‹ Le siècleChapitre 85 sur 173 · COMMENT JACK SHEPPAUD ASSISTA AL'X ITNLT.AILLES DE SA MÈRE · texte numérisé non relu

COMMENT JACK SHEPPAUD ASSISTA AL'X ITNLT.AILLES DE SA MÈRE

Le surlendemain matin, après avoir échappé, comme par miracle, aux ardens limie.s détachés à ses trousses, Jack, vêtu d'habits de deuil, se rendit au village de Willesden, pour assister aux funérailles de sa mère,

Durant une partie de la journée, il demeura caché dans le cimeiiè^e, en attendant que le glas funèbre annonçât la triste cérémonie.

Enfin, le tintement lugubre des cloches se lit entendre; et Jack aperçut de loin le cortège, en lele duquel mania' nt, dms une attitude désolée, l« vie ix WDQd ci Tamise Dârrell.

Jack entra dans le lieu saint et alla s'agenouille;- à quelque dislance du cercueil.

Après le service, il suivit le convoi au cimetière, et tandis que le prêtre récitait 'es dernières prières, Jack, éperdu de. douleur, courut se prosterner au bord d<î la fosse, et d'une voix entrecoupée de. sanglots deehirans, s'accusa de la mort de sa mèie et lui lit des adieux d

Tous les assistaus, profondément émus, versaient des larmes et regtrdauui avec compassion ce m i heureux jeune homme.

Eu ce moment, une main de Wr se posa sur l'épaule de Ja>k, cl la sinistre yaix de Jonathan Lui wia eil même temps :

— Vous êtes mon prisonnier,

Jack se éleva d'uns ulbond; mais, avanl qu'il ; ùtseroj ■!tre sur la défensive, soji bras, droit fut i i Ql enlacé

par Quill Arnold, qui s'étiii, à pas de loup, prière

lui.

— MisérabK s! — s'éi lia Jack-, —oser souiller de votre piésence la tombe de la pauvre \i. time qui ;;it à vos pied !

Sans daigner répondre à Jack, Jonathan ordonna a ses agens d'entraîner Je prisonnier.

Cependant, Tamise avait tiré ! on êpée et se disposait à s'élancer sur Jonaihui, mais il fut retenu par Wood. De leur oftéj l>cn nombre d'assis! ins, indignés de cette profanation, paraissaient êtredisposés à faite un mauvais parti à Jonathan et a sa troupe.

— Passez les jpeaottes au prisonnier, — cria Jonathan — EUnajiitcnant, voyons qui osera s'opposer à l'exécution de mon mandat. Je fuis Jonathan Wild, et l'arrête cet homme au nom du roi.

Un murmure d'indignation suivit ces paroles.

— Laissez moi voir la terre recouvrir son corps, — impli ra Jack,— et puis vous ferez de moi ce que vous voudrez.

— Non,— vociféra Jonathan.

. — Accordez-lui celle grâce,— supplia Wood.

— Non, non,— répéta Jonathan en se frayant un chemin à travers la foule menaçante.

— Ma mère!... a a pauvre mère! — s'écria Jack.

Mais, en dépit de sa résistance, il fut violemment entraîné par Jonathan et les hommes de sa suie

A la grille du cimetière, une voilure .attelée de vigoureux chevaux de poste attendait le prisonnier, qui y fut brutalement jeté, malgi • les efforts de quelques hommes exaspérés par l'odieuse inhumanité de Jo'^lhan.

Avec son flegme habituel, ce' .i -ci m m ta le dernier dans la voiture, et, mettant la tête .1 '.. portière, il donna le signal du départ.

— A Newgate ! — ordonna-t-il d'une voix retentissante.

Des cris menaçans éclatèrent alors de toutes parts, et des miré la chaise de poste, qui partit au galop.

Et tandis que Jack Sheppard était reconduit en prison, le corps de sa malheureuse mère descendait dans U tombe.

COMMENT PCU'BT/r.UE SE VENGE DE JONATHAN.

A son arrivée à Newgate, J2ck fut conduit dans le cachot des condamnas, sous l'escorte de tous les porte clefs.

Un se ii prisonnier se trouvait dans ce cachot : l 'était Peau- ■ •. qui tressaillit aeexclamaiion passion-

ner ii la vu- d Jack Ski ppard-

— Capitaine I — s'écria-til avec un accent de profond poir, — ces chiens vous ont donc encore poursuivi.

Si vous le ir avi •/. échappé, 'c se ■ je vous aurais re-

joint.

Jatk ne répondit rien et ne e pas les yeux sur

Peaubleue; mais Jonathan regarda ce dernier fixement.

— Ah ! vraiment ! — s'écri i-t-ii ; — qu'on examine les fers de ce misérable.

— Un ii ix de sa ch une est entièrement s ié, — dit un des gardiens en examinant les fers du prisonni t.

— bains .plus solidement, — commanda Jonathan; — mais d'abord occupons-nous de Jack,

te nous les is ensemble, sous la surveillance

. qui ne les quitteront pas un seul instant,

fut ce même du regard. Et comme Jack et Peaibleue sont

es, ils montero 1 1 arbre, le mime jour et

à h rat:

— Ce jo tr, vous ne le verrez pas, — dit Feaubleue qui regarda Jonathan d'un air menaçant.

— Pour pré lé, tonte tentative d'éva-

: aux garjieii.s,— je veux aux quatre i-

— mes paroles, — dit tranquillement Jack SHiuipard. — Peux fois je me suis évadé de cette piison, en dépit des pré s pus minuti 1: es, et vous aura beau nie . vous ne m'empêcherez pas de m'échàpper une 1 lois.

— Br vu ! 1 Peaubleue, — nous leur ferons voit le tour, et n.us peadrons ce pourvoyeur de

— Silence, (!:;e..: — dit Jonathan, et en même temps, de

cent Peaubleue au vit Pour la pre .1 vie, peut-être, ii se repeuiil de

sa brutalité. A peine ce coup êtai - rté, que d'un bond pareil à celui du tigre, Pei u I mça sur Jonathan. Sa

chaîne se détacha ■ t, et avant que personne

pût poi Ici 11,] elepril à la gorge.

;;v ; use d; ns ïcsd i ordinaires,

et doublée par le sentiment de la verigi ance, devint irrésistible. Aussi, réussit-i s efforts désespérés de son niste, à lui l» nir d'une main la ar- 1 ■',■ 1 .; que, de l'autre main, il tirait de sa poche un couteau qu'il ouvrit avec ses dents.

A deux reprises, Peaubleue laboura enl la gorge

de Jonathan, et, Il I ment, il aurait séparé la t-'tf du

- i les gardiens n'avaient enfin réussi à lui arracher sa vii ime.

— A v ■ : . maintenant, — vo iféra Peaubleue en luttant : '■ diens, dont qui q >-unsf nt dangereusement blessés.

— l'c r, capitaine, fuyi .'. — cria Peanb

Tiré de sonabal | ar la reène

donl il \. 11 ni d'être téi : k, comprenant la possibilité d'une évasion, s'arracha des bras des gardiens el se précipita

LE BANDIT DE LONDRES

vers la porte. Peaubleue y arriva en même temps que lui, après un combat furieux. Suivant toute probabilité, Jack se serait évadé, si le gardien en chef, qui était resté dans la loge, ne lui avait barré le passage.

Cependant, Peaubleue, redoublant d'efforts, parvint à dégager son capitaine; mais au même instant, pressé de toutes parts, force lui fut de renoncera l'espoir de sauver Jack.

— Fuyez ! — cria celui-ci, — fuyez si vous pouvez, je vous l'ordonne.

Peaubleue jeta sur son malheureux chef un regard de douleur, et voyant la partie perdue, s'élança dans le passage et parvint à sortir de la prison avant d'être rejoint parles gardiens, occupés à contenir Jack Sheppard.

Après avoir enchaîné ce dernier, les poite-clefs s'approchèrent rie Jonathan, qui semblait être à l'agonie.

— S'est-il évadé? — demanda-t-il d'une voix mourante en es voyant à ses côtés.

— Qui ? Peaubleue ? — demanda Ireton.

— Non... Jack?

— Il est en lieu sûr.

— C'est bien,— ajouta Jonathan avec un affeux sourire. — Je ne mourrai pas, je le sens, avant de l'avoir vu pendre.

A ces mots, Jonathan ferma les yeux et demeura privé de mouvement.

— 11 est mort, — s'écria Austin.

— Je suis content, — dit Jack. — Ma mère est vengée!... Merci, Peaubleue, vous êtes un ami véritable.

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