‹ Le siècleChapitre 108 sur 216 · SCÈNE IIF · texte numérisé non relu

SCÈNE IIF

l'n appartement du rli;\lcau,

Kntrcut 1,F. liOI, ROSENC.HANTZ et (iUlLDFN'STIiUN.

,l.r, ROI.

Il y a en lui qu(b;ue rho^c que je n'aime pas; et je crois qu'il y aurait danger pour nous de laisser le champ libre à sa folie: fsiles donc vos préparaiifs; je vais sur-le-champ expélier votre commission, et je veux qu'il parle avec vous pour l'Angleterre : l'intérêt de noire couronne nous défend de rester plus longtemps exposé aux féiils incessans dont sa démence nous menace.

fiiii.ni;\sTEn\.

Nous allons nous préparer. C'est une crainte salutaire et sainte que celle qui a pour objet d'assurer le salut des Innombrables existences qui dépendent de celle de votre majesté.

nOSE\r.RA\TZ.

C'est un devoir pour chacun, dans sa sphère individuelle, d'a|)pli(|ucr toutes ses focces et toute son énergie i défendre sa vie de toute atteinte; combien c'est une obligaiion plu» sacrée rneore pour celui au s;ilul duquel se rallache la vie de lant d'autres! QuanI un roi meurt, il ne meurt pas seul ; c'est un gotiflre qui attire .'i lui tout ce qui est dans son voisinage : rûUB*olossale, fixée an sommet d'une haute monta;:;ne, ses r^ivons gigantesques ■sont <-hargés d'innombrables objets accessoires que sa eluile entraîne nécessairement avec elle dans un commun désasîre. le roi ne peut soulfrirsans qu'il s'exhale un gémissement universel,

IX r.oi.

Prépai fz-vous, je vous prie, h partir sans délai. Car nous sommes dicidé fi mettre un terme à des causes d'inquiétudes qui se donnent maintenant trop librement carrière.

nosi;\CK\>TZ et gvii.de.nstern.

Nous allons nous hâter.

(Roscncrantz et Guildenstern sortent.)

Entre POLONIUS.

ror.OMis.

s? Sire, il se rend à l'appartement de sa mère ; je me cacherai derrière la tapisserie, afin d'entendre leur conversation ; je vous [iiomcts qu'elle va L' tai-icer veitcment. Comme vous l'avez (lit, et très sagement, il importe qu'une autre oreilI« que celle d'une mère, nainrellenient portée à un excès d'induigence, entende ce qu'ils se diront. Adieu, sire; je viendrai vous trouver avant que vous vous mettiez au lit, et voui dirai ce quejc saurai.

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