‹ Le siècleChapitre 102 sur 216 · L V REINE DE THEATRE · texte numérisé non relu

L V REINE DE THEATRE

0 Qu'un doux sommeil berce tes sens, et que jamais le • malheur ne s'interpose entre nous. »

(Elle sort.)

IIVHLET.

Madame, comment trouvez-vous cette pièce?

LA REINE

La reine fait trop de protestations, ce me semble.

IIAJILET.

Oh! mais elle tiendra sa parole,

LE ROI

Connaissez-vous la pièce? ne conlientelle rien de répichensible?

1IAIII.1.T.

Non, non, lout é^ pass.* en p'aisanleries; .c y empoisonne pour ri.-e; c'est la pièce la plus inolTensive dii raoEdc.

Quel en est le titre?

LE ROI

HVMLET.

Le Trébuchei '. Par métaphore, bien enlendu. Celte pièce est le tableau d'un meurtre commis à Vienne : le roi se nomme Gonzague; sa femme liaptisia : vous a lez voir tout à l'heare; c'est un forfait abominable. Mais que nou« importe? votre majesté et moi , nous avons le cœur net, cela ne nous touche en rien : tant pis pour ceux qui ont la conscience chargée ; la nôtre est légère.

Kntrc l.rciANUS. HVJILCT, continuant.

Celui ci est un nommé Lucianus, neveu du roi.

OPIItLlE.

Vous faites l'office de chœur, monseigneur.

■ Parce qu'elle est dcstiuO^ à prendre l'usurpateur au piégn, et i dévoiler son o ime.

IIVULET.

Je pourrais vous servir de truchement dans une conversalion entre vous et votre amant; il me suffirait pour cela de vuir manœuvrer les deux marionnettes.

OPIIÉLIE.

Vous êtes mordant, monseigneur, vous êtes morJanl.

HAMLI.T.

\ ous seriez désolée que mon tranchant fill émoussé.

OrilÉLIE.

De mieux en mieux, de pire en pire.

HAMLET

C'est le sort qui vous attend dans le choix d'un époux. — Commeiue, meurtrier.— Laisse là tes abominables grimaces,

et commence.— Viens.

I.e luyiibre cûibeau Par ses croasseuiens appelle la vengeance.

LICIAMS.

Il Ma main est d'accord avec ma noire pensée; la drogue est pré|)arée, le moment est venu, l'occasion est propice, nulle créature ne me voit. Mélange fatal, extrait d'herbes cueillies j"! minuil. que la uialédii lion d'Hicjie. a Irois fois tiétries, trois fois infedées, que ta magique pu'ssance, qmt la redoutable énergie tarissent sur-lo-champ les sources delà vie. •>

(Il verse le poison dans l'oreillo du roi eU'lormi.;

IIAUt.tT.

11 l'empoisonne dans le jardin pour s'emparer de sa couronne ; son niim est Gonzague ; l'histoire est authentique, et écrite en italien fort élégant. \ ous allez voir tout ù l'heure comment le meurtrier obtient l'amour de la femme de Gonzague.

OPIIÉLIE.

Le roi se lève.

HAMLET

Quoil un feu follet lui fait peur !

Hà.MLET.

Ees Oambeaux !

Sortons !

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