‹ Le siècleChapitre 65 sur 173 · I.C VOL DANS LE TEMPLE DE WILLESDEN · texte numérisé non relu

I.C VOL DANS LE TEMPLE DE WILLESDEN

Pendant toute la durée du jour et de la nuit qui suivirent, la pauvre veuve erra comme une ombre aux abords du Mint dont l'accès lui était interdit, d'après les ordres exprès du maitre. Elle ne put avoir aucune nouvelle de son fils, et elle apprit seulement que Jonathan Wild était venu voir Jack à la taverne, circonstance qui ne fit qu'augmenter l'inquiétude de la pauvre femme. Un instant elle eut la pensée d'aller réclamer les conseils et l'appui de monsieur Wood ; mais le souvenir de l'accueil qu'elle avait rencontré dans la maison du charpentier la fil renoncer à celte démarche. Une fouhï d'autres expédiens se présentèrent à son esprit, mais tous échouèrent devant les ordres inflexibles du maitre du Mint.

Enfin, une heure environ avant l'aurore du second jour, qui se trouvait être un dimanche, mistress sheppard, épuisée de fatigue et de besoin, se décida à regagner sa demeure. La roule était longue, et, pour l'abréger, la pauvre veuve prit a travers champs et prairies. Après avoir marché pendant plusieurs heures, ses forces l'abandonnèrent complètement, et, se laissant tomber sur un tas de foin fraîchement coupé, elle s'endormit d'un sommeil profond et répaiateur.

A son réveil, mistress Sheppard se sentit reconfortée a la vue du ciel radieux qui avait remplacé les brouillards du matin. Le soleil dardait ses plus chauds rayons, et l'air, embaumé par les délicieuses émanations de l'herbe fauchée de la veille, retentissait de joyeuses mélodies. La rature entière avait piis un air de fête, et remplissait l'âme de bien-être et de sérénité.

Quel contraste avec le hideux spectacle dont mistress Sheppard avait été le témoin dans la taverne du Mint! Aussi, lui semblait-il sortir d'un rêve épouvaniable. A travers le trais feuillage qui bordait la prairie, elle apercevait le clocher du village de Willesden, où tant de jours heureux s'étaient écoués pour elle.

Ce fut vers ce lieu paisible que mistress Sheppard dirigea ses pas, et bientôt elle arriva au modeste cottage qu'elle habilail à l'entne du village. Après avoir pris quelque nourriture et réparé le désordre de sa toilette, elle sortit pour aPer au temple, car ce jour, on se rappelle, était le jour du Seignet r S a sa roule, la pauvre femme rencontra des amis et (les connaissances qui s'informèrent de sa santé avec une s,, Il eitude dont elle fut touchés jusqu'aux larmes, mais elle eut assez d'empire sur elle-même pour maîtriser son émotion el p n répondre à ces marques de sympathie sans trahir l'affreux sectel qui lui déchirait l'âme.

titeéglise était déjà remplie de fidèles, lorsque mistress Sheppard y entra. D'w pas rapide cl e traversa cette foule dont elle évi al , et elieaila prendre place dans m

des bancs les p us éloignés. A peine avait-elle commencé ses prières, q lesonalti Blion fut attirée par l'arrivée d'un individu qui vint se placer a quelques pas devant elle et qui se mit à lui taire di s signes. Cel individu n'eiait autre que monsieur jrjK bonequi j s. la poursuivait de ses gaian-

pertineBi» du mar. hand drapier fut iress Sheppard dans la disposition desl„ ;i , UD sujet d'affliction bien autre-

ment sérieux lui était réservé.

Le service divin venait de commencer, lorsqu'elle vit un

AINSWORTH-

jeune garçon se glisser, avec toutes sortes de précautions, derrière monsieur Kneebone, qui, pour mieux faire ressortir les avantages de sa taille, continuait à se tenir debout. Bien qu'elle eût seulement entrevu les traits du jeune homme, mistress Sheppard avait reconnu son fils, et quand son instinct de mère l'eût abusée, la présence de Jonathan Wild, qu'elle vit derrière un pilier, aurait suffi pour la -convaincre. Eu ce moment, les regards de cet homme se fixèrent sur la malheureuse femme qui se sentit fascinée et qui courba la tête comme à l'approche d'un péril imminent.

Cependant, tourmentée de savoir son lils si près de Jonathan, elle leva timidement les yeux pour voir ce que Ja> k était devenu. En ce moment, le pasteur prononçait les paroles du commandement : « Le bien d'autrui ne convoiteras »

Mistress Sheppard sentit un frisson parcourir tout son corps, lorsque ses yeux, qui cherchait ut J.n k, rencontrèrent à sa place le regard féroce et triomphant de Jonaiban Wild.

Ce regard disait : Votre fils vient d enfreindre ce commandement... ici... dans ces murs sacrés!... Il esta moi!

La mère de Jack ne put résister à ce nouveau coup; elle s'évanouit et tomba le front contre terre.

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