‹ Le siècle de la renaissanceChapitre 9 sur 51 · LE BIÊCLE DE LA · texte numérisé non relu

LE BIÊCLE DE LA

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cuieurs. Parlai il de guerre, de peinture, de litté

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riciiliuic', il avait sur chaque chose des coni précises et des idées pleines de bon sena : i Non ment les artistes auraient profité à l'entendre, écrivait le

geois Thomas Hubert, <jui accompagna en L53S l'électeur palatin à Paris, mais aussi les jardiniers et les laboureurs. » Sa mémoire fidèle lui permettait «le causer avec les gentilshommes de leurs généalogies qu'il savait i tond, comme il connaissait tous les nobles de son royaume A les hommes de guerre, il s'entretenait de stratégie, de conduite d'armée, d'artillerie, d'approvisionné] 1 il les

confondait par la sûreté, la netteté de ses idées; et si i s'en étonnaient, le roi en riant ajoutait qu'en effet il voyait bien ce qu'il fallait faire, mais qu'il ne savait appliquer ses conceptions, ou plutôt qu'il ne s'en souciait pas, et que malheureusement il n'avait jamais trouvé personne qui sût les réaliser. Avec les érudits enfin, il aimait parler de philosophie, de livres, de manuscrits. Contradiction bizarre, c'était peut-être ce genre de conversation que préférait ce roi si gentilhomme, si représentatif dune race aimable, pas très sérieux au fond. En réalité, esprit curieux, il avait le talent de s'instruire en faisant parler ceux qui savaient ; il s'assimilait très bien, puis doué de bon sens et de jugement, il arrivait à « ce qu'il n'y eût chose, comme dit Cavalli, ni étude, ni art sur lesquels il ne pût raisonner très pertinemment et qu'il ne jugeât d'une manière aussi assurée que ceux-là mêmes qui s'y étaient spécialement adonnés ». Aucun roi de France, pas môme Henri IV auquel il ressemble tant par certains côtés, n'a su donner à ses dîners, à ses réunions de cour, petites ou grandes, un attrait plus distingué.

A le bien prendre, toutefois, ce n'était qu'un homme 'le plaisir. Si clans sa jeunesse il avait affectionné les jeux bruyants et dangereux, jusqu'à risquer à se tuer vingt fois ; s'il avait eu des goûts un peu rudes tels que celui de faire lutter un taureau contre trois lions dans les fod'Amboise ; si, jeune homme gâté de famille riche, il s'était diverti à des folies telles que de se masquer, de se déguiser avec des camarades, et d'aller, comme le raconte le Journal d'un bourgeois de Paris, « parmi là ville en aucunes maisons jouer, gaudir », et y commettre Dieu sait quels excès « que le populaire prenait mal à gré », il avait conservé dans l'âge mûr une tendance marquée .pour la dissipation. Chasses, fêtes, conversations, voyages perpétuels, toilettes, recherche des jolies choses, tout sollicitait continuellement un esprit qui devenait incapable de s'attarder longuement aux affaires sérieuses. Avec du jugement et des connaissances, le défaut d'application faisait de François Ier un homme léger.

De cette légèreté, il témoigna surtout dans les questions concernant son gouvernement. Il détestait s'occuper de l'Etat : les soucis de sa charge de roi l'obsédaient ; il fallait qu'on lui en parlât le moins possible. Assez facile d'accueil, bienveillant, simple, il acceptait une idée émise par ses conseillers et l'approuvait sans difficulté pour en avoir plus tôt fini. La reine Marguerite, sa sœur, plaignait assez à l'ambassadeur Giustiniano, surtout en pensant à Charles-Quint, l'adversaire si jaloux, si réservé, si réfléchi ! Heureusement que pour les très graves affaires François Ier reprenait ses droits et entendait décider : volontiers même dans ces cas-là affectait-il un autoritarisme tranchant. Le bon côté de cette légèreté fut son absence de rancune : il pardonnait aisément et oubliait; le mauvais côté fut cette politique inintelligente qui l'amena peut-être à faire preuve de bravoure et d'élan, deux qualités qu'il possédait, mais attesta son défaut de finesse et d'adresse dont il aurait eu beaucoup plus besoin. Peut-être à celle

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De ces Influences, la première lut certainement celle I de Savoie, sa mère I. - qui,

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ceux-là au dépit de ne pouvoir se faire épouser. Qu'elle ait été très regardante dans ses intérêts, cela semble certain ; mais qu'elle ait eu le caractère bas, c 1

>on fils dans lequel elle avait mis toutes ses affections, elle l'a trop adulé pour avoir eu la force de le bien diri| Son rôle, pendant la captivité de Madrid, fut digne, in ligent et ferme. François Ier l'estimait infiniment — les lettres qu'il lui écrivait le prouvent. Lorsque cette pâle et mince personne mourut, le 22 septembre 1534, âgée de cinquante-six ans, elle fut regrettée partout, et la mélancolique épitaphe que le roi son fils composa sur sa tombe :

Ci-gist le corps dont l'âme est faite glorieuse, etc.,

parut justifiée à tout le monde.

La seconde de ces influences a été celle de la sœur du roi, « Madame Marguerite d'Orléans », comme on l'appelait, la charmante reine de Navarre, qui, veuve du duc d'Alençon, mort après la bataille de Pavie, fut mariée, le 31 janvier 1527, sans enthousiasme, au roi de Navarre, Henri d'Albret, dont elle aura Jeanne d'Albret, la mvre d'Henri IV. La fine et intelligente créature, si accueillante, si gracieuse, bonne, douce, charitable, incapable de mépriser personne, l'esprit très ouvert à toutes les idées, aimant causer avec les savants, écrivant des contes, des

LA COUR DE FRANÇOIS l"r

comédies, des pastorales, des chansons et composanl des vers, — Marguerites de la Marguerite, — adorait trop aussi ce frère gâté qui l'appelait « sa mignonne », pour ne pas tout accepter de lui sans chercher à corriger ses défauts. « Ne parlons pas de celle-là, disait François Tr à quelqu'un qui lui dénonçait les tendances luthériennes de sa sœur; elle m'aime trop; elle ne croira que ce que je croirai !... » Elle croyait et voulait ce que son frère d< Cette admiration approbative ou, tout au moins, si la princesse désapprouvait, son inaptitude à hasarder des remontrances faisait de la spirituelle mais peu énergique Marguerite une aide insuffisamment efficace à ceux qui eussent voulu voir conseiller au roi plus de suite et de sérieux. Peut-être s'en affligeait-elle au fond d'elle-même, el sa fleur préférée, sa devise, le souci, trahissait-elle les inquiétudes secrètes de sa pensée!

Les reines, femmes successives de François Ier, n'ont pas compté : la première, Claude, morte, trop jeune, à vil cinq ans, la seconde, Eléonore, sœur de Charles-Quint, épousée par nécessité politique, n'ayant pas eu d'enfant du roi et vivant à l'écart un peu seule, isolée malgré un personnel de cour nombreux, étrangère, dépourvue d'influence, paraissant à peine et ne jouant aucun rôle.

Les amies du souverain ont tenu au contraire une place bien plus considérable. François Ier a eu la réputation d'avoir été un des princes les plus gais et les plus volages qui aient régné en France. On a exagéré. Jeune, peut-être a-t-il fait preuve de vivacité de sentiments très changeants. Il n'a eu en réalité que trois affections principales qui, il vrai, l'ont tenu toute sa vie, ce qui est beaucoup La première, la moins importante, fut celle que provoqua Anne de Graville, demoiselle d'honneur d'Anne de Bretagne, blonde et fine jeune fille, intelligente, gracie attrayante avec ses yeux noirs, son grand front, sa petite bouche et son teint rose. L'histoire ne dura guère. An> sauva uu joui' eu compagnie de son cousin, Pierre de Balzac

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