‹ Le siècleChapitre 17 sur 70 · I.'H.VDITATIO-V DL LAC · texte numérisé non relu

I.'H.VDITATIO-V DL LAC

Dans celte vie, il ne faudrait jamais revoir ce qu'on a vu avec plaisir une première fois. Le retour est fatal. L'homme le plus heureuxseraiteelui qui marcherait toujours devant lui, à travers les neuf mille lieues qui cerclent notre petit globe, en disant des adieux éternels à tous les bonheurs de surprise qu'il rencontrerait.

Rentré à l'habitation du lae, Gabriel n'y avait rien trouvé de ce qu'il attendait. Héva était absente ; elle passait dans une modeste maison de Madras les premiers mois de son veuvage, e-t ne recevait d'autre visite que celle de son beau-frère Talaïperi. L'opulence qui éclatait dans la maison de campagne de Mounoussamy avait disparu avec le maître. Plus de grands festins, plus de convives, plus d'amour, plus de gaîlé. Un si1' nrc de mort régnait aux appartenons inférieurs ; les oiseaux passaient entre les lames des persiennes; des guirlandes de (leurs desséchées tombaient d;s kiosques comme des chevelures de désolation ; les gerbes d'eau ne dépassaient plus le marbre des bassins. L'Eden avait perdu son Eve.

Gabriel et Klerbbs, grâces aux bontés de Talaïperi , auraient pu se croire les maîtres de cette maison. Le sage Indien voulait, par la plus large hospitalité, leur faire oublier des nuits et des jours bien cruels , et honorer, en même temps, le courage qu'ils avaient montré sur les rives du Lut chnii, quand ils se précipitèrent héroïquement au secours de son frère.

Le nombre des domestiques al tachés au service de l'habitation n'avait pas été diminué ; mais presque tout le personnel en .'tait changé; quelques Indiens, d'une fidélité éprouvée, avaient échappé seuls à cette épuration. Des serviteurs anglais remplaçaient les Péons douteux ou traîtres. L'intelligence qui avait présidé à rétablissement de cette domesticité nouvelle témoignait assez de l'intérêt qu'Héva portait encore à celte maison, et Gabriel ea concluait que la bell* veuve (iuitteiv.it les ennuis de Madras lorsque les convenances le permettraient.

Les deux amis, servis par un vingtaine de domestiques, menaient une vie assez monotone, la seule qui ressemble au bonheur. Klerbbs songea sérieusement, a remplir je but de sa mission si ienlifique, et il consentit à visiter, assis dans uu fauteuil, la vaste bibliothèque de Mounoussamy, pour y découvrir l'Histoire des Malabars. Gabriel allait à la classe au Touraco dans la vaste foret qui s'é endait de la terrasse de la maison à la montagne. Souvent le jeune savant, aventuré sur les humeurs du Tinneveiy, Jetait un regard mélancolique sur la double haie de grands arbres qui ombragent la route

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