SENTENCE
L'intérieur du château de Rucl répond.iit |ieu ii la sombre apparcn.-e du deliors, que les clartés 'du matin n'avaient pas encore éclairé. \ w pare immense, d réeemiiient tracé dans le goût iialien ; de beaux niouvemens de lerrain, coupés par de longues allées ferpiiilanUs; des staUns , des fonlaiiies, des bassins de marbre, d'où s'élançaient, dans la saison convenable, des jets d'eau (lui ra'raichissaienl l'air; des grolles, des rochers, des cascades, tout devait conrourir en été à faire de la denienrc du ministre une habitation merveilleuse, bien au-dessus des lésidenies royales de cc'iemps. Le soleil pâle de janvier suifisail même alors pjur égayer ce séjour.
A telle vue, M-'aillae se sentit comme rassuré: et le caidilial le paraissant pas disposé à le recevoir sur-le-champ, il put, ù travers la fenêtre de la chambre où il se tenait, en jouir h son aise.
Une chose aida encore :1 le rcniellrc cl à lui (Jonner bon espoir. Cinq individus, en habit de ville, entrèrent dans la infmeihambre et s'y arrèlèrenl pour can,>er. A leur (onversalion il comprit qu'ils venaient de (initier le miiiistre, el cependant leurs propos ne rt.U'aieiit (jue sur la poési.', le
I théâtre, les acteurs; sur des rôles à distriliuer cl des diver- ^ tisseniens à imaginer. Le cardinal s'était montré d'une hu- '. meur charmante avec cjx ce matin; ils tvaieni même osé I souteiiir unj discussion vive el animée contre lui, ce (lu'il . avait supporté avec une grande bonlé d'âme. .' Marillac recueillaitatlintivehient ces paroles, d'un heurt nx présage pour lui, cl se disait que peul-êlrc il s'élail alarmé trop vile.
C(S ciiilj personnages éîaient Dr smarcts de Sainl-Sorlin, le sieur de l'Estoile^Collelet, labi'é de Bois-Robert, boulftin de Son liminfnce, et Pierre CorneilK', dtjù ^yileur du C d! Ions les cinq chargés de metirc en vers les |ila«s dramaii- (jues du cardinal , qui voulait régier à l'Académie comme à la cour, sur les arts comme sur la France, et se persuadait que le temps seul lui manquait pour ê.re le pnraier poêle de son époque!
Lorsiju'ils se furent éloignés, Marillac conclut de leur présence a Uuel, ce même jour et dans ci^tte même maiinée, (ju'il ne devait point être question pour lui d'une sentenie bien redoutable, Richelieu ne pouvant régler en même temps ses plans de comédie et ses arrêts de nicrt.
IMais tandis qu'il s^e raisonnait ainsi, un nuage épais voila le soleil et obscurcit le pair,, don! l'aspect, loui-à-rbeuresi vivant, changea soudain. Des vapeurs prisâlivs el sombres s'étendirent sur la terre et en effacèrent les bassins de marbre, les grottes élégantes et jusqu'à la trace des allers. Le brouillard qui gagn;iit avait eiiglou|i les merveilles de toutù l'heure sous une mer terne el mouvante, d'oii surgissaient seulement quelques troncs d'arbres noircis et dépouillés, pareils à de grands mâts de navires sombres ; el sur les hauteurs, des slalues co'ossales et blanches, éclairées à revers par une dernièi-e lueur blafarde, semblaient de pâles fantômes contemplant ce spectacle de désolalion.
Par celle analogie qui, malgré nous souvent, existe entre les choses du monde extérieur el nos sensations intimes, les idées du patient subirent les mêmes métamorphoses.
Il se ressouvii t ([uc dans ce palais de Ruel, les fêtes et les sujiplice; avaient parfois marché de front ; (|u'il y existait un théâtre et une clumbre de torture, unechapclle et un tribunal, des salles pour les ballets el d s oubliettes! La tête (lu maître de ce logis pouvait bien être ainsi construite; et sa bonne humt^ur, au moment qui venait de s'écouler, garanliisait-ellede sa sévérité pour le moment qui allait suivi-e?
Déjù le brouillard s'était dissipé, mais une neige abonda;ite lui avait succédé et couvrait le sol. Dienl(Jt les rraquemcns de celte nc-ige sous des ideds nombreux se manifeslent dans la cour du château, et de la fenêtre contre laquelle il est alors collé, .Marillac regarde passer, en çraïul api)areil, un double rjng de robes noires, qui, précédées d'une garde d'honneur, paraissent se rendre ;:u cabinit du miiiisire. Pour suiiioil de terreur, il entend lout-âcoup, derrière la porte par laquelle il est entré, le pas lent et mesuré d'une sentinelle, comme si l'on eùi appréhendé de sa part une lentalive de fuite.
Le temps s'écoula, cl il ne vit point repasser celte troupe sinisire, ni dans la coi'r, ni ainsi qu'avait fait la bande des poètes, par la chambre qu'il occupait, et où sa pensée, de plus en plus inquiète, lai rongeait le cœur! — Sans doute ils s'crigeaieni en iribuii:)! pour le juger !
Les iiis:ans qu'on passe en compagnie de telles idées sont des heures, et les heures sont des siècles. Aussi le chevalier, l'âme fatiguée de la monotonie de ses angoisses, sans autres raisons de craindre on d'espérer, en revenait-il à des émotions plus tranquilles el plus douces, par ce mouvement de réaciion ijui est dans l'essence de notre rature. Il s'étonnait même de s'êli-e alarjr.é si vite, (juand la Houdinière, capitaine des gardes cardinalistes, se présente toul-ù-conp, et lui demande son épée.
11 la remet avec résignation, rassemblant en lui-même toute sa force; car il s'attend à comparaître devant, ses juges, et ne\eui pas (j'ie l'un d'eux puisse se vanter de l'avoir vu trembler.
— Vous n'avez point d'aulies armes cachées? lui dil la Houdinière.
UNE MAITRESSE DE LOUIS XIII
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JJîsrillacsc d.couvre la poili-iiK\
•'— Que veui-on enlin faire de moi? dit-il on relevant ncblcDient la ic;e.
L'suire ne lui répond qae par un geste et disparaît.
Il vitiit de lui désifrnrr du doi^;! une porte qui s'ouvre.
Sîarillac y niarclie U un pas fume, et se iruuve, non devant un tribunal assemblé, comme il s'y attendait, mais face à face avt>c RichdieU!
Celte fois, le cardinal n'a p'us celte haute prestance avec laquelle il l'avaii accueilli naguère au retil-Luxcaibourg. La ligure sombre, l'tfil vague, le front pie et plissé, la tête couverte d'une calotte violette, enveloppé d'une robe de chambre de raèmcioulcur, il est clendu suruiie chaise longue, à la romaine. A. peine s'il a diijné faire altei'.lion à l'arrivée du nuuveauvenu. L'air distrait, il parcourt de la main une petite table basse, recouverte d'un tapis de velours rouge, et cbargéo' d'un amas de papitrs. De l'autre côté de sa chaise, un guéridon, en trépied et à mosaïque, supporte un gobelet de cristal, une bouteille d'eau préparée et quelques llacons d'elixir.
Marillac s'était d'abord cru seul avec là; mais en mesurant de l'œil la longueur de ce cabinet, où la lumière ne pénétrait que confuse, grâce aux épais rideaux des fenêtres, il vit, dans une encoignure, à l'extrémité de l'endroit cii se tenaille cardinal, luire un casque tt une cuirasse. Un boiume était là, appuyé des deux bras sur une arquebuse, et arrêtait sur lui son regard tixe et perçant. Il le reconnut bientôt pour un sergeiii des gardes, qui avaii fait prisonnier le duc Henri de Montmorency dans son dernier combat. C'était encote Jacques Sirois.
Ce souvenir faillit anéantir sa fermeté.
— Approchez, monsieur de Marillac, lui dit enfin Richelieu.
— Me voici, monseigneur.
Et le chevalier avança de quelques pas vers le ministre, qui, après l'aveir cruellement examiné, se remit à fureter parmi ses paperasses.
— Va-t-il dune me lire mon arrêt lui-même? se disait Marillac ; et cet homme qui se tient dans l'ombre, deriière moi, est-il là pour l'exécuter?
Un bruit de hallebardes se fit entendre dans la pièce voisine.
Il régna ensuite, pendant quelques instans, entre les trois acteurs de celte scène, un profond silence, interrompu seulement par le pétillement trisle et monotone de la neige, mêlée de grée, frappant contre les vitres; et de quelque côté qu'il se retournât pour interroger la physionomie de ses compagnons, le malheureux torturé n'y vojait que rigueur et menacé.
Il eulgrand'peine à garder iionne contenance.
Enfin, le cardinal sembla avoir trouvé les papiers qu'il cherchait. Roulant un grand cahier entre ses mains, il en parcoiMut ra^idenuKt quelques pEges, et reprenant :
— Qu'avez-vous^ail, monsieur, des mois, des années, que je vous ai laissés pour vous donner le temps du repentir? «
— Ma foi, monseigneur, dit Marillac en baissant la tête d'tin air moiiié toatrit, moitié étonné, j'ignorais eniièrement à quel emploi vous destiniez mes instans.
— Vous avez joué, monsieur; malgré les ordonnances, vous avez fréquenté les brelans, au milieu de tout ce que Paris renferme défendeurs, d'escrocs et de spadassins !
— J'avoue, monseigneur, qu'il se pourrait bien faire que tous mes compagnons ne fassent pas d'une probité avérée; car, quoique j'ose u;e vanter de conuaitro a fond tous les jeux...
Il s'arrê>a confus.
-— Continuez, dit l'interrogateur.
— Je voulais faire entendre, balbutia Marillac, que... j'ai plus perdu que gagné.
— Je le sais. Aussi vous avez ajouié un scandale à un autre : vos délies contractées sont énoinies! Vous devez six milles pisioles à Jacomény !
Le clie\alier resta confondu de le voir si bien instruit de ses affaires.
— Est-ce tout? poursuivit le cardinal en élevant la voix. Non 1 ce n'était pas assez du jeu et du toI I...
A ce mol, Marillac se redre-isa de toute sa hauteur.
— Du vol ! s'écria-t il, l'œil aident et les lèvres tremblantes.
— Baissez le ton, lui dit le cardinal en fronçant le sour-
Jacques Sirois fit alors résonner son arquebuse.
— Oui, du vol ! reprit Riciielieu. Comment nommer autre» ment une dette faite lorsqu'on a vendu et dissipé sun patrimoine, et qu'aucun espoir ne reste de s'acquitter envers son créancier?
— Mais, je joisais... murmura le chevalier.
— Ce n'était donc point assez de tout cela, il fallait que la débauche fût de la partie! Vous avez publiquement fréiiuenté des femmes de mauvaises moeurs, hante les tavernes, et vous avez souffert (ju'un fils de France marchât avec; vous dans, cette route de honte et de perdiiion ! Ne vous en défendez point , chevalier de Marillac ; malgré l'expérience du passé, vous avez renoué vos anciennes relations avec Monsieur.
— Pour troubler le repos de quelques bourgeois de Paris, c'est possible, dit Marillac, mais non pour celui de l'état, monseigneur.
Le ministre continuait de feuilleter toujours les papiers qu'il tenait à la main. 11 y eut de nouveau un moment de silence, pendant lequel sa figure devint de plus en plus sévère et sombre Puis, comme s'il s'apprêtait à porter la senteni:e :
— Vous n'avez point exécuté les conditions que je vous avais imposées, monsieur : vous deviez mourir devant Corbie.
— J'ai fait tout ce qu'il fallait pour cela, répondit vi.ement le chevalier qui se crut perdu sans ressource. Je jure par le Christ que jamais je n'ai mis autant de soin pour ménager ma vie que j'en ai mis alors à l'eiposer. Ce sergent que voilà, et qui doit me reconnaître comme je le reconnais, peut atie.-ter qu'il m'a vu au milieu de la mêlée, et que j'y combatlais en furieux, sans cuirasse, la poitrine découverte et la tête nue! Il était en même temps que moi devant Corbie; nous avons agi sous les yeux l'un ds l'autre. J'invoque ici son témoignage : qu'il parie!
Etjl se retourna vers Jacques Sirois.
Celui-ci resta impassible, et ne répondit pointi
— 11 se trouvait aussi comme vous à Castelnaudary ! dit Richelieu, mais non dans les mêmes rangs ! Ecoutez-moi, monsieur ; il faut en finir. Voici ce que nous ordonnons :
Une légère irritation de gorge semblait l'avoir pris en prononçant ces dernici's mots; il mélangea de son eau préparée avec quelques gouttes d'élixir, vida lentement le gobelet, et resta ((uelque temps encore dans une attitude silencieuse et méditative, comme pour se remettre.
Quelle devait être la situation du prévenu pendant ce terrible repos ':" Marillac faisait cas de l'exislence, dont il avait su largement user, de même qu'il aimait l'argent par-dessus tout; car il n'appréciait guère que les jouissances qui s'achètf nt. Brave jusqu'à la témérité, il eût pourtant, sur un dé, joué ."^a vie année par année, comme, s'il eût été riche, sa fortune pislole par pistoie, ou le tout ensemble, d'un seul coup, au chuixdeson adversaire, sans pour cela se départir de son insouciance ap; arente et de sa légèreté habituelle. Mais mourir à hiiisclos, entre (juatre murailles, sous les verrous, dans les toriures peuiêtie! et il lui semblait lire tout cela sur le frc-nt pile de son juge. Mourir sans spectateurs, sans liu regard ami qui Ix'niourage et l'applaudisse , sans pouvoir publiquem^îiitcrachei linjUreetle sarcasme au front de SCS oppresseur.-: ! cb! c'ctiit là l'isléc devant laquelle il se trui:v<iit sans force!
— S'il veutœaKîcrt,sedis:jit-il à lui-même, que ne charget-il encore l'er.nemi de ce soin! Je puis aller sur le Rhin rejoindre ie duc de Ssxo-Weymar, ou, dans le midi, Gassion et monsieur de Tureiine. Slais non, il a perdu toute confiance en moi depuis que les lances espagnoles m'ont épargné à Corbie; il croit que, par magie, je suis invulnérable devant
Ai
SAINTIXE.
le fer d'un soldat, et qu'il faut, comme à mon oncle, un de ses bouchers pour m'abaltre!
Lorsque le cardinal lui eut donné le loisir de bien s'étendre de son long, et de bien se retourner sur son lit d'angoisse, il quitta à moitié sa chaise, et s'accoudaiit sur sa petite Ubl>', en rapprochant sa téie de celle du chevalier, qu'il paraissait vouloir fasciner du regard :
— Il faut ( hanger de vie et payer vos dettes I lui dit-il, d'un ton vif et presque familier.
Marillac crut n'avoir pas compris.
— Oui, monsieur, un homme de votre nom, et qui, comme TOUS, a devant lui large carrière... peut-être, ne doit point choisir pour compagnons des gens de trijiût, et vivre aux dépens d'un Jacumeny! Il faut roaipre avec les uns et payer l'autre!
— Se raille t-il de mol ! se disait Marillac dans un vague d'idées qu'il ne pouvait délinJr, et presque dans la situaiion de ce chevalier de Jars à qui Louis XIII envoya sa grâce loi'squ'il avait déjà la téle^sur le billot.
— Vous m'avez entendu?
— Oui, monseigneur; mais... jiûur payer, il fauî... que j'emprunte.
— Singulière façon d'acquitter ses dettes! dit Richelieu en portant sou mouchoir à sa bouche pour ((u'il ne le vît pas sourire.
— Tout ce que je possède satisferait à peine le dernier de mes créanciers, dont Jacoinény n'est que le chef.
— .Miséricorde! vous avez donc mené un train de prince, monsieur'/
•■ — J'avais de rudes soucis, et Votre Éniinence en connaitla cause. Il fallait bien me distraire, pour ne point trop songer à ma fin qui pouvait être prochaine
— Eh bien I nous vous délivrerons de ces craintes qui vous mettent en si grosse dépense. Nous vous faisons la vie sauve, chevalier. Mais ce n'est pas le tout de vivre, c'est avons débarrasser de vos dettes que nous voulons arriver.
— Vive Dieu ! et gloire au ^rand cardinal ! s'écria Marillac, — sortant tout-à-fait de cette torpeur qui l'avait d'ahord comme pétrilié, et, relevant sa bfUe ligure sur laquelle revint aussitôt l'air de franchise et de l'enjouement ; — Oue puis-je faire, monseigneur, pour vous témoigner de ma gialitude? ajouta-t-il. Ah! c'est maintenant iju'avec joie je mourrais pour vous !
La souvenance de ses ondes lui revenait peu en ce moment.
Il croyait s'éveiller dans un monde nouveau. Un avenir, à lui! plus de créanciers, de juifs, de ces sangsues qui aspiraient son or par toutes les mailles de sa bourse! et l'épée de Damoclès rentrée au fourreau 1
— Avez vous parfois songé au mariage? lui dit tuul-ùcoup Richelieu.
— Jamais, monseigneur.
— Eh bien ! j'y ai songé pour vous.
— Pour moi'/ c'est trop de boiité!...
Les traits de Marillac repriicnl soudain un ;iir de granité. Le mariage ne lui avait point ju^qu'alors sinihlé chose indis pensable, ni même nécessaire. Aussi ajouta-t-il avec udkî sorte d'embarras ;
— Mais... je suis chevalier, monseigneur.
— Qu'importe! vous n'avez, puint fait de vœux. Et il poursuivit d'un ton plus ci^pansil :
— Chevalier de Marillac, je vous sais discret, et vous êtes brave, deux qualités (jue j'e.stin.e,et (|ui me font désirer de vous attacher particulièrement à ma personne. Cet homme que voilà m'a rendu bon compte de vous. (Il désignait Jacques Sirois, toujours posté dans sou cncuignure, mais celte fois les bras croisés et son arquebuse au repos piés de lui. ) 11 vous a vu dans l'action, au camp devant Corbie, comme vous l'avez remarqué vous-même, et, depuis ce lemiis, ma faveur vous est acquise.
Marillac se retourna vers.siiûis et le rt-mircia du geste. L'autre ne bougea point.
— Je vous en donne aujourd'hui un haut témoignage, re-
prit Son Eminence, car celle que je vous destine est de ma parenté.
Marillac frémit involontairement en songeant à Puylaurens, marié à mademoiselle de Pont-Chaleau, et mourant peu de mois après à Vincennes ! Mais le courage lui revint bientôt on entendant ces dernières paroles, que Richelieu articula lentement :
— Votre femme acquittera votre arriéré, vous donnera un rang à la cour, un état de maison. Ac;.eptez-vûus?
— Comme j'accepterais une plaie en paradis si mon bon ange verrait me l'offrir! dit le chevalier, pénétré d'enthousiasme, non à l'idée du marisge, mais de l'opulence qu'il allait lui procurer.
— Il y aura bien quelques conditions comme clauses secrètes du contrat, peat-étre; ce n'est point moi (|ui vous les imposerai. Vous les saurez plus tard, et vous les consentez d'avance?
— Oui, monseigneur; cependant ne puis-je aujourd'hui du moins connaître le nom de celle que Votre Eminence me destine?
— Quand le temps sera venu. Pour aujourd'hui restons-en là. Maintenant vous pouvez vous relirei', dii lecardinal en se levant. Mais rappelez-vous bien, — ajouta-t-il de la voix qu'il prenait dans les occasions solennelles, — qu'un mot répété de ce qui s'est dit entre vous et moi vous perdrait, mortsieur!
Dans le mouvemeri^u'il fit pour le congédier, le cahier qu'avait semblé si,.«mtpuleusement consulter le minisire durant son lerri]>knnterrogatcire, tomba àterre. Marillac s'empressa de>e^amasser'''pour le lui remettre, et lut avec sur- [irise^^^nr la couverture : Acte TiioisiK.iui uii l\ tuaui-
CUAflÎDlE DE MlRAME.