CHAPITRE XVIII
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plus flatteur, remercié par les deux chambres du parlement, dont les députés vinrent le complimenter dans sa maison Il s'élevait cependant un homme qui semblait devoir rassurer la fortune de la France : c'était le maréchal duc de Villars, alors lieutenant général, et que nous avons vu depuis généralissime des armées de France, d'Espagne et de Sarv daigne, à l'kge de quatre-vingt-deux ans, ofOcier plein d'au» dace et de confiance. 11 avait été l'artisan de sa fortune par ion opiniâtreté à faire au delà de son devoir. 11 déplut quelquefois à Louis XIV, et, ce qui était dangereux , à Louvois, parce qu'il leur parlait avec la môme hardiesse qu'il servait. On lui reprochait de n'avoir pas une modestie digne de sa faleur : mais enfin on s'était aperçu qu'il avait un génie fait pour la guerre, et fait pour conduire les Français. On l'avait avancé en peu d'années, après l'avoir laissé languir longtemps.
Il n'y a guère eu d'hommes dont la fortune ait fait plus de aloux, et gui ait dû moins en faire. Il a été maréchal de ?rance, duc et pair, gouverneur de province : mais il a sauvé l'État; et d'autres qui l'ont perdu, ou qui n'ont été que courtisans, ont eu à peu près les mêmes récompenses. On lui a repioché jusqu'à ses richesses, quoique médiocres, acquîseï par des contributions dans les pays ennemis, prix de sa valeur et de sa conduite; pendant que ceux qui ont élevé des forlunes dix fois plus considérables par des voies honteuses les ont possédées avec l'approbation universelle. M n'a guère commencé à jouir de sa renommée que vers l'âge de quatrevingts ans. Il fallait qu'il survécût à toute la cour pour goûter pleinement sa gloire.
Il n'est pas inutile qu'on sache quelle a été la raison de cette injustice dans les hommes : c'est que le maréchal de Villars n'avait point d'art. 11 n'avait ni celui de se faire des imis avec de la probité et de l'esprit, ni celui de se faire valoir, quoiqu'il parlât de lui-môme comme il méritait que les autres en parlassent.
11 dit un jour au roi devant toute la cour, lorsqu'il prenait Rongé pour aller conomander l'armée : « Sire, je vais com- • ba'tre les ennemis de Votre Majestés et ia vous laisse au
a milieu des miens. » 11 dit aux courtisans du duc d'Orléani, régent du royaume, devenus riches par ce bouleversement de l'État appelé système : « Pour moi, je n'ai jamais rien « Kagné que sur les ennemis. » Ses discours, où il se permettait le même courage que dans ses actions, rabaissaient trop les autres hommes, déjà assez irrités par son bonheur.
Il était, en ces commencements de la guerre, l'un des lie»
tenants généraux qui commandaient des détachements dam
l'Alsace. Le prince de Bade, à la tête de l'armée impénale.
venait de prendre Landau, défendu par Mélac pendant quatre
mois. Ce prince faisait des progrès. 11 avait les avantages du
nombre, du terrain, et d'un commencement de campagne
heureux. Son armée était dans ces montagnes du Bnsgau qui
touchent à la Forêt-Noire, et cette forêt immense séparait les
troupes bavaroises des françaises. Catinat commandait dan.
Strasbourg.Sacirconspectionl'empôchad'entreprendredaUer
attaquer le prince de Bade avec tant de désavantages : 1 armée de France eût été perdue sans ressource, et 1 Alsace eût été ouverte par un mauvais succès. Villars, qui «^^^^t^f.^^^^^^,^^^^ maréchal de France ou de périr, hasarda ce que Catmatn osait faire ; il en obtint permission de la cour. Il marcha aux Impériaux avec une armée inférieure, vers Fridlingen, et donna
la bataille qui porte ce nom. , , • .
(14 octobre 1702.) La cavalerie se battait dans la plaine . l'infanterie française gravit au haut de la montagne, et attaqua l'infanterie allemande retranchée dans des bois. J al entendu dire plus d'une fois au maréchal de Villars que, la bataille étant gagnée, comme il marchait à la tête de son Infanterie, une voix cria : « Nous sommes coupés. .A ce naol, tous ses régiments s'enfuirent. Il court à eux, et leur cne : . Allons, mes amis, la victoire est à nous : vive le roil . les wldals répondirent. Vive le roi! en tremblant et recommencent à fuir. La plus grande peine qu'eut le général, ce fut de rallier les vainqueurs. Si deux régiments ennemis avaient naru dans le moment de cette terreur panique, les Françaii Étaient battus : Unt la fortune décide wuvent du gain des
batailles l . .„ .
Le Prince de Bade, après avoir Derdu trou mille hommet.