CHAPITRE X
mark était uq allié inutile de la France. Plus de cinq cent mille protestants, fuyant la persécution de Louis, et emportant avec eux, hors de France, leur industrie et leur haine contre le roi, étaient de nouveaux ennemis qui allaient dans toute l'Europe exciter les puissances déjà animées à la guerre. (On parlera de cette fuite dans le chapitre de la religion.) Le roi était de tous côtés entouré d'ennemis, et n'avait d'ami que le roi Jacques.
Jacques, roi d'Angleterre, successeur de Charles II, son feère, était catholique comme lui ; mais Charles n'avait bien voulu souffrir qu'on le fit catholique, sur la fin de sa vie, que par complaisance pour ses maltr^esses et pour son frère : il n'avait'en effet d'autse religion qu'un pur déisme. Son extrême indifférence sur toutes les disputes qui partagent les hommes n'avait pas peu contribué à le faire régner paisiblement en Angleterre. Jacques, au contraire, attaché depuis sa jeunesw & la coipmunion romaine par persuasion, joignait à sa créance l'esprit de parti et de zèle. S'il eût été mahométan, ou de la feligion de Confucius, les Anglais n'eussent jamais troub^ fpn règne ; mais il avait formé le dessein de rétablir dans son royaume le catholicisme S regardé avec horreur par ces royalistes républicains comme la religion de. l'esclavage. Cest ||f)p entreprise quelquefois très-aisée de rendre une religion
I. On troQTe dans la compilation des Mémoire» de Maintenons au tome III, •|i#p. iT, intitplé : du Boi et de la Reine d'Angleterre, un tissu étrange de faui^ •etéi. Il y est dit que les jurisconsulte! proposèrent cette question : • Ui) pe^plt a-l-il le droit de se réTolter contre l'autorité qui veut le forcer à croire 7» Ce nk précisément le contraire. On s'opposa en Angleterre à la tolérance du roi pour b eooaœunion romaine. On agita cette questiop : c Si ^ roi pouvait dispenser ^ •erment du test ceux quH admettait aux emplois t •
Le même auteur dit que le pape Innocent XI donna au prince d'Orange deux jent mille ducats pour aller détruire la religion catholique en Angleterre.
te même auteur, a^ec la mè-^ témérité, prétend qu'Innocent XI Çt di|^B fk» nilliers de messes pour l'heureux succès du prince d'Orange. H est reconnu que ae pape favorisa la ligue d'Awgsbourg; mais il ne fit jamais de démarche si ridicule et si contraire aux bienséances de sa dignité, fenvoyé d'Espagije i la Haye t\ des prières publiques pour l'heureux succès de lafluttç hollandaise. M. â'AVaux H manda au roi.
Le même auteur fait entendre que le comte d'Araux corrompait les membraa et l'Etat : il 9* trompe, c'est le comte d'Estrades. Ilae trompe encore sur le temps : c'était Tlngt-quatre ans auparavapt. Yoyex la lettre 4e M ^ d'Satradet à M. 4t Uaane, du | 7 septembre «615. {Note de VoUair§,)
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domioante dans un pays. Constantin, Clovis, Gustave Vasa, la reine Elisabeth, firent recevoir sans danger, chacun par des
moyens différents, une religion nouvelle; mais pour de pareils changements, deux choses sont absolument nécessaires: une profonde politique et des circonstances heureuses: l'un et l'autre manquaient à Jacques.
11 était indigné de voir que tant de rois dans l'Europe étaient despotiques; que ceux de Suède et de Danemark le devenaient alors; qu'enfin il ne restait plus dans le monde que la Pologne et l'Angleterre où la liberté des peuples subsistât avec la royauté.
Louis XIV l'encourageait à devenir absolu chez lui, et les lésuites le pressaient de rétablir leur religion avec leur crédit. Il s'y prit si noalheureusement qu'il ne fit que révolter toui les esprits, 11 agit d'abord conime s'il fût venu à bout de ce qu'il avait envie de faire, ayant publiquement à sa cour un nonce du pape, des jésuites, des capucins; mettant en prison sept évoques anglicans qu'il eût pu gagner; ôtant les privilèges à la ville de Londres, à laquelle il devait plutôt en accorder de nouveaux; renversant avec hauteur des lois qu'il fallait saper en silence ; enfln se conduisant avec si peu de ménagement, que les cardinaux de Rome disaient en plai- •autant «qu'il fallait l'excommunier comme un homme qui « allait perdre le peu de catholicisme qui restait en Angle- « terre.» Le pape Innocent XI n'espérait rien des entreprises de Jacques, et refusait constamment un chapeau de cardinal que ce roi demandait pour son confesseur le jésuite Péters. Ce jésuite était un intrigant impétueux, qui, dévoré de l'ambl^ tion d'être cardinal et primat d'Angleterre, poussait son maître tu précipice. Les principales tôtcs de l'État se réunirent en secret contre les desseins du roi : ils députèrent vers le princa d'Orange. Leur conspiration fut tramée avec une prudence et un secret qui endormirent la confiance de la cour.
Le prince d'Orange équipa une flotte qui devait porter quatone à quinze mille hommes «. Ce prince n'était rien autre
i . L'rttear dei Mimoiru de Maintenon tTance que le prince d'Orange ? OTtai fM lii ItaU-Génértux refuuùcAt des foiidi, «ntra dans l'«.sembU« et dU m