‹ Le siècle de Louis XIV [microform]Chapitre 77 sur 285 · CHAPITRE IV · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV

chose qu un particulier illustre, qui jouissait \ peine de cinq cent mill3 florins de rente; mais telle était sa politique heu* teuse, que l'argent, la flotte, les cœurs des Élats-Généraui étaient à lui. Il était roi véritablement en Hollande par sa conduite habile, et Jacques cessait de l'être en Angleterre par ta précipitation. On publia d'abord que cet armement était destiné contre la France. Le secret fut gardé par plus de deux cents personnes. Barillon, ambassadeur de France à Londres, homme de plaisir, plus instruit des intrigues des maîtresses de Jacques que de celles de l'Europe, fut trompé le premier; Louis XIV ne le fut pas : il offrit des secours à son allié, qui les refusa d'abord avec sécurité, et qui les demanda ensuite lorsqu'il n'était plus temps et que la flotte du prince, son gendre, était à la voile. Tout lui manqua à la fois, comme il se manqua lui-môme (octobre 1688). 11 écrivit en vain à l'empereur Léopold, qui lui répondit : «Il ne vous est arrivé que « ce que nous vous avions prédit. » Il comptait sur sa flotte; mais ses vaisseaux laissèrent passer ceux de son ennemi. 11 pouvait au moins se défendre sur terre : il avait une armée de vingt mille hommes ; et, s'il les avait menés au combat, sans leur donner le temps de la réflexion, il est à croire qu'ili eussent combattu : mais il leur laissa le loisir de se déterminer. Plusieurs officiers généraux l'abandonnèrent, entre autres ce fameux Churchill, aussi fatal depuis à Louis qu'à Jacques, et si illustre sous le nom de duc de Marlborough. Il était favori de Jacques, sa créature, le frère de sa maîtresse, son lieutenant général dans l'armée ; cependant il le quitta, et passa dans le camp du prince d'Orange. Le prince de Danemark, gendre de Jacques, enfin sa propre fille, la princesse Anne, l'abandonnèrent.

Alors, se voyant attaqué et poursuivi par un de ses gendres^ quitté par l'autre, ayant contre lui ses deux filles, ses propres

«otfl : « Hc«sieur«, il y aura guene au printemps prochain, et je demande qoS Ton enregistre cette prédiction, t 11 cite le comte d'Avaux.

U dit que ce ministre pénétrait toutes les mesures du prince d'Orange. Il ed dirTicile d'entasser plus mal plus de faussetés. Les ueul mille matelots étaient prêts dès l'an 1687. Le comte d'Avaux ne dit pas un mot du prétendu discours da grince d'Orange. Il ne sniipçonaa Ic'dessein de ce priace que le 10 mai t(88. Voyci SA lettre aa roi, du 20 cai. (iVd'^ d$ Voltaire,)

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