‹ Le siècle de la renaissanceChapitre 27 sur 51 · II. DE LA RI N M · texte numérisé non relu

II. DE LA RI N M

ladeur de IV. m. e loul en deuil el lui pai vite attristée : ion ministre de pour «lire dui e tient à l'envoyé du roi plein d » ! En S aux P o AJlei

l'effet fut déplorable; on conta l'événement ♦ - 1 j 1 disant que le mariage d'Henri de Béarn el de Mai Valois n'avait été qu'un guet -apens monstrueux ; el l'ambs deur français, Schomberg, écrivait navré : c Ces cal< opinions nous renversent quasi tout sens dessus des* meurs de dépit ». A Genève 'I ta pamphlets s'imprii pour stigmatiser la honte du roi meurtrier de son peuple ; dans son D^? furoribus ga/licis, François Eiotman attaqua le principe de la royauté ; le Réveille-matin des Fran se complut à donner de frémissants détails : on répandit la nde que de sa fenêtre du Louvre Charles IX avait tiré sur les huguenots à coups d'arquebuse et il est vrai que le bruit courut avec persistance, mais, en réalité, personne n'a vu le i,reste, invraisemblable, d'ailleurs, ne fut-ce que pour raisons matérielles. En Italie, sous prétexte d'exalter l'a< on le compara à ceux de César Borgia ou de Catherine Sforza ; le représentant comme savamment et machiavéliquement préparé depuis de longues années, amené avec un sang-froid et une audace incroyables, exécuté de façon incomparable par un à-propos merveilleux. Le cardinal de Lorraine, alors à Rome, et flatté, eut l'air de laisser entendre qu'il en était ainsi. Cela ne fit qu'accroître l'impression horrible faite sur l'Europe, a Le roi Charles IX, écrivait Guillaume d'Orange à son frère Ludovic de Nassau, est décrié non seulement par deçà mais par tous les endroits du monde » ; et le même osait dire à Mondoucet l'envové du roi, que jamais son maître ne se laverait les mains de la tache de sang de la Saint-Barthélémy.

De tous côtés, par ses ambassadeurs, le gouvernement français sut l'exacte vérité de l'impression qui avait été produite. Catherine de Médicis, au moins publiquement, tint bon et paya d'audace, soutenant qu'il n'avait été question que

de 5 à G têtes et que le reste était « des excès de populaire, qu'elle déplorait hautement ». Charles IX, accablé, s'af faissa. Ainsi aux yeux du monde, il n'était qu'un criminel, un infâme assassin, un misérable couvert du sang de Bon peuple. On le vit sous le poids de la douleur et du remords changer peu à peu; il n'allait pas survivre longtemps à la Saint-Barthélémy; sur ce corps que le chagrin anémiait, la tuberculose, dont il avait le principe, commençait ses rapides ravages.

Les protestants de France, atterrés et déconcertés, sur le moment eurent peur: beaucoup abjurèrent. Henri de Béarn et le prince de Condé qu'on avait gardés au Louvre par précaution, invités à changer de religion, cédèrent. Pour mieux fixer dans les esprits l'affaire du complot, point initial de l'événement que le public oubliait devant l'horreur des suites, le gouvernement fit rendre par le parlement un arrêt pour ainsi dire confirmatif, aux termes duquel Coligny était reconnu coupable de conspiration etde rébellion, condamné à être pendu en effigie à Montfaucon, ses biens confisqu ses enfants dégradés. On trouva deux « complices » qui avaient échappé aux assassinats, Briquemautet Cavagnes; ils furent publiquement jugés et solennellement exécutés. Ces mesures ne servirent à rien. Les contemporains et la postérité devaient vite oublier la cause occasionnelle qui avait fait perdre tout sang-froid au gouvernement de Charles IX pour ne retenir que l'atrocité de l'événement.

Sous le ciel sombre créé par le 24 août et dans l'isolement humiliant où la Saint-Barthélémy avait mis le gouvernement français, il devait cependant y avoir un dernier rayon, un demi-succès diplomatique. Le trône de Pologne étant devenu vacant, Catherine de Médicis parvint à y faire monter son lils préféré, le duc d'Anjou. Anjou, élu roi de Pologne, partit à la grande satisfaction de Charles IX, jaloux de lui, et qui avait avec son frère des scènes dont Catherine pleurait amèremont. Pour le duc d'Alenron. le dernier fils. C rine reprit les projets de mariage avec Elisabeth d'Angle-

Mail d'Alençon, jeune homme d'humeur

deu ; i

à la reine d'Àngl qu'il n

que son frère but la question de religion; il mon la

Bympathie pour le calvinisme ; il \ - i pour favorable à I

résie : Elisabeth éludait Finalement il résolu! de faii

la cour avec Henri de B tnplot qui

donna une nouvelle p;m i< ju«ï à la famille royale •

conséquence l'arrestation, le jugement el l'exécution de d

gentilshommes tenus pour I i lie,

la Mule et Cocon

Pendant ce temps, petit à petit, Charles IX déclinait. Depuis la lugubre affaire il était méconnaissable; frappé 'l'une mélancolie que rien ne pouvait distraire il i blait à une

ombre attristée et craintive. Les ambassadeurs étrana Jean Michiel, observaient qu'il tenait toujours la têtn'osant plus regarder les gens en face, fermant les Parfois, lorsqu'on lui parlait, il relevait les paupières a effort et après un rapide coup d'oeil inquiet, les rab Un portrait du temps, de l'école de Clouet, naguère encore au château d'Azay-le-Rideau, le représente la figure pâle et fatiguée, l'œil hagard, la main diaphane, tremblante, image saisissante de l'homme bourrelé de remords devant la pensée de qui l'idée fixe, obsédante, revient perpétuellement. Il crachait le sang; les médecins l'avaient jugé a pulmonique ». De jour en jour il s'affaiblissait, se courbant, maigrissant, la fièvre le brûlant à mesure. Au printemps de 1574 ce n'était plus qu'un squelette qui se traînait. En mai il s'alita, en proie aune faiblesse extrême; il ne devait plus se relever. Dans la nuit du 29 au 30 il eut une crise au cours de laquelle on crut qu'il allait passer. Il disait avec un accent d'angoi « Que de sang ! Que de sang ! . . . Mon Dieu, pardonnez-moi ! . . . Je ne sais plus où je suis!... Je suis perdu! » Il était en nage; il pleurait. Sa nourrice qui le veillait lui essuya la figure d'un mouchoir. Le 30 au matin il fit appeler le duc d'Alençon et le roi de Navarre et leur dit qu'après lui la

régence appartiendrait à la reine sa mère, qu'il faudrait lui obéir; il recommanda à Henri de Béarn un petit enfant qu'il avait et il communia On lui donna l'extrême onction. Le 31, Catherine de Mcdicis qui ne le quittait | clierchant à lui dire quelques mots des affaires <l<i l'Etat, il fit comprendre que u toutes choses humaines ne lui étaient j)lus de rien ». Il râla. A quatre heures du sou- il expirait, le dernier mot qu'il avait prononcé avait été . « ma mère » ! . . .

1. Sources. Les textes cités au précédent chapitre, plus : Monluc, Commentaires et lettres, éd. de Ruble, 1864 (voir sur cet auteur, IV Courteault, Biaise de Moulue historien, 1908): Michel de Caslelnau, Mémoires, éd. Le Laboureur, 1731 ; Claude Elaton, Mémoires, éd. Bourquelot, 1857; La Noue,

>urs politiques et militaires, 1587; Jean Faurin, Journal, éd. Pradel, 1878; Claude de Sainetes, Discours sur le saccagem>'nt des éylises en ' dans Cimber et Danjou, Archives curieuses, t. IV; Mémoires-Journaux du duc de Guise, éd. Michaudet Poujoulal ; Mémoires de Marguerite de Valois, éd. Guessard, 1842; J. Blanchet, Recueil de lettres missives adressées à Antoine de Bourbon (1553-1562), 1905; Saulx-Tavannes, Mémoires. Michaud et Poujoulat; Vicomte de Turenne, Mémoires, êd Baguenaull de l'uchcsse, 1901 ; Michel de la Huguerye. Mémoires, éd. de Ruble, 1877 ; Bertrand de Salignac-Fénelon, Correspondance, éd. Teulet, 1840; Cardinal de liranvelle, Papiers d'Etal, éd. G. WeiSS, 1841 ; Correspondance de Philippe 11 sur les affaires des Pays-Bas, 1851; Correspondance inédile de la

on d'Oranye-Nassau, éd. Grœn van Prinsterer. 1836; Jeanne d'Albret, Mémoires et poésies, éd. de Ruble, 1883; Et. Pasquier, Œuvres, Thon, Histoire universelle, 1734, t. TV.

Ouviwges. H. de la Ferrière, Le XVb siècle et les Valois, 1879; Soldan, Geschichte der I'rotestantismus in Frankreich biszum Tode. Karl's IX. \ [ Kervyn deLettenhove, les Huguenots et les Gueux. 188 l; tmphoux, Michel de ilhspital et la liberté de conscience au XVI* siècle. 1900; H. Klipffel.

lloque de Poissy, 1*67; A. de Ruble, Le colloque de P<>i- (las,

lassacredeVassy, 1887; Coynart, Vannée 1562 e/ la bataille de Dreux, 1894; H. Hauscr, François de la Noue, 1892; de Ruble. L'asseusinat de François de Lorraine, duc de Guise, 1S97; F. Combes, L'entrevue de Bayonne,

: Kervyn de Lettenhove, La conférence de Bayon , 1883; H. de la Perrière, L'Entrevue de Bayonne de 1565, 1883; dan, La Fr

et la Suint Barthélémy, 1855 ; M. Iionlier, La Saint- Barl/uflemy et la critique moderne, 1879; J. Loiseleur, Les Nouvelles controverses sur la Samt! tltêlemy, 1881 ; du même, Trois énigme* historiques, la $aint-l my,

'ss:*; H. delà Ferrière. La Saint-Barthélémy, 1892; H. Monod» Un u

> sur la Saint-Barthélémy {Revue de Paris, aoûl 1'." S ;8 I G La troisième guerre de religion, Jarna t et M mteontour, 1941 ; I*. de \ libre. Ue quelques assassins, 1912.

DE I. \ M n USS VN'CR.

Page 1