‹ Le siècleChapitre 103 sur 216 · I.V Ri:i\K · texte numérisé non relu

I.V Ri:i\K

Qj'avez-vous?

LK KÙJ , toilU'|10uIll.

Laissez-moi! laissez-moi!

POLOMIS, sortant derrière le roi.

iMaudite stit cette pièce funeste!

(Tous soiti-iii en tu mulle, inoins Hamlet el lloralio.)

scËXE m.

HAMLET, IlORATIO, puis ROSE.NCRANTZ.

nORATlO.

Eti bien! qu'en dites-vous?

HAMLET

Le CI inie est manifeste, Voilà ce que j'en dis ! Et loi? qu'eu dis-tu , toi ?

nORVTIO.

Que, si l'on peutjuger le coupable à l'cffioi, Le coupable, cher prince, était là tout à l'iicure !

iiMii.LT, ai'CrcevaiU Roseiicianlz.

Ah ! voilà l'espion.

IIORVTIO.

Dois-je sortir?

UXMLl'.T.

' Demeure.

(Au sor.viioiir qui vient rtfi'iincr les lideaux. du Ih-.'ilre.) Los IKUes, raain:enanl? Le drame a peu d'appas Pour sa majesté ' c'est— qu'elle ne l'aime pas.

R0SEXCR4MZ.

iHon cher seigneur, un mot.

IIAHLLT.

Oli! monsieur, tout un livre !

ROSEXCRVMZ.

Le roi, monsieur...

nuiLET.

Eh bien ?

nOSEXCRANTZ.

Nous venons de le suivre.

Il est rentré chez lui tout troublé...

ILVMLET.

Parle vin?

nOSEXCUAXTZ.

Par la colère.

LA REIXE.

Comment se trouve monseignetir?

rOLOXILS.

Cessez la pièce !

LE ROI

Qu'on apporte des lumières.— Sortons !

POLOXILS.

Des lumières, des lumières, des lumières !

(Tous sortent, à l'exception d'Hamlet et d'Hoi'àlio.)

IIAIILET.

Lorsque le cerf b!cssè ploui-e, attendant la mi>rt. Son camarade iutact, oublieux de son sort, Piomèoe iiisoiici.int sciii ln-.mïur vagabonde.

L un vaille alors que l'autre dorl,

Et c'est ainsi que va le monde.

Si jamais la fortune vient à me traiter de Turc à Maure, ne suftirailil p.'ss d'une scène à ( iTct ccninie celle-là, avec l'addi- Uon d'une forêt de plumes à mon chapeau et de deu\ roses de Provence à mes escarpins, pour me faire admettre dans une troupe de comédiens ?

liORVTIO.

Vous seriez reçu à demi -part *.

Oh ! à part entière.

IIAIILET.

Tu dois savoir, mon ôLerDamon, Que le roviume est veufde son monarque atigusle;

Qu'à la place d'un roi-si juste Nous avons an] jurd'liui sur le trône un — faisan.

«ORATIO

Vous auriez pu rimer ".

* Du temps de Shakspeare, les acteurs ne recevaient point de Iraitemest fixe; ils partageaient la recette avec le propriétaire de la salle, et étaient tarifés selon leur talent, soit "a une part entière, soit à une fraction de part.

;' C'est.le mol dimçn qui devait arriver pour riuieravecDamcin.

IIAHLET.

0 mon cher Horatio, je gagerais mille livres sterling que l'ombre a dit vrai. A.s-lu remarqué ?

lIOn.ATIO.

Très bien, monseigneur.

IIAHLET.

Quand il a été question d'empoisonnement...—

HOILATIO.

Je l'ai parfaitement observé.

lIAilLET.

lia ! ha ! Allons , un peu de musique ; allons, les tlageolets. —

.Si pour le roi qui nous gouverne La comédie est sans appas, C'est — c'est qu'apparemment elle ne 1 n plail pa*.

— Allons, de la musique! "^

Entrent RO.SENC.aANTZ et GLILDENSTERX.

Cl ILDEXSTERX.

Monseigneur, parmettezque je vous dise un mot.

IIAMLLT.

Toute une histoire si vous voulez,

GLILDEXSTERX.

Le roi, seigneur... —

Il VMLCT.

Eh bien! qu'esl-ce que vous me direz de lui?

CUILDEXSTiîRX.

Il s'est retiré dans son appartement, étrangement indisposé.

IIVMLET.

Par le vin ?

GIILDEXSTERX.

Non, monseigneur, par la colère.

Nous avons voulu ici que notre traduction répondit autant que possible à l'originali

SHAKSPEARE

UAilLET.

Alors, je m'emploirais en vjin A gyéfir sa fureur, et l'accroîtrais peut-être. Allez au médecin, c'est plus prudent.

ROSEXCR/WTZ.

Cher maître, Tâchez donc d'ordonner un peu mieux vos discours Qui, par brusques écarts, nous échappent toujours.

nAMLET.

Allons, voyons, parlez.

ROSE.NCR.WTZ.

Votre mère, la reine.

M'enveie auprès de vous dans le trouble et la peine.

li.VMLET, céîémonieusemcnt.

So\ez le bienvenu.

ROSEXCR-IXTZ.

Mais trêve de façon!

Ce n'est pas lé' moment, prince. De la raison ! Répondez avec sens, et je vais tout vous dire; Sinon, excusez-moi, seigneur, je me retire.

H.VULET.

Monsieur, je ne puis...

ROSEXCRWTZ.

Quoi?

HAHLET.

Répondre sensément , Jisuis un insensé! — Mais, bien certainement, Je ferai de mon mieux et veux vous satisfaire. Vous dites, monsieur, que la reine ma mère?...

ROSEXCRAXTZ.

De crainte et de stupeur a le cœur tout saisi.

IIAMLET.

Par moi? Fils merveilleux ! sai^ir ma mère ainsi 1 Après?... celte stupeur?...

RO.SEXCRANTr.

La reine vous demande Un moment d'entretien.

nAKLET.

Oh ! n:a mère commande, Bien qu'elle soit ma mère.— Où m'altendcUe ?

ROSE\CR.\?ITZ.

En bas, Dans sa chambre à coucher.

nVMLETr

J)àns sa chambre: oh! non pas!

Car, là, l'époux vivant viendrait peut-être entendre Ou l'époux mort troubler un entretien si tendre. Je vais attendre ici ma mère. Est-te là tout ?

ROSEXCHAXTZ.

Cher priBce, vous m'aimiez autrefois, et beaucoup.

HAHLET.

Et j« vous aime encore, ou le diable m'emporte!

ROSEXCRA!STZ.

Eh bien ! mon bon seigneur, quelle peine si forte Vous égare ? Ah ! nous cacher vos pleurs. C'est vous ensevelir vivant dans vos douleurs.

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