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COMMENT JACK SHEPPARD FUT DE NOUVEAU CAPTURE

Jack Sheppard, suivi par Peaubleue. traversa rapidement un petit passage conduisant de Wyrh-Street au temple de Sahit-Ciémeut,*derrièra lequel il trouva Tamise Darrell qui vint à sa rencontre.

— J'allais partir, dit Tamise. Lorsque je vous quittai à la porte de monsieur Kneebone, vous me priâtes d'attendre ici votre retour, en m'assurant que vous ne me retiendriez pat plus de cinq minutes, et il y a déjà plus d'une demi-heure que vous m'avez quitté.

— Vous ne vous plaindrez pas de ce retard, quand vous saurez ce que j'ai fait, répondit Jack. Je me suis emparé de papiers et de lettres venant de sir Rowland, et dans lesquels vous trouverez, je n'en doute pas, la preuve et la confirmation de vos droits. Prenez ces papiers, et puissent ils vous Être miles autant que je le désire.

-Jack, répliqua Tamise gravement ému,— je voudrais pouvoir trouver quelque moyen de vous préparer un moins sombre avenir.

— Cela e»t impossible, Tamise, je suis perdu; il n'y a plus d'espoir.

— Peut-être !

— Il n'y a plus d'espoir, je vous le répète, reprit tristement Jack, et je vais dire adieu à tout ce qui m'est cher. Ecoutez-moi, Tamise : je suis sur le point de quitter à jamais ce pays, Un navire part demain matin pour la France, et déjà J'ai fait portera bord le peu que je possède. Peaubleue m'accompagne. Le lidele garçon jie veut pas m* quitter.

— Je ne vous quitterai pas, capitaine, tant que j'aurai du souffle dans le corps, — dit Peaubleue qui venait! de s'approcher d'eux. — L'Angleterre et la France, Londres ou Paris, cela m'e.t indifférent, pourvu que je vous aie pour me commander.

— Eloignez-vous un peu, répliqua Jack, je vous appellerai quand j'aurai besoin de vous.

Peaubleue se retira.

— Je ne puis qu'approuver le parti que vous allez prendre, Jack, dit Tamise, bien que, sous certains rapports, je le regrette .. Dans quelques années vous pourrez revoir votre pairie, vos amis.

— Jamais! — répondit Jack avec amertume. — Que mes amis ue craignent pas de me voir revenir Ils n'entendront plus parler de moi. Sous un autre nom, contre lequel je changerai mon nom détesté, je prendrai du service dans quelque

À1NSYV0RTH.

pays étranger, et je me rendrai célèbre oh je périrai. Mais amais... jamais je ne reviendrai.

— .le n'essaierai pas de coiubailre votre résolution, Jack,

— répliqua Tamise après un instant de silence; — cependant, Je crains l'effet que produira votre départ sur votre pauvre mère. Sa vie tient à un fil, et...

— Je voudra. s que vous ne m'eussiez point parlé d'elle,

— dit Jack avec une émotion profonde. — Elle comprendra que je n'avais pas d'autre parti à prendre, et elle aura, j'espère, la force de supporter cette séparation. Portez-lui ims adieux, car je ne puis les faire moi-même... Tamise, soyez pour elle un fils.

— Je vous le promets, dit Tamise en serrant cordialement la main de Jack.

— J'ai une autre grâce à vous demander, balbutia J.vk. c'est de faire agréer mes adieux à \\ inifi •<!... de lui d w que, si ses dédains ont fait de moi un voleur, sa douce image m'a souvent empêché de commettre des crimes... Lui direzvouscela?

— Je le lui dirai,— répondit Tamise.

— Merci, reprit Jack en recouvrant son sang-froid. Et Maintenant, parlons de vos affaires. Peaubleue, qui a suivi sirRowland, l'a vu entrer dans la maison de Jo.nai.ban \vi:d, et je crois que la visite de sir Howland avait p ur but de terminer quelques arrangemeas avant de quitter l'Angleterre.

— Comment! il quitte l'Angleterre ? demanJa Tamise avec étonnement.

— Il part demain matin par le navire sur lequel j'ai retenu mon passage. Si, comme je le suppose, d'après les dorumens que je viens de remettre entre vos mains, — sir Rowland a l'intention de réparer ses torts envers vous, il est possible que cette intention soit contrariée par les machinations de Jonatban, qui a tout intérêt à vous perdre. Néanmoins, grâce auxdocumensen question dont Jonathan ignore 'importance, nous obtiendrons le résaltat désiré. Seulement, il nous faudrait surprendre ensemble sir Rowland et Jonathan-, voulezvous tenter avec moi cette entreprise?

— Elle est bien hasardeuse, — répondit Tamise après un moment de réflexion; — cependant, je consens à la tenter. Mais j irai seul chez Jonathan, car je neveux pas nous exposer à des dangers certains.

— Qu'importent les dangers, ponr.u que je vous serve! — répliqua Jack. — D'ailleurs, vous ne pouvez, sans uni. mener à bien cette affaire. Il serait imprudent de li. \-\ erà la porte de Jonathan Wild, et Tarées de sa maison n*esl | as très facile.

— Je comprends, — dit Tamise;— je ferai ce qce vous voudrez.

— Alors, ne perdons pas de Irmps .. Vêtez, Peaubl Les trois hommes partirent d'un pas rapide, et ne tai

pas à arriver devant la sombre demeure de Joua hanlrVild. Une porte donnait sur la cour, et Jaik eisaya de l'ouvrir, mais elle était solidement fermée.

— Nous serons obligés de la forcer, —murmura Jsck.

— Essayons d'entrer par le cellier, capitaine, — dit Peaubleue en appuyant de toutes ses forces sur une espèce de trappe. — Voici la perte. C'est par là que le vieux scélérat introduit les grosses marchandises qu'il entasse dans les caves de sa demeure infernale. Je l'ai vu souvent entrer par là.

Tout en faisant ces observations, Peaubleue parvint, à l'aide d'un ciseau, a soulever la porte que Jark ouvrit entièrement; les trois hommes descendirent aussitôt dans ce passage souterrain.

— Suivez-moi, Tamise, — dit Jack en refermant la trappe.

Au bout de que ques instans ils arrivèrent dans une espèce de caveau à l'extrémité duquel se trouvait une porte. Elle était ferouée extérieurement, et il fallut que Peaubleue eût de nouveau recours aux outils de son n.éiier. La porte ne fit pas une longue résistance.

En sortant du caveau pour entrer dans la cour, ils entendirent un cri terrible.

—Laissez-moi passer le premier, — dit Peaubleue. — Les

chiens me connaissent. — Et marchant droit aux boule. dogues, enchaînés dans leur niche, il les caressa pour les empêcher d'aboyer. Pendant ce letips, Jack et Tamise pénétrèrent dans la maison, montèrent l'escalier et s'arrétteeal devant la porte de la chambre d'audn

Jack colla son oreille contre le trou de la serrure, mais il n'entendit rien. Alors il es-j>a d'ouvrir doucement la porte; elle était fermée en dedans.

— Je crains que eus ne soyons arrivés trop tard, — dit tout bas Jack a Tamise Dancll. — Donnez-moi le ciseau, Peaubleue. -r Et, urec une incroyable dextérité, il força la serrure.

Ils entrèrent dans la chambre qui était plongée dans une obscurité complète.

— i —dit Jack à voix basse. — Il faut que sir !;■ l parti .. et... cependant... j'en doute, caria clef es) . Tenez-vous sur vps gardes.

— Capitaine, voule vous que j'aille chercher la lampe du vestibule? —demanda Peaubleue.

— a||iz, — répbn ii Jack. — Je ne sais ce qui se passe ici, — ajouta-t-il ci; s'adressant à Tamise, mais j'ai desombres presstnlimens... Le cœur me manque... je regrette pre nue de vous .noir conduit ici.

Eu parlàntaihsi, i! avança de quelques pas, et sentant ses pii'ds collés aa parquet par une substance gluante, il se baissa 1 1 posa ses mains à terre, mais il les retira instantanément, en poussant un cri d'horteur.

— Grand Dieu! — s'écria-t il, — le parquet est couvert de sang. Quelque crime épouvantable a été commis!... La lumière!... La lumière!...

A ce cri, Tamise s'élança vers Jack, et, au même moment, Peaubleue parut avec une lampe à la main»

Un spectacle horrib'e s'offrit à leurs yeux. Le parquet était inondé de sang... les meubles gisaient renversés... des papiers étaient épais ça et la... le niant eau de la victime, son chapeau, von épéé avaient roulé par terre... et le drap ensanglanté, déchiré, étalait ses taches livides...

— Sir Rowland a été assassiné! — s'écria Jack dès qu'il eut recouvré l'usage de la parole.

— Assassiné par son odieux complice ! —dilTamise.Omon père!... vous êtes bien terr blement vengé !

— Oui. votre père est vengé, — répliqua gravement Jack, — mais il nous reste à venger notre oncle... Ah!... voici les labb lies de Jonathan, — ajouia-l il en se baissant pour ramasser un portefeui .. — Et voici des bank-nottt.. de l'or... c'est le j.rix du sang .. mais le meurtrier ne nous échappera pas... nous attendrons son retour.

— Vivons où conduisent ces pas? — dit Peaubleue en suivapt sur le parquet des traces rouges et humides. —Capitaine, voici encore des papiers.

— Donniz! — dit Jack. —Ah! s'écriât il. une lettre commençant par ces mots : « Bien chère Aliva. » Le nom de votre mère. Tamise!

— Cette lettre! — s'érria Tamise en l'arrachant des mains de Jark. — Oui... cette lettre s'adressait h ma mère et venait de mon père, — ajouta-t-il en la parcourai t. — Ei fin... je vais doue connaître mon nom... La lampe!... vite!... Je ne puis déchiffrer la signature.

Jark se disposait a obéir à Tamise, lorsqu'un incident imprévu se présenta. Après avi ir suivi les traces de pas jusqu'au mur. et. ne voyant aucune issue en cet endroit, Peaubleue avait levé la la pe el découvert de sanglantes empreintes de doigts sur les lambris.

— 11 est sorti de ce coté, — dit-il, — j'en suis certain. D'ailleurs, je sais qu'il doit y avoir m e porte cachée dans la muraille... Ah! — s'écria-t-il en apercevant un ressort,— j'ai trouve!

Il appma sur le ressort et la porte s'ouvrit aussitôt One seeonde aprè;. IVaubIcHe fut terrassé par Jonathan

Wild qui bondit dans la chambre, suivi par Abraham portant

à la main sa lanterne.

Un simple coup d'aeil suffit à Jonathan pour se rendre

compte de la situation. Du lieu où il était enfermé, il avait

entendu du bruit dans la chambre d'audience, et prévoyant

LE BANDIT DE LONDRES

uii péril imminent, il s'était mis sur ses gardes, et lorque la porte s'était ouverte, il avait frappé de son redoutable bâton la première personne qu'il avait trouvée devant lut.

En reconnaissant Jack et Tamise, Jonathan les dévora du regard et poussa un rugissement de joie qu'on ne saurait comparer qu'a celui d'une bru: féroce.

Aussitôt Jack dirigea un pistolet contre la tête de l'assassin, mais son bras fut détourné par Tamise.

— Ne le tuez pas, — cria ce dernier, — il doit mourir sur un gibt t... Misérable, vous êtes mon prisonnier.

— Votre prisonnier! — répliqua Jonathan avec un ricanement étouffé. — Vous vous trompez... c'est vous, au contraire, qui êtes en mon pouvoir.... ainsi que votre compagnon, Jack Sheppard,' le condamné !

— Rendez-vous, ou vous êtes mort! — cria Tamise en s'élançant sur Jonathan i'épée i la main.

— Voici ma réponse! riposta celui-ci en assénant sur la tête de Tamise un coup de bâton si fatalement lancé, qu'il l'étendit a ses pieds.

— Ah! ir.iître! —vociférât Jack en faisant feu.

Mais Jonathan eut la présence d'esprit de baisser rapidement la tète, et la halle aha se loger dans la muraille-

Avant de pouvoir tirer un second coup de pistolet, Jatk fut obligé de se mettre sur la défensive, en voyant son ennemi se ruer avec fureur sur lui. Tout en parant cette attaque, Jatk arracha son épée du fourreau et une lutte désespérée commença.

— Ramassez I'épée que vous voyez à terre, Abraham,— cria Jonathan qui se voyait serré de près, — et frappez!

— Lâche! — s'écria .fat k tandis que le juif, obéissant à l'ordre de Jonathan, se baissait pour prendre I'épée de sir Rowland.

Se voyant perdu si ce combat inégal se prolongeait une minute de plus, Jack fit un bond en arrière, et s'élança rapidement par la porte conduisant à l'escalier.

— Courons à sa poursuite! —cria Jonathan. — Mort ou vivant, il me le faut! Abraham, la lumière!

Et, suivi par le juif, il se précipita sur les traces de Jack. Celui-ci avait à peine franchi la moitié des marches, lorsque Laugley èl Ireton parurent au bas de l'escalier.

— Arrêtez le! vociféra Jonathan ; — arrélez-le, c'est Jack Sheppard.

— Arrière 1 — s'écria Jack d'une voix terrible, —ou je vous lue !

Le porte clefs en chef se disposait à laisser passer Jack, mais poussé en avant par son subordonné, il fut forcé de faire face au fugitif.

— Vous feriez mieux de vous rendre, Jack, —"dit-il, — vous ne pouvez nous échapper.

Sans l'é otiter, Jack regarda pardessus la rampe de fer et mesura la hauteur... Elle était énorme, et force lui fut de renoncer a cèlfe chance de salut.

— Nous le tenons! cria Jonathan en descendant précipitamment le» marches.

A ces nuits, Jack se retourna, rapide comme la pensée, et rae. ni son épée, s'ai prêta à frapper au eceur son en-

nemi; mats sans lui en laisser le temps, Ireton bondit sur lui par derrière el le saisit à lu as le corps.

— tris! — triait lefs, tandis que Jonathan se précipiiail à son tour sur Jack qu'il parvint à désarmer.

— Yoas êtes arriva Fort à propos, Ireton, — dit Jonathan,

— je n'oublierai pas te servîi e que vous m'avez rendu.

— Monsieur Ireton, — s'écria Jack d'une voix suppliante,

— avant de m'entraîner hors d'ici, je vous conjure an n m de I humanité, de touiller cette maison. Un atroce forfait vient d'y être commis par ce montre... montez dans la charnore d'audien e, vous y venez les traces du crime.

— j. nsie r Ireton à faire de rches dans ma

dnucuio, s'il >e juge à propos, — dit Jonathan d'un ton hautain,— et, îles que nous vous aurons conduit à jNevvgate, je. t'Accompagnerai jusqu'Ici, s'il la désire.

— Monsieur li . ton ne fera rien de semblable, — répliqua e porte-clefs. — Ah ça ! Jatk, vous me croyez donc aussi siu-

pide que ce pauvre Sbotbolt? je ne me laisse pas prendre à ed pareils contes, moi!

— Au nom de Dieu, montez dans la chambre, — implora Jack; — je ne vous ai pas dit la moitié de cette épouvantable affaire... Il y a la un homme qui se meurt... le capitaine Darrell .. Faites-moi monter avec vous... mettez un pistolet à mon oreille, et brùlez-moi la cervelle si j'ai dit un mensonge.

— A quoi bon? — reprit Ireton avec ironie. Si je vous tue, je perdrai la récompense qui m'est due... Vous jouez votre rôle d'une admirable façon.. . mais, je vous le répète, cela ne prend pas avec moi.

— Vous refusez ? — s'écria Jack. — Monsieur Langley, je vous en supplie, a votre tour, montez dans cette chambre. Je vous dis qu'un meurtre a été commis, et qu'une seconde victime va succomber si vous n'intervenez.... Ce sang retombera sur votre tête.... Eh quoi !.... vous ne m'éeoutei pas! ..

— Je n'ai pas le temps d'écouter vos plaisanteries, — répondit brutalement Laugley.

— Allons !... à Newgatel — commanda Jonathan. — Ireton, puisque c'est vous qui avez arrêté Jack, la récompense vous appartient. Seulement, je délire que Langley en ait le tiers.

— Il en sera fait ainsi, monsieur, répondit Ireton en s'inclinant. — ^Maintenant, Jack, en mute!

— Misérables ! — s'écria Jack que la violence de ses émotions rendait presque insensé,— misérables!... vous êtes ses vils complices !

— Emmenez-le! — dit Jonathan d'un ton sec et sans réplique. — Je vous suis, car je veux que ses fers soient rivés sous mes yeux... Vous, Abraham, restezà la porte, et veiller à ce que personne n'entre ni ne sorte.

Sans pkts attendre, Jack fut transporté à Newgate. En le voyant, Austin eut peine à en croire ses yeux. Quant a Shotbolt, il ne se sentit pas de joie, car il avait juré de se venger du prisonnier, et sa vengeance commençait. Eu vain Jaekflt un appel à toutes les personnes qui se trouvaient présentes ; aucune ne voulut ajouter foi à son récit, ou plutôt aucune ne se soucia d'aller s'assurer de la vérité.

Après avoir vu le prisonnier chargé de chaînes et installé dans le cachot des condamnés, Jonathan quitta la prison et se bâta de regagner sa demeure.

Il trouva le juif Abraham à son poste.

— Personne ne s'est présenté? — lui demanda-t-il.

— Personne, maître.

Bien,— répliqua Jonathan qui entra dans la maison et ferma la porte aux verrous.

— Maintenant,— dit-il en faisant signe aujuif de le suivre, — allons nous débarrasse! -•• nais... q>favezvous Abraham?... VOUS tremblez comme si vous aviez un accès de lièvre i — ajouta-t-il en regardant son complice dont les dents claquaient d'une étrange façon.

— Je ne suis pas encre remis de la frayeur que j'ai ressentie dans le Puits du Diâbie, - répondit Abraham.

En rentrant dans la chambre d'audience, JonaTOM trouva le corps inanimé de Darrefl éten lu à la place où il l'avait laissé; mais, en l'examin int, il s'aperçut que ses poches avaient éiéretourn touillées de leur contenu.

circonstance, il jeta les yeux autour de la ebambre, el reconnul que a trappe ouvrant, on se rappelle, sur un escalier intérieur, était ouverte.

Puis il découvrit que Peaubleue était parti en emportant lcs ; . .. l'orel les papiers. Peaubleue avait eu outre emporté (eux qui se II .onde Tamise,

cir( lit pas Jonathan.

Vociférant nue horrible imprécation, Jonathan saisit la la,.; : ipeni 'escalier, après avoir donné

l'ordre au Juif de demeurer dans la ebambre. Malgrêses recherches minutieuses, il ne put découvrir aucune trace de Peaubleue; mais, voyan la porte du cellier ouverte, il en conclutque le lieutenant de Jack Sheppard s'était échappé par

cette issue. , .,

Jonathan remonta sur-U-champ dans la chambre a au-

AINâWORTH.

lience, et ordonna au juif de jeter le corps de Tamise dnas de puits.

— Je n'ai pas le courage de retourner dans ce lieu terrible, maître, — répondit Abraham; — je n'y retournerais a aucun prix.

— Imbécile I — s'écria Jonathan en soulevant le corps, — de quoi donc avez vous peur? — Après tout, — ajouta-t-il, — il peut m'êire plus utile vivant que mort.

Et, se conformant à cette idée, il fit signe au juif de le suivre, et descendant de nouveau le petit escalier, il porta le blessé dans une espèce de souterrain, qui aurait pu rivaliser aveo le plus sombre et le plus affreux cachot de Newgate. Puis, ayant fermé soigneusement la porte, il remonta dans la chambre d'audience.

— Allez chercher un sceau d'eau, — dit-il au juif, — il faut enlever ces taches de sang et brûler ce drap Le sang, dit-on, ne s'efface pas, mais je ne m'en suis pas encore aperçu... Maintenant, je vais prendre une heure de repos... et puis je m'occuperai de Peaubleue,

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