CHAPITRE XVII
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malade. Les Maures assiégeaient Ceuta : aussitôt le maïquîs d'Harcolirt offre des vaisseaux et des troupes à Charles, qui en fut sensiblement touché ; mais la reine sa femme en fut efifrayée, elle craignit que son mari n'eût trop de reconnaissance, et refusa sèchement ce secours.
On ne savait encore quel parti prendre dans le conseil de Madrid, et Charles II approchait du tombeau, plus incertain que jamais. L'empereur Léopold, piqué, rappela son ambassadeur, le comte de Harrach; mais bientôt après il le renvoya à Madrid, et les espérances en faveur de la maison d'Autriche se rétablirent. Le roi d'Espagne écrivit à l'empereur qu'il choisirait l'archiduc pour son successeur. Alors le roi de France, menaçant à son tour, assembla une armée vers les frontières d'Espagne, et ce même marquis d'Harcout fut rappelé de son ambassade pour commander cette armée, il ne «esta à Madrid qu'un officier d'infanterie, qui avait servi de secrétaire d'ambassade, et qui fut chargé des affaires, comme le dit le marquis de Torci. Ainsi le moribond, menacé tour à tour par ceux qui prélendaient à sa succession, voyant que le jour de sa mort serait celui de la guerre, que ses États allaient être déchirés, tendait à sa tin sans consolation, sans résolution, et au milieu des inquiétudes.
Dans cette crise violente, le cardinal Portocarrero, arch:- ▼éque de Tolède, le comte de Monterey, et d'autres grands d'Espagne, voulurent sauver la patrie. Ils se réunirent pour prévenir le démembrement de la monarchie. Leur haine contre le gouvernement allemand fortifia dans leurs esnriti la raison d'État, et servit la cour de France sans qu'elle le sOt. Ils persuadèrent à Charles II de préférer un petit-fils de Louis XIV à un prince éloigné d'eux, hors d'état de les dé* fendre. Ce n'était point anéantir les renonciations solennelles de la mère et de la femme de Louis XIV à la couronne d'Espagne, puisqu'elles n'avaient été faites que pour empêcher les atnés de leurs descendants de réunir sous leur domination les deux royaumes, et qu'on ne choisissait point un atné : c'était en même temps rendre justice au droit du sang; c'était :onserver la monarchie espagnole sans partage. Le roi scrupuleux fit consulter. les théologiens, qui furent de l'avis d*
son conseil; ensuite, tout malade qu'il était, il écrivit de sa main au pape Innocent XII, et lui fit la même consultation. Le pape, qui croyait voir dans l'affaiblissement de la maison d'Autriche la liberté de l'Italie, écrivit au roi que « les loi» « d'Espagne et le bien de la chrétienté exigeaient de lui qu'il « donnât la préférence à la maison de France. » La lettre du pape était du 16 juillet 1700. Il traita ce cas de conscience d'un souverain comme une affaire d'État, tandis que le roi d'Espagne faisait de cette grande aflaire d'État un cas de conscience.
Louis XIV en fut informé par le cardinal de Janson, qui résidait alors à Rome : c'est toute la part que le cabinet de Versailles eut à cet événement. Six mois s'étaient écoulés depuis qu'on n'avait plus d'ambassadeur à Madrid : c'était peut-être une faute, et ce fut peut-être encore cette faute qui valut la monarchie espagnole à la maison de France. Le roi d'Espagne fit son troisième testament, qu'on crut longtemps être le seul, et donna tous ses États au duc d'Anjou». On saisit un moment où sa femme n'était pas auprès de lui pour le faire signer. C'est ainsi que toute cette intrigue fut terminée.
L'Europe a pensé que ce testament de Charles II avait été dicté à Versailles. Le roi mourant n'avait consulté que l'intérêt de son royaume, les vœux de ses sujets, et même leurs craintes; car le roi de France faisait avancer des troupes sur la frontière pour s'assurer une partie de l'héritage, tandis que le roi moribond se résolvait à lui tout donner. Rien n'est plus vrai que la réputation de Louis XIV et l'idée de sa puissance furent les seuls négociateurs qui consommèrent cette
révolution.
Charles d'Autriche, après avoir signé la ruine de sa maison et la grandeur de celle de France, languit encore un mois, et acheva enfin, à l'âge de trente-neuf ans (1« novembre 1700), la vie obscure qu'il avait menée sur le trône. Peut-être n'est-il
î . \}uelquei mémoire» disent que \t cardinal Porlocsrrero arracha do roi œwsr?Bt la sjgualure de ce testament ; iU i»ii font tenir un long di&cour» pour y disi>i>. •er ce monarque ; mai» on toit que tout étaU déjà préparé et réglé de» le moi» d» \M\\Wi. Qui pourrait d'ailleur» »Avoir ce que dit le cardinal Porlocûrrero M itd *i»t«àtète7 {Noie de Yoliiiiir.)
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