‹ Le siècle de la renaissanceChapitre 33 sur 51 · II. SIECLE DE I · texte numérisé non relu

II. SIECLE DE I

lit; on mangeai! les chiens, le avoir absorbé des bouillies d'avoine. I «e bew la livre au lien «le 5 squs, le> osufi 1^ . quand

en rencontrait. En trois mois, i ini

tion On en vint à \oir dans les n;

ronger des restes crus ei des tripes d'i iris

de cas d'anthropophagie. Emu de pitié au récit d<

reurs, Henri IV, dit-on, laissa vendre des alimei ruel-

qucs personnages de hautparage et toléra la Bortie de ; gens. Cependant l'opinion parisienne devant ces souffrai commençait à s'exaspérer. Des individus s'attroupant réclamaient « du pain ou la paix ». Il y eut des manifestati

violentes et une pression si vive (pie le duc de N effrayé dut demander àl'évêque de Paris d'aller s'en avec Henri IV afin de voir ce qu'exigerait le roi de France. Le roi de France demandait la soumission pure et simple, mais trop pitoyable, accordait un répit de huit jours ; dant lesquels femmes et enfants pourraient sortir de Paris. Cette concession le perdit. Pendant ce temps le duc de Parme en effet venait joindre Mayenne à Meaux avec 13 000 hommes le 23 août. Mis au courant, le duc de Nemours prenait ses précautions afin de tenir bon et l'armée ligueuse forte cette fois de 23 000 soldats dont un tiers français et le reste étranger, disciplinée, bien armée, bien équipée, suivie de ioOO chariots de vivres, s'ébranlait dans la direction de la place à délivrer. La lutte était impossible pour Henri IV. pris entre deux feux, son monde fatigué, la noblesse soucieuse de revoir ses foyers, lui-même toujours près de ses pièces, vivant d'emprunts: il leva le siège, congédia les volontaires et se borna à répartir ses compagnies d'infanterie ou de cavalerie dans les garnisons des environs de Paris à l'abri de bonnes murailles, tout au moins pour contenir dans ses limites le domaine des ligueurs.

C'était un gros échec. Le légat chanta un solennel Te Deum d'action de grâces. Mayenne sefélicita Sa joie n'allait pas être de longue durée. La levée du siège effectuée, le

LA PAIX [iNTÉRIEUBE. — HENRI IV 2OT

duc de Parme dit que n'étant venu que pour cette opération, il regagnait les Pays-Bas et il s'en alla Pendant ce temps, loin de perdre courage, l'énergique Henri IV reprenait plus vivement que jamais sa campagne. Son plan étail de harceler

Paris, en s'appuyant sur les garnisons qui lui appartenaient, de manière à préparer un nouvel investissement el de nouveau à affamer la ville. Il tournerait ainsi, « comme un oiseau de proie », coupant les routes, arrêtant les vivres. Il renforça ses garnisons, emprunta en Italie, pria tous ses partisans de le joindre, et il alla assiéger Chartres qu'il prit après un siège d'un mois. Inquiet Mayenne implora et obtint de l'Espagne un secours de 4 000 soldats.

Plus que jamais Henri IV se rendait compte qu'il n'aurait son royaume qu'à condition de s'en emparer de force. « Dieu et mon droit », répétait-il, c'était sa devise, il y avait foi. En vain Rome s'acharnait-elle contre lui. Au pape Si Quint avait succédé Grégoire XIV qui, par un bref de février 1591, avait mandé à son légat Philippe Sega, successeur de Caietano, qu'il interdisait aux évèques français de reconnaître Henri IV et sommait les catholiques partisans du prince de retirer leur adhésion à sa cause sous peine <1 communication. Le coup était dur. L'entourage catholique avait pressé le roi de France de se décider à l'abjuration; la famille entière s'était associée à la même prière, N dôme, Soissons, remontrant qu'il allait faire perdre la couronne aux Bourbons; les politiques avaient joint leurs instances, au nom de la raison, du bon sens, de la prudeu Henri IV irrité avait résisté, ordonnant aux siens de se t protestant vivement contre l'intrusion du Saint-Siège dans des questions politiques qui ne le regardaient pas, faisant protester par les parlements royalistes, fidèles aux anciennes traditions gallicanes, voire même par une petite assemblée de neuf archevêques ou évèques. Le clergé de France très troublé demeurait divisé et incertain.

Un nouveau légat envoyé à Paris, Laixlriano, conseilla à Mayenne pour en finir d'assembler des fttats généraux

de faire élire un roi Maie la question c'était ; se défiait beaucoup <1<* l'Esi les élections dans un royaum

NI li'S VOJ

les conseillers de Mayenne, Vïlleroy, J annin lui dû répondj jivemenl ; Il déclina II De

Les Seize attribuèrent alors les atern nts de

attitude irrésolue à l'influence grandit 'i mod

et ce tut une poussée de colère contre les politiques Les l> 1 us ardents réclamèrent impérieusement des m< sures i ontre

modérés afin «l'assurer le salut de la cause : on 'I m des expulsions, des arrestations, même des résolutions reuses et des listes de suspects coururent, dénomma piers rouges, contenant des noms avec des lettres à coté : P, D ou C, (pendu, dagué ou chassé). Parmi les plus menacés se trouvaient les gens du parlement, hom de justice calmes et rassis, qu'indignaient les fur- ma-

gogiques d'exaltés, en général de bas étage, grossiers, brutaux, prétendant être les maîtres de Paris et faire la loi à tout le monde. Un incident amena l'éclat imminent. Le procureur du roi à l'Hôtel de Ville, Brigard, fut surpris envoyant à Saint-Denis, en camp ennemi, une lettre, d ailleurs énigmatique, où l'on crut voir la preuve de sa trahison. Il fut saisi; les partis avancés réclamèrent sa mise en jugement; mais le parlement, ne trouvant pas que la prévention fût établie, le renvoya absous. L'indir nation violents fut inexprimable. On en voulait surtout au président Brisson, homme d'ailleurs un peu faible, trop complaisant et victime de ses incertitudes : « Je sens que je me noie, disaitil, et voudrois m'en tirer, ou gagner quelque bord, mais je ne le puis et suis entraîné par le fort de l'eau. » Le lo novembre 1591, pendant qu'il se rendait au parlement, il fut arrêté par une bande d'énergumènes ainsi que les conseillers Tardif et Larcher; conduit aux prisons du Petit Chàtelet, traduit devant une manière de commission judiciaire présidée par un des Seize et, après un semblant de jugement, pendu,

en compagnie des deux conseillers, à la poutre d'une des chambres du Châtelet. Ces exécutions sommaires produisirent une impression très vive. Le parlement déclara qu'il cessait de rendre la justice et Mayenne qui était à ce moment absent de Paris fut supplié de revenir afin d'arrêter les fureurs sanglantes d'une oligarchie intolérable. Mayenne accourut avec 3 000 cavaliers, fit saisir en effet quatorze meneurs parmi lesquels étaient les auteurs de l'exécution des magistrats, en fit pendre quatre aux solives de la grande salle des gardes du Louvre, écroua le reste ; les complices s'enfuirent. D'un coup énergique il avait châtié l'excès commis, mais la situation ne s'éclaircissait pas davantage: il demeurait toujours irrésolu entre les violents et les politiques, ne pouvant, n'osant, ou ne voulant pas dire nettement ce qu'il désirait.

Henri IV allait toujours, galopant, ferraillant : « Je fais bien du chemin, écrivait-il, etvaiscomme Dieu me conduit, car je ne sais pas ce que je dois faire au bout ». Il eut l'idée de tacher de s'emparer de Rouen que défendait le ligueur Villars-Brancas. Le 11 novembre 1591, son lieutenant Biron commença l'investissement. Une fois de plus Mayenne fit appel au duc de Parme qui consentit à venir avec 25 000 hommes. La saison était mauvaise, il pleuvait, neigeait, les terres étaient défoncées. Les deux armées escarmouchèrent l'une contre l'autre, celle du roi de France à l'abri derrière des tranchées; rien ne se décida. Au bout de ' quelque temps les deux adversaires s'en allaient chacun de leur côté, Farnèse chez lui; Henri IV, dont l 'ai mée compi moitié de huguenots, moitié de catholiques toujours en dis pute ensemble, était fatiguée et mourait de faim, renvoya son monde, se bornant à harceler les Espagnols en retraite avec quelques fidèles intrépides. La campagne était nulle, les affaires n'avaient pas fait un pas.

Danscette incertitude générale, Villeroy estima qu'on pourrait peut-être s'acheminer vers une solution, d'une part en négociant avec Henri IV et d'autre part en convoquant les

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États généraux Si enfin la roi de N pouvait <

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conflit ! Mayenne l<' laissa faire. Villeroy rit Du PI Mornay et Henri IV ; il io , . la L .

ouver aux prises avec des prétention!

tables, expliquait-il ; il fallait choisir. Chaq ir Henri fV

étuit gé d'observations analogues <]«• la part de k - i

tisans catholiques; quelques protestants comme son G Rosny, celui qui sera plus tard le duc de Sully, fini par avouer qu'en effet il n'y avait pas moyen de sortir difficultés autrement que par l'abjuration II. -un IV d'envoyer à Rome le marquis de Pisani et le cardinal de Gondi afin de s'entretenir avec le pape. Etait-il ébranlé '.' A Paris, le bruit des démarches de Villeroj produisit une assez forte agitation dont le résultat fut l'affermissement des idées modérées. L'opinion allait insensiblement à ce qu'elle pressentait la solution inévitable. Puis l'arrivée troupes espagnoles, de l'étranger, avait indisposé le public Les politiques, à la tête desquels figurait un certain d'Aubiay, ancien prévit des marchands, s'enhardissaient; ils mirent la main sur la milice parisienne dont 13 colonels sur 16 se trouvèrent être des leurs, ainsi que des quarteniers et nombre de capitaines. Il proposèrent d'adresser une a semonce » au roi Henri pour lui demander de se convertir: on les appelades « semonneux »; après avoir été un instant débordé par les violents, Mayenne était maintenant débordé par les modérés, tellement il tenait peu la situation. La vérité était qu'au fond il désirait la couronne, mais que pris entre les ambitions espa gnôles dangereuses, les violents, les politiques les partisans d'Henri IV, et sentant que sa candidature n'était pas même présentable, il ne savait que décider pour ménager ses intérêts. Dans le doute il résolut de convoquer les Etats généraux. Ceux-ci, peut-être, contiendraient à la fois les semonneux et les violents, puis on verrait. De Rome la nouvelle arrivait que le pape avait refusé de recevoir les envoyés du roi de Navarre.

LA PAIX INTKRIKURE.

UKNIU IV

Les Etats généraux convoqués à Paris se réunirent le 2() janvier 1593. Ils étaient bien peu « généraux ». Nombre de provinces avaient rcf é d'envoyer des députés, beaucoup de ceux-ci n'avaient pu arriver à Paris par suite des dangers de la route; ils étaient à peine 128 : 49 ecclésiastiqu 2\ nobles, 55 membres du Tiers-Etat, lorsque les Etals de Blois avaient compté 505 députés ; c'était une ombre d'Etats. La Satyre Menippée les a couverts de ridicule ; ils valent mieux que la réputation qu'ils ont laissée ; dans des circonstances particulièrement difficiles ils ont su faire preuve de jugement, de modération, de dignité et d'esprit national.

Mayenne présida la séance d'ouverture au Louvre sous un dais royal de drap d'or comme s'il voulait préparer lès esprits à son élection, et expliqua que les Etats étaient réunis afin de nommer un roi de France catholique. Le malheur voulait que personne n'envisageât sérieusement sa candidature, ce qui gênait Mayenne dont le discours fut trouvé vague et sans caractère. A une tribune avait pris place l'envoyé du roi d'Espagne; le légat pontifical assistai! aussi aux séances. La proposition fut d'abord faite d'entamer des négociations avec Henri IV afin d'examiner la situation. Le légat prit la parole et s'opposa à ces conférences. Les Etats agacés de cette intervention, votèrent les conférences. Ils devaient finir par refuser même de discuter devant l'envoyé du pape. Le sentiment qui obsédait tout le monde était l'appréhension de l'Espagne. On avait besoin d'elle, de son argent, de ses soldats. Elle envoyait encore 5 000 hommes commandés par le comte de Mansfeld ; mais ses prétentions étaient déconcertantes. Dès après la bataille d'Ivry on avait appris que Philippe II rêvait tout uniment d'être élu roi de France : la France serait devenue une province de son empire ; les avantages eussent été du reste appréciables : libertés municipales, convocations régulières des Htats généraux qui eussent légiféré, voté les impôts ; nominations exclusives de Français dans les places et fonctions, en somme une autonomie large et intelligente Beau-

i l. 311 Cl E DE i.\

coup d Prançaii avaient adi

(•(.nui. ''s s'étaienl formés afin de défendre ! tant en retour le libre commen gnôles Mais après réflexion Philippe II avait i I jel II s'était rejeté vers un autre Ayant épousé loi m une soeur des trois derniers Valois, il estimai! que si fille Isabelle-Claire Eugénie, pouvait, à titre de descendante de Henri II, réclamer le trône de France vacant II y avait : le préjugé de la loi salique, cette fameuse loi salique dont tout le monde parlait, mais dont personne n'avait jan citer le texte concernant la succession royal. ■. effet qui n'existait pas. On ['écarterait C'était cet' didature que les r,tats s'attendaient à voir produire 'levant eux dans des conditions politiques des plus embai Un ambassadeur extraordinaire arriva d'Espagne afin de suivre l'affaire, le duc de Feria. Mavenne alla causer i lui à Soissons, renouvelant toujours ses demandes de troupes. Feria fut assez sec, offrant à son interlocuteur, s'il acceptait d'entrer dans les idées du roi d'Espagne, la lieutenance générale du royaume avec les gouvernements de Bourgogne et de Picardie ; Mayenne éluda, déclarant qu'il s'en remettait aux JtLtats ; l'ambassadeur riposta avec vivacité ; la discussion fut âpre et Mayenne osa lui dire que les Français n'entendaient pas être traités comme des Indiens. Feria vint à Paris, se rendit dans l'assemblée des Etats où on le reçut officiellement le 2 avril 1593 et prononça un grand discours dans lequel il rappela tout ce qu'avait fait et faisait encore le roi d'Espagne au profit de la cause catholique ; il se borna à conclure qu'il était temps que les btats élussent un roi. Mais l'attention des Etats était à ce moment attirée par les conférences avec Henri IV dont le principe avait été adopté. Ces conférences se tenaient à Suresnes : du côté de la Ligue figuraient Villeroy, Jeannin et l'archevêque de Lyon d'Epinac; du côté des royalistes de Thon. Schomberg et l'archevêque de Bourges Renault de Beaune. Elles s'annonçaient dans des conditions excellentes.

],a veille de leur ouverture, Henri IV causant avec le surin tendant d'O et L'archevêque de Bourges, avait Qni par leur avouer qu'évidemment il voyait bien qu'on ne sortirait jamais de la situation dans laquelle on se débattait à moins qu'il ne se fit catholique. Le grand mot était prononcé. Si la Ligue, pensait Henri IV, nommait un roi quelconque, il faudrait recommencer avec celui-ci une lutte interminable ; décidément il était bien certain que la France ne voulait à aucun prix de roi protestant ; mieux valait peut-être céder. Ces confidences qui furent rapportées à Suresnes facilitaient singulièrement la tâche des négociateurs. Ils commencèrent par décider une suspension d'armes de dix jours, qui lut accueillie à Paris avec une allégresse extrême, comme l'annonce d'une paix possible et prochaine. Les violents furent désemparés. Que ferez-vous si le roi de Navarre se convertit? leur demandait-on. Ils répondirent qu'ils attendraient la décision de Rome. Mais l'éventualité de l'abjuration les déconcertait.

Nul ne fut plus embarrassé que Mayenne dont la cause personnelle s'embrouillait ainsi davantage. Il demeura énigmatique. « Chacun, écrivait l'Estoile, est empêché pour découvrir le personnage que joue le duc de Mayenne auquel personne ne connaît rien. » Il se borna à dire qu'il re K»it sur le terrain de la défense des intérêts catholiques, ce qui était vague. Quant aux Espagnols, moitié impudence, moitié inconscience, ils réclamèrent l'élection d'un roi de France et enfin, officiellement, posèrent la candidature de l'infante Isabelle-Claire-Eugénie, a L'apostume, s'écria-t-on, de l'ambition du roi d'Espagne est donc crevée ! » On objecta vivement la loi salique. Le parlement protesta au nom des lois fondamentales du royaume. Les ambassadeurs firent des mémoires écrits pour répondre aux objections et un de leurs théologiens vint expliquer aux Etats que rien ne s'opposait à l'élection demandée. Les Etats gardèrent le silence. Alors hardiment l'ambassadeur espagnol demanda qu on procédât à l'élection de l'infante Isabelle comme reine

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ne dirent qu'ils acceptaient à condition que tout de n îsabelle fût reconnue reine propriétaire et que Philippe II choisît le mari de sa fille, ce à quoi les Etats rîpos qu'ils entendaient connattre d'avance le mari en qu< Visiblement les Etats cherchaient â r du

attendant la solution des conférences de Su.

L'opinion publique se retournait insensiblement vers Henri IV et réclamait la paix. Des pétitions se signaie Villeroy quittait délibérément la Ligue et passait au roi de France suivi de beaucoup d'autres, tous gracieuaccueillis par Henri IV. Le parlement multipliait les arrêts contre les demandes espagnoles comme contraires au droit public et le président Le Maistre soutenait que les États n'étant pas en nombre n'étaient pas qualifiés pour changer les lois fondamentales du rovaume. Les Etats se décidèrent à répondre aux Espagnols que, tout bien réfléchi, ils ne jugeaient pas le moment favorable, et qu'ils ne pouvaient procéder à l'élection d'un roi que d'ailleurs la Ligue ne serait pas en état de défendre. Alors se repliant au fur et à mesure, les ambassadeurs de Philippe II annoncèrent qu'ils acceptaient la candidature du duc de Guise et proposèrent de marier ce prince avec l'Infante. Mais le duc de Guise ne se souciait pas d'accepter un rôle qu'il ne pourrait pas soutenir : il déclina. Aux demandes de soldats et d'argent que tout le monde adressait aux Espagnols ceux-ci répondaient évasivement ; on leur reprochait de se dérober, en réalité de ne rien pouvoir donner. « Il n'est personne, écrivait Mendoza en Espagne, qui ne nous

LA PAIX INTERIEURE. - HENHl IV ;;05

jette à la figure que nous manquons de tout. » Mayenne en profita pour notifier que dans ces conditions il allai! faire une trêve avec Henri IV.

La conversion du roi de France annoncée était attendue et escomptée partout : elle avançait. En juillet 1593, Henri IV eut une conférence à Saint-Denis avec des évoques, et voulut discuter les points de religion qui le préoccupaient : cette conférence dura cinq heures, elle fut vive Les théologiens durent passer condamnation sur quelques points <>ù ils ne pouvaient convaincre Henri IV, le purgatoire par exemple, le culte des saints, que le prince traitait de « badineries », l'autorité du pape. Il parut céder sans beaucoup croire à ce qu'on lui disait. « Vous ne me contentez pas bien, répétait-il, et ne me satisfaites pas comme je désirerais. Je mets aujourd'hui mon âme entre vos mains; je vous prie, prenez-y garde, car là où vous me faites entrer je n'en sortirai que par la mort; de cela, je vous le jure et proteste ; » et il pleurait. Il était sincère quoique pas très convaincu. En France, les protestants doutant encore priaient et jeûnaient « afin qu'il plût à Dieu donner constance à notre roi ». On lui fit signer une formule d'abjuration. Il écrivait le 23 juillet à son amie Gabriel le d'Estrées ce mot moitié léger, moitié soucieux : « Ce sera dimanche que je ferai le saut périlleux. » Il s'exécutait non par ambition personnelle, mais pour le bien de l'JLtat. L'abjuration solennelle eut lieu le 25 juillet à Saint-Denis, sdii> le grand portail de l'église abbatiale au milieu d'un concours énorm'e de curieux. Henri IV était tout habillé blanc, entouré de princes, de seigneurs, d'ofnciers d couronne, des gardes, tambours battants. Sur un fauteuil de damas blanc l'attendait l'archevêque de Bourges, environné d'une dizaine d'évèques et des moines du moi tère : « Qui êtes-vous ? fit le prélat. — Je suis le roi. — Que demandez-vous? — Etre reçu au giron de l'Egl — Le voulez-vous? — Oui, je le veux et le dés re Henri IV se mettant à genoux lut sa profe sion de foi. ■ Je

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