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l'heure de donner une petite bataille, i ar ila m if qu'ils
me Lueronl el je veux gagner lea devants » L devinrent telles qu'à son tour, Henri de Béara s'enfuyait de la cour, Ie3 février I576j pendant une partie de cha courait à Al inçon, déclarait publiquement qu'il était « alviniste et que L'abjuration du lendemain de la Saint-B lemyne comptai 1 pas, puis bo dirigeant vers le B appelait
à lui tous ses gentilshommes. Le duc d'Alençon et ( penchaient de son côté. L'embarras lut extrême pour vernement. Le roi s'amusait, le trésor était vide. « Le bruit de la cour, de ce temps, n'étoit autre, sinon que le roi n'avoit pas de quoi avoir à dîner. » On vivait d'emprunts, et d'emprunts misérables, 500, 600 livres, demandés à des conseillers au parlement, des avocats, procureurs. Où trouverait on de quoi payer une arm< Catherine de Médicis, qui continuait à tout inspirer, estima qu'il fallait faire des sacrifices afin d'éviter la guerre : elle exagéra; elle vieillissait. Le résultat de ses négociations fut, pour ce qui était du duc d'Alençon, que celui-ci ajouterait à son apanage l'Anjou et deviendrait duc d'Anjou; pour ce qui était de Condé, qu'il aurait le gouvernement du Languedoc ; — on appela ce traité, la paix de Monsieur, 6 mai 1576. En ce qui concernait les protestants, les concessions accordées furent consacrées par l'édit de Beaulieu. Elle se trouvèrent si inattendues et si extraordinaires que le royaume fut stupéfait; les réformés obtenaient l'entière liberté du culte, partout, sans restriction; huit places de sûreté; dans les parlements, une chambre mi-partie, c'est-àdire composée de deux présidents, l'un catholique, l'autre huguenot, douze conseillers dont quatre huguenots ; la
mémoire de Coligny et des victimes de la Saint-Barthélémy était réhabilitée, les jugements contre eux rapportés ; les protestants étaient admissibles à Ions les emplois ; on promettait la réunion des Etats généraux. Jamais la coin- n'avait à ce point cédé, et cela si peu après la Saint-Barthélémy ! C'était inexplicable. Les catholiques ne purent comprendre les raisons de concessions pareilles. A Paris le public refusa d'allumer des feux de joie, et le gouvernement ayant voulu faire chanter un Te Deitm pour célébrer la paix, chantres chanoines s'abstinrent. L'édit de Beaulieu allait amener bien d'autres complications redoutables pour le royaume.
Mais, vraiment, la misère de la cour était navrante. Malgré les emprunts on n'avait pas un sou vaillant; force était d'engager les joyaux de la couronne, de vendre des offices, de vivre d'expédients. « De quelque côté que nous regardions, écrivait Morvillier, nous ne voyons que du désespoir. » Malheureusement, ce qui exaspérait le public, c'était qu'Henri III ne discontinuait passes fêtes, gaspillait et donnait inconsidérément à ses camarades de plaisir le peu d'argent dont il pouvait disposer. Ainsi, d'une part, le roi était insouciant, d'autre part le gouvernement impuissant livrait tout aux réformés. Dans ces conditions, les catholiques estimèrent que du moment que le pouvoir royal ne pouvait pas ou ne voulait pas les défendre, c'était à eux à prendre leur cause en main ; et la Ligue, la célèbre Ligue, fut fondée, lamentable extrémité de sujets créant un Etat dans l'Etal afin de demander à un nouvel organisme les services de sécurité que l'autre ne pouvait plus rendre, pour aboutir d'ailleurs à la guerre, au désordre et à l'anarchie.
Les débuts de la Ligue furent accidentels. Aux termes de la paix de Monsieur, la ville de Péronne devait être In au prince de Condé comme place de sûreté. Les habitants de la ville ne voulurent pas accepter un maître qui, craignaient-ils, ferait d'eux des huguenots. Ils s'associèrent avec le clergé, les magistrats et les seigneurs des environs qui ne se souciaient pas non plus de voir Péronne devenir protes-
tante L'idée d'une lige itholiqu lit lan<
Bon chemin : d'autre
l'initiative d'un avocat, Pierre H nnequin, et d'un i Bruyère, que l'association fut constitua menl des Guise. Le p était précis : défendi
i n catholique et rétablir l'autorité du roi dont l'a!
blissement causait la ruine des catholiques La foule suivit avec une rapidité et une faveur surprenantes, tellement I1 était mûre; partout des ligi formèrent; provii
villes, bourgades, apportèrent leur adhésion; mais t fondit dans une association générale avant le prit
et les mêmes ardeurs. Qui en serait le chef î L1 désignait le duc Henri de Guise. Du même âge qu'Henri III, plus grand que lui, les cheveux blonds et bouclés, l< vifs, la barbe assez clairsemée, mais le visage majestn rendu mâle par la balafre, le jeune héros dont la fumille était si populaire, attirait la sympathie de tous par son aisance pleine de grâce. Il accepta.
Au premier moment, Henri III comprit ce qu'avait d'humiliant et de singulièrement dangereux pour lui la formation de la Ligue. Il tenta de s'y opposer, i II me déplaît grandement, écrivait-il, de quoi les habitants de la ville de Péronne ont pris la résolution maintenant de n'obéir à i commandements. » Quand il vit le développement formidable de l'association, il dut s'incliner et faire contre mauvaise fortune bon cœur. Il dit qu'il l'encourageait ; il écrivait au duc de Nevers : « Les huguenots ont dit que ces associations avoient été faites sans mon commandement, ce qui est faux ; je les ferai établir dans tout mon royaume et je n'en dormirai pas. » A la réflexion il avait pensé pouvoir profiter de la Ligue et s'en servir comme d'un instrument.
Sur les protestants, déjà atteints, par le sentiment qu'ils avaient que la Réforme ne gagnait plus et d'ailleurs sous le coup toujours de la Saint-Barthélémy, cette révolte violente de l'opinion catholique qu'était la Ligue, produisit une impression d'intimidation. Ils firent partout des prières et
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des jeûnes extraordinaires. « MM. de Genève firent prit extraordinaires pour les églises françaises. » Jusque là, dans des cas pareils, on eût levé des troupes, acheté des armes, fortifié les places ; les temps changeaient. L'attitude nouvelle des calvinistes trahissait leur condition d'infériorité.
Le premier résultat de cette double situation fut I position des États généraux convoqués à Blois en 1576 suivant la promesse faite à la paix de Monsieur. Les élections furent ligueuses. Les protestants, sûrs de la défaite, ne s'étaient même pas présentés. Il y avait 302 députés En fait, Henri III, qui, préoccupé sérieusement depuis les débuts de la Ligue, commençait à diriger le gouvernement, avait accepté les Etats afin d'obtenir d'eux de l'argent et de mettre la main sur la menaçante association. A la séance royale d'ouverture, qui eut lieu le 6 décembre dans cette antique salle des Etats du château de Blois, encore debout, il fit un discours très digne dans lequel, après avoir rendu hommage à ce qu'avait fait sa mère : — « Tous ceux qui aiment la France, disait-il, sont tenus lui rendre d'immortelles louanges de sa grande vigilance », — il assura qu'il voulait rétablir l'ordre et le repos public, supprimer les abus. Il parlait bien. Sur la proposition d'un éloquent avocat, Versoris, l'assemblée déclara qu'il ne pouvait y avoir en France qu'une seule religion, la religion catholique. L'injonction était formelle. Décidé à rester avec la majorité, Henri III répondit qu'il rapportait purement et simplement l'édit de Beaulieu. Etait-ce la guerre contre les huguenots? Henri de Béarn protesta, de ce ton ému, loyal et ferme qui va rendre si belles toutes les lettres écrites par lui à cette époque : « La religion se plante au cœur des hommes, disait-il, par la force de la doctrine et persuasion, et se confirme par l'exemple de vie et non par le glai Nous sommes tous Français et concitoyens d'une m patrie; partant il nous faut accorder par raison et par douceur, et non par la rigueur et cruauté. » Puisque les htats voulaient la guerre contre les huguenots, pensait Henri III, ii
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fallait bien maintenant qu'ili doni ir la
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ou n'accordèrent que d'insignifiants Bubsides. Henri III ''-tait joué. En vain, il avait adhéré, lui aussi, à la Ligue, afin bien disposer les députés 'était même déclaré le chef d ■
isociation, mesure étrange ; in plus i .
été manquer de dignité. Henri III renvoya les i disant que du moment qu'ils ne voulaient pas faire la guerre aux huguenots, il ne lui restait plus qu'a traiter avec ceux-ci. Comme compensation il se born volumineux cafc
que présentèrent les litats, le 9 février L577, à tirer une de ces grandes ordonnances, toujours pleines de bonnes intentions mais inappliquées, en 3t>3 articles, qui sera l'ordonnance de Blois de 1579.
Les Etats partis, et après quelques faits de guerre insignifiants, Henri III signait effectivement, avec i testants, la paix de Bergerac du 17 septembre 1577, aux termes de laquelle liberté de conscience était laissée aux calvinistes, liberté du culte seulement dans un seul endroit par sénéchaussée ; les chambres mi-parties étaient rétablies, mais seulement dans les parlements du midi. Cette paix, que confirma un édit de Poitiers, allait donner sept à huit années de tranquillité, tellement les protestants, d'ailleurs dn entre eux, — ministres et princes ne s'entendaient pas, Henri de Navarre était mal accepté comme chef, et telle ville, par exemple, la Rochelle, se conduisait en république indépendante, — avant perdu l'élan d'autrefois, se trouvaient maintenant affaiblis ou paralysés.
La question protestante, momentanément écartée, restait à Henri III celles de la Ligue et des princes. La plus immé-
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diate était celle des princes. La turbulence de l'ancien duc d'Alençon, maintenant duc d'Anjou, était d'abord un sujet de perpétuelles alarmes. A la tête de cinq duchés, de quatre comtés, de 400000 écus de rentes et d'une maison presque aussi considérable quecelle du roi, le duc d'Anjou représentait un parti dangereux. L'occasion se présenta en l.">77 de débarrasser de lui : Henri III l'accepta avec empressement. Depuis 1572, les Pays-Bas étaient révoltés contée l'Espagne, au moins les pays du nord, hollandais, et en 1577, les provinces méridionales, flamandes, avaient suivi le mouvement. Le gouverneur, don Juan d'Autriche, ne tenait plus; l'anarchie régnait. Mondoucet, envoyé français, conçut l'idée de faire appeler le duc d'Anjou et de le mettre à la tète des catholiques révoltés; par là on ramènerait à la France au moins les provinces du sud dépendant jadis du royaume. Tête folle et aventureuse, le duc d'Anjou consentit; Henri III enchanté, le laissa partir, tout en n'avouant pas qu'il reconnaissait l'expédition, afin de ménager l'Espagne. Avec 7 000 hommes, gentilshommes en quête de guerre, soldats disponibles, volontaires, le duc d'Anjou entra en Flandre. Les Hitats généraux, assemblée délibérante des provinces du nord révoltées, firent semblant d'accepter ce concours, résolus, ainsi que leur chef militaire, le prince Guillaume d'Orange, à faire passer la frontière aux Français dès qu'ils n'auraient plus besoin d'eux. Anjou prit le Hainaut, Maubeuge, Binch. Mais là il fallut s'arrêter; les troupes pillant, les habitants protestaient et trahissaient; tout abandonnait. Anjou, incapable d'aboutir, rentra en France au bout de trois mois. La partie n'était que remise.
Du côté d'Henri de Navarre les choses étaient au calme. Le prince avait loyalement accepté la paix de Bergera< s'était retiré dans son riant château de Nérac, tout à une vie gaie et facile. Henri III ayant autorisé sa sœur Marguerite— la reine Margot — à aller rejoindre son mari en Gascogne, Catherinede Médicis s'était décidée à accompagner la jeune femme. Elles étaient parties toutes deux en
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nouveaux offices et n'acquittant aucune de g grands deniers qui en provenoient, a os en digues somptuosités el des dons imm i ilamationa Henri III répondait : « Ce sont les fruits
de la Ligue qui commence à i mais j'en emj
si je puis, l'opération. » L'arrivé I rguerite à X
redoubla les plaisirs de la petite cour : ce ne furent danses, chasses, fêtes continuelles. Les minisu tants étaient scandalisés. Henri et sa femme, d'humeur volage l'un et l'autre, aussi peu fi<l les l'un que l'autre, ; s aient le temps joyeusement. Un nuage vint assombrir un moment cette existence tranquille qui rassurait Henri III. Dans le nord, Condé piqué par des provocations de la L s'emparait brusquement de la Fère ; au midi, la vill- Cahors qui faisait partie de l'apanage de Marguerite de Valois, ne voulant pas recevoir le gouverneur que lui avait envoyé le roi de Navarre, celui-ci irrité, partait précipitamment et le 29 mai lo80, plantant un pétard à l'entrée de Cahors, faisait sauter la porte, se jetait dans les rues a une troupe de cavaliers, comme un simple carabin, et s'emparait de la ville ; au même moment Lesdiguières remuait dans le Dauphiné. Inquiet de ces mouvements, Henri III expédia Matignon vers la Fère. Mayenne en Dauphiné, Biron dans la direction de la Guyenne avec des troupes. La Fère fut reprise; mais un traité signé àFleixen Périgord et reproduisant les articles de Bergerac mit fin à une émotion qui n'avait été, suivant le mot de l'Estoile, « qu'un petit feu de paille », « une guerre des amoureux » ; la vie brillante reprit à Nérac. Un événement inattendu allait singulière-
inent la troubler, changer l'avenir du roi de Navarre, m jeter lui et le royaume de France dans nue terrible situation, pour Henri 111 brouiller ensemble la question des princes et celle des protestants d'une façon telle que règne allait devenir un des plus dramatiques et des plus sanglants que roi de France eut vécu.
N'ayant nullement renoncé à l'équipée des Pays-Bas, le duc d'Anjou préparait sa rentrée en Flandre. Il riait ail Angleterre se concilier la faveur de la reine Elisabeth. Mais celle-ci se réservait. Les succès du nouveau gouverneur espagnol de Bruxelles, le prince de Panne Alexandre Farnèse, plus heureux que don Juan d'Autriche, décidèrent les Etats généraux des Provinces-Unies et Guillaume d'Orange a faire appel de nouveau au concours du frère du roi de Fiance. On lui proposa le commandement en chef des troupes. L'appui moral du grand royaume voisin serait une force, bien qu'Henri III se défendît de reconnaître les agissements de son frère. De son côté Anjou espérait se faire proclamer roi : tout le monde se dupait. En juin 1581, le duc d'Anjou réunit des troupes ; en juillet la Hollande et la Zélande proclamèrent leur indépendance définitive à l'égard de l'Espagne. Avec 14 000 hommes, dont 3 000 gentilshommes, Anjou se mettant en marche, faisait lever le siège de Cambrai, entrait à Gand, à Anvers, était couronné duc de Brabant, comte de Flandre. Attirés par le succès, des aventuriers de tous pays accoururent. Quand il se vit en force, le jeune conquérant, impatienté de l'attitude énigmatique des Mtats généraux, résolut de brusquer « sa souveraineté », de l'enlever « à la française », vi ins eux ou contre eux. Comme dit Busbecq, l'ambassadeur impérial, a la tète lui tourna ». Il s'empara par surprise de pla appartenant aux Etats généraux ; il voulut mettre la main sur Anvers dans les mômes conditions, mais ici les bourgeois se soulevèrent. Traquées dans les rues, les troupes du duc d'Anjou ne purent avoir le d< on en m 2 000, le reste fut jeté dehors ; cette défaite perdait
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s'en prendre à quelqu'un, il a Henri III de i l'a
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Catherine de Médicis parvint Hier lea deui
qui se revirent en 1584 Mais délicat, ainsi que I membres de cette malheureuse famille, usé, f
s, le duc d'Anjou eut une crise dans la [uelle il vomit le sang d'une façon affreuse : le poumon était pria : fut
court; le 10 juin il s'éteignait à Château-Thierry âgé de trente et un ans, après quelques heures à | ,onie.
Mais alors, le dernier frère du roi étant d Henri III se trouvant sans enfant, à qui allait revenir la couronne? Il se trouva qu'en vertu d gles tradition-
nelles de la succession par ordre de primogéniture, li le plus prochain était Henri de Béarn, roi de Navarre, cendant d'un sixième fils de saint Louis et cousin au 22 degré du prince régnant. Le trône de France revenait donc à un prince protestant! Ce fut un sursaut dans tout le royaume. Avoir un roi protestant était une éventualité inadmissible. Le fils aîné de l'Eglise ne pouvait pas être hérétique; il ne pourrait être sacré. Une campagne de presse violente commença. L'année 1584 a donné le signal d'une éclosion de publications qui se continueront tout le reste du règne d'Henri III et constituent avec l'époque de Louis XIII et la Fronde une des trois époques de l'ancien régime pendant lesquelles « la presse politique » a le plus donné. Autour des princes, l'agitation fut vive. Pour Henri III il n'y avait qu'une solution, qu'Henri de Béarn se convertît. Il lui en parla, les amis du roi de Navarre joignirent leurs conseils aux siens. Mais loyalement Henri de Béarn répondait qu'il ne pouvait ainsi, pour une question d'intérêt, donner le spectacle au royaume d'une telle légèreté de conscience. Qu'on l'instruisît par la réunion d'un concile où les deux religions seraient discutées : ii ne deman-
dait pas mieux que de s'éclairer; agir autrement répugnait à la droiture de son caractère. Alors les ligueurs déclarèrent que dans ces conditions, il ne restait plus qu'à convoquer Ktats généraux et à faire changer pur eux l'ordre de la succession royale : la nation reprendrait ses droits des âges reculés. Les partisans d'Henri de Navarre ripostèrenl qu'il y avait un ordre de succession légale, que les États ne pouvaient pas le modifier. Mais déjà on discutait les candidats futurs au trône et nombre de gens prononçaient le nom du duc Henri de Guise ; des généalogistes même établissaient que l'illustre famille de Lorraine descendait des Carolingiens, ce qui était fantaisiste; chacun vantait la foi indéfectible de ceux qui avaient défendu si vaillamment la religion catholique. Tout au moins, assurait-on, les Etats généraux feraient ce qu'ils voudraient. D'autres mettaient en avant le nom de l'oncle du roi de France, le vieux cardinal de Bourbon, ce qui était ajourner le problème plutôt que le >udre. L'étranger suivait de près la discussion. Alarmé de la perspective d'avoir un roi protestant en France, Philippe II proposa aux Guises de s'entendre. Les Guises accep tarent. Ils étaient un peu surpris de la tournure que j naient les événements. Ils n'osèrent pas cependant stipuler que la couronne leur reviendrait. Par le traité de John ille «le janvier 1585, qu'ils signèrent au nom de la Ligue avec l'Es pagne, il fut décidé que le trône serait destiné au cardinal de Bourbon ; le roi d'Espagne donnerait des subsides ; on lui céderait plus tard la basse Navarre et le Béarn. Ainsi, non contente de former un H.tat dans l'Etat, la Ligu«' traitait avec l'étranger.
Ce qui l'enhardissait c'est qu'elle avait pour elle le - nti ment de la grande majorité du royaume Décidément celui-ci ne voulait à aucun prix des huguenots et à plus forte raison d'un roi hérétique. La Ligue s'étendit avec une rapidité prodigieuse; tout le monde s'affilia. En chaire les prédicateurs enflammèrent les fidèles à la seule pen d'être les sujets d'un calviniste. Les écrits se multipliaient
LE SIECLE DE ' \ REWISS VNCE.
LE Slft LE DE LA RENAIS!
Dans L'effervescence aie un i de la I
stitua à Paria d'abord compote de cinq membres, j! partir de 1587, de seize qui devaient rapidement pi autorité révolutionnaire ef commander en m Seize ». L'anarchie s'org misai!
Au milieu de la tourmente Henri III recueillait les fi . de sa vio de dissipation : il était détesté Loin de i frein a ses fantaisies, il les avait multipliées, comblant d'honneurs el d'argent dans la misèi gnons de plaisir pour lesquels il manifestait un attachem ridicule. Ces jeunes gens, Caylus, Saint Luc, d'O, d'Arqués, Saint-Mesgrin, Mauléon, Maugiron, Livs Grammont, La Valette avaient exaspéré le public sottises, de leurs airs hautains, insolents, de leurs mani prétentieuses et de leurs excès. Le peuple les appelait « les mignons » du roi. Les duels d'ailleurs et les vengeances les décimaient. Caylus et Maugiron avaient été tués sur le | Saint-Mesgrin assassiné, et Henri III avait eu la faiblessleur élever des monuments funéraires disproportion après avoir répandu des larmes excessives. Trois surtout étaient préférés : d'Arqués, qu'Henri III fit duc de Joyeuse, qu'il maria avec une sœur, de la reine au cours de fêtes scandaleuses où furent donnés 17 festins à un monde couvert de toilettes d'or et de pierreries ; La Valette, qui fut créé duc d'Epernon; et d'O, dont la faveur fléchit ensuite. Le roi les appelait « ses trois enfants ». Joyeuse et Epernon furent très influents, « des vizirs », disait le peuple. Le dernier finit par être le plus en vue, « le premier mignon du roi », « son fils aîné. » Il se mariera en lo8" avec la comtesse de Candale en grande pompe et le roi donnera à la mariée un collier de cent perles estimé 100 000 écus, et au duc 400 000 écus comptant. Le public et a la presse » attaquèrent Henri III.
Henri III finit par s'inquiéter sérieusement. Il interrogea les Guises et leur demanda des explications. Les Guises répondirent que l'opinion se préoccupait vivement de ia
succession au trône et qu'elle entendait seulement avoir quelques garanties. Autour même du roi la cour était divisée. Beaucoup se prononçaient pour la Ligue, dont les intentions étaient justes au fond, disaient-ils ; entre autres le frère de la reine, Philippe -Emmanuel de Lorraine, qu'Henri III avait créé duc de Mercœur et nommé gouverneur de Bretagne; le duc de Nevers, Joyeuse. Au contraire d'Epernon soutenait la cause d'Henri de Béarn. Henri III ne savait que résoudre. S'il eût été le maître il aurait décidé le roi de Navarre à se convertir et supprimé la Ligue : il ne pouvait ni l'un ni l'autre.
La Ligue alla de l'avant. En mars, le duc de Guise en son nom occupa Châlons, et le frère du Balafré, le duc de Mayenne, prince de trente et un ans, grand, élégant, au regard très doux et au courage vigoureux, mit la main sur Dijon. Le cardinal de Bourbon s'était retiré à Péronne. Le 31 mars il publia un grand manifeste, — ou du moins on le publia sous sa signature, — dans lequel la Ligue déclarait qu'elle voulait assurer au roi un successeur catholique, travailler à ne laisser subsister en France qu'une seule religion, provoquer la convocation des Jti.tats généraux et arriver à ce que les Etats s'assemblassent régulièrement tous les trois ans ; le tout, en maintenant d'ailleurs les privilèges du clergé, de la noblesse, des parlements et de la bourgeoisie. Le malheureux roi de France se trouvait dans une situation des plus précaires. Il n'avait ni argent ni armée; a autour de sa personne, écrivait Busbecq, il n'a que peu d'amis faibles et impuissants. » Les gouverneurs de provinces suivaient le public et se prononçaient pour la Ligue. Les ministres eux-mêmes, Cheverny, Bellièvre, Villeroy hésitaient ; l'opinion entière allait aux catholiques associés. 1 lenri III publia un manifeste en réponse à celui de Bourbon, dans lequel il cherchait à défendre sa politique, expliquant qu'il avait conclu la paix avec les huguenots parce que les Etats généraux n'avaient pas voulu lui donner d'argent pour leur faire la guerre; qu'après tout il avait eu la paix de
la sort'- d< iei années; lani discuter le principe