‹ Le siècleChapitre 104 sur 216 · II.VMLLT · texte numérisé non relu

II.VMLLT

Vous auriez agi plus convenablement en allant avertir le médecin; car moi, si j'essayais de guérir son mal, je ne ferais que l'irriter davantage,

GUILDEXSTERX.

Monseigneur, veuillez mettre quelque suite dans vos discours, et ne pas vous écarter aussi brusquement de la quesliOQ.

Je vous écoule tranquillement; parlez.

GtlLDEXSTERX.

La reine votre mère, profondément afDigée, m'envoie auprès de vous.

IIAMLET.

Vous êtes le bienvenu.

GtlLDEXSTERX.

Monseigneur, celte p*iiesse est déplacée en ce moment : s'il vous plaît de me faire une réponse raisonnable, j'exécuterai l'ordre de votre mère; sinon, je vous prierai de m'exeuser, je pariirai, et tout sera élit.

HAMIET

Seigneur, je ne puis.

Cl'ILDEX.STERV. ,

Quoi, monseigneur?

lL\:\iLET.

Vous faire une réponse raisonnable.! mon intclli,;;euce est malade; mais je suis prêt à vous répondre, ou plutôt comme vous dites, ù ma mère, le mieux qu'il me serapossib'e: sans plus de paroles, venez donc au fuit. Ma mère, diles-vous?...—

ROSEVCR VXTZ.

Voici ce qu'elle nous a ehargi's de vous dire. Votre conduile l'a plongée dansTétonnemenl etia stupeur.

IIVMLET.

Oh ! le dis merveilleux qui peut à.ce point élonner sa mère I —Mais ne vient-il rien à la suite de cet étonnement d'une mère ? Parlez.

ROSEXCRAXTZ.

Elle désire vous entretenir dans son cabinet avant que vous alliez vous coucher.

IIAMLET.

IN'ûus lui obéirons, fùt-elle dix fois notre mère *. — Avezvous autre chose à me dire?

ROSEXCRAXTZ.

Monseigneur, il fui un temps où vous aviez de l'amitié pour moi.

n.VMLET.

Et j'en ai encore, je le jure par ces dix doigts.

ROSEXCRVXTZ.

Monseié'iieur, quelle est la cause de votre égarement? C'eel vous imposer une inutile coritrainte que de faire à votre ami un secret de vos douleurs.

HAMLET

C'est l'avancement de ma foriune qui m'inquiète.

RO.SEXCRAXTZ.

Comment cela peut-il étn", qaaiid le choix du roi luî-.nême vùusappelleà monter après lui sur le trône de Danemark?

HAULET.

C'est vrai ; mais , • pendant ./lue l'herbe pousse... » — le proverbe est un peu vieux '.

* il se.-iible qu'il y ait ronl{ai!ittiuu entre le pifinuT <-t le Sfind membre île celle phrase; il ii'tn fSt rien cipcuilant. Hafolet {;aiilc ss mère comme d'aulasil. plii.s coupable qu'ell^i l'-l sa

uière; mais frtt-elle dix fois plii> sa mère, et coiiséqiKjmment dix fois pl;is coupable, il lui obéli-a.

* Pendant que l'Iierbe-poii^s-:', lo cheval a le temps de mourir (le fiiiu.

H-A-MLET.

"A^J.ll-. UIIL ■ '

n.VMLET, apercevant les jpuenrs de flftte qui traversent le théâtre- Ah ! l»s joueurs de flûte! Allons, qu'on m'en donne une.

ROSESCn A^TZ.

Monseigneur, je m'en vais, si je vous importune.

nVMLET.

Non pas 1

ihm présentant la llAte.).

Voudriez-vous me jouer de ceci ?

KOSENCnWTZ.

Je ne puis, monseigneur.

IIVMLET.

Je vous en prie, ainsi!

ROSENCRAKTZ.

Mais je ne puis, vraiment!

Mais je vous en supplie.

ROSE>CRAMZ.

Je ne sais pas jouer de la flûte.

HAMLET

Folie!

Vous vous trompez!

ROSEXCRANTZ.

Seigneur!...

UAMLET.

Bouchez avec vos doigts , Et découvrez ces trous et soufllez à' la fuis. Les sons vont en sortir en musique divine. Voici la flûte, allez.

UOSE\CRA\TZ.

Vouloir que je devine,

L'air tout entier des sons qu'on ne m'a point appris 1

HAMLET

Ah ! je suis donc tombé bien bas dans vos mépris I Quoi ! vous voulez jouer de moi, par Notre-Dame ! Vous voulez pénétrer les secrets de mon Ame ! Vous n'avez pas besoin de prendre délaçons Peur tirer de mon cœur à votre gré des sons, Et vous feriez vibrer mes passions, sans faute. De leurs tons les plus bas à la clef la plus haute ! Quand vous ne pouvez pas éveiller sous vos doigts Le concert endormi dans le fDud d'un hautbois ! Ah ! ah ! vous pensiez donc que, me livrant sans lutte, On peut plus aisément m'appreodre que la flûte! Allez! vous aurez beau sur mon âme souffler , Instrument mal appris, je ne veux pas parler ! Bonjour, monsieur.

l\ l'ail un niouvement pour sortir et rencontre Polonius.)

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