‹ Le siècle de la renaissanceChapitre 7 sur 51 · DE · texte numérisé non relu

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Français ; ils chass irent Bonnivef de» borda du les* d par le combal <le Rebecco, puis Bonnivel remontant

Alpes afin d'aller au-devant des Suisses qu'il attendait, fut abordé une seconde fois à Romagnano sur la Sésia, et encore battu. Ce fut pendant sa retraite que Bavard, commandant l'arrière-garde, reçut dans les reins l'arquebusade qui allait le tuer : on le déposa au pied d'un arbre. Comme Bourbon qui vint à passer lui exprimait ses regrets de le voir dans ce triste état et le plaignait : « Il n'v a point de pitié en moi, dit mélancoliquement le chevalier sans peur et sans reproche, car je meurs en homme de bien ; mais j'ai pitié de vous, de vous voir servir contre votre prince, votre patrie et votre serment ! » Bonnivet repassa les Alpes.

Alors, sur la proposition de Charles de Bourbon, l'armée impériale à son tour franchit les montagnes et envahit la Provence (juin 1524). Il s'agissait de prendre Marseille, puis de marcher par Lyon sur Paris où Henri VIII se rendait aussi afin de se faire couronner roi de France. Marseille était pourvue de vivres et de munitions, admirablement défendue par les habitants qui firent preuve d'un courage invincible : l'entreprise échoua. Après de vaines et fatigantes attaques, les troupes de Bourbon, mercenaires recrutés un peu partout et difficiles à tenir, signifièrent qu'elles en avaient assez ; il fallut renoncer à la campagne et regagner la vallée du Pô. Une invasion de la France par ce côté n'a jamais réussi.

Cette circonstance fut jugée meilleure par François Ier pour reprendre son projet d'il y avait deux ans, aller lui-même

en Italie, à la tête d'une grande armée, recommencer Mari gn an ; il avaii foi en son étoile, croyail à une victoire certaine; le Milanais conquis il irait même à Naples ! Les revers précédents continuaient à ne i- i < m i apprendre au roi de France; il ne voyait que le moyen de pouvoir attaquer Charles-Quint en faisant valoir des droits, puisque la conception juridique de ces droits semblait remplacer à ce moment toute idée abstraite de conquête. La catastrophe de Pavie et la prison qui allait suivre devaient durement le ramener de ses illusions !

En octobre 1524, il franchit les Alpes avec 30 000 fantassins et 1 500 lances commandés par ses plus anciens et expérimentés capitaines. Les Impériaux effrayés, s'é\anouirent devant lui : il entra dans Milan ; seuls 6 000 hommes tenaient bon dans Pavie ; il alla les y assiéger. Trois mois durant il les bloqua pour les affamer ; mais pendant ce temps Lannoy et Bourbon arrivaient avec 20 000 fantassins, 700 hommes d'armes et 500 chevau-légers. Les deux armées prirent contact en janvier 1525, s'observèrent pendant trois semaines, finalement l'armée Impériale qui se voyait, faute d'argent pour payer ses troupes, menacée de désertion en masse — Grisons et Italiens avaient déjà abandonné le roi de France, — se décida à attaquer. Elle attaqua sous Pavie le 24 février, de nuit, à la gauche de François Ier, par un grand parc entouré de murs qui s'étendait autour du château de Mirabello. L'armée française fit une conversion à droite pour se mettre en ligne face aux assaillants ; l'artillerie commandée par Galiot de Genouillac ouvrit le feu. Un instant les Impériaux surpris par le mouvement flottèrent. Un de leurs chefs, Pescaire, les lança à l'attaque. François Ie' chargea vigoureusement à la tète de ses gentilshommes et de deux compagnies d'ordonnance ; mais à coté et derrière lui Pescaire faisait foncer les masses espagnoles : la droite française débordée plia et rompit ; le centre a son tour se trouva culbuté ; en réserve sur le second échelon les Suisses.

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devant l.i débandade «lu centre, ne tinrent pas et lit I sans combattre ; tout était en déro ite Seuls, I

gentilshommes demeuraient en l'air . -•• débattant .•H dés< Plutôt que de fuir, le chei

de France résolu! de se faire tuer. Il continua .•h furieux j un a un -••- braves gentilshomm autour de lui; ce lut un atombe <lu meilleuj

de France : le vieux La Trémoïlle, tel maréchaux «le La Palice ot «le Foix, l'amiral Bonnivet, le grand ma le grand écuyer. Reconnaissant le roi. les -<»l<laN in riaux cherchaient à s'emparer -I'- -a personne; enfin le cheval du malheureux prince s'abattit ; on se précipita ; M. de Pompérant, le gentilhomme ami de Bourbon, voulut prendre l'épée de François I'r qui ne consentit à la donner qu'au vice-roi Lannov. Tout était fini !

C'était un lamentable désastre ! En deux heures Tarn française avait été dispersée ; 10 000 hommes étaient tu de grands officiers de la couronne, d'illustres sujets jonchaient le champ de bataille ou étaient pris; le roi de Navarre, le comte de Saint-Paul, le maréchal Anne Montmorencv étaient aux mains de l'ennemi ; seul le duc d'Àlençon, beau-frère du roi, avait pu se sauver : il en mourut de honte deux mois après ! Le soir, à la nuit, François Ier était conduit et enfermé dans la citadelle de Pi/./ighettone sous la garde de 2(JÔ hommes d'armes et de 1 200 fantassins commandés par l'Espagnol Alarcon. Il écrivait à sa mère Louise de Savoie une lettre que nous avons conservée pour lui apprendre toute l'étendue de la catastrophe : « De toutes choses, lui disait-il, il ne m'est demeuré que l'honneur et la vie qui est sauve ! »

Quelle infortune était la sienne et celle du royaume ! L'aîné des enfants du roi prisonnier avait huit ans ! A la régente que devenait Louise de Savoie, il ne restait pour défendre l'Etat, ni une troupe, ni un chef, ni un écu ! La France a dû de n'être pas conquise et démembrée à ce moment à l'impuissance réelle qui divisait ses ennemis.

Cliarlcs-Quint était à Madrid lorsque lui arriva l'extraordinaire nouvelle si peu attendue, de sa victoire décisive ! Il garda son sang-froid. On lui proposa de célébrer son triomphe par une fête pompeuse ; il refusa. Plein de calme, il alla remercier Dieu de son succès, suivit une procession d'actions de grâces, puis délibéra sur ce qu'il y avait à taire. Bourbon proposait d'envahir sans tarder le royaume vaincu, de faire couronner Henri VIII à Saint-Denis et de partaj les dépouilles. De son côté Henri VIII réclamait la France, consentant à laisser à l'empereur la Bourgogne, la Provence, le Languedoc, et au duc de Bourbon le Dauphiné avec ses anciennes propriétés. Si Ton trouvait que c'était trop, il sollicitait seulement les anciennes provinces ayant appartenu à l'Angleterre : Normandie, Gascogne, Guyenne, Anjou, Poitou, Maine, en ajoutant la Bretagne.

Au conseil de Charles-Quint deux avis furent proposés : il fallait ou bien accabler François Ier et le ruiner définitivement, ou bien faire la paix avec lui à des conditions relativement acceptables. Le chancelier Gattinara qui soutint cette dernière opinion, insista, disant que les propositions d'Henri VIII étaient déshonorantes à l'égard d'un ennemi battu; d'ailleurs leur réalisation rendrait le roi anglais beaucoup trop dangereux. Charles-Quint se rangea à cette opinion. On discuta les conditions qui seraient imposées à François Ier : elles étaient extrêmement dures! Le roi de France devrait renoncer à tout droit quelconque sur l'Italie, Milanais ou Naples; il devrait rendre les biens de Charles le Téméraire injustement saisis par Louis XI, la Bourgogne et nombre de seigneuries ; il devrait solennellement abandonner tout droit de suzeraineté sur la Flandre et l'Artois, particularité humiliante pour Charles-Quint qui était ainsi le vassal de François Ier; il devrait enlin rendre à Charles de Bourbon toutes ses propriétés et ajouter à celles-ci la Provence. Henri VIII serait dédommagé. Le tout, pour avoir plus de force, serait ratifié par les Etats généraux, et lorsque le roi de France se trouverait ainsi notablement

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suivre celui ci dans une campagne <] I (uint m<

i.ni contre les Turci afin de repousser l'invasion musuln devenue menaçante dans la vallée du DanuJ ion, la

France sérail occupa

Ces conditions furent portées non à Fi I ". a

à la régente Louise de Savoie. Louise de S • la

gravité de la situation, n'avait pas perdu son i Aidée de Florimond Robertet, l'habile btaf et

du chancelier Duprat, elle avait pris d'activés □ afin de mettre le royaume en état de i Tout

monde l'avait secondée. Nulle part personne n'avait cherché à profiter des circonstances ou à excit troubles Le

parlement de Paris avait organisé la défense de la ville En Normandie, clergé, seigneurs et villes - iteodus

pour parer à une invasion et maintenir l'ordre. Se rendant à Lyon, la régente était parvenue à y recruter une petite armée. A l'accablement de la première beure avait suc» plus de confiance et un sentiment plus ferme d'espérances meilleures. Lorsque l'envoyé de Charles-Quint se présenta à Louise de Savoie afin de lui notifier les conditions de son maître, la régente lui répondit fermement que l'État était en mesure de se défendre et qu'elle ne céderait pas un pied de terre du royaume !

Dans sa prison de Pizzighettone où il était enfermé, François Ier passait par des alternatives contradictoires d'affaissement et de légèreté insouciante. Il s'était vêtu d'habits de couleur gris cendre; il avait écrit à Charles- Quint des lettres d'une dignité discutable,, dans lesquelles il lui demandait d'être magnanime, de ne pas le pousser à bout, de tâcher au contraire de faire de lui un ami plutôt que de le désespérer; il lui disait d'un ton humble : « Vous pouvez être sûr, au lieu d'un prisonnier inutile, de rendre un roi à jamais votre esclave ! » Puis il jouait à la paume ; il faisait des vers qu'il envoyait à son amie de cœur, la jolie Mlle d'Heilly; il retrouvait quelques heures de gaieté, bien

rpi'avec tous les respects du monde on le surveillât de très près et on ne lui laissât aucune liberté. Charles-Quint lui communiqua les conditions qu'il avait envoyées à Louise de Savoie. François Ie' eut un geste de lassitude accablée. Il répondit que ces conditions étaient « bien difficiles»; il s'en remettait à la régente sa mère du soin de les discuter. Quant à lui, il consentait à renoncer à l'Italie, à Milan, à Naples, à l'Artois, à la Flandre; il voulait bien rendre à Bourbon ses possessions en ajoutant la Provence; il payerait Henri VIII; il ne disait rien de la Bourgogne. Louise de Savoie trouva ces concessions excessives et Charles-Quint les jugea insuffisantes.

Alors François Ier pensa que peut-être s'il pouvait voir l'empereur et causer directement avec lui, il obtiendrait plus aisément ce que des discussions lointaines par des infermédiaires insuffisamment autorisés ne parviendraient jamais à procurer. Il demanda à ses gardiens de le conduire en Espagne. Ses gardiens étaient, avec Alarcon, le vice-roi de Naples Lannoy et Pescaire, Antonio de Leiva. Ceux-ci avaient reçu mission de Charles-Quint, après trois mois de séjour du captif à Pizzighettone, de le conduire à Naples. François Ier ne voulait à aucun prix aller à Naples dont le climat ne lui convenait pas. Esprit modéré et bienveillant, Lannoy, qui désirait voir s'arranger les choses et souhaitait une paix honorable, prit brusquement le parti, sans consulter personne, même l'empereur, d'embarquer le roi de France et de faire voile avec lui vers l'Espagne. Il débarqua à Barcelone le 19 juin 1525 et par une lettre prévint Charles- Quint qui était à Tolède. Charles-Quint eut une vive colère Le vice-roi de Naples parvint à le radoucir. On convint que François Ier serait enfermé à Madrid dans le donjon dit Alcazar. La traversée du prince captif à travers l'Espagne fut pour le malheureux l'occasion d'égards et d'honneurs auxquels il ne s'attendait pas. Partout on le reçut de la façon la plus sympathique, avec des harangues, sous des dais; il (it ses entrées à cheval entouré de troupes, triste

il put même cl ■ ■ - ix, contemplei honneur Mai a il avait I 'ara que Charles-Quint se refusait ni L

réveil après cette marche entourée de prévenan lantea fut dur, lorsque François I m tn ■ de l'Alcazar «I»' Madrid, liant donjon, épais, élevé d< i de 33 mètres au dessus du sol, donnant sur l< desséché, et au delà, sur l'immense plateau dénudé de la Castillo: La pièce dans laquelle il fut enfermé était petite et nue, à peine meublée d'un lit. d'une table et de i il fallut faire venir de France d ta tentures à fleurs de liafin de garnir et d'égaver un peu ces murs I mtal L'unique fenêtre, d'aillé illée, s'ouvrait dans une

entaille si profonde de la muraille, qu'on avait pu fain cette entaille une pièce distincte en la vitrant intérie ment. C'était là, sans sortir, sans distraction, que le malheureux prince allait passer de longs mois ! Ln corpa g irde d'arquebusier s; au-dessous, le gardait.

On reprit les négociations; elles furent longues et douloureuses. Louise de Savoie avait envoyé pour discuter au nom du gouvernement le premier président «lu parlement de Paris, Jean de Selve et l'archevêque d'Embrun, Frai deTournon; ils avaient mission de renoncer aux droits sur l'Italie, à la souveraineté de l'Artois et de la Flandre; ils pouvaient parler d'un projet de mariage entre Fian oia I . alors veuf de la reine Claude, avec la sœur de Charles- Quint, Eléonore, veuve elle-même du roi de Portugal ; au besoin ils accepteraient le principe d'une rançon d'argent pour la délivrance du roi ; mais sur le chapitre de la Bourgogne, ils ne céderaient pas. Charles-Quint refusa d'accepter la rançon, mais il tint bon pour la Bourgogne; à aucun prix il ne Déchirait : c'était son bien; il s'estimait modéré de ne pas réclamer tout ce à quoi il avait droit. En vain les deux ambassadeurs discutèrent, raisonnèrent, plai-

dèrent. L'empereur, toujours à Tolède, avec son conseil, ne céda point, il fallut rompre; l'entente étail impossible sur ces bases.

Un instant on crut qu'une diversion viendrait peut-être changer la face des affaires. Henri VIII, blessé de ce que Charles-Quint ne pensât plus à lui et à ses intérêts, avait traité l'empereur d'ingrat et de superbe. Louise de Savoie profita de ces dispositions pour lui proposer de faire la paix avec elle moyennant de l'argent dont elle savait qu'il avait à ce moment un besoin urgent. Brusquement Henri VIII accepta. D'autre part, en Italie, les Italiens comment aient à trouver que Charles-Quint devenait trop dangereusement puissant pour eux; qu'il allait vouloir être le maître absolu de la péninsule, les dominer : ils se concertèrent. Habilement, Louise de Savoie leur proposa de s'entendre aussi avec elle : elle renoncerait à toute possession française en Italie; elle olïrait seulement de mettre sur le trône de Milan un François Sforza ; il ne s'agissait que d'expulser les Impériaux. Les Italiens accueillirent ces propositions. Le pape, les Vénitiens, Florence, tous signèrent. Le pape offrit même à Pescaire, le général de Charles-Quint, de lui faire donner le royaume de Naples et de le couronner roi, ce qui était priver l'empereur d'un de ses meilleurs soldats; par sentiment d'honneur et de fidélité, Pescaire refusa mais prévint Charles-Quint : le danger était considérable, disait Pescaire; ce qu'il- avait refusé, un autre pourrait l'accepter et quelles inextricables difficultés alors pour l'empereur! L'Italie entière se prononçait contre lui; mieux valait, achevait Pescaire, traiter avec François Ier en cédant sur les propositions premières que de tenter la fortune, fallût-il abandonner la Bourgogne! Louise de Savoie et son fils attendaient anxieux. L'empereur répondit qu'il demeurait inébranlable ! II ne fléchissait pas !

Alors sous le coup de l'accablement que produisaient Les déceptions répétées, cette interminable captivité, sans exercice physique nécessaire à un prince vigoureux et actiî.

LE SIECLE DR l \ REN IISSANI B.

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purtoul l'absence de la m cette réclusion devenue od I ■ i

La Bèvre l«' prit ; il se sentil atteint; en peu «l-- i mal empirant «lime façon inquii il se trouva en

de prostration ri au bout de vingt joui-, le 18 septembre 1525, il perdait connaissance I Ou le crut a I L'empereur, sérieusement effrayé «-t d'aillé son prisonnier mort, la partie était perdue pour lu, irut

à cheval, amenant avec lui ses meilleurs médecins. liai, i à Madrid à franc étrier, un soir, à neuf I • I. nnoj le

reçut à l'Alcazar avec le maréchal de Montmorencj lui-

ci portant une torche allumée, ils montèrent dans la chambre du malade. Charles-Quint se montra des plus affectueux; il embrassa François 1er, l'assura qu'il ne devait pas se tourmenter, que tout s'arrangerait entre eux. qu'il fallait d'abord songer à guérir. On avait mandé de I Marguerite, la sœur dévouée; celle-ci, doublant les éta] arrivait à Madrid le 20 septembre; Charles-Quint alla la recevoir au bas de i'escalier de l'Alcazar. Elle pleurait; il l'embrassa, cherenant à la consoler et la conduisit près de son frère, puis rentra à Tolède et ordonna des pri< publiques. •

Le mal de François Ier parut s'aggraver encore; trois jours durant il demeura dans un état d'insensibilité complète et les médecins le déclarèrent perdu. Marguerite, au désespoir, fit dire la messe dans la chambre du malade par l'archevêque d'Embrun. A l'élévation, l'officiant présentant l'hostie à l'adoration de François Ier, celui-ci, à la surprise de tous, entr'ouvrit les yeux. On essaya de le faire communier; il put prendre la moitié d'une hostie, et Marguerite consomma l'autre; peut-être était-ce un abcès qui venait de s'ouvrir, les relations contemporaines sont assez obscures sur la nature du mal. A partir de ce moment le roi alla mieux, quoiqu'il demeurât extrêmement faible ; de jour en jour les forces parurent revenir : il était hors de danger.

On essaya de profiter de la présence de Marguerite pour

faire reprendre à la princesse les négociations avec Charles- Quint et utiliser les bonnes dispositions que celui-ci avait manifestées. Marguerite alla le 3 octobre à Tolède, elle fut reçue des plus courtoisement par l'empereur, lequel se rendit au-devant d'elle et la conduisit à la maison qu'il avait fait préparer à son intention. Le lendemain ils eurent ensemble une longue conversation de deux heures, seul à seul. Marguerite trouva Charles-Quint aussi inexorable que jamais. Elle lui proposa de marier son frère avec Eléonore en spécifiant que celle-ci aurait pour dot la Bourgogne que lui donnerait l'empereur, ce qui était implicitement, pour le roi de France, renoncer à son droit primitif sur la province, mais la conserver, de fait, en vertu d'un droit nouveau. Charles-Quint refusa. Elle proposa qu'on fît le parlement de Paris juge de la question débattue; l'empereur refusa. Par ailleurs il maintenait toutes ses conditions : renoncement à l'Italie et à la Flandre, rétablissement de Bourbon dans tous ses biens avec adjonction de la Provence; promesse, une fois la paix faite, d'accompagner l'empereur contre les Turcs ; il s'estimait généreux en ne réclamant pas de rançon. Marguerite échouait. Il n'y avait plus rien à faire. Le 13 octobre elle quittait Tolède.

Sous le coup de la colère que lui causait l'intransigeance inflexible de l'empereur et le peu de suite que celui-ci avait donné aux sentiments conciliants manifestés par lui pendant sa maladie, François Ier prit une résolution désespérée, celle d'abdiquer ; il ne laisserait de la sorte entre les mains de son adversaire qu'un prisonnier sans valeur; il abdiqua en faveur du dauphin. Devant cette mesure, le conseil de l'empereur effrayé proposa au souverain de céder. Pescaire revenait sur les dangers que présentait l'Italie; l'ambassadeur en France de Charles-Quint, Louis de Bruges, sieur de Praet, écrivait qu'il était politique de ne pas tant insister. Charles-Quint ne voulut rieu entendre. Il resta indifférent à l'abdication. Tout au plus, puisqu'il n'avait plus un roi de France entre les mains,

it il disposé à rendre l'internement de celu >ini

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chargé de le servir et d'entretenir on le .

le prince prendrait ses habits, se noircirait la soir à la brune rail : des rel • - fui • al

Malheureusement mi valel 'I».* chambre, pour se d'une correction qu'il avait reçue de Monta tout révéler, Le roi hit plus étroitement lié.

M;ii> pendant ce temps, en France, Loui.se d voyanl les mois et les mois se suivre sans apporter de solution, se décourageait. Le royaume ne pouvait rester a indéfiniment sans maître; la présence du roi devenait plus en plus nécessaire ; elle-même ne se sentait pas de force à assumer indéfiniment les responsabilités du goui nementj sans limite. Où allait-on? Il ne s'agissait, en somme, que d'une province, sujet du litige. Devait-on compromettre le sort de la France entière pour une province? Les maux qui pouvaient survenir ne seraient-ils plus graves que la perte d'un simple duché ? Jean le pour recouvrer sa liberté, n'avait-il pas sacrifié plus encoi Louise se décida enfin à céder et à renoncer à la Bourgogne. Chabot de Brion partit pour Madrid afin d'annoncer sa résolution. François Ier, à bout de courage, courba la tète. Les plénipotentiaires français : l'archevêque d'Embrun, Jean de Selve, Chabot de Brion; espagnols : Lannov, Hugo de Moncada, Jean Lallemand, s'abouchèrent. François I persistait à accepter Eléonore comme épouse; elle avail bien été promise à Charles de Bourbon et celui-ci se fâchait : pour trancher la difficulté, Charles-Quint demanda son sentiment à la jeune femme qui répondit qu'elle aimait mie x être reine de France. Jusqu'à ce que la Bourgogne fût effectivement livrée, le chancelier de l'empereur, Gattinara, proposait de garder François Ier prisonnier. Celui-ci offrit comme otages de sa parole ses deux fils : Charles-Quint accepta. L'acte final de ce traité accablant avait été dressé le

i9 décembre ; il y était stipulé que le roi de France le ferait ratifier par les LUats généraux et les parlements <lu royaume dans quatre mois. On décida de procéder à la signature solennelle le 14 janvier 1526.

La veille de ce jour, au soir, François Ior réunit dans sa chambre du donjon de Madrid les plénipotentiaires français', le président de Selve, l'archevêque d Embrun, Chabot de Brion, plus le maréchal de Montmorency, le prévôt de Paris qui était là, et son propre secrétaire. D'une voix: ferme il leur déclara que ce qu'il allait faire le lendemain il le faisait contraint et forcé ; il protestait contre cette contrainte; il la considérait comme rendant nulles, par avance, toutes les obligations qu'on allait lui imposer, obligations attentatoires aux droits de la couronne, préjudiciables aux intérêts du royaume, injurieuses pour son honneur. L'empereur lui faisait promettre des choses exorbitantes, qu'il lui était impossible de tenir; il cédait par nécessité, mais devant Dieu et devant les témoins présents, il protestait que n'étant pas libre, il tenait tout ce qu'il allait jurer, pour inexistant et non avenu !

Le lendemain, après la messe dite par l'archevêque d'Embrun, les signatures furent échangées. Les plénipotentiaires espagnols remplaçaient Charles-Quint qui ne s'était pas dérangé. François Ier jura sur les Evangiles d'observer le traité ; les négociateurs français jurèrent à leur tour. Le H février, près d'un mois après seulement, l'empereur ratifiait. On fiança le roi de France avec Eléonore, mais on le gardait toujours en prison jusqu'à ce que ses fils fussent venus le remplacer ; tout au plus lui laissait-on quelque liberté de sortir pour aller «à la messe, d'ailleurs toujours très entouré et surveillé. Enfin Charles- Quint se décida à venir voir le vaincu ; il arriva costumé de velours noir, escorté de 250 cavaliers et François Ier alla l'attendre au pont du Mançanarès, monté lui-même sur une mule richement caparaçonnée. L'entrevue des deux princes fut courtoise; ils soupèrent ensemble, causèrent

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longtemps; le 16 t wir l<* désir du roi de rendre

lei deux princei sllèi '-rit tu i d'Illescas, du côté de Tolède, <<ù la prin< •

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le 19 février, l<" roi el l'empereur se dirent adieu, ««lui -ci

rendant i Sévi Ile pour se mai rec l'inl . Il belle

de Portugal, celui là, enfin, étanl aut la frontière française où il allait retrom Avant

de Be séparer, Charles-Quint tut pria d'un doute : i Aj rez-moi, fit-il à François I", que vous exécuterez fidèlement

engagements. » — « Je vous jure de maintenir j'ai promis ! » répondit le roi. Us se saluèrent et se quittèrent.

Le 21 février, François quittait définitivement Madrid et ce funeste donjon où pendant six longs mois il avait tant soufïert physiquement et moralement. Il allait falloir un mois encore pour gagner la frontière. Il était toujours étroitement entouré. On prit des précautions infinies afin d'el tuer l'échange du roi et de ses fils sur la Bidassoa entre Hendave et Fontarabie ; Louise de Savoie avait envové les deux petits princes âgés de huit ans et demi et de sept ans — celui-ci le futur Henri II — sous la conduite de Lautr Le 17 mars, à sept heures du matin, en présence de deux troupes, française et espagnole, qui occupaient respectivement les deux rives opposées, portés sur deux barques au nombre égal de rameurs et d'occupants, les princes furent échangés au milieu de la rivière en traversant un pont établi au centre et désert. Lorsqu'il mit le pied sur la terre de France, François Ier s'écria : « Je suis roi encore ! * Puis montant à cheval, il courut à Bayonne où dans la grande église il remercia solennellement Dieu.

Jusque-là les clauses du traité avaient été tenues secrètes. Elles furent publiées. Leur caractère excessif provoqua une universelle indignation. En Italie, où le traité en question proclamait l'hégémonie de l'empereur, le mécontentement

fut unanime. Le pape émit l'avis qu'il n'y avait pas lieu de tenir pour valable un accord imposé par la contrainte, accord qui conduisait le roi d'Espagne à « la monarchie de la chrétienté », et Henri VIII fut du même sentiment. En France la colère était à son comble. Etats, parlements, seigneurs, ce fut un concert de protestations véhémentes.

Quant à François Ier, aux termes du traité, il devait ratifier celui-ci à peine libre. Il ne ratifia rien. L'ambassadeur impérial vint le trouver pour lui rappeler cette obligation ; il éluda par des réponses dilatoires, prétextant que des oppositions éclataient de toutes parts, qu'il fallait au moins consulter les Etats de la Bourgogne intéressée. Très préoccupé, Charles-Quint envoya au roi de France Lannoy afin d'insister, et de faire valoir cet argument qu'étant roi absolu, il n'avait que faire de tenir compte des réclamations de ses sujets. Lannoy était arrivé à Cognac, où se trouvait François Ier, le 8 mai. Le 10, accompagné de l'ambassadeur ordinaire, Louis de Praet, il eut audience devant le conseil du roi. Là, sans plus longtemps tergiverser, le chancelier de France Duprat notifia officiellement, au nom du gouvernement, qu'il était impossible de séparer la Bourgogne du royaume. A son tour, François Ier, prenant la parole, déclara qu'on avait exigé son serment à Madrid à un moment où il ne jouissait d'aucune liberté, que ce serment était nul et qu'il se tenait pour entièrement déi: Néanmoins, il désirait vivre en paix et en union avec l'empereur et par ailleurs comptait exécuter du traité tout ce qui était vraiment exécutable. Les envoyés de Charles-Quint ne répondirent rien, s'inclinèrent et sortirent. Sans plus tarder, profitant de la terreur qu'inspirait aux Italiens le spectre menaçant de la « monarchie de la chrétienté », François Ier signait avec tous une ligue sous l'égide du pape Clément VII : ce fut la sainte ligue de Cognac, et les confédérés armèrent.

Charles-Quint était à Séville où il venait de se marier

Iavec l'infante du Portugal, lorsqu'il apprit ce qui venait

té de reni I ontre I fui un coup i

A|'i partie si belle, I I . sm-

i leur d'Angleterre demeurait a silencieux et retiré, pa heures de Buite Beul, li . Toul

i immencer Charles Quint avail pen de l'Allen, où le luthéranisme et le*

avançaient et il fallait revenir à l'Italie! Il donna i pour <{ue les enfants de IV I rement

les petits princes allaient être indignemi confiés soldats brutaux, tratnés de fort «in for-

teresse, enfermés dans des pièces grillées, obscures et ni séparés de tout Français, misérablement votais : iU peine à voir.

Vénitiens, pontificaux et autres confédérés se concentraient en Italie. Le pape notifia la sainte ligue à l'en. reur; l'ambassadeur de Franc-. Jean de Calvimout, dent au parlement de Bordeaux, vint en faire autant, au nom de François Ier, réclamant de Charles-Quint qu'il renonçât à la Bourgogne et rendit les enfants de Fiance contre une rançon. « Votre maître, dit Charles-Quint à Calvimont, m'a trompé; je ne me lierai jamais plus à lui ■ il n'a agi ni en chevalier ni en gentilhomme ! » Les enfants, il ne les rendrait à quelque prix que ce fût ! Il chercha cependant à détourner l'orage, s'efforçant de détache. Italiens de

François Ier, insistant auprès de Clément VII; il fit toutes les offres, toutes les menaces, rien ne réussit : le danger de la domination impériale était trop menaçant. Pendant ce temps, les excès de ses représentants en Italie aggravaient les choses pour lui.

A Rome, son délégué, Hugo de Moncada, s'étant entendu avec le parti de la famille des Colonna, ennemis du pape, il se trouva que ceux-ci soulevèrent un tumulte qui dégénéra en un désordre effrayant, au cours duquel le Vatican fut emporté d'assaut, pillé, saccagé, et le pape con-

Craint de se réfugier au château Saint-Ange où on l'obligea à signer l'engagement de se retirer de la ligue. L'événement souleva l'indignation de l'Europe; Charles-Quint fut extrêmement contrarié d'une aventure qui était un opprobre et un acte de barbarie. Ce n'allait pas être la seule de genre.

Il avait envoyé Charles de Bourbon dans le nord de l'Italie pour commander une armée qu'il rassemblait en recrutant des mercenaires de tous cotés, d'Italie, d'Espagne, d'Allemagne, tourbe violente de gens de métier sans foi ni loi. Bourbon s'ébranla dans la direction de l'Italie centrale. Il n'avait pas d'argent; son monde, qui réclamait ses soldes, frémissait. Les pluies continuelles trempant ces soudards excités, misérables, sans costumes, sans souliers, sans provisions, ils se mutinaient perpétuellement: Bourbon manqua être assommé. Pour les calmer, il eut l'imprudence de faire miroiter à leurs yeux la perspective de sacs de villes et prononça môme le nom de Borne. D'une voix, l'armée impériale, transportée, réclama la marche sur Borne où le pape était revenu à la ligue. Il fallut marcher. Alors Bourbon prit résolument son parti ; il s'élança par la vallée do l'Arno, et le lundi 6 mai 1527, les bandes impériales donnaient l'assaut à la ville éternelle par le quartier du Borgo. En montant à l'escalade, Charles de Bourbon fut frappé mortellement d'une balle ; il eut le temps, étendu dans nue chapelle voisine, de se confesser et de communier avant de mourir. Le Borgo emporté, puis le reste de la ville, ce fut huit jours (Jurant une série de carnages horribles : meurtres, incendies, profanations, les lansquenets luthériens se permettant tout; plus de 4000 personnes furent égorgées. Le pape, enfermé dans le château Saint-Ange, capitula avec treize cardinaux et fut gardé prisonnier par le même capitaine espagnol Alarcon, qui avait gai-dé François Ier : fortuné empereur qui avait eu pour prisonniers le pape et le roi de France! Mais le sac de Borne produisit une stupéfaction générale dans la chrétienté, et

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Lautrec reprit aux Impériaux la vallée du I' férir ; il marcha sur Rome I) un coup hardi, Charles Quint ordonna <l<> rendre la liberté au lin pontii

ii;int une rançon de 368000 écus. Un héraut d - de

France vint en Espagne déclarer officiellement la à l'empereur. Celui-ci le reçut sur son trône, « de

tour >ur, et là, solennellement, lui répondit que le roi

de France avant manqué à sa parole n'était qu'un ■ lâche », et que « s'il vouloit dire le contraire, il !<• lui maintiendroit de sa personne à la sienne ». C'était une provocation. Qu le héraut fut revenu en France rapporter cette réponse, François Ier reçut aussi sur son trône, entouré de toute sa cour, non moins solennellement. L'ambassadeur de l'empereur, Granvelle ; et lui rappelant les termes de l'insulte que Charles-Quint venait de proférer, il chargea Granvelle de dire à son maître « que celui-ci en avoit menti par la gorge», qu'il l'appelait en duel. Etrange épilogue de ce drame qu'eût été le combat en champ clos des deux so rains ! Bien que l'empereur eut riposté que son adversaire était lui-même « un menteur » et qu'il acceptait la rencontre sur la Bidassoa, le duel n'eut pas lieu ; il y eut des obstacles secondaires ; à la vérité ils n'y tenaient ni Tun ni l'autre.

Lautrec s'avança, occupa les Etats pontificaux, conquit le royaume de Xaples sans rencontrer de- grande résistance et vint mettre le siège devant cette ville. Il eût pu la prendre, la mer étant tenue par un des plus habiles et des plus réputés marins du temps, le Génois André Doria, que François Ier avait à ses gages depuis longtemps. Malheureusement François Ier blessa Doria par de nombreuses imprudences, l'irrita par des menaces inconsidé-

le roi l:t lkmpkreur

rées, et l'autre, ulcéré, passa à l'empereur ; Naples ravitaillée fut en mesure de résister au siège. Comme toujours, l'armée française fondit peu à peu, décimée par les maladies, la famine, l'absence d'argent. Lautrec lui-même atteint, mourut; les débris de ses troupes, moins d'une dizaine de mille hommes, s'en allèrent errants et furent faits prisonniers dans Aversa. Le nouvel effort n'avait servi à rien. L'Italie entière demeurait à l'empereur.

Louise de Savoie chercha alors à s'interposer afin d'amener la paix entre son fils et Charles-Quint. Il y avait huit ans que durait la lutte. Ne pourrait-on donc y mettre un terme? Elle s'adressa à l'archiduchesse Marguerite, gouvernante des Pays-Bas, tante de l'empereur, qui accepta d'essayer. Les deux princesses convinrent des bases sur lesquelles on pourrait traiter; les bases étaient toujours les mômes : renonciation de la France à l'Italie, à la Flandre, à l'Artois, mais on suppliait Marguerite de décider Charles-Quint à renoncer à la Bourgogne. Vingt fois les négociations manquèrent être rompues. A force de patience, l'archiduchesse parvint à convaincre son impérial neveu que mieux valait abandonner cette Bourgogne qu'à aucun prix les Français ne voulaient laisser, et rester maître incontesté de l'Italie, qui, sans cela, se soulèverait perpétuellement. Avec une peine infinie, Charles-Quint enfin se décida. Les enfants de François Ier, il consentit à les rendre moyennant une rançon de deux millions d'écus d'or. Les deux princesses avaient discuté à Cambrai ; ce fut la p ix de Cambrai, dite aussi « la paix des dames » à cause des négociatrices; elle fut conclue le 3 août 1529. Lorsque les petits princes revinrent d'Espagne et racontèrent à leur père la façon dont ils avaient été traités, François Ier en éprouva une colère violente. Les souffrances de ses enfants, jointes au souvenir cruel de celles qu'il avait endurées lui-môme à Madrid, laissaient dans son cœur une haine invincible contre l'implacable adversaire. II signait la paix, mais c'était en attendant qu'il pût reprendre la guerre pour

tien GiustinianOj i tellemen le roi qu'il ne parle j montrer an gran I i ix e1 un violent désir d<

Mais cette fois il prendrait son temps; il m lontemenl . à bon ai ; puis il fallait

respirer. On commença par une lo diplo-

matique destinée à isoler petil I petit politiquement I • pereur. François P* envoya solliciter le> r>t.it> italiens, le pape, le roi d'Angleterre : le terrain étail ezoell lette

toute-puissance impériale qui dominait l'Europe était un cauchemar pour tous ceux qui appréhendaient d'en être les victimes. Clément VII, particulièrement, et l< linaux.

qui gardaient le souvenir terrifiant du sac de Roi: prêts à toutes les alliances contre l'ennemi «1 tente fut si parfaite que l'on convint même d'un mariage entre le fils de François 1er qui devait être le roi Henri II et une petite-cousine du pape, Catherine, duchesse d'Urbin; ce mariage allait se faire et cette Catherine n'était autre que Catherine de Médicis, fille de Laurent de Médicis, qui avait alors treize ans, le même âge que son tout jeune fiancé Une entrevue eut lieu à Marseille entre Clément VII et le roi de France, François Ier revenant toujours à lidée lancinante du Milanais, le pape consentant à ce qu'il reconquit la province perdue.

Une entrevue eut lieu aussi avec Henri VIII. Moyennant de l'argent, on décida ce prince égoïste et intéressé à ce qu'on voulut. L'alliance fut assurée.

Allant cette fois plus loin encore, François Ier songea à gagner l'appui des princes allemands, adversaires de l'empereur. Au milieu des luttes occasionnées par le progrès du luthéranisme, les princes allemands, partisans de la nouvelle doctrine, avaient dû, pour se défendre contre les entreprises de Charles-Quint et des princes catholiques, s'unir entre eux a Smalkade en 1530. Le roi très chrétien osa leur proposer

défaire cause commune avec lui. Ils acceptèrent. Mais quoi ? Les théologiens expliquaient à François Ier que « le droit naturel et les canons permettaient à chacun tous les moyens de défense » lorsqu'on était gravement menacé. En vertu de ce

principe François I'1 alla plus loin encore : il eut recours aux Turcs eux-mêmes; nouveauté hardie! Pour la première fois le sultan entrait dans le concert des puissances de l'Europe ! François Ier expédia à Constantinople Rinconafîn de prendre langue; en 1534, un amiral ottoman, KhaïrEddin Barberousse vint en ambassade en France et en 1538 un autre ambas deur français, La Forest, se rendit près du grand turc Soliman. C'était le point de départ de relations qui ne devaient jamais cesser. L'Europe fut un peu surprise. « Les Français, écrivait un ambassadeur italien, trouvent cette alliance aussi honteuse qu'elle l'est en effet », « une tache ignominieuse ». Le sentiment inconscient d'un équilibre européen nécessaire se faisant jour, l'emploi de moyens efficaces sans autre considération que l'intérêt politique semblait s'imposer en même temps.

Aux innovations politiques le gouvernement de François Ier ajouta les innovations militaires. L'ancien système de recrutement consistait à confier à un capitaine le soin de recruter une bande de 300 hommes qu'il allait prendre n'importe où, souvent à l'étranger. Le 24 juillet 1534 on créa, sur le modèle des Romains, 7 légions d'infanterie, chacune à 6 compagnies de 1 000 hommes et on affecta ces 7 légions à chacune des provinces de Normandie, Bourgogne, Languedoc, Bretagne, Picardie, Dauphiné et Guyenne. C'étaient 12000 hommes d'infanterie dont 30 000 armés de piques ou de hallebardes et 12 000 d'arquebuses : l'origine de nos vieux régiments.

Tout étant prêt, la mort du due de Milan, François Sfor/a, en 1535, fut le prétexte que choisit François Ier afin de reprendre les armes contre l'empereur. 11 réclama le Milanais; le duc de Savoie Charles III lui faisant des difficultés, il commença par occuper la Savoie et le Piémont qu'envahit l'amiral Chabot de Brion. Charles-Quint n'avait pas été sans

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B'emparer de Marseille L'armée fran tenir avait été m us les ordres de Anne de Montmo-

rency, homme prudent et circonspect. Celui de rencontre, dévasta systématiquement le pa envahisseurs, enfouit le blé et le vin, démolit les moulins, et lorsque l'armée impériale s'avança, elle ne trouva pas de quoi se nourrir. Aix fut pillée; mais Marseille, Arles, Taraacon, fortement remparées, armées, amplement munies de pr< et de soldats, attendaient. Charles-Quint se heurta à ces barrières pendant que Montmorency demeurait en observation sur le Rhône. Il tenta l'impossible pour enlever Marseille qui tint bon. Son armée mourant de faim s'émiettait. Aj deux mois de séjour, Montmorency toujours impassible dans son camp de la Durance, Çharles-Quint se décida à s'en aller; il rentra piteusement en Italie, n'ayant rien fait.

Les choses traînèrent dans un état d'impuissance et de lassitude générale des deux côtés. Anne de Montmorency mis en vedette par le succès de sa tactique défensive, força d'une attaque brillante le Pas de Suse, accompagné du dauphin Henri ; mais le 16 novembre 1537 les deux adversaires, ne pouvant rien faire, signaient à Monçon une trêve de trois mois sur les bases du statu quo. Que pouvait-on tenter de part et d'autre? Il fut convenu qu'une entrevue aurait lieu entre l'empereur, le pape et le roi de France, entrevue dans laquelle on tâcherait de faire à nouveau la paix. A cette entrevue, en IS38, on constata qu'il était impossible ae s'entendre sur un projet définitif. Une nouvelle trêve fut signée, celle-ci pour dix ans, en vertu de laquelle François V* gardait provisoirement la Savoie, l'empereur provisoirement

lo Milanais et un peu d'accalmie succéda aux haines et aux hostilités précédentes.

L'accalmie fut môme telle, que l'année suivant.-, les habitants deGand s'étant révoltés contre leur souverain, Charles- Quint, embarrassé pour gagner la Flandre, osa demander à François Ier la permission de traverser la France. François I s'empressa d'accepter. Partout, sur ses ordres, on fit au souverain si détesté, une réception cordiale et somptueuse, montrant comment les Français savent pratiquer la vertu chevaleresque d'aimable hospitalité. A Bordeaux, Poitiers, Chatellerault, Blois, Orléans, ce furent des arcs de triomphe, des harangues, des fêtes de toutes sortes. Par bravade à l'ég de ses conseillers inquiets qui lui prédisaient les pires catastrophes, l'empereur n'était accompagné que de 20 à 25 gentilshommes et de 50 chevaux. L'entrée eut lieu à Paris avec un éclat magnifique. Charles-Quint logea au Louvre et assista à des séries de banquets et de joutes. Il put gagner la Flandre sans encombre. On l'avait accueilli avec des sourires et de gracieuses paroles; au fond des cœurs trois blessures restaient saignantes : le souvenir des duretés de Madrid, l'appréhension de cette excessive puissance européenne, le regret du Milanais perdu.

Aussi, lorsque cinq ans après, en 1544, deux ambassadeurs de François Ier, Rincon et Fregose furent traîtreusement assassinés sur les bords du Pô par des soldats impériaux, François Ier profita de cet événement pour rompre de nouveau avec l'ennemi abhorré et l'attaquer. Un jeune prince, le duc d'Enghien, frère du roi de Navarre, Antoine de Bourbon, et oncle du futur Henri IV, fut mis à la tète d'une armée qui passa les Alpes et le 14 avril 1544, allait remporter sur le général impérial marquis du Guast la brillante victoire de Cérisole. On se rappelle avec quelle verve Monluc, qui était dans les troupes françaises, raconte comment il fut chargé d'aller en France demander la permission de livrer la bataille, la peine qu'il eut à l'obtenir du conseil malgré un emportement et une faconde méridionale qui

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terre, on livra quelques combats Henri VIII finit par ira à Ardres moyennant 800 000 écus pourvu qu'il rendit Boulogne et le Boulonnais. Tout le monde était tatigi

Henri VIII ne survécut pas longtemps à ce dernier épisode ; il mourait assez rapidement, en 1547. Ii cette disparition d'un homme qui était à peu près son contemporain, François Ier n'allait pas tarder lui-même, cette même année 1547, âgé de cinquante-trois ans, sparattre à son

tour, découragé et accablé par un règne de trente-deux ans qui avait compté plus d'heures tristes que de moments heureux et laissait le souvenir amer d'une suite de autrement impressionnants que les satisfactions et les joies, au moins dans le domaine politique.

SomcES. Catalogue des actes de François Iir, ISS" et suiv.; Martin du Bellay. Mémoires, éd. Michaud et Poujoulat ; Louise de Savoie, Journal, même édition: Comptes de Louise de Savoie et de Marguerite d'Angoulême, éd. A. Lefranc, 1903; Marguerite d'Angoulême. Lettres, éd. Génin, 184 lsi ; Journal de Jean Barrillon, secrétaire du chancelier Duprat, éd. de Vaissière, 1897; Journal d'un bourgeois de Pais sous le règne de François 70r, éd. Lalanne, 1854; Chronique du roi François b' de ce nom, éd. Guiffrey. 1S60; Monluc, Commentaires et lettres, éd. de Ruble. 1864: Brantôme, Œuvres complètes, éd. Lalanne: Captivité du roi François 1er, éd. A. Champollion-Figeac ; Tommaseo, Relations des ambassadeurs vénitiens, 1S3S; Albert, Relazzioni degli ambasciatori veneti al senalo, i

LE ROI ET L'EMPEREUR sl

Ouvrages. R. de Manille, Louise de Savoie et François 1", lSO.'i; de Lescure, François /•», 1878; 1'. Paris, Études sur François In, 1885; B. Zeller, Claude de France, 4892 ; Mignet, Rivalité de François I" et de Charles- Quint, 1875; Baumgarten, Geschiehte Karls V, L885 ; À. Lébey, Le connétable de Bourbon, 1904; A. de Barrai, Le camp du Drap d'or, 1879; Gachard, La captivité de François iûr et le traité de Madrid, 1860; Jacqueton, La politique extérieure de Louise de Savoie, 1892; Décrue Anne de Montmoi ^rand maître et connétable de F 'C 1885 . \ 5] '. Mari gnon et l'organisation militaire sous Fi i-\£ïis /•' {licj. Ucsguett. hist., 18'J'J).

LS SIECLE DE 1. V REN USS v\ B.

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