CHAPITRE XXVL
succès, et revint avec plus de réputation attachée à se» aventures que de considération personnelle. Nous l'avons vu mourir fort âgé et oublié , comme il arrive à tous ceux q\i\ n'ont eu que de grands événements sans avoir fait de grande! choses *.
Cependant madame de Montespan était toute-puissante dèt le commencement des intrigues dont on vient de parler.
Athénaïs de Mortemar, femme du marquis de Montespan, ia sœur ainée, la marquise de Thiange, et sa cadette, pour qui elle obtint l'abbaye de Fonlevraud, étaient les plus belle» femmes de leur temps; et toutes trois joignaient à cet avantage désagréments singuliers dans l'esprit. Le ducde Vivonne, leur frère, maréchal de France, était aussi un des hommes de la cour qui avaient le plus de goût et de lecture. C'était lui é. qui le roi disait un jour : 0 Mais à quoi sert de lire? » Le duc de Vivonne, qui avait de 1 embonpoint et de belles cou. leurs, répondit: «La lecture fait à 1 esprit ce que vos perdrix « font à mes joues. »
Ces quatre personnes plaisaient universellement par un tour singulier de conversation mêlée de plaisanterie, de naïveté et de finesse qu'on appelait l'esprit de Mortemar : elles écrivaient toutes avec une légèreté et une grAce particulière». On voit par là combien est ridicule ce conte que j'ai entendu encore renouveler, que madame de Montespan était obligée de faire écrire ses lettres au roi par madame Scarron, et que c'est là ce qui en tit sa rivale, et sa rivale heureuse.
Madame Scarron, depuis madame de Main tenon, avait, à la vérité, plus de lumières acquises par la lecture; sa conversation était plus douce, plus insinuante : il y a de» lettres d'elle où l'art embellit le naturel, et dont le style est très-élégant.
a^ee elle pour l'engager a déclarer le duc sou héritier (t. II, p. 204). Cette fable est pri^ de l'avuiituie vraie ou fausse de la reine Clotilde. Mademoiselle n'en paH«* point dans ses MérfH'ires, où elle n'omet pas les petits faits. Le duc de Lorram«* n'avait aucun druit a la succession de Mademoiselle ; de plus, elle avait faii, en Itt79, le duc du **^iae et le comte de Toulouse ses héritiers.
L'auteur de ce;* misérn-..ir;s Mémoires dit, page t07, « que le duc de Lauzun, • à son rt'tour, pe vit dans Mademoiselle qu'une fille brûlante d'un amour impur. > lUc était sa femme, et il l'avoue. Il est difticile d'écrire plus d'imposturei dans aa itylo plus iudécent. {Scte de Voltaire.)
t. ▲ ^uatr»-Tin^t-dix ans, le 19 novembre 17tl.