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qu'elle lui était supérieure ; il avait grande confiance d son jugement. Mais d'amour, il n'en éprouva jamaû elle. Avec le temps il se rapprocha, lui communiquant
ets de la politique, sollicitant ses conseils, ni in une sympathie que d'ailleurs il avait toujours eue Publiquement il n'avait jamais manqué de lui dom marques possibles de respect, 'l'honneur et de i Quant à son cœur et son affection, ils étaient aille
Le ménage attendit longtemps dv* enfants, pendant dix ans; Catherine se désolait; on parlait de répudiation. Elle s'était jetée en pleurant aux pieds de François Ier lui offrant de se sacrifier, et acceptant de s'en aller dans un couvent. En galant homme, Erançois Ier l'avait relevée, embrassée et lui avait dit qu'elle était sa belle-fille et le resterait. Coup sur coup, elle eut ensuite dix enfants en treize ans. Cette fois on fut un peu effrayé. « Leurs Majestés étant encore jeunes, écrivait un ambassadeur, craignent d'avoir plus d'entants qu'il ne faut, car le roi voudrait bien laisser à chacun d'eux un héritage qui répondît à la grandeur de son nom. » Catherine fut très bonne mère, s'appliquant avec sollicitude aux moindres détails de l'existence des petits princes, correspondant tous les jours avec la gouvernante Mme d'Humières, quand elle n'était pas près d'eux; elle entendit élever elle-même ses deux filles Elisabeth et Claude.
De ces dix enfants trois moururent en bas âge, un garçon et deux jumelles ; sur les sept autres il y eut quatre fils et trois filles : l'aînée des filles, Elisabeth sera reine d Espagne, la seconde, Claude sera promise au duc de Lorraine, et la troisième, Marguerite, sera cette vive, intelligente et
sémillante Marguerite de Valois, femme d'Henri IV, « la reine Margot », à la vie si joyeuse et si spirituelle. Des quatre fils, le quatrième, François, duc d'Alençon, mourra de bonne heure et les trois autres seront ces « dem Valois » François II, Charles IX, Henri III, fin de r épuisée, s'achevant clans les plaisirs, les tètes et les drai sanglants d'une politique inextricable.
L'aîné de tous les sept, lo dauphin François, était à quatorze ans assez gentil garçon, bien proportionne, rendu séduisant par ce joli costume Henri II de vers 1555, et tenant plutôt de sa mère que de son père. D'humeur mélancolique, avec des accès de colère et d'obstination, il était paresseux, ce qui irritait fort le roi. Henri II adoptant le système contraire à celui qu'avait suivi à son propre égard François Ier, le fit venir au conseil de bonne heure pour l'initier aux affaires. C'est à quatorze ans, en 1558, qu'il le maria avec la fille unique du roi d'Ecosse, Marie Stuart, laquelle vint vivre à la cour de France : exquise et fin*' entant toute blonde, aux traits délicats, dont la fin devait être si triste ! Elle fut la joie de la cour, « cette petite reinette écossaise, qui n'avait qu'à sourire, pour tourner toutes les tètes françaises », ainsi qu'écrivait Catherine de Médicis et qui, chantant bien, jouant du luth, très bonne musicienne, avec cela instruite, connaissant plusieurs langues, écrivant en latin, prenant des leçons de poésie de Ronsard, fut aimée de chacun. Henri II raffolait d'elle. « Le roi prend tel goût à la reine votre fil!< vait le
cardinal de Lorraine à la reine d'Ecosse mère de Marie Stuart, qu'il passe bien son temps à deviser avec elle l'espace d'une heure et elle le sait aussi bien entretenir de bons et sages propos comme ferait une femme de vii. cinq ans ! »
Mais à côté de Catherine de Médicis et de Marie Stuart, la femme qui a rempli la cour d'Henri II de L'éclat de son nom et de sa réputation brillante, est Diane de Poiti< Singulière histoire, étrange roman que celui de l'héroïne
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el Victor I lugo a écrit le R
Mais il est prouvé que le fait n'était ni possible ni vraisemblable. Mariée à quinze ans à un vieu:
de Brézé, comte de Maulevrier, gi liai de N
mandie, elle lui fut fidèle, lui donna deux fille-, et se trouva veuve à trente-trois ans Elle éleva à son mari le superbe mausolée qu'on voit à la cathédrale de Rouen et voua au blanc et au noir. C'était une grande et belle femme, au port majestueux, fière et imposante. Elle avait quelque chose de la comtesse de Chateaubriant avec m de finesse dans les traits, à en juger par les crayons de l'époque, mais plus de distinction de nature et d'esprit. Très froide et calme, elle possédait un esprit ferme et un jugement équilibré. Ses lettres qu'on a publiées ne ré lent aucune imagination romanesque, mais un bon sens précis et net, avec quelque sécheresse, sans élan ni expansion.
En la voyant à la cour, Henri II, encore dauphfn, s'éprit vivement d'elle. Il avait dix-sept ans; elle en avait trente six. La famille fut très contrariée. François Ier chapitra fortement son fils, sans succès, et plus tard Henri II rappelait à Diane qu'il n'avait pas craint de perdre les bonnes grâces de son père à cause d'elle. Catherine de Médieis était navrée : Henri II tint bon. Une fois roi. il ne se cacha plus. Il créa Diane duchesse de Valentinois; il l'accabla de dons d'argent; il lui livra les joyaux de la
couronne qu'elle gardera jusqu'à sa mort, il la prit avec lui dans ses voyages, et partout où il était reçu, les autorités, dans leurs discours, faisaient des allusions à la favorite pendant que sur les arcs de triomphe des croissants ou fies Dianes chasseresses figurés soulignaient la flatterie intentionnelle. Il prit ses couleurs, le noir et le blanc : il adopta comme signe un croissant de lune et quand il lui écrivait, il signait de ce monogramme connu formé d'un II el de deux croissants qui se croisent (JgJ) lesquels pourraient sembler ôtre des D (Diane). Ses lettres, qui ont été publiées, témoignent de sa tendresse extrême : « Je ne puis vivre sans vous », lui disait-il; « celui qui vous aime plus que luimôme »; « je vous supplie avoir souvenance de celui qui n'a jamais connu qu'un Dieu et une amie ». Or Henri II a conservé cette passion intacte et vibrante jusqu'à sa mort. Il écrivait à Diane en 1558 : « Je vous supplie a\oir toujours souvenance de celui qui n'a jamais aimé ni n'aimera jamais que vous; je vous supplie, ma mie, vouloir porter cette bague pour l'amour de moi. » Et il avait quarante ans, et elle, l'âge d'une grand'mère, près de soixante, les cheveux gris, la peau ridée !
Cette passion s'est gardée intacte jusque dans la vieilles! avec la fidélité de l'amitié. Henri et Diane étaient tous doux religieux ; ils priaient l'un pour l'autre : « N'oubliez pas n patenôtres », écrivait le roi, souvent, quand il était en campagne4, à son amie. D'autre part, bien qu'elle fut violemment jalousée par Catherine de Médicis, Diane prit dans la famille royale un rôle inattendu, celui d'une amie al ton et remplie de sollicitude Soun son influence Henri fut un mari affectueux et prévenant. Elle vit avec grande joie naître chacun des dix entants du ménage royal Si l'un ou la reine, tombait malade, ëllese montrait d'un dévouement touchant, les soignant elle-même, passant les nuits, pleine d'attentions. Tout le monde reniait jua qu'Henri II ne la Irai jamais qu'avec le plus grand respect. Le roi avait une
régulière. D'ailleurs, comme le lait remarquer Conta-
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Diane avec I [enri 1 1 ceux d'une m< i S:
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autour : Omnitti <f j'ai vaincu le vainqu
de tous » ; que Catherine de Médicis écrivait plus tard gendre Henri de Navarre, le futur Henri IV, ee.> nettes : « De Mme de Valentinois, c Y-toit en tout I ii"ur; mais celles qui étoient si sottes que d'en faire voler ies éclats, il (le roi) eut été bien marri que je les retenues près de moi »; qu'Henri II enfin, dans une pi de vers d'ailleurs laborieuse et pénible, composée par lui en l'honneur de son amie et dont on a le manuscrit original corrigé de sa main, trahit le caractère chevaleresque de sa passion :
Et si n'estime rien que sa bonne grâce... Car autre chose ne veux ni ne pourchasse...
insiste sur le calme de Diane,
Et si ne cra-ins tromperie qu'on me fasse Étant tant sûr de sa grand fermeté ; Impossible est qu'un autre ait donc ma place, M'ayant donné si grande sûreté !
avoue à quel point il est respectueux,
Quand j'aperçois mon partement soudain Et que je laisse ce que tant estimai Je la supplie de vouloir donner Pour grand faveur de lui baiser la main...
on se demande si Brantôme et la postérité n'ont pas été dupes d apparences, qui du reste, semblent justifier toutes
les suppositions et si nous ne sommes pas en présence du cas particulier d'une femme intelligente et ambitieuse, qui flattée de provoquer une passion aussi ardente, l'a accueillie, mais par calcul, l'a contenue dans les limites d'une amitié respectueuse, en a profilé pour exercer un ascendant se traduisant par des conseils utiles et salutaires, et se trouve ainsi avoir amené Henri II à garder un sentiment dont il 11*5 rougissait ni devant Dieu, ni devant sa famille, ni devant son royaume. Il y a au moins des doutes.
Femme intelligente, de sens modéré et rassis, Diane avait une conversation qui plaisait infiniment à Henri II Celui-ci lui communiqua tous ses secrets, la consulta sur toutes ses affaires. Elle avait de la fermeté et du caractère; elle inspira heureusement le prince. « G'étoit une dame très habile et généreuse, écrit Brantôme, et qui avait le cœur grand et très noble; étant telle, ne pouvoit-elle rien conseiller, prêcher et persuader à son roi que toutes choses grandes, hautes et généreuses, comme certes elle a fait, ainsi (pic je le tiens de bon lieu. » Elle était bonne, « charitable et grande aumônière envers les pauvres », continue le même auteur. Elle fut une femme de goût: elle embellit Chenoaceaux qu'Henri II lui avait donné. A la place du vieux manoir d'Anet, propriété de la famillle de Brézé, elle fit construire par Philibert Delorme le magnifique château que l'on sait et elle appela les meilleurs artistes du temps à le décorer Le roi venait souvent la voir dans cette résidence somptueuse, demeurait quelque temps près d'elle avec toute la cour, y recevait les ambassadeurs. Etant très riche du fait des dons du roi, Diane pouvait sans trop de peine supporter de telles charges.
Mais quelles souffrances et quelles tortures de jalou devait éprouver Catherine de Médicis! Elle se taisait Sa haine contre la favorite, malgré les apparences correctes, fut violente. Lorsque Henri II sera mort, la duchesse de Valentinois devra quitter immédiatement la cour; on lui reprendra les joyaux de la couronne et Chenonceaux. «La reine