SCÈNE I
LISETJE, FRONTIN.
FRONTIN
Eh! bonjour, raon enfant.
i.isr.TTC, avec humeur.
Bonjour, monsieur Frontin.
F&ONTTN.
Monsieur!. . Hum ! pour gronder, tu l'y prends lion malin. Çà, dis-moi donc un peu quelle mouche le pique? Qui peut..
LISETTE
Rien.
FRONTIN
Quoi donc?...
LISETTE
Rien.
1 UOMIN
Aujourd'hui.
cliose rare !
LISETTE
Ecoutez , insolent !
Vous êtes laconique
Je suis ce qu'il me plaît , enteodec-vous?... Vraiment, li faut vous consulter pour parler ou : e 'aire... .Avec la plus grande volobi
Oui, je suis furieuse, et n'en lais point mystère :
De tout ce que je vois , ma colère s'aigrit.
Di9>noi : monsieur ton maître a-t-il perdu l'espril ?
Comment , morbleu ! demain Fierval épouse Uorlense'
Et lorsque nous prouvant son amour, sa constance,
D'Albiiis doit tout oser pour rompre un. nœud fatal ,
Tranquille spectateur du bonheur d*an rival,
On le croirait ravi de ce bel h\ menée!...
De quels êtres , bon Dieu ! me vois-je environnée !
Un vieillard insensé subjugué par un fat ,
Immolant sans pitié sa (illeàce pied-plat!
Une jeune innocente , une imbécile idole ,
Qui ne sail qu ! émir sans dire une parole !
Un amant hébél • qui voit , sans s'émouvoir,
Un lien qui devrait'le mettre au désespoir'
In coquin de valet, pour compléter l'histoire ,
Qui sait , pour tout talent , manger, dormir et boire,
Voilà parmi quels gens les destins irrités
Me forcent a passer les jours qu'ils m'ont comptés '
\ oilà pour quels objets l'on voit sans lin . sat
Lisette prodiguer ses soins . t son adresse!
Cela ne peul durer plus longtemps ; c'en est fait.
. ,d ensorcelé . maîtresse , amanl , valet , A votre mauvais Si'.rt je vous livre avec joie,
■ bon cœur, ci ni fois , au diable vous envoie!
Tout a l'heure, admirant ton si lé ,
tremblait pour ta sat i : mal les funestes atteintes...
Taquin
LISETTE
ruo\Ttv Mais me voilà revenu de mes ciainl
R0UGE1 DE LISLr'.
El j'ai , sur ce sujet, l'e -prit bien enrep
Or, daigne m'écouter, j'aurai t'ait en deuxmotî :
i n général romain:, (je crois que c'est Turent
Guerroyant autrefois contre lin ;;iand capitaine ,
Le suivait , l'observait , sans l'attaquer jamais ,
El le lit... à la fin , tomber dans... ses filets.
Tu vois que ce Turenne était un babile homme
Eh bien! ma chère enfant, de Fromin , c'est toul comme.
LISETTE
La peste du bavard :
FltONTIN.
D'Albins avec fureur, De l'orgueilleux Fierval contemplait le bonheur; Nous étions bien tentés de lui rompre en visière !.. Mais tou maître , têtu comme un vieux militaire , Eût pris , sans en douter, fait et cause pour lui. Au lieu d'un vain éclat qui n'eût fait que du bruit , Nous avons , unissant la finesse a l'audace , Doucement amené le Fierval dans la nasse ; Rien ne peut à présent le- tirer de nos rets.
nsr.TTr..
Comment?...
FRONTIN
Hier au soir, en sortant des Français , Nous le vîmes...
LISETTE
On vient... Grâce à ton verbiage , Je ne puis, à cette heure, en savoir davantage. Géronte avec Fierval sortira ce matin.
Que d'Albins vienne alois avec son cher Frontin : Ma maîtresse demeure, et nous pourrons sans peine...
FRONTFX.
J'entends... (il l'embrasse.) Adieu , mon cœur.
LISETTE
Adieu, monsieur Turenne.
ntin - rt.