‹ Le siècleChapitre 71 sur 216 · II.\MLET · texte numérisé non relu

II.\MLET

Ne révélez jamais Ce qu'aujourd'hui vos yeux ont vu.

nORATIO et HARCELLIS.

Je le promets.

nVMLET.

Faites-en le serment.

nORATIO.

Sur l'honneur, je le jure!

MARCELLUS

Je le jure!

HAMLET

Jurez sur mon épée.

HORATIO

Injure !

Monseigneur t deux sermens pour des cœurs assurés!

HAMLET

N'importe! sur ce fer, allons, jurez!

1,'OMBRE, sous terre.

Jurez !

UAMLET.

L'entendez-vous?

HORATIO, tremblant.

Seigneur, changeons un peu de place,

Venez ici.

HAMLET, étendant l'épée.

Posez là vos deux mains^ de grâce !

Sur mon glaive et l'honneur, à jamais vous tairez

Ce que vous avez vu?

l'ombre, sous terre.

Sur son glaive, jurez!

HORATIO

Que Vfful direeecl, Dieu profond!

HAMLET

Oui, la terre Et le ciel, mes amis, cachent plus d'un mystère. Que la philosopliie'oncor n'a pas rêvé.

Revenons lu. Chacun de nous soit préservé

nions une poignée de main, et que nous noas séparions, vous pour al LT où vous app lient vos affaires et vos inclinations,—car chacun a ses inclinations et ses affairt-s, quelles qu'elles soient,— et moi, humble el chélif, vovtz-vous, je vais prier.

HORVTIO.

Ce sont là des paroles vides et incohérentes, monseigneur.

HAMLET

Je suis fâché qu'elles vons offensent, oui, très fâché.

HOU VTIO.

11 n'y a point là d'offense, monseigneur.

HAtîLET.

Oui, par saint Patrice, il y a là une offense, et une bien grave. Quanta la vision de tout à l'heure,— c'est un honnête fantôme, permettez-moi devons le dire:— quant à votre désir de connaître ce qui s'est passé entre nous, réprimez-le de votre mieux; et maintenant, mes bons amis, je vous en conjure par notre litre d'amis, de condisciples, de compagnons d'armes, accordez moi une grâce.

HORATIO

Quelle est-elle, monseigneur? nous vous l'accordons.

HAMLET

C'est de ne Jamais révéler ce que vous avez vu celle nuil.

HORATIO et M\RCELLIS.

Nous vous le promettons, monseigneur.

HAMLET

Oui; mais jurez-le.

HORATIO

Sur ma parole, monseigneur, je n'en dirai jamais ri.-n.

MARCELLIS.

Ni moi, monseigneur, je vous le promets.

HAMLET

Jurez sur mon épée.

MARCELH'S.

Nous avons déjà juré, monseigneur.

HAMLET

Oui, mais sur mon épée.

LA VOIX DE L'OMDKE crio do d, S30'.1S tcTlC.

Jurez !

Ah ! ah 1 mon camarade, est ce toi qui parles ? es-tu lài mon brave ? viens ii^i ; — vous entendez le camarade qui est dans la cave-, consentez à prêter ce serment.

HORVTIO.

Dites nousen les paroles, monseigneur.

HAMLET, les cmmcDant à quelques pas plus loin. Jurez sur mon épée de ne jamais pailer de ce (|ue vous avez vu.

l'ombre , de dessous terre.

Jurez!

HAMLET

7J!c et uh'ique ' ? En ce cas , nous allons plus loin. — (Il s'éloigne de qiiekiucs pas.) Approchez, messieurs , et la main étendue sur mon épée, jurez par ce glaive dé ne jamais parler de ce que vous avez entendu.

l'ombre , de dessous terre.

Jurez par son épée.

HAMLET

Bien dit, vieille taupe! Comme tu fais du chemin sous terre en peu de temps! l'excellent pionnier ! — Eloignonsnous encore une fois, mes bons amis.

II0R.ATI0.

Par le jour et la nuil, voilà une étrange merveille.

HAMLET

Faisons-lui donc l'accueil que l'on fait aux étrangers. Le ciel et la terre, Horatio, recèlent plus de mystères que vos philosophes ne se l'imaginent; mais venez. — Quelque singularité que vous remarquiez dans ma conduite, si, par la

' Ici.el partout.

11Â.MLET.

l'JT

Parla grâce! — Ecoutez : peut-êire ma conduite

Sera l-ïlle bizarre, étrange par la suite ;

Peiit-fitre je feindrai réj^arement des fous:

En me voyant alors, messieurs, promettez-vous

De ne pas secouer la lète de la sorte,

Ni de croiser ainsi les bras, disant : N'importe!

l\'ous connaissons la cause! ou bien : Si l'on voulait

Dire ce que l'on a vu! si l'un de nous parlait !

Ou bien : Feinte folie! ou toute autre parole,

Laissant à présumer que tous avez un rôle

Dans ma vie inconnue? Oui, vous m» l'assurez,

Ghcrs amis? pas un mot ! pas un souffle !

i.'OMDRE.'sous teire.

Jurez !

ilO.iATîO cl i;'.r.r.::!,i.rs.

Nous jurons !

HAULET, rcBiellanl spa ép éc au fourresu.

Calme toi, li-bas, pauvre Ame en peine ! Ainsi, j'ai pour garant votre amiiii-. La mienne Se fie à vous, mes^ienrs^ de tout cœur, il si peu Que puisse faire Ilamlet, avec l'aide de Dieu, Pour prouver l'union sainte qui nous rassemble, Pauvre borame, il le fera! Venez, partons ensemble. Rentrons. —Toujours le doigt sur vos lèvres, amis! Quelque événement sombre à nos temps est promis. Mais pourquoi le Seigneur, pour servir sa colère, - Prend-il donc un mortel, quand il a le tonnerre?

riN VV PREMIER .\CTE.

suite, je juge convenable d'aiïecter des manières bizarres, jurez par le salut de vos âmes, qu'en me voyant ainsi, jam:iis H ne vous arrivera de vsus croiser d^s bras, oa de sewucr la tête, ou de prononcer des paroles ambiguës, comme par exemple : « Fort bien, tort bien, nous savons ce que c'est ; u ou: " Nous pourrions si nous voulioi.s; » ou: "S'il nous prenait envie de parler; ■> ou bien en:;ore : « Il y a dts gens qui, s'ils l'osaient, « ou telles autres expressioiis équivoques, donnant à entendre que vous êtes dans ma confidence; jurez de n'en rien faire ; et puisse, à l'beure où vous en aurez le plus pressant besoin, la grâce divine ne point vous faire faute !

l'oxisre , de dessous terre.

Jurez!

nAKLET.

Cïlme-loi, calme-;oi, âme eu peiaef — Ainsi, messieurs, je me recommande, à vous avec toute l'affcclton que je v..us 4)or(c; et tout ce qu'un horamiî aussi cbitifqu'Uamlet pourra faire pour vous témoigner, son amitié et son aîtacbf ment, Difu aidant, il le fera. Picntroos ensemble, et toujours le doigt sur les lèvres , js vous prie. 11 y a dans ce monde que:que grande perturbation! — 0 malédiction! Pourquoi suis-je appelé à la faire cesser! Allons, venez; partons ensemble.

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