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analogu lui de Voltaire. Devenu protestant ou peut-
être simple athée, il fut persécuté de tout le i de Calvin, et finit, dit-on, par se tuer, en 154
Mais c'est moins la poésie — sauf avec Clément Kfarof — que le conte, la nouvelle qui ont Qeuri sous Fi I
Le genre, à l'imitation de ce qui se faisait en Italie, eut un vif succès au milieu des courtisans du prince et au] du prince lui-même. Marguerite d< adonna
personnellement avec application et nous a la îans
Y Heptamêron son meilleur titre de gloire littéraire, plus apurement que dans ses innombrables poésies trop pâles. Les contes de Marguerite manquent peut-être de i • :iais
ils témoignent d'une ingéniosité agréable et ils tranchent sur les productions similaires contemporaines par un choix d'histoires plus vivantes et plus « modernes ». François I , qui est le sujet d'au moins un de ses contes, les goûta, comme il lut certainement le premier livre, paru en 1. et le troisième paru en 1545, de l'œuvre qui représente à un si haut degré ce xvie siècle varié, jalousement libre d'esprit, hardi et prompt aux idées neuves : le Pantagruel. Avec son érudition étendue et son indépendance de caractère, jointes à l'audace de la pensée, à l'esprit ouvert et moqueur, au jugement critique et averti, Rabelais a charmé un temps qui se reconnaissait en lui. La puissance d'une imagination créatrice unique et d'une richesse verbale presque sans égale au milieu d'un flot mêlé de beautés inimitables et de grossièretés, le tout d'une portée philosophique et sociale indiscutée, font de son œuvre un monument hors pair. Mais
combien personnel et isolé encore il se trouve, entièrement compris, peut-être de lui seul, et sans doute ayant eu besoin de n'être pas trop compris en raison de la témérité des idées, ou de la vivacité des critiques! D'une existence plus simple qu'on ne Ta dit, peut-être brave homme sans trop de prétentions, Rabelais n'a pas été un héros tenté d'exposer ses jours pour l'affirmation de ses systèmes.
Un de ses contemporains l'a osé et l'a payé de sa vie : c'est Etienne Dolet, savant imprimeur de Lyon, sceptique, athée. Il imprima et colporta des livres hérétiques, ce qui le fit poursuivre. Au dire de Calvin, « il méprisait ostensiblement l'Evangile » et déclarait que « la vie de l'âme ne différait en rien de celle des chiens et des pourceaux ». Le parlement le brûla. La peine aujourd'hui paraît sévère. En l'absence de code pénal en ce temps, le parlement appréciait lui-même les châtiments à infliger pour les « irimes » qui lui étaient soumis et généralement ces châtiments étaient très durs. Chez Dolet, l'indépendance de la pensée allait jusqu'au bout de ses droits : ce n'était pas sur des natures de ce genre que l'action quelconque d'un roi de France pouvait s'exercer autrement que pour laisser ou non ses parlements sévir. De par son caractère, la littérature de son temps échappe donc à l'influence de François Pr.
Avec l'érudition, le roi eut plus de prise. Non pas qu'il ait suscité ou dirigé des vocations, mais sa protection contribua notablement au mouvement des études philologiques. Grâce à l'invention de l'imprimerie, les éditions des auteurs grecs et latins allaient de jour en jour se multipliant La curiosité pour les textes anciens, jusque-là peu facilement accessibles, s'étendait. Des publications telles que les Commentaires sur la langue grecque de Budé ou le Thésaurus i'uKjuœ latinœ de Robert Estienne facilitaient la pratique des auteurs de l'antiquité et nombre de gens prenaient goût à l'étude attentive des formes latines ou grecques. Curieux comme il l'était de tout ce qui était occupation intellectuelle, François Ier s'intéressa à ce mouvement. Il voulut le suivre,
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Le plus illustre a été Guillaume Budé, l'omniscient Budé, juriste, théologien, mathématicien, philolof rien, critique, archéologue, surtout helll doctes personnages de la chrétient immei t, i le
prodigede la France », suivant Erasme, le type du savant du xvic siècle, un des premiers qui s'appliquèrent à l'étude de l'antiquité. Louis XII l'avait déjà remarqué et plein de confiance en lui l'avait envoyé en ambassadeur aui Jules II. François Ier lui donna le titre <!<.* valet de chambre et la pension correspondante; il l'écoutait beaucoup I surtout d'après les indications du savant helléniste qu'il allait poursuivre et réaliser deux ou trois idées.
A côté de Budé, c'est Lefèvre d'Etaples, Faber Stapulensis, comme il signe ses livres, ce qui lui valut le surnom de Stapoul, un philosophe, mathématicien, moraliste, exégète, peu philologue, celui-là; le roi qui avait beaucoup d'estime pour lui le nomma précepteur de son troisième fils. C'est encore l'helléniste Jacques Toussaint, Tussanus, le maître de Robert Estienne ; Robert Estienne lui-même; Vatable, un hébraïsant, de son vrai nom Watebled, helléniste aussi à ses heures et qui va être professeur au Collège de France ; Guillaume Postel, surtout, orientaliste, un des premiers qui aient débrouillé l'écheveau des -langues orientales, mais bizarre, plein de visions, n'échappant à l'Inquisition, plus tard, qu'à condition d'être considéré comme un peu fou. François Ier aimait s'entretenir avec tous d'érudition et de science philologique.
Au cours de ces conversations furent agités des projets dont l'exécution restera l'honneur de François Ier. Sou attention fut d'abord attirée, afin d'aider les savants, sur
l'utilité qu'il y aurait à faire rechercher et acheter de toutes parts, principalement à l'étranger, les manuscrits précieux et de les centraliser dans un dépôt où ils pussenl cire consultés par les érudits. Cette doubla pensée va Être l'origine de la Bibliothèque royale destinée a poursuivi travers les siècles l'achat et la conservation des te\l<'^ l<is plus utiles à la science. François Ier entra vivement dans ce projet. Venise était le grand marché des manuscrits provenant soit de Grèce, soit de l'Italie. L'ambassadeur du roi à Venise, Guillaume Pellicier, fut chargé du soin d'en recueillir le plus grand nombre possible et des fonds à cet effet lui furent envoyés. En 1541, Pellicier expédiait quatre caisses de manuscrits grecs à Fontainebleau. On donna mission à Guillaume Postel d'aller en Orient rechercher des manuscrits : il gagna Constantinople, la Syrie, l'Egypte; sa moisson fut abondante. D'autres contribuèrent à des acquisitions analogues. Ainsi se formèrent les éléments d'une bibliothèque qui avec des vicissitudes diverses continuera à progresser et est devenue aujourd'hui la Bibliothèque nationale. François Pr installa son dépôt «le manuscrits, auxquels s'adjoignirent des livres, à Fontainebleau, au-dessus de la petite galerie peinte par le Rosso, au second, sous les toits. Un instant, Guillaume Budé en fut le gardien; la charge passa ensuite à Pierre Oi 1 le.
François Ier a fondé le Collège de France. A la vérité, comme pour la Bibliothèque et moins encore que pour elle, il a exécuté l'idée première de l'institution plutôt qu'il ne lui a donné un grand développement. Ce fut sur l'initiative de Budé que le roi entreprit cette création. Il s'agissait de constituer hors du cadre vieilli et rigide des Universités une sorte de groupement de cours libres sur des matières et des sciences plus diversifiées que celles qu'on enseignait dans ces Universités. Les débuts furent modestes. Le roi alloua 400 livres de gages aux professeurs qui furent choisis : Vatable pour l'hébreu, Postel pour les langues orientales, Oronce Fine pour les mathématiques, Galland pour
le latin. Bud n i mi-
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Le Collège n'avait pas pour les contemporains l'éclat illui qu'il eut plus tard ; on le considérait avec indil ou
avec jalousie. François Ier, instable et lé- le su
pas d'une sollicitude soutenue et plus d'une lois les des professeurs oubliés subirent au moins Mais l'établissement était l'ait; il devait vivi Iopper. Le roi a eu la bonne fortune de bénéficier pour honneur de cette chance de survie et de cette célébrité ultérieure.
Peut-être a-t-il moins bénéficié qu'il ne devrait de l'éclat incomparable des arts !
On a beaucoup écrit pour savoir si la Renaissan c'est-à-dire cette transformation, principalement dans les arts, qui, au gothique réaliste, varié, pittoresque, fantais! d'allure libre et d'apparence désordonnée, lit succéder un art idéalisé, réglé, soumis à des normes géométriques, a une discipline équilibrée, est le produit immédiat de l'influence exclusive de l'Italie ou l'effet dune modification spontanée du génie français. Les partisans de la première théorie ont attribué à des Italiens les grands châteaux de la Loire, les seconds ne veulent voir d'Italien nulle part. Il y a apparence que la vérité est également éloignée de ces deux affirmations extrêmes. Le mot Renaissance lui-même qui implique une résurrection — ce serait la résurrection des principes artistiques de l'antiquité remis en honneur —
est-il exact? La réponse est plus douteuse; mais il n'y a pas lieu de modifier un vocable (jui exprime ce que chacun entend.
En réalité, il y a eu d'abord une évolution du goût français qui après avoir aimé la rudesse vivante de l'art du xv" siècle et son architecture tourmentée, a préféré l'ordre, l'harmonie et la grâce. Cette évolution ne s'est pas faite brusquement et elle n'est pas "tout à fait due à la découverte inopinée de l'Italie par les armées conquérantes des rois de France. Depuis longtemps la France avait des relations étroites avec la péninsule. Les commerçants et les banquiers, surtout à Lyon, grand centre d'opérations commerciales internationales, connaissaient les villes italiennes. Prélats et dignitaires ecclésiastiques passaient constamment les Alpes, allaient à Rome pour leurs affaires; et ils n'étaient pas sans avoir aperçu ou apprécié les œuvres d'art de la civilisation italienne très avancée à cette date. La preuve en est que tel comme Thomas James, évèque de Dol en Bretagne, s'était fait faire, en Italie, en 1478, un sceau que l'on croirait du meilleur moment de la Renaissance et que l'abbé de Fécamp avait commandé à Gènes en 1507 un tabernacle du Saint Sang, aujourd'hui dans l'église de l'ancienne abbaye, qui est une des œuvres les plus exquises de l'art du xvie siècle. Les grands. amateurs du xve siècle avaient fait travailler des altistes italiens; le bon roi René, qui séjourna longtemps en Italie, avait pris à son service Pierre de Milan, Francesco Laurana ; on lui doit le tombeau de Charles du Maine à la cathédrale du Mans, œuvre italienne toute du style nouveau. D'autres avaient connu ces monuments de l'antiquité au genre mesuré desquels on paraissait vouloir revenir : Jean, duc de Rerry, avait eu des antiques dans sa coll» tien, des camées, des médailles. On n'était donc pas ignorant à ce point, au début du xvi° siècle, de l'Italie, ou môme tout à fait de l'art des anciens Néanmoins peu à peu des œuvres et des artistes paraissaient qui témoignaient d'une modification progressive dans la conception du beau