‹ Le siècleChapitre 106 sur 216 · GUILDE.\STER · texte numérisé non relu

GUILDE.\STER

Mais je ne puis en tirer aucun son harmonieux. Je n'ai pas le talent nécessaire.

HAMLET

Pour quel imbérile me prenez-vous donc? Je suis à vos yeux un instrument dont vous voudriez tirer des sons, et que vous avez l'air de connaître parfiitement. Vous cherchez à sonder le fond de mon ,'imc pour m'arrac^sr mon sescret; vous voudriez me fuire vibrer tout entieiùiiepuis ma clef la plus basse jusqu'à ma note la plus élevée. Il y a dans ce petit instrument que voici (il montre le flageolet) une délicieuse mélodie, une voix ravissaiiie; et cependant vous ne pouvez la faire parler. Par la sangbleu! me croyez-vous donsplus facile à mafiier qu'une flûte? Donnez moi le nom de tel instrument qu'il vous plaira, vous aurez beau faire, vous ne tirerez jamais rien de moi.

Entre POLONIUS.

HAMLET , conlinnant.

Dieu VOUS bénisse, seigneur.

POLOMIS.

Monseigneur , la reine désirerait vous parler sur-lechamp.

HAMLET, s'approehant de l'une des fenêtres de l'appartemenl.

Voyez-vous, là bas, ce naRje qui a presque la forme d'un chameau?

POLOMIS, regardant.

Par la sainte messe! on dirait effectivement un chameau !

HVMLET.

Je trois plutôt qu'il ressemble à une belette.

SHAKSPEARE

l'OLOMlS.

Une belette ! oui ! la belette est parfaite !

C'est tout une baleine.

6omme c'est la baleine!

II\MLET.

rOÎ.OMlS.

Oh! c'est frappantj mon Dieu!

HAMLET

Alors, mon cher, adieu.

(A Hoiaiio.) Il est des courtisans même pour la folie !

Haut.) Ml mfre peut venir.

l'OI.OMlS.

CVst juste, ]>' m'oublie.

(I! fait s^m1)lanl de sortir cl roviijit se caclier derrtÎTC la \a\.hsjiif.)

I7.VMLET.

(A Iloralio.) (A Posonoriiilz.)

J'attends ma mère, ami. Voulez-vous me laisser?

[Iforalio et Rosoncrantz sortent .1

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