‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 228 sur 285 · CHAPITRE XXXVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVI

des homracs, l'espril mCme de dispute pouvait servir A entretenir la tranquillité de l'Étal : car les jansénistes con)mençnnt alors à paraître avec quelque réputation, ils partageaient loi wUrages de ceux qui se nourrissaient de ces subtilités. Ils écrivaient contre les jésuites et contre les huguenots; ceuxci répondi«ient aux jansénistes et aux jésuites; les luthériens de la province d'Alsace écrivaient contre eux tous. Une guerre de plume entre tant de partis, pendant que l'État était occupé de grandes choses, et que le gouvernement était tout-puissant, ne pouvait devenir en peu d'annCcs qu'une occupation de gens oisifs, qui dégénère tôt ou tard en indiiîéronce.

Louis XIV était animé contre les réformés par les remontrances continuelles de son clergé, par les insinuations dc'3 jésuites, par la cour de l^ome, et enfin par le chancelier Le Tellier, et Louvois son fils, tous deux ennemis de Colbert, et qui voulaient perdre les réformés comme rebelles, parce que Colbert les protégeait comme des sujets utiles. Louis XIV, nullement instruit d'ailleurs du fond de leur doctrine, les regardait, non sans quelque raison, comme d'anciens révoltés soumis avec peine. 11 s'appliqua d'abord à miner pur degrés de tous côtés l'édifice de leur religion. On lour ôtait ua temple sur le moindre prétexte; on leur défendit d'épouser des filles catholiques, et en cela on ne fi'.tpas peut-être assez politique : c'était ignorer le pouvoir d'un se\e que la cour pourtant connaissait si bien. Les intendants et les évéquet tachaient, par les moyens les plus plau.Mbles, d'enlever aux huguenots leurs enfiinls : Colbert eut ordre, en ICvSI, de ne plus recevoir aucun homme de cette religion dans les fermes; on les exclut, autant qu'on le put, des communautés des arts et métiers. Le roi, en les tenant ainsi sous le joug, ne l'appo sanlissait pas toujours : on défendit par des arrêts toute viiv lence contre eux; on mêla les insinuatiuis aux sévérités; et il n'y eut alors de rigueur qu'avec les formalités de Ip justice.

On employa surtout un moyen souvent efficace de conver- *iion : ce fut l'argent; mais on ne fit pas assez d'usage de CO ressort. Pélisson fut chargé de ce ministère secret : c'eat ce méme^Pélisson, longtemps calviniste, si connu par set ou-

mces, par une éloquence pleine d'abondance, par son at a- Chement au surintendan* Fouquet, dont il avait été le premiercommis, le favori, et la victime. Il eut le bonheur d être éclairé et de changer de religion dans un temps où ce chan- ..ment pouvait le mener aux dignités et à la fortune : il prit l'habit ecclésiastique, obtint des bénéfices et une place de maure des requêtes. Le roi lui confia le revenu de«;J>bayes de SaiiU Germain-des-Prés et de Clum, vers 1 année 4677, avec les revenus du tiers des économats, pour être distribua à c*^ux qui voudraient se convertir. Le cardinal Le Camus, évéque de Grenoble, s'était déjà servi de celte méthode. PéUsson, chargé de ce département, envoyait de l'argent dans les pro^nces-, on tâchait d'opérer beaucoup de conversion, nour pe^ d'argent; de petites sommes distribuées à des mdlrerenfiaient la liste que Pélisson présentait a« roi tous le. Uois ml, en lui persuadant que tout cédait dans le monde h sa puissance ou à ses bienfaits.

Le conseil, encouragé pat ces petits succès que le temps eût re.X pi- considérables, s'enhardit, en 1681, à donner fne déclaration par laquelle les enfant, étaient reçu, à r^ n<,mer à ieur religion à l'âge de sept an.; et, àUppu de S déclaration, on prit dans le. province, beaucoup d en- S pour le. I.dre abjurer, et on logea des gens de guerre

''"ctSe'précipitation du chancelier Le Tellier et de LouvoTs son Bl., qui «t d'abord déserter, en 1681, beaucoup i: fis du Poitou, de la Saintonge. et des pronnce. m- «ines Les étrangers «e hâtèrent d'en profiter.

Te ro s d'Angleterre et de Danemarlc, et surtout la « le d'Amsterdai: invitèrent les calviniste, de France à se réfut-TA^TeU Étals, et leur assurèrent une subsistance. Lsterdan! sTngagea' même 4 bâtir mille maisons pour le,

'"fo wnseil vit le. suites dangereuses de l'usage trop prompt 4e Vauto H , et crut y remédier par l'autorité mémo. On sea £t combien étaient nécessaire, les artisans dans un pay. où te conÏÏerce Horissait, et les gens d. mer dans un temps où lu éiissait une puissante marine : on ordonna la pem.

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