CHAPITRE XVin
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ftomme de finance, et jouant cependant le rôle d'un premier ministre, dans l'impuissance où il était de faire des arrangements par lui-même, les recevait de plusieurs mains subalternes : BOii secret était quelquefois divulgué avant même 5u*il sût précisément ce qu'on devait faire. C'est ce que le marquis de Feuquières lui reproche avec raison ; et madame de Maintenon avoue dans ses lettres que cet homme qu'elle avait choisi était un ministre incapable. Ce fut là une dei principales causes du malheur de la France.
Dès que Marlborough eut le commandement des arméef confédérées en Flandre, il fit voir qu'il avait appris l'art de la guerre sous Turenne : il avait fait autrefois ses premières campagnes, volontaire, sous ce général. On ne l'appelait dans l'armée que le bel Anglais ; mais le vicomte de Turenne avait |ugé que le bel Anglais serait un jour un grand homme . H commença par élever des officiers subalternes, et jusqu'alon inconnus, dont il démêlait le mérite, sans s'assujettir à l'ordre du grade militaire, que nous appelons en France l'ordre du tableau. Il savait que quand les grades ne sont que la suite le l'ancienneté, l'émulation périt ; et qu'un officier, pour f tre plus ancien, n'est pas toujours meilleur : il forma d'abord âes hommes. 11 gagna du terrain sur les Français sans combattre (1702). Le premier mois, le comte d'Atholne, général hollandais, lui disputa le commandement ; et dès le second, il fut obligé de lui déférer en tout. Le roi de France avait envoyé contre lui son petit-fils le duc de Bourgogne, prince sage et juste, né pour rendre les hommes heureux : le maréchal de Boufflers, homme d'un courage infatigable, commandait 'armée sous ce jeune prince ; mais le duc de Bourgogne, après avoir vu prendre plusieurs places, après avoir été forcé de reculer par les marches savantes de l'Anglais, revint à Versailles au milieu de la campagne (septembre et octobre 702). Boufflers resta seul témoin des succès de Marlborough, {ui prit Venlo, Huremonde, Liège, avançant toujours, et ne perdant pas un moment la supériorité.
Marlborough, de retour à Londres après cette campagne , reçut les honneurs dont on peut jouir dans une monarchie et Anus une république; créé duc par la reine, et, ce qui eit
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