‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 229 sur 285 · CHAPITRE XXXVl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVl

des galères contre ceux de ces professions qui tenteraient de •'échapper.

On remarqua que plusieurs familles calvinistes vendaient leurs immeubles; aussitôt parut une déclaration qui confisqua tou» ce» immeubles, en cas que les vendeurs sortissent dans un an du royaume. Alors la sévérité redoubla contre les ministres : un interdisait leurs temples sur la plus légère contravention; toutes les rentes laissées par testament aux consistoires Tarent appliquées aux hôpitaux du royaume.

On défendit aux maîtres d'école calvinistes de recevoir det pensionnaires; on mil les ministres v» la taille; on ôta la noblesse aux maires protestants : les oiticiers de la maison du roi, les secrétaires du roi, qui étaient priTiestanls, eurent ordre de se défaire de leui^ charges ; on n'admit plus ceux de cette religion parmi les noiC?tes, le» avocats, ni même dan» la fonction de procureur.

Il était enjoint à tout le clergé de faire ûC!» prosélytes, et il était défendu aux pasteur» réformé» d'en faire, sous peine de bannissement perpétuel. Tous ces arrêts étaient publiquement sollicités par le clergé de Krance. C'était, après tout, les enfants de la maison, qui ne voulaient point de partage avec dee étrangers introduit» par force.

Pélisson continuait d'acheter des convertis; mais madame Hervart, veuve du contrôleur général des finances, animée de ce zèle de religion qu'on a remarqué de tout temps daus le» femme», envoyait autant d'argent pour empêcher le» conversions que Pélisson pour en faire.

(1682.) Enfin les huguenots osèrent désobéir en quelque» endroits. Us s'assemblèrent dans le Vivarais et dans le Dauphiné, près des lieux où l'on avait démoli leur» temples : on les attaqua, ils se défendirent. Ce n'était qu'une très-légère étincelle du feu des anciennes guerre» civiles. Deux ou trois cents malheureux, sans chefs, sans places, et mémo sans desseins, furent dispersé» en un quart d'heure ; le» supplices suivirent leur défaite. L'intendant du Dauphiné fit rouer le petit-fil» du pasteur Chamier qui avait dressé l'édit de Nanlen: ile»t au rang des plus fameux martyrs delà secte; et ce nom de Cbamier a été longtemps en vénération chez les protestants.

(4683.) L'intendant du Languedoc » fit rouer vif le prédicant Chomel. Ou en condamna trois autre» au même supplice, et dix à ôlre pendus; la fuite qu'ils avaient prise les sauva, et ils ne furent exécutés qu'en eltigie.

Tout cela inspirait la terreur, et en même temps augmentait l'opiniâtreté. On sait trop que les hommes sattachent à leur religion à mesure qu'ils soutient pour elle.

Ce fut alors qu'on persuada au roi qu'après avoir envoyé des missionnaire» dans toute» le» provinces, il fallait y envoyer des dragon». Ce» violences parurent faites à contretemps ; elles étaient les suites de l'esprit qui régnait alor» à la cour, que tout devait lléchir au nom de Louis XIV. On ne songeait pas que le» huguenots n'étaient plus ceux de Jarnac, de Monlcontour, et de Goutra»; que la rage des guerre» civiles était éteinte; que celle longue maladie était dégénérée l/ en langueur; que tout n'a qu'un temps chez les hommes; que si les pères avaient été rebelle» sous Louis XIU, les enfants étaient soumis sous Louis XIV. On voyait en Angleterre, en Hollande, en Allemagne, plusieurs sectes, qui s'étaient mutuellement égorgées Ip ildcie passé, vivre mamtenant en Vaix dans ies mêmes /ille» : tout prouvait qu'un roi absolu pouvait être également bien servi par des catholiques et par des protestants; les luthériens d'Alsace en étaient un témoiguage authentique. Il parut enfin que la reine Christme avait eu raison de dire dans une de se» lettres, à l'occasion de ces violences et de ces émigrations : « Je considère la France « comme un malade à qui l'on coupe bras et jambes pour le „ traiter d'un mal que la douceur et la patience auraient

a entièrement guéri. »»

Louis XIV, qui, eu te saisissant de Strasbourg, en 1^681, y protégeait le luthéranisme, pouvait tolérer dans ses Ltal» le calvinisme, que le temps aurait pu abolir comme il diminue un peu chaque jour le nombre de» luthériens en Alsace. Poutait-on imaiciner qu'en forçant un grand nombre de sujets, en n'en perdrait pas un plus grand nombre, qui, malgré lc3

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