‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 247 sur 285 · CHAPITRE XXXVIl · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXVIl

passages, aujourd'hui ouhliés , du livre d'un prôtre octogénaire qui vivait d'aumônes à Amsterdam.

La folie du système des finances contribua plus qu'on ne croit à rendre la paix à l'Église. Le public se jeta avec tant de fureur dans le commerce des actions ; la cupidité des hommes, excitée par cette amorce, fut si générale, que ceux qui parlèrsnt ensuite de jansénisme et de bulle ne trouvèrent personne qui les écoutât : Paris n'y pensait pas plus qu'à la guerre qui se faisait sur les frontières d'Espagne. Les fortunes rapides et incroyables qu'on faisait alors, le luxe et la volupté portés au dernier excès, imposèrent silence aux disputes ecclésiastiques; et le plaisir fit ce que Louis XIV n'avait

pu faire.

Le duc d'Orléans saisit ces conjonctures pour réunir l'Église

de France. Sa politique y était intéressée : il craignait dei

temps où il aurait eu contre lui Rome, l'Kspagne, et cent

évoques.

11 fallait engager le cardinal de Noailles, non-seulement à recevoir cette constitution qu'il regardait comme scandaleuse, mais à rétracter son appel qu'il regardait comme légitime; il fallait obtenir de lui plus que Louis XIV, son bienfaiteur, ne lui avait en vain demandé. Le duc d'Orléans devait trouver les plus grandes oppositions dans le parlement, qu'il avait exilé à Pontoise. Cependant il vint à bout de tout. On composa un corps de doctrine qui contenta presque les deux partis ; on tira parole du cardinal qu'enfin il accepterait. Le âLC d'Orléans alla lui-même au grand conseil avec les princes et les pairs faire enregistrer un édit qui ordonnait l'acceptation de la bulle, la suppression des appels, l'humanité et la paix. Le parlement, qu'on avait mortifié en portant «u grand conseil des déclarations qu'il était en possessioo de recevoir, menacé d'ailleurs d'être transléré de Pontoise i Bloi», enregistra ce que le grand conseil avait enregi^ tré, mais toujours avec les réserves d'usage, c'est-à-dire I maintien des libertés de l'Église gallicane et des loii d«

royaume.

Le cardinal-archevêque, qui avait promis de se rétractei quand le parlement obéirait, te vit enfin obligé de tenir

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