RCI\C
Avez-vous essayé de le distraire par quelques amusemens?
ROSENCRANTZ.
Madame , le hasard nous a fait rencontrer en roule certains comédiens ; nous lui en avons parlé, et cette nouvelle a paru lui faire plaisir. Ils sont ici dans le palais, et je crois qu'ils ont déjà reçu l'ordre de jouer ce soir devant lui.
POLONllS.
C'est très vrai, et il m'a chargé de supplier vos majestés de vouloir bien assister à la représentation.
LE ROJ.
De lout mon cœur, et je suis heureux de le savoir dans ces dispùsiiions. Veuillez, messieurs, le stimuler encore, et diriger vers ces amusemens toute l'activité de son esprit.
KOSENCRAMZ.
C'est ce que nous allons f^ire, seigneur.
(Rosencrant/. et Guililfustern sortent.)
LE ROI
Ma clière Gerlrude, laissez-nous aussi; nous avons secrètement envoyé chercher Hamlet, afin (ju'il se trouve comme par hasard en présence d'Ophélie. Son père et moi, espions légitimes, nous nous placerons de manière à ce que, voyant sans être vus, nous assistions à leur entrelien, et puissions juger à ses discours si c'est bien réellement un amour malheureux qui le fait ainsi souffrir.
lA REINE.
Je vais VOUS obéir. —Quant à vous, Ophéiie, je souhaite que vos charmes soient la cause fortunée de la démence d'Ham- Ict ; je pourrai alors espérer que vos vertus le ramèneront, à la satisfaction de tous deux, à son étal accoutume.
OPllÉLIE.
Madame, je le désire.
(La Reine sort.)
IlA.MtET.
SCÉNiilI.
i.K noi, roi.oNirs, oi'uiîue.
I'0l.O.\!l s, menant 0|)lu''lie h un pric-Diini. Agenouillez-vous 1:1.
(Au roi.)
roui'uous, caelions-noiis, sire.
(A Opliélic.)
Pour avoir un niainlieii, faites semiihint de lire. Il arrive souvent, — et ce n'est pas le mieux ! — Qu'avec un air dévot et des dehors pieux Nous'linissons par faire un saint du diable mùme.
• ' L!C r.Oî, à !>art.
O vérité terrible et qi;i cric anallicnie Dans le fond de moii]c;anir. Sous son raas(iue farde, L'affreuse courtisanc^a le front moins ridé Que mon forfait n'est noir sous sa face bypoerite.
POLOMUS.
Voici le prince Ilanilet, reiirons-nous bien vile.
Sire.
(Ils se cachent.) SCÈNE IIÏ.
POLONll'SVt LE KO!, caclié?, OPHKLIE, agenouillée aH troisième plan, HAMLIor, entrant par une porte du dcvixicmc.