‹ Le siècleChapitre 39 sur 62 · GUSTAVE A SIGISMOND · texte numérisé non relu

GUSTAVE A SIGISMOND

APinsk.

Nel'ai-je retrouvée que pour la perdre plus cruellement encore? C'est el!e à présent (|ui s'arrache à moi.

Hier j'allai trouver Lucile. Elle étoit seule au logis.

— Clièreame, luidls-jeen lui prenant la main pour attacher à son bras mon portrait, la foiuine me sourit de nouveau; mais je ne lui sais gré de ses faveurs que pour l'en faire un don.

Elle me remercia avec une sensibilité qui l'embelissait encore ; puis elle nie dit en soupirant :

— Vous èies le plus généreux lies hommes : mais je ne puis accepter vos bienfaits.

— Ciel qu entends-je? m'ei riai je éperdu. Pourquoi donc, ma Lucile, ne pourrois-tu aciepter mes offrandes ?

Les yeux attachés sur ses lèvres, j'alteiidois en tremblant une réponse. Elleparoissoit émue, mais elle baissa tout à coup son voile pour me cacher .sou émotion. A linsiant je la pris dans mes bn^s et lui dit en la pressant contre moi; sein :

— Ha Lucile, tu viens de me percer le cœur; mais achèves, crains pas de l'ouvrir à moi, lu comtois ma tendresse.

Elle garda le sileuce,. Je redoublai mille fois mes instances : enfin elle me répondit d'une voix entrecoapée :

— Laissés vivre et mourir dans l'oubli la plus malheureuse des filles !

Puis elle se tut.

Afiligé de ce procédé mystérieux, je raejettai à ses genoux, j'arrosai ses mains de, mes larmes, ej, la suppliai au nom de l'amour le plus tendre de vouloir s'expliquer. Désespéré de ne pouvoir lui arra^ 'i" ■^■•■■'"■■^ -.noie, je ir:f -•'■'■;■• '.i mort ilans le cœur.

lia, cher Panin, lujuuit: m- .mui se joue ui.: hum; oejàje me croiois au comble de mes vœux. En attendant le jour fortuné qui de.voit couronner mes désirs, je conlois avec impatience les iiistans, et mon cœur se livroii à ses iransporis. O folle joye ! un instant l'a vue naitre, un instant l'a vue vue s'évanouir.

A peine commei.çois-je à m'ab.indonner à cet heureux délire que mon âme est retombé dans le désespoir.

Cruelle fortune, perfide jusques dans tes bienfaits; pourquoi l'acharner ainsi à empoisonucr le cours malheureux de mes jours?

De Varsovie le 7 ii^v ■"' <■■' mo.

J'ai vu le moment où les ad: juteraient la vie

Cruelle, garde toi bien de remettre à cel^e épreuve nii cofur trop faible pour la soutenir.

Pourquoi ces caprices, Lucile"? Quanil le cu^iir s'est donné, dis moi, la main est elle lilire de ne pas le suivre? livres la moi ilouc, celle main si chère; elle es! à moi, tu me l'as promise; c'est sur mes lèvres que tu en a fait !e serment.

A'iens, ma Lucile, vien^, ne ce-^'ons de vivre l'un pour l'autre-, jouissons ensemble de tous les dons que m'a fait la fortune et de tous ceux que t'a fait l'amour.

Samedy matin, de la rue Neuve.

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