‹ Le siècleChapitre 79 sur 216 · R0.SE->CT\.\T · texte numérisé non relu

R0.SE->CT\.\T

Tout prêts à vous y suivre.

U.\MLET.

Et vous venez pour moi ?

GCtLDE.NSTîinx, avec en.banas.

Mon-eigneur... oui...

II AU LE r.

Vraiment I

Ah ! pauvre quj je sais, mêmj en remercîment !

Mïlle grâces, massieurs! mais là, sans hyperbole, Mille grâces de moi valent bien une obole! — Ainsi, c'est de vous seuls et sans être poussés, Que vous !n'ofrroz vos vœux, vieux, désinléressés?

nOSIi.\CRA.\TZ.

Mais, monseigneur, sans doute !

IIVMLET.

Ainsi c'est par pur rk'.v'} Vllons! de l'abandon ! Parle, loi, mon lid'Vle!

UljiLUK\STEft.\. bits "a Ros<^ncroiilz.

y ne dire?

.Haut.)

Monseigneur !...

UAMUT,

Eh ! mon Dieu, répondez !

r,épondez,voilà tout, que l'on vous a mandés. Oui, j'en lis dans vos yeux les aveux manifestes Que vous ne savez pas déguiser, cœurs modestes ! Je ?ais que c'est la reine et notre excellent roi Qui vous ont fait venir.

ROSEXCR.V\TZ.

Mais, monseigneur, pourquoi ?

HAMLET

Pourquoi ? Tenez, amis, je vais parler sans feinte, El le secret du roi restera Lors d'alltiute. — J'ai depuis quelque temps, comment, je n'en sais rien, Perdu toute aaité. Je ne fais rien de bien.

vous; car le bien et !e i;ia! n'existent pour nous qu'autant que nous le jvgejns td ; pour luoi c'est une prison.

EOSEXCRVXTZ.

C'est votre anibiiicn qui du Danemark fuit pour vous tne prison ; votre ûme y est tiep à l'eiroit.

11 VMÎ.Lï.

O mon Dieu ! je tiendrais dans une coquille de noix ; je m'y croirais au largo et le roi d'ua empire sans limites, si je n'avais pas de mauvais rêves.

t;ill.DE\.STEU.\.

Ce sont justement ces réves-là qui constituent l'ambition ; car toute la substance de l'am'oiticux n'est que l'ombre d'un rêve.

liA>:LET

Un rêve n'est lui-même ([u'une ombre.

ROSF.NCUAXTZ.

C'e»t vrai, et je considère l'ambition comme chose si subtile et si légère, qu'à mon sens elle n'est que l'ombre d'une ombre.

IIXMLET.

Ainsi, les me^dians sont des corps, et les monarques, les héros amliilieux le soûl liu.; leiir ombre. Toulez-vous que nous allions à la cour? car, franchement, je ne me sens pas en train de discuter.

ROSEXCRAMZet Gl aotXSTERX.

■ Nous sommes à vos ordiei.

Je ne l'entends point ainsi : je ne veux pas vous confondre avec le reste de mes serviteurs ; car A vous parler en honnête homme, je suis horriblemeiit i-ervi. Mais, franchement et en amis, qu'éies-vous venu faire ù Elseneur?

ROSEXCR VVTZ.

Vous voir, ffiorfieigneur; i.otre arrivée ici n'a pas d'aulre moiif.

liVMLET. •

Je suis tçllemeni pauvre, que je suis même à court de re-

mercîmens; mais je vous rends grâces, et mes remercîraens, à coup sûr, mes bons amis, sont d'une obole trop cbers encore. Ke vous a-t-on pas envoyé eherclier? Èies-vous venus de votre propre mouvement? Est-ce votre inclination qui vo\iï amène? Allons, allons, soyez francs avec moi : allons, allons, parlez.

GUttDEXSTERX.

Que voulez-vous que nous vous disions, monseigneur?

IIV31LET.

Tout ce qu'il vous plaira-, — mais répondez ù ma question. On vous a envoyé chercher, et je lis dans vos traits une sorte d'aveu ijue votre candeur n'a pas le lale:it de dissimulera Je sais que notre bon roi et notre excellente reine vou^ ont envoyé chercher.

ROSCXCRA.x rz.

- Dans quel iul, monseigneur?

UAliEET.

C'est à vous de me le dire. Mais je vous adjure par les droits de noire amitié, par les sympathies de noire âge, par les devoirs que nous impose notre longue affection, eiifln par toutes les raisons plus convaincantes encore que pourrait alléguer iin orateur plus habile que moi, soyrz francs et sincères avec moi ; vous a-t-on envoyé chercher, oui ou non?

ROSEXCUAXTZ, bas, à Guilderslern.

Que faut-il répondre?

UA3JLET, à part.

J'ai l'œil sur vous. — (Haut.; Si vous m'aimez, expliquezvous franchement.

GUILDEXSTERX.

Monseigneur, on nous a envoyé chercher.

Page 1