CHAPITRE XXX
Flnanceg et rè^'lcment».
Si l'on compare l'administration de Colbert à toutes les administrations précédentes, la postérité chérira cet homme, dont le peuple insensé voulut déchirer le corps après sa mort. Les Français lui doivent certainement leur industrie et leur commerce, et par conséquent cette opulence dont les sources diminuent quelquefois dans la guerre, mais qui se rouvrent toujours avec abondance dans la paix. Cependant, en 1672, on avait encore l'ingratitude de rejeter sur Colbert la langueur qui commençait à se faire sentir dans les nerfs de l'État. Un Bois-GulUebert, lieutenant général au bailliage de Rouen, fit imprimer dans ce temps-là le Détail de la France, en deux petits volumes, et prétendit que tout avait été en décadence depuis 1660. C'était précisément le contraire: la France n'avait jamais été si florissante que depuis la mort du cardinal Ma*
fl