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CE QUI ARRIVA A DOLL1S-IIII.L

Ce même jour, durant la soirée, Tamise Darrell, le vieux Wood et sa fille, étaient réunis dans le grand parloir de Dollis-IIill, et tandis que le digne charpentier demeurait enseveli dans ses pensées, les deux amans s'entretenaient a voix basse des événemens qui venaient de se succéder, et du cruel incident qui avait signalé ia triste cérémonie du matin.

Ce pénible entretien fut interrompu par l'entrée d'un domestique qui vint dire à Tamise qu'un étranger demandait à le voir pour lui remettre un paquet.

Contre l'avis de Wood, et malgré les instances de Winifred, le jeune homme sorti! aussitôt du parloir et trouva dans la cour un homme dont le visage était soigneusement caché dans les plis d'un épais mouchoir. Peu rassuré par l'aspect de l'étranger, Tamise porta la main à la garde de son épée.

— Ne craignez rien, monsieur,— dit cet homme, —je suis Peaubleue et je viens vous rendre un service. Voici des papiers qui établissent vos droits a l'héritage des Trenchard, et le capitaine a mis ses jours en péril pour s'en emparer.. \ oii i encore des lettres trouvées dans la chambre de Jonathan après le meurtre de sir Rowland .. Voici maintenant, — gijnuta-t-il en tendant à Tamise un sac rempli d'or et un portefeuille, — voici une somme de quinze mille livres envi ren.

— Comment vous èles-vous procuré ces choses?— demanda Tamise au comble de l'étonnement.

— Je les ai enlevées pendant la fatale nuit où vous êtes tombé au pouvoir de Jonathan,— répondit Peaubleue,— et je les avais déposées en lieu sûr .. A propos de Jonathan, vous n'avez plus p en à craindre de sa part.

— Que voulez vous dire }

— Je .lis que |'ai épargné de la besogne h l'exécuteur des hautes œuvn , en coupant la gorge â m homme, et, de ma vie, Je le jure, je n'ai ressenti plus douce jouissat

— Est- il possible?

— La chese est certaine, — répliqua Peaubleue; — je regrette seulement de n'avoir pas rwussi à délivrer le capitaine.

— Puis-je faire quelque chose pour lui? — demanda Tamise.

— Je n'en sais rien encore ; mais nuit et jour je ferai sentinelle dans le voisinage de Newgate, dans l'espoir de sauver Jack.

— Pour le sauver, — s'écria Tamise, je sacrifierais ma fortune et toutes mes espérances!

— Si vous êtes sincère,— repartit Peaubleue,— donnez-moi seulement ce sac d'or II contient mille livres sterling, et avec cette somme, je m'engage à délivrer Jack dans son trajet à Tyburn, si j'échoue dans les tentatives que je veux faire avant ce jour fatal.

— Prenez donc,— dit Tamise.

— Vous voudriez être utile au capitaine ; eh bien ! promettez-moi une seule chose que je vous demande en son nom.

— Parlez.

—Si tous mes plans de délivrance échouent, si le capitaine est conduit à Tyburn, trouvez-vous avec une chaise de poste près du lieu du supplice... au bout du chemin connu sous le nom de Edgeware Road.

— Je le promets.

— Vous le jurez?

— Je le jure.

— Cela me suffit, — dit Peaubleue qui prit aussitôt congé de Tamise.

Celui ci se hâta d'aller rassurer Winifred et son père, et leur lit part de la bonne fortune qui venait de lui arriver d'une façon si imprévue. Tamise se bâta de lire les précieux papiers, parmi lesquels il trouva la lettre dont il avait commencé la lecture durant l'horrible nuit passée chez Jonathan. A peine eut-il terminé la lecture de cette lettre qu'il la laissa tomber à ses pieds.

Winifred s'empressa de la ramasser.

— Que vois-je!— s'écria-t-elle,— en la parcourant des yeux, —vous! marquis de Châtillon, et pair de France!

— Que voulez-vous dire? demanda Wood,— de quel marquis de Châtillon parlez-vous donc?

— De votre fils adoptif,— répondit Winifred.

oui, — dit Tamise,— je suis fils du marquis de Châtillon et votre fille sera marquise. Dans cette lettre, écrite de la main de mon père, et adressée à ma pauvre mère, il parle de son amitié pour sir Rowland, mais il engage ma mère à cacher leur union à ce dernier, pour des motifs qu'il n'explique pas.

— Ainsi, sir Rowland a assassiné son ami, son beaufrère, — dit Wood, — mais il a cruellement expié son crime; quant à Jonathan, son complice, il sera tôt ou tard, je l'espère, puni 'le ses forfaits.

— Jonathan n'est plus ; il a péri de la main de Peaubleue ; et maintenant que je n'ai plus a redouter cet implacable ennemi, je vous supplie de ne plus différer mon bonheur.

— Je vous relève de votre promesse, — interrompit gravement Winifred, — la fille d'un charpentier ne peut épouser un pair de France.

— S'il me fallait vous perdre pour prendre possession du rang qui m'appartient, j'y renoncerais sans regret, — répliqua le jeune homme en serrant sa fiancée dans ses bras.

—Oh ! merci, merci, mon noble ami,— s'écria la jeune fille en fondant en larmes...

Quelques jours après, par une claire matinée n'autoi ches du vieux temple de V\ illesden sonnaientà toute volée, ci l'es habitans du village, revêtus de leurs habits de fêle, se pressaient sur la place d

tôt deux voilures arrivèrent par le chemin de Dollis- Hill et s'arrêtèrent i la porte du temple. De l'une de ces voitures descendit Tamis . ou plutôt le marquis de Châtillon. L'autre voiture avait amené le vieux Wood et sa tille, ra- Dte dans sa toilette de marie,

i, idiatement après la cérémonie, le jeune couple partit

pour Manchesti r, tandis que les habitans de Willesden s'asseyaient a un banquet immense prési lé par l'honnête charpentier.

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AINSWORTII.

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