‹ Le siècle de la renaissanceChapitre 18 sur 51 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Les débuts du protestantisme en France ; sa première laveur a la puis hostilité de François l*r. Statuette de la Vierge brisée à Par l .

placards protestants affichés, 1534; nombreuses exécutions. 1535. AfTaire de Mcrindol et de Cabrières, 1545. Politique répressive de Henri II, l'édit de Châteaubriant de 1^51; le procès d'Anne du Bourg, 1547. Le calvinisme s'organise, doctrine et discipline : Jean Calvin, 1509-1564; La première Eglise réformée de Paris, 1555, le premier synode à Paris, 1559. François II, 1559-1560. Les Guises s'emparent du pouvoir. Pr - s croissants du protestantisme; politique de plus en plus répressive de3 Guises, 1560. Campagne de presse des protestants; mécontentem^n' catholiques devant le gouvernement autoritaire et avare des - : la

conjuration d'Amboise, 1560. Exécutions qui suivent. On veut y cornpromettre les Bourbons. Signes précurseurs de guerre civile. Le parti des politiques. Il fait décider la convocation des États généraux a Orléans : arrestation du prince de Condé. Mort rapide de François II,

« L'an 1520, écrit le Bourgeois de Paris, s'éleva en la duché saxonne, en Allemagne, un docteur théologien hérétique de l'ordre de Saint-Augustin, nommé Martin Luther, qui dit beaucoup de choses contre la puissance du pape et fit tout plein de livres, la voulant diminuer, et aussi contre les ordonnances et cérémonies de l'Eglise. » Ces livres pénétraient en France. Le pape Léon X prévint le roi François Ier afin qu'on les condamnât. Telle est la manière dont on entendit parler pour la première fois à Paris de la Réforme protestante. Conformément aux indications reçues, le parlement fit crier à son de trompe par les carrefours qu'on lui

LE DRAMiï PROTESTANT. — FRANÇOIS II 157

apportât tous les livres de Martin Luther sous peine de prison, et un certain Louis Berquin, ayant été convaincu d'avoir traduit de ces ouvrages, fut incarcéré, ses livres brûlés devant Notre-Dame de Paris ; lui-même allait subir un mauvais parti, lorsque François Ier pria qu'on le laissai tranquille. Le bruit courait cependant que çà et là l'hérésie nouvelle faisait des adeptes. Par précaution, en 1523, des prédicateurs, moines mendiants, furent envoyés un peu partout afin de combattre la doctrine incriminée. En L525, un cordelier fut arrêté à Grenoble sous la prévention d'avoir émis des idées luthériennes et un seigneur justicier de l'endroit, le grand commandeur de Viennois, comme châtiment, le fit brûler. C'était un des premiers partisans de la Réforme qui payait ses idées de sa vie. La mesure fut très discuta'. On tomba néanmoins d'accord pour trouver qu'elle était juste sous le prétexte que les magistrats doivent ven Dieu outragé par l'hérésie, puis protéger la société ; or, l'hérésie troublait la, société « et tendait du tout à la subversion de la monarchie humaine ». Le premier pas était fait. En 1526, le 17 février, « veille des brandons », un jeune licencié ès-lois de vingt-huit ans, nommé Guillaume Joubert, fut, par arrêt du parlement de Paris, mené en tombereau à la place Maubert, et là eut la langue percée, puis fut étranglé et brûlé « pour avoir tenu la doctrine de Luther ». Le 28 août, un écolier picard fut brûlé en place de Grève pour la môme raison. Que professaient les nouveaux hérétiques? Le populaire ne le savait pas très bien. Il racontait que ces gens ne voulaient plus d'images de saints, qu'ils répudiaient l'eau bénite et se refusaient à prier pour les trépassés. Il les avait en horreur. Quant aux magistrats, gardiens vigilants de l'ordre public, ils n'admettaient pas qu'une hérésie vînt rompre cet ordre; donc ils devaient en punir les fauteurs. Ceux-ci s'en prenant à la majesté divine, blasphémant, commettaient un crime irrémissible et méritaient ledernier supplice. Pratiquement, par suite de la rareté relative de l'action criminelle, ou con-

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