SCÈNE V
br.i VutcMmss, LAEUTE. Pkcplk.
LAEnTK., 1'. p^•o U la iiiaiu.
Le voilà donc ce roi I
(Au fiCiipIf.)
Ut'siez en dehors, tous
Non 1 entrons !
LF. VIX l'Li:.
LAERTE
Mes amis, de grâce, laissez-nous!
LE PEIPLE.
Faisons comme il le dit !
LAE?ITE.
Merci ! gardez les portes !
(Au Roi.) Infâme roi 1 rends-moi mon père I
LA nEL\E.
Bon Laëte! du calme, allons I
Oh! lu t'emportes.
LAEUTE.
Du calme! eii! quoi !
Une goutlp de sang qui serait calme en moi M'appellerait bâtaid et flclrirait ma mère 1
LE ROI
Tu regretteras l'heure où ta révolte amère, Contre ton souverain se dresse impudemment.
LA REINE
McaDieu!
LE noi , à la Rolne.
Ne craignez rien! un divin sacrement Slarque les rois au fionlel .'•ail forcer lo traître A délouriicr les yeux rn ofTcnsanl son maître. Lat'ite, d'où te vient ce furieux transport.
(AlaRcino.) laissez faire !
LALRTE.
Je veux, moi, mon père 1
LE ROI
Il est mort,
LA REnE.
Mais ce n'est pas le roi!
LE ROI , à la Reine.
Paix ! qu'il parle, s'il l'ose !
L\ERTr.
Jlais comment est-il mort? croit-on que rien m'impose?
Au diable les sermens et la fidélité !
Aux enfers le devoir, la foi, la loyauté 1
Le dernier jour, ce monde et l'autre, peu m'importe!
Que je venge mon père, et que Satan m'emporte I
LA uriNE.
Qui pourrait arrêter ce délire pervers?
LAERTE
Ma seule volonté, mais non pas l'univers!
Parce que vous voulez, Lacrte, en votre rage , Punir un meurlricr, —faut-il, comme l'orage , Balayer devant vous, fils pieux ù demi, Innocent et coupable, ami comme ennemi?
Entre L.AEItTE, suivi dune foule de Danois. LAERTE.
Où est-Il, ce roi? — Messieurs, tenez-vous en dehors.