‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 244 sur 285 · CHAPITRE IZZVIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE IZZVIl

geait dans le cardinal de Noailles l'allié de madame de Maintenon >.

Les jésuites étaient en possession de donner un confesseur au roi, comme presque à tous les princes catholiques : cette prérogative était le fruit de leur institut, par lequel ils renoncent aux dignités ecclésiastiques. Ce que leur fondateur établit par humilité était devenu un principe de grandeur : plus Louis XIV vieillissait, plus la place de confesseur devenait un ministère considérable. Ce poste fut donné à Le Tellier, fils d'un procureur de Vire en basie Normandie, homme sombre, ardent, infle?vible, cachant ses violences sous un flegme apparent. Il fit tout le mal qu'il pouvait faire dans cette place, où il est trop aisé d'inspirer ce qu'on veut, et de perdre qui l'on hait : il avait à venger ses injures particulières. Les jansénistes avaient fait condamner à Rome un de tes livres sur les cérémonies chinoises ; il était mal personnellement avec le cardinal de Noailles, et il ne savait rien ménager. Il remua toute l'Église de France; il dressa, en 1 711, des lettres et des mandements, que des évêques devaient signer ; il leur envoyait des accusations contre le cardinal de Noailles, au bas desquelles ils n'avaient plus qu'à mettre leur nom. De telles manœuvres dans les affaires profanes sont punies; elles furent découvertes, et n'en réussirent pas moins *.

La conscience du roi était alarmée par son confesseur, autant que son autorité était blessée par l'idée d'un parti re* belle. En vain le cardinal de Noailles lui demanda justice de tes mystères d'iniquité; le confesseur persuada qu'il s'était servi

lit

I. Quelqufi personnes m'ont reproché d'avoir ménagé madame de Mainte-

A qui madame de Maintenon a-t-elle fait du mal? qui persécuta- t-elle 7

Elle fit servir les charmes de son esprit et sa dévotion mémo à sa grandeur; eU« ëompta son caractère pour dompter Louis XIV. lUais quels abus odieux fit>elle de SUD pouvoir? La constitution Unigenitus lui parut la saine doctrine, comme elle le dit dans ses Lettres; maiscomhattit-elle pour la saine doctrine par des cabales? It si elle osa avoir une opinion dans des matières qu'elle n'entendait pas, et qu'an isprit plus mâle aurait négligées, ne doit-on pas savoir gré à une femme de •'avoir mêlé aucune vivacité à cette opinion ? (Voltaire, Réfutation de$ notts cri" tiquês de M. de La Beaumelle^ etc.)

S. 11 est dit dans la Vie du duc d'Or/(fan«, imprimée en 17S7, que le cardinal vie HMilles aeeusâ le P. 1m Tellicr de vendre les bénéfices, et que le jésuite dit

^^g SIÈCLE DE LOUIS XIV.

des voies humaines pour faire réussir les choses divines; et comme en effet il défendait l'autorité du pape et celle de l'unité de l'Église, tout le faud de l'affaire lui était favorable. Le cardinal s'adressa au dauphin, duc de Bourgogne; mais il le trouva prévenu par les lettres et par les amis de l'archevêque de Cambrai. La faiblesse humaine entre dans tous les cœurs : Fénelon n'était pas encore assez philosophe pour oublier que le cardinal de Noailles avait contribué à le faire condamner; et Qucsnel payait alors pour madame

Guyon. ,. , , ,

Le cardinal n'obtint pas davantage du crédit de madame de

Maintenon. Cette seule affaire pourrait faire connaître le caractère de cette dame, qui n'avait guère de sentiments à elle, et qui n'était occupée que de se conformer à ceux du roi : trois lignes de sa main au cardinal de Noailles développent tout ce qu'il faut penser et d'elle, et de l'intrigue du P. Le Tellier, et des idées du roi, et de la conjoncture. « Voui /me connaissez assez pour savoir ce que je pense sur la dé- « couverte nouvelle; mais bien des raisons doivent me rete- « nir de parler. Ce c'est point ?. moi à juger et à condamner; « je n'ai qu'à me taire et à prier pour l'Église, pour le roi, « et pour vous. J'ai donné votre lettre au roi, elle a été lue : « c'est tout ce que je puis vous en dire, étant abattue de

« tristesse. »

Le cardinal-archevêque, opprimé par un jésuite, ôta les pouvoirs de prêcher et de confesser à tous les jésuites, ex( epté à quelques-uns des plus sages et des plus modérés. Sa place lui donnait le droit dangereux d'empêcher Le Telher L€ confesser le roi ; mais il n'osa pas irriter à ce point son

m loi • . Je coD*«-u, k *.re brûlé tU. si l'on prouve cette accuMtion, pounru qw . 1*. cardinal »oit brûlé vif aussi, en eus qu'il ne la prouve pa». • ' CeT^rèruir. de. pièces qui coururent sur 1 a.Va.re de ^^ ^:;^;^-^^;^ Dièccs sont renmlie» d'autant dabsurd^fts que la Vte Uu duc d (>»r ir an*. La plu 'par de "e S sont couiposes p.r d,. u.alheureu, qu. ne <^,»^-f ""»''" «^^^^^ de l'argent; ces pcus-U ne savent pa. qu'un ho„.u)e qui do.t i"'^"'^?" " ^^"^^ rltion auprès d'un ro. qu'il confesse, ce lu. propoM. pas pour se msufier de fair*

brûler vif son archevêque. if-«,/Wwj df Mair^

Tous le. petits contes de cette espèce se retrou.tnt dan. "^'«J^^" ÏNalsZ

lr7.or,. U f.ut soigueus^jmcut disUnguer cutre le* faiti et le. oui-dii.. {NoU 4è

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