‹ Le siècle de la renaissanceChapitre 20 sur 51 · II · texte numérisé non relu

II

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Mail en même temps qu'il dé entendait la fi\<-r Par m For-

mateur, qui en avail si librement agi à l'égard de I catholique, prétendait que personne i i Il terminait la prière qui finissait - en den

à Dieu que son bglise fût préservée « de toutesies et erreurs qui sont semences de troubles et dil son peuple ». Esprit entier et impitoyable, i1 uivaita1

une inexorable rigueur ceux qui s'é« Sébastien Castellion s'étant permis de ce r l'inspiration

du Cantique des Cantiques, fut chassé de Genève; d< teurs dont les opinions parurent suspectes, d'autres, qui semblèrent trop hardis, furent déposés, emprisonné.-, bannis. Certain médecin espagnol nommé Michel Servet avait attaqué quelques conceptions de Calvin et celui-ci en aéprouvé une irritation extrême. Dans son livre Christianii restitution Servet osa aventurer des assertions que le réformateur jugea inadmissibles. A quelque temps de là l'imprudent médecin ayant cru pouvoir passer par Ge fut arrêté, jugé et brûlé le 27 octobre i ."i53 . La mort de Michel Servet a été cruellement reprochée à Calvin. Pour se défendre, Calvin écrivit en 1554 une Déclaration où il montré qu'il est licite de punir les hérétiques. Hommes de leur temps, en effet, les protestants, après avoir répudié l'autorité de l'Eglise catholique, continuaient à professer des opinions intolérantes qui se trouvent être celles de leur époque. Mélanchton était de l'avis de Calvin ; Théodore de Bèze publiait en 1554 un De hœreticis a civili magistratu puniendis librllus où il soutenait qu'on doit la liberté à la vérité, mais qu'il faut la refuser à l'erreur, et châtier les fauteurs de celle-ci : ce qui est la propre théorie de l'Inquisition. Castellion sera le premier à proclamer la nécessité de la liberté de conscience et à soutenir qu'on doit défendre les idées par les idées et non par le glaive : il faudra

f5u temps pour (jue cette opinion prévale chez les réfora Son caractère implacable joint à une activité prodigieu à une énergie inlassable, à cette foi rigide et hautaine, explique l'autorité immense dont jouit le fondateur du calvinisme. Il s'usa à la peine Epuisé par ses maux de tôt d'estomac, sa goutte, sa gravelle, son asthme, Calvin, dont le corps affreusement maigre et la figure creusée révélaient la faiblesse de constitution, s'éteignit doucement le 2"; mai 1564, à cinquante cinq ans, du reste dans la pauvreté.

Ce fut donc à l'instigation et à l'imitation de Genève que les groupes de luthériens qui s'assemblaient çà et là secrètement en France, s'organisèrent en églises. En septembre I arrivait de Genève à Paris un ministre nommé La Rivi qui réunit dans une maison du Préaux-Clercs un certain nombre de partisans des idées nouvelles, fut élu pasteur, lit nommer un consistoire d'anciens et constitua ainsi la première église réformée à Paris. Des églises de ce genre furent successivement créées à Meaux, Angers, Poitiers, Agen, Bourges, Blois, Tours. Au bout de deux ou trois ans il y en avait une vingtaine. Partout on voyait arriver dans les villes des ministres de Genève qui, d'ailleurs, s'en allaient lorsqu'ils trouvaient un trop petit nombre de partisans ou que, par suite de l'hostilité des foules, les réunions secr étaient impraticables. Ils prêchaient et préparaient le terrain Comme à Genève, on lisait les livres saints, on priait, on exhortait, ou chantait les psaumes. Une foi s organisée, l'église de Paris envoya à son tour des minisires de tous Ceux-ci, bien en contact avec les assemblées, faisaient désigner les anciens du consistoire; les anciens recueillaient l'argent servant à entretenir le pasteur et à distribuer aumônes. On demandait à Genève des conseils et dc> directions. Calvin avait recommandé que les pasteurs fissent de bonnes études théologiques, qu'on réprimât vivement l«is scandales et qu'on surveillât étroitement la vie des fidè Ainsi de proche, en proche l'organisation genevoise couvrait la France entière Soranzo écrivait en 1558 que les pro-

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laire général Ce Fut ce qui amena en mai 1559 la Taris du premier Bjnode national, imitation des con de l'Eglise cathoIi<jue. Ce synode, où ticulières furent représentées par leurs pasteurs * l< anciens, eut lieu au faubourg Saint Germain et dura quatre j fins au milieu de périls et de menaces sans nombre II adopta comme formulaire un texte inspiré par Calvin, pu

la la discipline : toutes les églises seraient égales entre elles ; aucune n'aurait de primauté ; dans chaque église pasteurs seraient égaux ; les députés de plusieu sines se réuniraient en assemblées dites colloques; les députés des églises d'une même province s'assembleraient, une fois par an, en synodes provinciaux; et, au-dessus, sub sisterait le synode national. Le synode de 15,">9 qui achc de constituer les églises protestantes en France a été le point de départ de l'essor du calvinisme. Le calvinisme se d> loppa avec une rapidité telle qu'en 1561 on comptait plus de 2000 églises réformées dans le rovaume. C'est cette croissance rapide et inattendue qui effrayait à ce point le gouvernement d'Henri II et agitait si extraordinairement ce prince Lorsque celui-ci fut mort, l'avenir parut des plus inquiétants et des plus sombres aux ministres de son successeur.

Ce successeur, François II, était un tout jeune homme de quinze ans et demi, délicat, malsain, au visage « blafart et bouffi », dit Régnier de la Planche, plein de boutons et de taches sur la figure, affligé d'une infirmité nasale — des végétations adénoïdiennes, croit-on, — par ailleurs morose, taciturne et obstiné. Il va régner à peine quelques mois. Sa personnalité n'existe pas dans l'histoire. On lui avait fait épouser

J« gentille Marie Stuart, et éprouvant une tendre affection pour sa « petite femme », il passait son temps près d'elle; ils étaient charmants à voir, se faisant des caresses et s'isoia.ii L afin de se dire à l'oreille des secrets sans importance.

En raison de leur situation d'oncles de la reine, les (un s'emparèrent immédiatement du pouvoir. Le due François avait pour lui l'éclat de ses services militaires, le près de sa popularité, la gloire; son frère, le cardinal de Lorraine, était déjà dans les affaires, tous deux esprits autoritaires, ardents, impérieux. Le cardinal fut le maître pour tout ce qui concernait les finances et l'intérieur; il était fort intelligent, parlait très bien, apportait une grande application à ce qu'il faisait; avec cela grave, ayant une grande prestance, beaucoup de savoir, notamment en théologie; mais il était faux bonhomme, avare et violent. Il dirigea tout, son frère, le duc, se réservantce qui concernait les années. Qui pouvait leur résister .' Ils avaient pour eux leur nièce la reine, Marie Stuart, par suite le roi lui-même; ils étaient en possession de l'autorité effective et le faisaient sentir rudement, ce qui intimidait tout le monde. Catherine de Médicis, la mère, Be trouvant impuissante, adopta une attitude prudente de réserve et de circonspection. Elle avait quarante ans, se sentait femme de tète et de gouvernement et conservait sur son (ils, le nouveau roi, un ascendant qui la faisait craindre et respecter de lui. Mais la politique, plus forte, avait arrangé les circonstances d'une manière telle qu'il n'y avait rien à faire pour elle que de se taire et d'attendre. Le connétable de Montmorency se tenait à l'écart. Il restait bien les Bourbons el les Châtillon. Que les Guises, gensà demi étrangers, fuss< ut tout, et que les Bourbons, princes du sang, ne fussent rien, cela n'était guère admissible. Mais, d'abord, les Bympathies connues pour la Réforme du roi de Navarre et des siens mettaient ceux-ci, ainsi que les Châtillon, dans une situation particulièrement fausse. Les Guises profitèrent «if » atte situation pour l'aggraver. Ils écartèrent résolument de la cour le •groupe Chàtillou-Bourbon et, sous couleur d'intérêt re

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de faire des représentations i Catherine de M l'accaparement abusif du pouvoir par les Guises La ré se prononça en faveur de cette opinion et le roi d<* N Antoine, fut chargé de la démarche auprès de la reine m Antoine de Navarre était un homme tranquille et jui,

sous sa figure maigre qu'estompait une barbe courte et cl semée et qu'éclairaient mal des yeux au regard incert cachait une nature indifférente, en tous cas peu courageuse. Il vint à la cour. On le reçut très mal; François II lui fit attendre deux jours une audience, puis, conformément aux indications données par ses oncles l'accueillit avec une froideur marquée. Lorsque déjà décontenancé par cette réception Antoine parla à Catherine de Médicis, celle-ci lui répondit d'une façon évasive qu'il fallait prendre patience, que les choses avec le temps s'arrangeraient d'elles-mêmes, que les Bourbons plus tard reviendraient prendre leur part légitime d'influence près du roi. Le roi de Navarre déjà ennuyé de sa mission, jugea qu'il devait se contenter de ces bonnes paroles. Au surplus, il ne pouvait s'adresser à personne autre, les Guises s'étant assuré de l'entourage du roi que gardaient leurs amis et partisans, surtout le chancelier Olivier, les maréchaux de Saint-André et Brissac. En écartant les Bourbon-Châtillon en raison de leurs sympathies calvinistes, autant que pour éloigner des compétiteurs de leur pouvoir, les Guise les rejetaient davantage vers les protestants et allaient donner des chefs à ceux-ci.

Cependant, de toutes parts, arrivaient à Paris des informations sur l'audace, chaque jour croissante, des réformés. Dans telle petite ville du midi où jusque-là les ministres

venus de Genève n'avaient pu prêcher que la nuit, cachés dans les maisons, on osait maintenant tenir des réunions publiques en plein jour, dans des écoles; si les magistrats accourant voulaient informer, c'étaient des altercations, et les ministres donnaient des explications qui, en fin de compte, laissaient les officiers du roi indécis. Ailleurs les assemblées se tenaient librement. Le nombre des calvini augmentait de jour en jour d'une manière frappante, a L'incendie brûle de toutes parts », écrivait Soriano et il disait vrai. Ardents catholiques, notamment le cardinal de Lorraine si intransigeant dans ses idées, pénétrés comme chefs du gouvernement, ainsi que François Ier, du principe d'autorité que l'existence de l'hérésie compromettait, sur tout natures combatives, énergiques et résolues, les Guise reprirent en l'aggravant la politique de répression do Henri II.

Ce fut une série de mesures implacables. Des édits envoyés dans le royaume commandèrent l'emprisonnement immédiat de tout calviniste connu pour tel. Ordre fut expédié à la commission judiciaire chargée de juger Anne du Bourg d'en finir. Anne du Bourg avait essayé de moyens dilatoires de procédure, appelant de juridiction en juridi.tion, excipant de sa qualité de clerc pour aller devant l'oiïicial, le tribunal de l'évoque, faisant agir des amis. On brusqua les choses. Les passions étaient montées à un tel point qu'un des juges, le président Minard, fut assassiné par un calviniste. Finalement, Du Bourg condamné à mort fut exécuté. Les protestants appelèrent sa mort « un triomphe » et le meurtre de Minard « le jugement de Dieu ».

Procureurs du roi, magistrats de tout ordre et de toute juridiction, huissiers et sergents agirent dans les provir avec une activité fébrile. Ce ne fut partout qu'ajournements, prises de corps, emprisonnements. L'année 1560 a été une année particulièrement troublée « Il est impossible que cela dure plus longtemps, écrivait Hubert Languet, les prisons sont pleines ! »

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