II A M LUT
Mes bons amis ! c'est vous! Ali ! je me sens renaîire.; \ olre main '. votre main ! Comment donc allez vous ?
nOSENCKAMZ.
Comme de bons vivans narguant le sort jaloux. Heureux sans bonlieur lourd et sans joie importune.
Ct'lLDE>STEn\.
Non pas brillans rubis au front de la fortune. .
K(^Sl;^^;u\^rz.
Mais non pas bumbles olou.s qu'elle foule du pié.
IIAMI.F.T.
Vous avez sa ci-inlure, ù cher couple envié. Vous avez ses faveurs, sans (ju'elle les chicane.
;a pan.) Ce n'est pas étonnant, c'est une courtisane !
.Haut.) Quoi de neu'?
Uien.
nosiîxcuwrz.
(UILDEXSTErtX.
Si faitl le monde se fait bon.
ilAlil.LT.
(^esl di)iir qu'il stnl sa lin ce vieux niond'j barbon 1 Mais, mon cher, la nouvelle est bien conjecturale. Une autrf (|ueslion un peu moins générale : Quels griefs le destin a-lil eus contre voas, Amis, qu'il vous envoie en prison avec nous'?
(jl ILDE\5TER\.
Comment! quelle prison '.'
IIAMLET.
Ce pa s ' c'en est une !
nOSEVCnANTZ.
Ml ' mais la terre alors '^..
lIAMLtT.
Est la prison corauiune Où l'on entie pleuranl et d'où pi uraiit on sort : Ln ange en lient la clef, — c'est 1 au'^c de la mort 1
GtlLDEXSTEUX.
Xnus n'envis-igeons pas, ma foi! c- pauvre monde Si liisemeiil, seiyneur !
IIAMLI.T.
Pri.suM, prison profonde !
Cercle de noirs cachots, de caveaux ténébreux, Dont notre Danemark est un d^ s plus allriux !
IIOSE.VCUAXTZ.
Nous ne le voyons pas ainsi.
IIAJII.EÏ.
C'est fort possible :
Le Danemark, pour vous, est donc un champ paisible !
tiers l'abandon; excepté ma vie, excepté ma vie, exceplé aia vîel
l'OLOVIlS.
Adieu, monseigniur.
IIA11I.ET.
Le sot et ennuyeux vieillard !
Kiuiciii uosi;n(;iiantz ciGLILDE.NSTIÎRN.
l'OLOMlS.
Tous cherchez le seigneur llamlel ? le voici.
iu)SE\<;nA.\Tz, il poloniiis.
Dieu vous garde, seigneur.
(Poloniiis sort ) <.l II.DENSTEUA.
Mon noble seigneur. —
ROSENCRA\TZ.
Cher prince.
iiAHi.i.r.
Mes h«ns, mes excellens amis! Comment a'Ous portez-vous, GuildeBsiern'/ et vous, Uosencrautz? Mes enfans, comment allez-vous'/
KO.Si:\(.R\\TZ.
Ni trop bien ni trop mal.
(il ll.lHNSTr.IlN.
Nous avons le bonheur de ne point être allligés d'un exris de félicité : notre place n'est pas tout à-fait au point culminant du chapeau de la fortune.
HOSENCRA.ATZ.
Ni ù la semelle de sa cliuu>&ure.
IIA^ll.ïT.
Vous dtes donc à la hauteur de sa ceinture, dans le giron de ses faveurs.
GlILDEVSïERN.
Elle nous traite sans façon.
Il VlIl.ET.
Ah! vous èles dins l'intimité de la fortune! je ne m'en étonne pas; c'est une coui tisane. Quelles nouvellis'i'
nO.SE.NCRASTZ.
Aucune, man cigueur, si ce n'est que le monde est devenu vertueux.
llAMLET.
lùi ce (as, la lin du monde .ipprodie ; mais voire nouvelle n'est pas vraie. Periiielicz moi de vous adresser une question qui vous touche de plus prés. Dites-moi, mes cliers amis, qu'avez-vous lait à la fortune, pour qu'elle vous envoie ici en prison?
(il II.DE\STEK\.
En prison, monseigneur?
IIVJILET.
Le Danemark est une prison.
IIOSEVCKAXTZ.
Le monde alors en est une.
IIAJII.ET.
Oui, unevast» prison qui comprend un grand nombre de cellules, de cabanons et de cachots, parmi lesquels l'un des pires est le i^anemark.
nO.SE\(;itAATZ.
Nous ne sommes pas de cet avis, monseigneur.
IIAMLEX.
C'est qu'alors le Danemark n'est point une prison pour
Hà.MLET.
Soil ! chacun fait son bien, son mal ù sa façon. Pùurmc<r, le Daifemarli est pis (|u'une prison.
ROSi;\eK.\NTZ.
Je vois ! l'ambition et ses soijes de flamme Laissent ce vaste étal trop itroi! pour voire inie.
Il VMI.ËT.
Moi ! j'aurais pour empire nno coque de noix, (^)nejiMn'y iroiivfrais, mon Dien ! le roi des rois... ^i je n'y faisait pas parfois do mauvais ivves.
CPILUENSTi:n\.
K^ves d'ambition sans renièd.'cl sans trève^! L'ombre d'un it.c, au fait, ces! tout l'ambitieux, N'est-ce pas'?
lIAMLr.T.
Mes amis, vous raisonnez au uiidux, Mais ne raisonnons pas, c'en bien assez de vivre ! — Venez-vous à !a cour?