CHAPITRE XXXV
nances de l'archevêque deToulou»e; fi excommunie les nouveaux grand» vicaiies que ce prélat a nommé», le» pourvu» en régale, et leurs tauteurs.
Le roi convoque une assemblée du clergé, composée de trente-cinq évêques et d'autant de d^^pulés du second ordre Les jansénistes prenaient pour la première fois le parti d'un pape ; et ce pape^ ennemi du roi, les favorisait sans les aimer. Il se fit toujours un honneur de résister à ce monarque dans toute» les occasions ; et depuis môme, en 1681), il s'unit avec le» alliés contre le roi Jacques, parce que Louis XIV prot^ geait ce prince : de sorte qu'alors on dit que, pour mettre fin aux troubles de l'Europe et de l'Église, il fallait que le roi Jacques se fit huguenot, et le pape catholique.
Cependant l'assemblée du clergé de 1681 et 1682, d'une voix unanime, se déclare pour le roi. Il s'agissait encore d'une autre petite querelle devenue importante : l'élection d'un prieuré dans un faubourg de Paris commettait ensemble le roi et le pape. Le pontife romain avait cassé une ordonnance de l'archevêque de Paris, et annulé sa nomination à ce prieuré : le parlement avait jugé la procédure de Rome abusive. Le pape avait ordonné par une bulle que l'inquisition fît brûler l'arrêt du parlement, et le parlement avait ordonné la suppression de la bulle. Ces combats sont depuis longtemps les elYets ordinaire» et inévitables de cet ancien mélange de la liberté naturelle de se gouverner soi-même dans son pays et de la soumission à une puissance étrangère.
L'assemblée du clergé prit un parti qui montre que de» hommes sages peuvent céder avec dignité à leur souverain »ans l'intervention d'un autre pouvoir. Elle consentit à l'extension du droit de régale à tout le royaume ; mai» ce fut autant une concession delà part du clergé, qui se relâchait de ge» prétentions par reconnaissance pour son protecteur, qu'un aveu formel du droit absolu de la couronne.
L'assemblée se justifia auprès du pape par une lettre dan» laquelle on trouve un passage qui seul devrait servir de règle éternelle dans toutes les disputes: c'est « qa'il vaut mieux Bail crifier quelque chose de ses droits que de troubler la paix.» te roi, l'Église gallicane, les parlement», furent contenu. Le»
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JanséiiUlcB écrivirent quelqueslibelles. Le pape fut inflexible: il cassa par un bref toutes les résolutions de l'assembli^e, et manda aux évoques de se rétracter. Il y avait là de quoi separer à jamais l'Église de France de celle de Rome. On avait parlé sous le cardinal de Richelieu et §ous Mazarin de faire un patriarche. Le vœu de tous les magistrats était qu'on ne paydl plus à Rome le tribut des annates; que Rome ne nommftt plui pendant six mois de l'année aux bénéfices de Bretagne; que les évoques de France ne s'appelassent plus évoques par la permission du saint-siége. Si le roi l'avait voulu , il n'avait qu'à dire un mot; il était maître de l'assemblée du clergé, et ilavait pour lui la nation; Rome eût tout perdu par l'inflexibilité d'un pontife vertueux, qui, seul de tous les papes de ce siècle, ne savait pas s'accommoder au temps. iMais il y a d'anciennes bornes qu'on ne remue pas sans de violentes secousses : il fallait de plus grands intérêts, de plus grandes passions, et plus d'effervescence dans les esprits, pour rompre tout d'un coup avec Rome ; et il était bien difficile de faire cette scission tandis qu'on voulait extirper le calvinisme. On crut même faire un coup hardi lorsqu'on publia le? quatre fameuses décisions delà même assemblée du clergé, en 1682, dont voici la substance î
i. Dieu n'a donné à Pierre et à ses successeurs ajicune puissance ni directe ni indirecte sur les choses temporelles.
2. L'Église gallicane approuve le concile de Constance, qui déclare les conciles généraux supérieurs au pape dans le spirituel.
3. Les règles, les usages, les pratiques reçues dans \b royaume et dans l'Église gallicane, doivent demeurer inébranlables.
4. Les décisions du pape, en matières de foi, ne sont sûrei qu'après que l'Église les a acceptées.
Tous les tribunaux et toutes les facultés de théologie enregistrèrent ces quatre propositions dans toute leur étendue, et il fut défendu par un édit de rien enseigner jamais de contraire.
Cette fermeté fut regardée à Rome comme un attentat de rebelles, et par tous les protestants de l'Europe comme un