliva cherchait à rejoindre son mari, elle fit une horrible chute et fut emportée par sir Cecil dans un
état de complète insensibilité... On la crut morte... cependant elle survécut à cet accident dont les suites ont à jamais ruiné sa santé. Sur ces entrefaites, Rowland , guidé par le même individu qui avait favorisé la fuite de Darrell, se mit à la poursuite de ce dernier, en compagnie de Davies et d'un autre homme. Darrell et ses ennemis s'embarquèrent pour traverser la Tamise... Les élémens étaient en fureur comme les passions de ces hommes. Une horrible tempête vint les assaillir... mais Rowland... méprisant les terreurs de la nuit et le danger qu'il courait... Rowland précipita dans les flots l'enfant et le mari de sa sœur.
— Terminez votre histoire, monsieur, — dit Rowland qui pendant ce récit avait ressenti toutes les émotions de la rage et de la frayeur.
— Deux mots encore, et j'ai fini... — Ayant vu périr sous ses yeux les gens qui l'accompagnaient, Rowland fut convaincu que cette sombre histoire serait ensevelie dans un oubli profond...
En effet, pendant douze ans le secret a été gardé. Si bien que sir Rowland, plongé dans une entière sécurité, se regarde à peu près comme innocent du forfait... Durant ce laps de temps, sir Montacute est mort, laissant son titre à Rowland et ses biens à sa fille Aliva. Celle-ci a , depuis, consenti à épouser sir Cecil qui, pour contracter cette alliance, a souscrit à d'incroyables conditions imposées par sir Rowland.
Sir Rowland était atterré.
— Ce mariage n'a jamais été consommé, —continua l'imperturbable étranger. Sir Cecil n'existe plus. Lady Trafford est aujourd'hui trop malade et de corps et d'esprit pour songer à se remarier, et comme on la dit sans enfans, sir Rowland héritera prochainement des biens delà famille.
— Étes-vous un homme ou un démoa ? — s'écria sir Rowland, en fixant des regards étincslani sur l'étranger qui venait d'achever son récit.
— Vous me flattez, sir Rowland, — répendit l'étranger en grimaçant un sourire.
— Si vous êtes un homme, — reprit sir Rowland avec emphase, j'exige que vous médisiez à quelle source vous avei puisé ces renseignemens.
— Je pourrais refuser de répondre a cette question, sir Rowland, mais je consens à vous satisfaire.
— Qui êtes vous donc? — s'écria sir Rowland.
— Je suis surpris que vous ne m'ayez pas plus tôt demandé mon nom. Cela nous aurait épargné... à moi la fatigue d'un récit, à vous quelques émotions... Je suis Jonathan Wild.
Et le célèbre agent de la police secrète se prit a ricaner. Il aimait à causer de semblables surprises. Sir Rowland mit la main sur son épée.
— Mousieur Jonathan Wild, — dit-il d'un ton sarcastique mais avec une grande fermeté, — un homme aussi intelligent que vous l'êtes doit savoir qu'il est dangereux de posséder certains secrets.
— Je le sais parfaitement, sir Rowland, — répondit froidement Jonathan, — mais je n'ai rien à craindre , d'abord , parce que vous avez intérêt à ne me pas molester, et puis, parce que je suis en garde contre toutes les éventualités. Jamais je ne chasse le tigre humain sans être bien armé. D'ailleurs, mes janissaires sont à deux pas d'ici. L'un d'eux est porteur des pièces relatives à l'affaire qui nous occupe, et si je ne viens pas dans uu temps donné, ces pièces seront remises à qui de droit... Vous voyez que mes mesure» sont parfaitement prises.
— Vous avez oublié que vous êtes en mon pouvoir, — reprit sir Rowland d'une voix concentrée ; — vous avez oublié que vos hommes ne sauraient vous soustraire à mon ressentiment.
— Je puis, en tous cas, me défendre moi-même, répliqua Jonathan avec un calme provocateur. — Je manie, d'une manière assez remarquab e, le pistolet et l'épée... Je vous en fournirai la preuve.... si cela devient nécessaire... Je n'ai jamais hésité à exposer mes jours pour mènera bien une fructueuse affaire.
ISO
AINSWORTH
— Qu'espérez-fous donc gagner à celle-ci , monsieur Jopathan?
— A la bonne heure... vous commencei avenir au faif. Voici mes conditions, — dit .lonatban en présentant à Row . land un écrit qu'il lira de sa poche.
— Mille livres sterling, dit sir Rowland après avoir lu le papier, — c'est un prix élevé pour une discrétion-douteuse... d'autant mieux qu'uu silence certain peut être obtenu à peu de frais.
— Vous achèteriez le silence au prix de votre sang, — répliqua Jonathan en fronçant les sourcils. — Sir Rowland, — ajouta-t-il avec un accent féroce, — si je le voulais, je vous anéantirais d'un souffle. Vous êtes complètement en mon pouvoir, car le comité secret a demandé votre arrestation, et monsieur Walpolem'a remis un mandat d'amener contre vous.
— Un mandat d'amener! — s'écria sir Rowland en tirant son épée.
— Rengainez votre lame , — dit Jonathan avec son sangfroid habituel, le roi Jacques III en aura besoin. Au resle, je n'ai pas l'intention de vous arrêter. Je veux vous proposer un jeu tout différent, et ce ne sera pas ma faut»; si vous n'y gagnez rien. Je vous offre mon contours a ceriaines conditions, et soyez persuadé que mes prétentions auraient été plus élevées, si je n'avais un intérêt personnel dans cette affaire. Après tout, une somme de mille livres est bien peu de chose lorsqu'il s'agit pour voas de conserver une fortune immense.
— Vous ai-je bien compris ? — demanda Rowland avec un tressai llerflent d'effroi.
— Parfaitement, je crois... Je veux vous délivrer de votre neveu.
— Il est donc vivant?
— Il vit, et, suivant toute probabilité, il vivra longtemps, si nous ne tranchons pas le fil de sa destinée.
Sir Rowland s'appuya contre un fauteuil et passa la main sur sou front ruisselant d'une sueur froide.
— Cette nouvelle vous surprend .. Il me semble pourtant avoir été très explicite.
— Ce n'était donc pas un rêve! — s'écria sir Rowland d'une voix étouffée; —c'était donc bieu lui que j'ai vu sur la plate-forme du pont... Il vit, grand Dieu !,.. il vit t
— Quanti présent, —dit Jonathan avec une épouvantable expression.
— Je né puis .. je n'ose attenter à ses jours, — répliqua Rowland qui , les yeux hagards , demeura comme paralysé.
Jonathan fit entendre un rire de mépris.
— Abandonnez-le moi, — dit-il, —il ne vous tourmentera pas longtemps.
—Non! non!., jenelutterai pasdavantagecontrelesort... J'ai déjà versé trop de sang.
c —Voilà de beaux senlimens, sir Rowland... Ainsi, vous onfessez vos erreurs... et vous me permettez d'exécuter mon mandai?
— Arrière ! — s'écria Rowland .
— Je savais bien que ce moyen réussirait, — pensa Jonathan.
— Ouest cet enfant? — demanda Rowland.
— Cher l'homme qui l'a sauvé... un charpentier nommé Owen Wood.
— Wood !... de Wyeh-Street?
— Lui-même.
— Un jeune garçon est venu tantôt ici de la part de cet homme... Serait-ce mon neveu?
— Non, c'était l'apprenti du charpentier.
En ce moment, Charcam entra dans l'appartement.
— Sir Rowland, — dit le valet de chambre, — un jeune garçon se présente de la part de roonsieurW'ood. Il voudrai t parlera lady Trafl'ord.
— N'est-il pas déjà venu?
— Non, sir Rowland, celui qui vient d'arriver est bien mieux que l'autre.
— C'est le ciel qui nous l'envoie! — s'écria Jonathan. —
Sir Rowland,— ajouta-t-il à voix basse, acceptez-vous mes conditions?
— J'accepte.
— C'est bien! — reprit Jonathan , — je me charge du reste.
— Avez-vous instruit ce jeune garçon du départ de lady Trafiord ? — demanda Rowland à Charcam.
— Non, — sir Rowland ; — j'ai pensé que vous ne seriez pas fâché (le le voir, d'autant mieux qu'il y a quelque chose d'extraordinaire dans ses manières.
— Est-il seul? — demanda Jonathan.-
— Non, monsieur. Il y a avec lui l'appr nli qui a emballé les bijoux de milady.
— Des bijoux ! — s'écria Jonathan. — Ah! js devine tout! Sir Rowland.. savez-vous si votre sa-ur s'est aperçue delà dispari ion de quelque ob;ei après le départ de cet apprenti?
— Je l'ignore, — répondit Rowland. — Cependant... je me rappeile. . Puis il ajouta quelques mots à voix basse.
— C'est lien cela! —du Jonathan. — Ce jeune fou vient pour rettituer l'objet volé par son camarade.) Nous le tenons .. mais, je vous prie, sic Rowland, de me laisser pleine liberté... Dites-moi... — ajouia-i-il en s'adtessaui au laquais... votre nom?
— Charcam.
— Eh bien! monsieurCharcam, faites entrer ce jeune garçon. Surtout pas un mot au sujet de lady Trafford. Un vol a été commis, et votre mailre en accuse ce petit drô e. Il sera nécessaire de s'emparer de son camarade, mais ahordez-le avec précaution. Lorsqu'il sera entre vos mains... sifflez trois fois, et deux hommes se présenteront aussitôt. L'un d'eux... celui qui porte une barbe rouge, se chargera de vo« tre prisonnier. Vous direz à l'autre, de ma pat l, d'aller chercher une voiture, et de ne pas perdre de temps.
— De la part de qui. monsieur ? — demanda Charcam.
— De la part de Jonathan Wild.
— Vous êtes Jonathan Wild ! — demanda Charcam tremblant d'etlroi.
— Oui... ne craignez rien... Hâttz-\ous seulement d'exécuter mes ordres... vous m'entendez, Charcam?
Le laquais lit un profond salut et sortit de l'appartement.