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CHAPITRE XVI

cette profession à vingt-trois ans, pour avoir perdu une cause qui était juste. Il prit le parti des armes, et fut d'abord enseigne aux gardes françaises. En 1667, il fit aux yeux du roi, à l'attaque de la contrescarpe de Lille, une action qui demandait de la tête et du courage : le roi le remarqua, et ce fut le commencement de sa lortune. 11 s'éleva par degrés, «ans aucune brigue; philosophe au milieu de la grandeur et de la guerre, les deux plus grands écueils de la modération; libre de tous préjugés, et n'ayant point l'affectation de paraître trop les mépriser. La galanterie et le métier de courtisan furent ignorés de lui; il en cultiva plus l'amitié, et en lut plus honnête homme. Il vécut aussi ennemi de l'intérêt que du faste; philosophe en tout, à sa mort comme dani

ta vie.

Catinat commandait alors en Italie. Il avait en tête le duc de Savoie, Victor-Amédée, prince alors sage, politique, et encore plus malheureux ; guerrier plein de courage, conduisant lui-même ses armées, s'exposant en soldat, entendant aussi bien que personne cette guerre de chicane qui se fait •ur des terrains coupés et montagneux, tels que son pays; actif, vigilant, aimant l'ordre, mais faisant des fautes et comme prince et comme général. Il en fit une, à ce qu'on prétend, en disposant mal son armée devant celle de Catinat. Le général français en profita, et gagna une pleine victoire, à la vue de Saluées, auprès de l'abbaye de Stafarde (18 août i6'J0), dont cette bataille a eu le nom. Lorsqu'il y a eu beaucoup de morts d'un côté et presque point de l'autre, c'est une preuve incontestable que l'armée battue était dans un terrain où eile devait être nécessairement accablée. L'armée française n'eut que trois cents hommes de tués ; celle des alliés, commandée par le duc de Savoie, en eut quatre mille. Après cette bataille, toute la Savoie, excepté Monlmélian, fut soumise au roi. Catinat passe dans le Piémont (169t), force les lignes des ennemi» retranchés près de Suze, prend Suze, Ville-Franche, Montal-

maréchal de Catinat. File n'espère rien de lui ; elle appelle sa modestie orgueil. M paraît que le peu de connaissance qu'arait cette daok' des affaires, et les mauviii tboix qu'elle fit eontribuèreut depuis aux malheurs dt la Franot. {Piote de fêitaire.)

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