LE DIEN ET LE MAI
En traversant le jardin, Jack eut un moment d'hésitation à la i • i mère et de renouveler ses chagrins...
: avancer ou revenir sur ses pas, il s'arrêta et se : iler dans la direction du village. II aperçut, a une tance, Jonathan Wild qui, nonchalamment étendu sous l'ombrage d'un grand chêne, regardait en souriant le cottage de mistress Sbeppard. Dans le sourire de Jonathan, Jack crut deviner une raillerie à l'adresse de son hésitation... et alors... il reprit courage et entra dans la maison.
Dn silence inquiétant régnait dans l'intérieur du cottage, et en arrivant à la chambre de sa mère Jack, sentant son cœur se serrer, n'osa franchir le seuil de la | orte.
— Ma mèrel — arlicula-t-il d'une voix tremblante
— Qui est là? di1. une voix plaintive.
— Moi... votre fils ! — s'écria Jack en pénétrant dans la chambre.
— Jack!... — sVcria la veuve en écartant les rileaux de son lit... — Est-ce bien vous?... r is un rêve?
— Non, ce n'est pas un rêve, ma bonne mère... je viens vous rassurer sur mon sort et vous dire adieu.
— Où donc allez-vous, Jack?
— Je ne sais... mais je courrais de grands dangers en demeurant dans ce village.
— Vous avez raison, — dit mistress Sheppard en songeant à l'événement de la veille. . oui.., il faut vous éloigner de ces lieux... Mais comment vous étes-vous échappé?... Asseyez-vous sur mon lit... là... tout près de moi... donnez-moi votre main et racontez-moi ce qui s'est passé.
Jack s'assit sur le bord du lit et embrassa tendrement sa mère.
— Mon pauvre enfant, —reprit mistress Sheppard en serrant la main de Jack dans ses mains brûlantes, — j'ai été bien malade... et j'ai pensé mourir la nuit dernière... mais je vous pardonne le mal que vous m'avez fait... seulement, promettez-moi de renoncer à celte vie honteuse... de fuir les
tes infâmes qui vous ont entrain''... et alors... je vous pardonnerai... je vous 'bénirai... O mon fils. . mon cher enfant... écoutez les prières de votre mère, et ne la faites pas mourir d'1 douleur!
— 11 est trop tard.... — répondit Jack d'une voix sombre, — je ne puis me sauver de ces homm -
— Ne parlez pas ainsi, mon fils, il n'est jamais trop tard pour vivre en honnête homme... Fuyez ce Jonathan... il a juré de vous perdre... Ah! si vous saviez ce dont il est capable !... Fuyez-le donc, .1 tek, el retournez chez monsieur Wood... Allez lui demander pardon... et, j'en suis sûre, il oubliera vos fautes... car son âme est compatissante..;
— Je ne pais retourner chez lui, répondit Jack.
— .Mais pourquoi, grand Dieu?
— Je vais v )us le dire, — s'écria Jonathan dont la figure satanique apparut tout à coup à la porte de la chambre... —
ne peut retourner chez son maître, parce qu'il l'a volé ! .
^0!é! ma mistress Sheppard en se levant sur son séant, pàleel les yeux hagards. Jack!... est-ce vrai?
Jaik dit ni!
— oui... il a vole son maître, — répéta Jonathan. — L'avant-derni irmi lesquels se trouvai!
■ luils dans la maison du charpentier, et
von s Wood... D'ailleurs,—
. ajouta-t-il en jetant sur le lit une pancarte imprimée, —
voici, toul au ... et TOUS y verrez
qu'une récompense est offerte pour l'arrestation d ■ I
jrd.
LE PANDIT DE LONDRES
— Mon Dieu ! mon Dieu ! — s'écria la pauvre veuve en Cachant son visage dans ses mains.
— Allons! —dit Jonathan en faisant à Jack un geste de commandement, — allons!... il est temps de partir.
— Ne suivez pas cet homme... Jack... mon fils... ne le suivez pas !
— S'il refuse de m'obéir, — répliqua Jonathan, —je le fais jeter en prison.
— Mieux vaut encore aller en prison, Jack; je vous suivrai, jevous consolerai... mais fuyez ce démon.
— Eles-vous prêi? — cria Jonathan.
— Ecoutez-moi, Jack I — s'écria sa mère; — ce misérable vous entraine à votre ruine... Il a juré de vous perdre comme il a perJu voire malheureux père... Jac k !... ce que je vous dis est la vérité... j'en prends a témoin le Dieu qui m'entend !
— Chansons! —dit Jonathan, — si je voulais faire pendre vo're fils, je n'aurais qu'un mot à dira... Après tout, qu'il vienne ou qu'il demeure... peu m'importe... je ne le contrarierai pas.
— Vous l'entendez, mon fils ! choisissez entre le bien et le mal .. entre cet homme et moi.... et songez qu'il y va de votre vie... de la mienne!...
— Votre mère dit vrai, — répliqua Jonathan,— choisissez, Jack.
Sans prononcer un seul mot, Jack sortit de la chambre.
— Parti l parti ! — s'écria mislress Sheppard dans l'agonie du désespoir.
— Pour toujours ! — ajouta Jonathan, qui sortit et s'élanva sur les traces de Jack Sheppard.
Troisième Epoque.